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Full text of "Nosologie méthodique. Tome sixième"

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NOSOLOGIE 

MÉTHODIQUE, 





NOSOLOGIE 


METHODIQUE, 

O U ^ ^ "7 â ^ 


DISTRIBUTION DES MALADIES 

EN CLASSES, EN GENRES ET EN ESPECES, 


'Suivant VEjprit d& Sydenham^ & ta 
Méthode des BOTANISTES, 


Par François Boissier de Sauvages ; 
Confeiller & Médecin du Roi, & ancien Pro- 
feffear de Botanique dans TUniverfité de Mont¬ 
pellier , des Académies de Montpellier, de Lon¬ 
dres , d’Upfal, de Berlin, de Florence, &c. 


T RA D UIT E fur la derniers édition latine 
M. Gouvion , DoBeur en Médecins-, 


On a joint à cet Ouvrage celui du ON ^ 

Linné, intitulé Généra Morborut^ ’ 

Xraduéiion françoife à côté. A 


TOME 


S I X I e/m e' 





A LYON, Vnm^EPATH» 

Chez Jean-Marie Bruyset, Impriraeur-Èîtwmksi. 


M. D C C. L X X I I. 

Aysc App&opaTZQN et Peivuege ou Roî^ 





SOMMAIRE 

DE LA SEPTIEME' CLASSE. 


DOÛZEUIiS. 

ORDRE L Douleurs ■& aip- 
xiétés fouvêfit univerfeUes. ou 
'ne 'doit point 

- 'mettre^ au nomhm^des phUg^ 

- majîes^^:,., l-, •. „ ■ : - - 

-r.c = 

%i AjOutte i- ^Mtihmis-; àoalexir rpon>-' 
tanée &: périodique deiSi.'articles, 
'îî. ikiulcÙT'^es Oili'Ù^copus-^ douîeüf 
- ■ ' dîxe -Ô£i' profonde - dans des os des 
■ - -lîïëmbfès; tid- ... L- - ' 

ÏIL Rhumatifme:, Foufburê, Rkmmà^o 
njmus, douleur continue dans là 
partie charnue des membres. 

Tome yî. A 






Sommaire 

ly.. Catarrhe, Caparrhus', douleur'datis 
' - les parties voifin^is du eoii j occky 
' ifionnée par“%& 
gnéerdertoiix ,-de coryza 
V. Inquiétude , Anxietas, agitation’ ex^ 
ceiîiy eq«i oblige le malade à chani- 
'gef fatis cefle de placer ' • 

pliquçe 4e loibled4j .qui -invite ^ 
prendre dà t^ëpos. 

yn. EngçurdiÇement, S^/er ^ défor- 
dîq deîafâcidtë âhimate,qùi émôuflfe 
ir le-^entimentdu:tââ:;':\ ^ 

yîljv PiMtit ,<;I^écnahgeaifQ,ny;feri^«5, 
v |éntiment ineommode qui qbhge à 
jfeigràfter.'' - - - - 

ÏX, Froideur froid exceiiif ,- ^^tger, 
fentiment incommode, pareilà ce- 
:, luiquedauféiia fr©i4®m^e>^jËvp 
-de.l’ail'îb enpibci-iLq' éàns:- 
Chaieur, icsâ^^live ^-/Ardof ^ ;fenfi- 
<1 r ment îioi:D'mmodê.>-; parëiLà bcelui 
que cauie la chaleur-eikëe-fee de 

Tair. ■ ■ rrr 


ât la. VIL Clafc. 5 

ORDRE IL Douleurs de tête , 
favoir , de la partie chevelue ou 
À.U vijage, 

XI. Céçhslal^ie, Cephâlalgia , douleur 
de tête grayative. 

XII. ‘Céphalée j Cepkdlea, douleur de 
tête périodique, ânvétér'ée & teu- 
:five. 

Xlfl. Migraine , ïfemicrahia , douleur 
aiguë qui afflige la moitié delà tètQy 
foit du coté droit , foit du côté 
gauche. 

XIV. Ophthalmie, Ophthalmia, douleur 
des yeux, accompagnée de rou¬ 
geur, qui -met hors d’état de fup- 
porter la lumière. 

XV. Otalgie , , douteur d’@- 

reiilè. 

XVI. Odontalgie, , douleur 

4es dents ou des mâchoifes. 


Aij 



' Sommaire. 


4 

ORDRE III. Douleurs de 
poitrine ou de gorge fans effou- 
jLemens , qui nom rien de com¬ 
mun avec Üaflhme, 

XVII. Difficulté H’avaler, Dyfphaglr^ 

XVIIL Crémafon, Pyrofs , chaleur ex- 
ceffive de l’œfophage, qui fe com¬ 
munique à l’eftomac. 

^IX. Anévrifme du cœur, Cordiogmus^ 
douleur du cœur, accompagnée de 
battement. 

ORDRE IV. Douleurs inter¬ 
nes du bas-ventre, 

XX. Cardiaîgie, Cardialgia, douleur 
d’effiomac, accompagnée de- dé¬ 
faillances. . 

XXL Colique d’eUomac, Gafrodynia^ 
douleur violente de l’eflomacoü 
de répigaftre. 

XXII. Colique , Colica, douleur des 
inteftins. 

XXm. Douleur du ipie, Hepatalfa , 



de la ni. Clap. I 

douleur de l’hypocondre droit ou 
du foie. 

XXIV. Douleur ou anxiété dans la 
région de la rate, Sptenalgia. 

XXV. Colique rénale , Nephralgia , 
douleur dans les lombes, qui s’é¬ 
tend le long des ureteres, accom¬ 
pagnée de naufée, & de la rétrac¬ 
tion des teftieules dans les hom¬ 
mes, & d’une ftupeur dans les 
jambes dans les femmes. 

XXVI. Accouchement laborieux ^ 
Dyfiocia , douleur utérine dans 
les femmes groflés, accompagnée 
d’efforts pour accoucher. ' 

XXVn. Mal de mere , Hyjleralgia g 
douleur de matrice fans effort pour 
accoucher. 

ORDRE V. Douleurs locales 
des membres ê* des parties ex<' 
ternes, 

XXVIIÎ. Douleur des mamelles, Maf 
todynia. 

XXIX. Colique de Poitou, Rachialgiay 
douleur dans le bas-ventre & danS' 
A iij 



i6 Sommaire de la VU. Clajfe, 

l’épine du dos, qui fe termine par 
la paralyfie des bras, ou par des 
convulfions. 

XXX. Mal des reins, Lurnhager, dou¬ 
leur dans les lombes, qui fait qu’on 
ne peut tenir le corps droit. 

XXXI. Sciatique , Ifchias , douleur du 
baffin & du coccyx, qui fait fou- 
vent boiter.. 

XXXII. Douleur du fondement fans 
. t&neime , Proclalgia. 

XXXIII. Douleur des parties géni¬ 
tales fans dyfurie , 




1. Lles font appeîlées par ieâ 

f ^E Algcfuata j - & cè^ 

jf îsiïl mot dans Hippocrate, fi- 
r; -gnifie en général quelque 

etpe'èé de maladie que ce fôitv Par iës^ 
François Douleurs , màladies ' de dou¬ 
leur; par les Angîois, P«/z, Afch;- par 
les Efpagnols , Lajlimas ; par les Ita¬ 
liens jPb/cw. ^ * ‘ ; 

A iv, 









s Classe Y IF, 

• 2 . CaraBerc. Ce font des maladies 
dont le principal fymptome efl: une fen- 
fation, ou une imaginàtion fatheufe Sc 
incommode ,, telle cfue celle qui eff 
occafionnée par le déchirement, Téro-: 
fion, la brûlure, là preffion, ou la dif- 
traftion des. parties nerveufes^ 

y. Toute fenfation incommode n’efh 
pas,une maïadie de douleur,, car il i^yr 
a point de maladie qui ne caufe une pa¬ 
reille fenfation-, d’bîi vient qü'ÆT^/o-i 
crate dédnk la -maladie une fenfation. 
incommode;;ilf 3 ut pour la rendre telle,,, 
une douleur conûànte oct notable qui 
l’emporte fur les autres iymptomés ;; 
& iofS-,, par exemple, que. la fievre^: 
Fini|aminaîibn').la' convuifion, le tranfi 
port j-l’evàcuationfont aceompagnées; 
de douleur, pour lors, la maladié appar^ 
tient à.cette clafie.. 

Théÿri^ mécmiqm. d& Ià Dmàur^ 

y Ea doideur-eâ^^ une .‘perception? 
COhÛlfe & incommode,,telle que celles 
qui eft caufée par la dftraâion , l’éro- 
fion ,,le picotement, omautre femblable 
léiipn des parties nerveufes.,. . 

5 . ]La perc.epîioii incommpdè qui 



Théorie de la tôbüLÉxîR: 9- 
ïiaît de la fenfation ou de l’aâion de 
quelque corps que ce foit fur les fibres 
nervèufes, efi: une douleur fenfitive ; 
mais celle qui provient d’une pareille 
aôiôh fur les fibres médullaires du cer¬ 
veau, ou qui , fans qu’on agiffe fur le 
corps, dépend de l’affedion de l’ame , 
eft une douleur imaginmre , pareille k 
celle que fentent les perfonnes qui rê¬ 
vent, les hyftériques , ceux à qui on; 
a coupé un membre , ou qui font agités 
de quelque pafiion fans- ^cun vice 
corporeb- 

6. La douleur fenfitive ordinaire dé-- 
pend matérielîèment de la violence quiÿ" 
d’cMi fait aux nerfs, & qui les met en 
danger de fe rompre ou d’être détruits;; 

formelîement de la perception, ou 
de la. crainte du danger dont on eflî 
menacé.' 

7. L’aêfio'n dé; cette ctufe efi propor-- 
fionnelle à la force qui agit fur les fi¬ 
bres, , & à l’attention que l’ame donne ’ 
audangerqu’ellès courent defe rompre.- 

8. Plus les fibres nerveufes font dé¬ 
fiées, nues j ifolées , tendues, ,&■ plus: 
elles font aifées à rompre. 

9. Plus un corps efi: gros, plus il 
dé force; 5,>& -plus il déchire de fibres y, 



io Classe Vit 
& plus fa vîteffe eft grande, & plus it 
pénétré avant, èc oiFenfe un plus grand 
nombre de fibres à la fois. 

10. Si la force des corps qui agiffent 
fur nous diminuent la réfifiance des 
parties , plus la-maffe qui agit fur-celles- 
ci eft grande , plus la douleur efi éten» 
due; mæs elle efl: moinsintenfe , parce- 
que leur aôion efl répartie à un plus ' 
grand nombre de fibres.: 

11. Lorfque i’aâion des corps qui 
sgilTent fur. nous, l’emporte: fur la ré~> 
fiftance des parties, la douleur qurré- 
fuite de l’àdiviîé de leur action efi: exi 
tremement vive ^ mais pafiagére, parcè ' 
que les fibres nerveuîés venant à fe . 
rompre, perdent leur fentiment;,; ôc. 
que la douleur s’évanouit.. 

li. C’efl ce qui fait que l’on fent 
infiniment plus de douleur l'orfqu’on 
nous tire un cheveu, que lorfqu-on 
nous les .prend par touffes, & que la 
fenfation que nous caufe une plume 
qu’on nous paffe fur les ievres , ed 
plus incommode que celle que nous 
éprouvons, lorfiqu’on nous, tiraille les 
chairs du bas.-ventre avec la main,parce 
que les fibres nerveufes étant feules , 
(épouillées & plus tendues ,.fouârenî 


Théorie de éa Doùlexjr. l’r 
infinîment plus que les troiics nerveux 
qui font lâches & enveloppés: dans les 
chairs. ' • *■ ^ '• "y ’ ' 

13. Lorfqu’un corps fphérique cho¬ 
que contre notre main, fon aÔion éft 
comme fa vîteffe 'totale -, lorfque-la,; 
main rêfte imm'obhè; elle moindre 
îorfqüe ; la main cedê, & nulle lorfqué^ 
la main tecule' avec -ià^merrie vîte'fîe 
que te glol^- ' Ta feppéê ; ' mais élîe-efir 
extrêmement grande , iorfque la rnâin 
va au-devant' du "glôbèv Ôn peut juger 
par-là^dü^egré de coMifîon '&'de dou- 
leuF-qtfe caû&ht l’aâion [ la réachbn- 
d’tfe-^orps Gohiendaiît? > 

' 14; d:! fuit -'dedâ que la douleur' doit 
être extrêmement'grândé y fort que le 
corps éhbquè contre uné muraille, oit 
que la mumlle tombe fur lui, foit qu’uit 
calcul choque tês reîns d’un hommè qui 
en-voiture, ou - que les reins pu la 
vèflie-- étant ^êâtés^d%ne' contraêdon 
fpafmoâique , compriment le calcul 
avec plus de forée» 

15. L’aébon d’un* corps qui agit fur 
le notre lorfque la réiifianee eft égalé 
ed comme fa force , ou comme îa-qiàffê 
èi le quarré dé la^ vkedé enfpmbîe 
quelle que foit fa figure. Par exemple,.' 

' A v| 



12,. - € -L A S- S E ■ Vî'î. ; 

ime, petite .balle ,de plomb ïiiffit poitï^ 
brifer les parties les plus dures 'de notre-: 
corps , pourvu qu’elle s’emeuve avec; 
Beaucoup de vîtefle». 

16 . Pour que .les petites moléculesv 
d’un fluide puifîent ronger& diflbudre 
les,.parties folidës dè;,notrê corps , ,iK 
faut que leur petlte;ffe, (ok compenfée' 
par la vîtefle: aveç .laquelle elles s’é-; 
meuvent ,pu lèqr petit nombre par le? 
temps qu’elles mettent à. agir; 

17. G’èût.dOnc- fans fondément que-* 

quelques-uns; attribuent là-force ep.rro-; 
iiveftlmulant-e & diffôlvante d-ui^ 
corps à la Àgure-aâguo & a la roidèur 
de fe?r ; par|iesj;i. vu; que- ,1a ;fîgpre .aiguë: 
ne fait: rien à i’a:âion^,, ^ ne;: fèit quê* 
là façiBter,- lorfqu’on y appli.que-une-, 
force fuffifante. , t 

18. Ij’eau pure .ronge les métau:^.le%> 
plus durs .jd’iiuile iarplus dou.de dllîbut ' 
lé cuivre , & de même ; lès môléeuie^* 
d’un fluide, quoique-; dénuées,-de fejs>, 
& de particules aiguës & roides ,peur 
vent lacérer. & ronger jes. nerfs ; mais, 
si ne s’enfuit pas de ce qu’un fluide pofo 
fede une qualité corrofive ^ irritante^ 
que fes, particules, foiég|;,roidÊS ai- 

■guëS.:; . ■ y ^ -, y -y yy- 




Tkeorîe rm çæ. ÇoyçEum 
Les molécules des fluides agif- 
fent avec d’autant plus de force for les 
corps auxquels ils s’attachent,,que leur- 
contaéh mutuel eft'plus grande ce quii 
dépend de l’àflihité de leur gravité fpé- 
cifique, &: de celle dèsmoléculès &: 
des pores;qulIes reçoivent ; d^ii H foit 
que les molécules des fluides peuvent 
agir; avec plus ou moins de force for 
tes fibres nerveufes du corps ,, quoi¬ 
qu’elles - foient fpbériques-, obtufes '&■: 
moÛes.. 

2:0. Les corps les plus mous ,. 1 ’èau 
par exemple, étant frappés avec îa maim 
avec beaucoup de vîtefle, ne répercu*- 
tent pas moins que s’ils étoiènt durs ,,, 
ôtla meme ehofe a lieu parrapport aux; 
fluides qui choquent, les parties d’un 
corps dur qui oppofe une réfîlfonce s- 
vu que la çollfoon e fl égale de part &£: 
d’autre ; dfoii iLfoit qufon corps-peut 
agir fortement for. les nerfs .fans -avoir, 
-ppur. r cela aucune , dfoetfo , , 

. 2,1. Voilà/comment: pn peut bannir 
les erreurs, que la Ehilofopfiie de 
a. introduites dans les écoles , 
qui ont fi fouvent abufé les Mécani^ 
ciens.; mais il n’efl pas fi aifé d’èn reve- 
nir J. lorfqu’oa leur a laifle prendre, 



14 G L A s s E vit 

cine, & que le préjugé les a aütoriféés. 

22. Les principes des tnàlédiès 'de' 
douleur font, i les inftrumens piquans^ 
les efquilles pointues, les calculs rabo¬ 
teux engagés dans les reins, ou qui les- 
preffent , de même que ceux qui font , 
Sphériques, liffes; tout ce qui eftopa-’ 
ble de'luxer les os & de les faire fortir de 
ieur-place ; tout ce qui caufe dès plaies 
ou des. contufions ; l-aôion des corps 
qui nous choquent, notre corps même 
qui heurte contre ceux qu’il trouve fut 
fon chemin. 

23. Ou 2*^. l’engorgement bu L’obfl 

truêtïon: ^des yaiiTeaux odcafibriiiée' par 
un fluide abondant ou épais lors fur-' 
tout que le fluidë qm-furt'i’augmenteÿ 
les vaifleaux engorges s%ppéfanîifîent|. 
fe diâendènt"'d’ëü s’enfuît rineqôü- 
ieur gravaîïve , ©û 'bien ils fouflrenl 
xme''diftrââ:ion vioîenîé',^'c qui càuife 
’ane‘douîeuBT dlftehllvë; bu Bièri la pap 
tie enflammée-le déeh&è-à fph'fbmmeti 
d’bii s’êàfôit'ûû'e ^ulêûr pbignâtitej 
lancinante ÿ pulfâlive, lorfque les artè¬ 
res- s’engorgent avantque de former le 
réfeau-ou'les-yemes. - ■ - ' ' 

24.-; Cet engorgement efl' d’a'Ütant 
plus-grândij que lés émiflairés du fluide 




Théorie DÉ la. Douleur, if 
s’oppofent davantage à fon éeoule- 
ment, foit à caüfe de la contraâion ou 
de la compreffion des folides, foit à 
caufe de la vifcofité & de la denfité du 
fluide, & que les immifîaires en reçoi¬ 
vent une plus grande quantité, ce qui 
peut vexiir de la trop grande contrac¬ 
tion du cœur, de la pulfationtrop for¬ 
te , ou de la contra&on fpafmodiquè 
de l’immiffaire ; il arrive de là que-Ia- 
partie engorgée fe diflend avec plus de 
force, foulFre une preflion & une con- 
cuflion violente, comn>e il arrive dans 
le phlegmon, ce qui caufe une tr^- 
forte douleur. 

25. 3^. La douleur peut venir du 
vice deÉfolides, par exemple , de leur 
trop grand éréthifme, de leur tenflon,, 
de la trop grande affluence du fluide 
nerveux , d^une phlogofe , de leurfen- 
fibilité, que la crainte j la fôiMeffe, les 
paillons j une aâion fubite & inaccou¬ 
tumée ont augmentée, de la délicatefle 
de^la partie. C’ëft ainfi que la crainte 
rend la titillation douloureufe ôcinfup- 
portabîe ; que l’habitude ou fon eft de 
le couvrir la tête & le vifage, les rend 
fenfibles au moindre froid;,que les yeux 
qu’on a tenus long-temps couverts à 



fsê’ G E A s s- E V rr. 

caufe d^ime ophthalmie ne peiivénr 
fuppoTter la lumière ^rès qu’elle eiV. 
guérie qu’une partie^qu’on a long¬ 
temps fomentée & ramollie , a beau¬ 
coup de fenfibilité ; que les malades que^ 
îe mal a affoiblis font très-délicats y 
font afFeôés de la- moindre chofe ; que- 
les fibres nerveufes font extrêmement 
fenfibles aux atteintes de l’air y que \e^ 
tendons qui ont été tiraillés, ne peu^ 
vent fouffirir la moindre prefilon ; que" 
Kss yeux afFeâés d^une pblogofe, ne- 
peuvent' point fupporter la lumière,. àC- 
que les çonvulfiorns. des intefiins cau- 
fent la colique & le miféréré. 

i6. 4?i lu acnmànie^- dés humeurs y. 
telles que la bile, l’urine ,,l’icb:or, le pus, 
îé virus vérolique l’humeur tabide 
fcabieufe, chancreufe& g. caufe des 
douleurs iprarigineufes, corrodantes 
acres^ éhaudes, Brûlantes dans les parties - 
GU elles ^s’attachent; St comme les di¬ 
vers vifceres folides du corps, dè même' 
que les couloirs , ont une gravité fpéci^ 
fique différente, comme nous l’appre^ 
îîon.s dés expériènces ftatiquesde 
&rger, le même fluide âcre s’attache a= 
«ne paftie plutôt qu’à l’autre-^,, par fôî 
mime rmfon- que la-fecrétion de labile- 


Théorie de la Doüi^ür. 17 
le fait plutôt dans le foie qu’ailleurs ,_ 
parce qu’elle a la meme gravité fpéci- 
fique, -ceUe de l’urine dans les reins ^ 
celle de la falive dans les parotides, 6c 
non point dans d’autres parties. Oa 
voit par là d’où vient :que la matière 
arthritique fe fixe dans les articles, la 
Aumatique dans les mufcles j la yéro- 
îïque invétérée dans le périofire, la fca- 
bieufe dans la peau,, ^ç. 6c 7 caufs: 
des douleurs. 

17, 5^. Les efforts que feit la nature 
pour ehaffer ou corriger la matière mor¬ 
bifique., fifit .ac^e ou ^uçe , qui in corn:- 
mode par .fon abondance ou fà fitua- 
tion ,,'fbit que ces efibrts foient raifon- 
®abîes ou erronés, yofontaires ou m- 
yoloBtaires , caufent foiiyent des dou¬ 
leurs. tes maux de tete font fouvent 
Gccafionnés par les efforts que fait la 
nature pour exciter un faîgnement de' 
nez; celles de la poitrine par eeuîc 
qu’ellej fait; pour ;|«Poeurer l’expeélora» 
tion delà matierer morbifique ;;.êc de' lè: 
vient que tant de douleurs opiniâtres 
de tête, dé poitrine , d’uterus, çefîent 
d’elles-mêmes lorfqu’il fiirvient unfe 
bémorrhagie, un erachement de fang 9^ 
un fljtîx menûruei.. Les douleurs, d:e.l;enî;: 



ï8 C L A s S.E VU. 
fantement ne font certainement poirtf 
caufées par la pefanteur du fœtus ; car 
fi cela étoit ^ elles fe feroient fentir avants 
D’oèt vient donc que ces douleurs fur* 
viennent à la fin du neuvième mois 
& que le poids étant le même v elW 
ceffent & reviennent- dans des inter-» 
valles plus courts ? Ces doulèùrs fOiir 
excitées par les contraâions naturelles 
de la matrice, qui difiendent les liga- 
mens larges ; elles reviennent le jour 
fuivant après que le fœtus efi forti, 
lorfqu’il efi quefiion d’évacuer les cail¬ 
lots de fang qui relient dans la matrice; 
& comme la même force qui fait cori*- 
traêier Puferus y dilate avec violence 
Ibn orifiçè qui eli encore doulqureux,' 
il faut nécefraîrement que les douleur? 
foient extrêmes. Perfonne n’ignoréque 
dans l’accouchement la volonté vient 
fouvent aufeeours de la nature pour 
hâter la fôrtie du fœtus. > » 

28. L’indication raifpnnée eli la con* 
noifiàhee derutilïtéou dé rôpportunilè 
du fecours qu’oti doit employer dans 
une maladie ; c’eft elle qui déterminé 
la volonté à faire ou à prefcrire ce que 
nous connoiflbns être utile & avan¬ 
tageux,^ . ^ . - 


Théorie de la Douleur. 19 

29. L’indication empirique eft le fou- 
venir de l’utilité dont on a été un re- 
mede dans un cas pareil à celui où nous 
nous trouvons, quoique nous ignorions 
la maniéré de l’employer, 6 c la caufe 
OU l’état de la malaàe. Cette indication 
a lieu dans l’ufage desfpécifiques & des 
arcanes, dont on ne connoît l’utilité 
que par l’expérience ou l’hiflolre. 

30. Les remedes indiqués dans toute 
douleur fenfitive font, 1^. les laxatifs ,' 
qui diminuent la trop grande tenfiore 
des fibres; les anodins, qui détrui- 
fent ou émouffentla fenfibilité de l’ame. 
Car, comme les laxatifs & les anodins 
détruifent nécefiaîrement la fenfibilité 
& la didradion , qui jointes enfemble 
eonftituent la douleur , il eft aifé de 
fentir que le malade doit en recevom 
du foulagement, & par conféquent on 
doit les employer. 

31. Mais comme îa laxité des parties 
nuit à leurs fondions, 6 c que le fom- 
meil & la fiupeur de l’ame empêchent 
fes adions libres, cet état nepeut durer 
long-temps fans nuire à la fanté, 6 c l’on 
ne peut continuer l’ufage des narcoti¬ 
ques. H faut donc nécefrairement dé¬ 
truire les principes de la douleur, ou les 



1 


%0 Classe VII. 
caufes de cette trop grande ^enfion. Ces ^ 
principes font ou les inftrumens tran- 
ehans, ou l’engorgement, ou l’acrimo¬ 
nie , ou l’éréthifme, ou enfin les ef¬ 
forts de la nature, & ces principes dé¬ 
truits , on fait çeffer la tenlion qui efl 
la caufe matérielle de la douleur ; d’oiî 
il fuit qu’on doit employer les remedes 
propres à détruire ces principes. 

32. Les irritans mécaniques font 
ou externes , comme un juftaucorps 
qui ferre la poitrine, un foulier qui 
preffe le pied, un collier qui ferre le cou, 
^ il faut les ôter j ou internes, comme 
nn calcul dans la veflie, qu’il faut 
extraire par la lithotomie ; un fœtus 
mort, dont il faut procurer lâfortie; 
des excrémens endurcis, des faburres 
qu’il faut évacuer par des lavemens ^ 
des émétiques , ou des cathartiques ; 
un fragment du crâne , qiv’il faut lever 
avec le trépan ; le pus enfermé dans 
un abfçès, dont il faut procurer l’ifTue j 
par les moyens que la Chirurgie pref* 
crit. 

33. L’engorgement eft oecafîonné,. 
©U par une fluxion , comme dans le 
phlegmon & l’éryfipele, dont il faut 
chercher les remedes- à la claffe des in- 


Théorie de la Douleur, ii 
fiammations ; ou par une congeftioa 
caufee par la vifcofité, la denfité ou 
la féchereffe des humeurs, lefquelles 
indiquent des réfolutifs, ou des remedes 
phyfiques qui rendent aux humeurs 
leur première ffuidité. Ces remedes 
agiffent en diminuant la cohélion de 
l’humeur épaiffie, ou en interpofant 
entre fes parties des molécules aqueu- 
fes fphériques , comme les délayans & 
les émolliens ; ou en mettant entre deux 
des particules ignées, qui divifent les 
molécules adhérentes,, comme les re-^ 
medes chauds; ou en entremêlant des 
particules d’un fluide plus léger, comme 
les gommes, les réfmes, les onguens ; 
ou en empêchant la peripiration, ou la 
rafîemblant, au moyen de quoi la par^ 
tie engorgée fe trouve comme dans un 
bain de vapeurs, à quoi fervent les em- 
plaftiques & les fubftances onfhieufeSé 
34. îvîais comme l’engorgement do- 
iorifique eft accompagné de la tenfion 
des nerfs, & que cette tenfîon dimi’- 
nue ài’aide des laxatifs &;des anodins, 
il faut préférer les réfolutifs, qui font 
tout à la fois émolliens & anodins ; & 
qui pénètrent aflez avant dans la peau 
pour arriver jufqu’à la partie affeâée. 




11 


C L A s s E VII. 

35. De ce nombre font les fleurs de 
camomille & de mélilot, les feuilles de 
ciguë & de jufquiame, qu’on fait cuire 
dans de l’eau ou du lait, & dont on fait 
des cataplafmes, ou dans lefquels on 
trempe des linges qu’on applique tout 
chauds fur la partie ; les quatre farines 
réfolutives, d’orobe, de lupin, de fenu- 
grec, réduites en pâte, auxquelles on 
ajoute un peu de fafran, d’huile de Un, 
&c. les jaunes d’œufs le blanc de ba¬ 
leine, les petits chiens, les pigeons, 
les. poulets, qu’on ouvre & qu’on ap¬ 
plique fur le coté du fur la tête malade 
ou contufe ,.ainfi que fur le bubonocele, 
& quiréfolvent & appaifent très-bien. 
On peut employer au même ufage les 
axonges , les graiflfes, les huiles , le 
beurre de lait, le cacao, que l’on appli¬ 
que chaudement fur les. parties dont la 
douleur efl: produite par une caufe froi¬ 
de , j& que l’on couvre enfuite d’un pa¬ 
pier brouillard ; le vin rouge dont on 
fait un cataoKflne réfolutif avec de la 
mie de pain ; on fait encore avec une 
once de camphre & une livre d’efprit 
de vin un réfoîutif pénétrant & anti- 
phlogiftique ; le favon diflbus dans l’eau- 
de-yie, & appliqué fur la partie malade, 



Théorie de la Douleur. 
les arrofemens, les demi-bains d’eau 
thermale fulfureufe, appaifentles dou- 
îeuft rhumatiquès qui ont befoin d’êtfe 
réfoutes.. 

36. Les réfolutions internes propres 
â Gàlmer les douleurs font'les racines 
de fquine.,. la.faîfepareiîle, la dulcama'- 
Ip., §£ fur-tottt lléleftrifation. On pile 
|a racine déîfquiné & op la fait bouillir 
4ans l ’eau ou dans du bouillon, à la 

4p^fe-dè demi-dïaphme’jufqu’à une ; on 
oopipofe. encoré avec demi-once de 
iaîfepareiUe, &ç une livre d’eau une 
bpiidpiexqellente ;nlf s^tiges -de dulcaf 
fiukes; dans d.u lait;^ lui oom^ 
^uentpnejvertu réfolutive .&anodine, 
^pôu^yù qii’on en. boive toiiS: les jours 
jcopieufement. Mais dans les douleurs' 
rhuniatjques. caufées par une lymphe 
épaiffie; dans la fciatique, rien n’eft meil- 
lenr.que de-fer faife éleârifer journelle- 
^entj^:&;de le feire tirer des étincelles 
4u;Cdu j ajoutant à la fin une légère fiiî- 
nrination , ce-qui guérit tous les jours 
^quantité de malades. ^ Gn peut encore 
içifiployerles étuves , ou les. fomehta-r 
étions chaudes faites avec des Veuilles 
d’hieble ou de lierre cuites dans l’eapi 
-;@ii;ïfi)US la cendre^ dç appliquées fur 



S4 Clause Vil, 
la partie douloureufe ou œdématëufe 
37. En cas d’acrimonie', & dans les 
«douleurs chaudes occafiônnées par Pap- 
pauvriflement du fang, & la féchereffe 
de la lymphe, rien n’eft plus utile que 
les adouciffans compofés avec de jeu^ 
ries poulets, des-grenouilles ,tde la chair 
de veàûj'que l’on donne âù malade eri 
forme- de tifanê ou- de bouillon, après 
avoir-fait précéder' les- 'remedês géné- 
îaux & les bouillons ,-* & donné - entrée 
deux- un léger catharrique. Le kit- d’a- 
îieffe, de vache, de chevre ont aulS 
leur utilité, & qa ■ lès qrdon ne- ■ avec 
fuccès pour toute' nourriture à ceùX 
qui ont Fa gouîtefSè'des rhumatifmëf. 
Les fleurs de mauvede - violette, îèl 
racines de guimauve , la graine dé lin 
infufée dans une quantité fuffifante 
d’eau, fournirent une boiflbn excek 
lente a ceux qui ont- le calcul ou la 
dylTenterie, Les adouciffàhs-externes 
font les cataplafmes faits avec déda-mie 
de pain, du lait &dù fafran, la piîîpè 
de racine de guimauve, les àxbnges 
récentes, le beurre fans feP, l’onguent 
d’aîthæa , pourvu qu’il foit nouveau , 
î’huile d’olivé, d’amande. ' 

^8, Rien n’êft meilleur pOUt éàlmèr 
i’éréthifme 



THÉORfE DE LA DoülEVR. 2 ^ 
ï’éréthifme & les efforts de la nature 
•que les laxatifs & les anodins, tels que 
les bains d’huile, de décôûion de feuil¬ 
les de mauve , de violette, les lave- 
mens de la même décoftion, les lini- 
mens , les potions délayantes & adoii- 
ciffantes , fur - tout l’huile d’amandes 
■douces employée tant au dehors qu’au 
dedans. La faignée & les fangfiies ont 
■auffi leur utilité dans les douleurs -ai¬ 
guës ou fébriles. Enfin lorfque la dou¬ 
leur n’eft point gravative , Sc que le 
malade n’a point de maux de tête in¬ 
ternes , rien ne calme plus ces éréthif- 
mes & ces efforts effrénés de la nature 
que les anodins & les narcotiques , 
fur-tout dans les douleurs rpafinodi- 
ques, où l’on n’a point de léthargie à 
craindre, dans les affedions hyfféri- 
ques, dans les^divulfions violentes des 
membranes, dans la colique, le mifé- 
réré, la néphritique. 

39. Les plus doux font le firôp de 
pavot blanc, que l’on donne aux en- 
fans à la dofe d’une drachme, & aux 
adultes depuis demi-once jufqu’àune; 
le diacode , compofé avec une partie 
d’opium, que l’on donne en plus petite 
Tome VL B 



t 6 Classe VII. 
dofe. On fait aufli bouillir une tête où 
deux de pavot blanc dans une petite 
quantité d’eau, & l’on fait boire .cette 
décoûion au malade. Dans le cas oîi 
ïine dofe de firop de pavot ne fuffit 
point, on a recours au laudanum liqui¬ 
de , on le fait aufli avaler aux enfans 
depuis une goutte jufqu’à fix ; & l’on 
pouffe la dofe jufqu’à vingt & plus pour 
les adultes qui en ont déjà pris une 
moindre dofe. On donne le laudanum 
folide à la dofe d’un demi-grain, & on 
l’augmente peu-à peu, ou bien on le 
réitéré toutes les quatre heures, ou bien 
on commence par une plus forte dofe., 
lorfque ladouleiu* eft violente. On ufe 
aufli de la thériaque récente, dont cha¬ 
que drachme contient un grain^d’o.-. 
pium; ou bien du diafcordium, dont 
chaque drachme contient à peine un 
demi-grain d’opium ; ou bien des pilu¬ 
les de cynogloffe, dans huit grains def- 
quelles il en entre un d’opium & un 
• de graine de jufquiame, ou du favon 
de Starkey, dont on a fait jufqu’ici peu 
d’ufage dans ces occafions. 

40. En mêlant trois grains de laudar 
ïium folide avec une once d’onguent 



Théorie de la Douleur, 17 
(â’althæa, on coinpofe un liniment ano¬ 
din , & avec quelques grains de lauda¬ 
num, & de tacamaacha ou de galba- 
num, on fait des emplâtres que l’on ap¬ 
plique {Itr les tempes. 

41. On peut quelquefois employer 
en forme de topiques les narcotiques ’ 
qu’on ne peut donner intérieurement , 
tels que les feuilles de jufquiame , de 
cynoglofTe , de ftramonium, que l’on 
fait bouillir dans de l’eau ou dans dii 
lait, & que l’on réduit en pulpe ou en 
cataplafme. Par exemple, en pilant du 
fuc du folanum des jardins avec de 
l’huile dans un mortier de marbre , on 
compofe un onguent pour les ulcérés 
carcinomateux ; oii applique de même 
le baume tranquille chaud fur les par¬ 
ties. 

42. Dans le cas ou il eft befoln de 
réparer les forces, de fortifier l’efloniac, 
de réfoudre des humeurs épaifîies, de 
réjouir l’ame , d’appaifer des douleurs 
fpafmodiques, on ufe des gouttes mi¬ 
nérales anodines que l’on faupoudre 
avec un peu de fucre. On peut em¬ 
ployer le nitre dans les douleurs né¬ 
phrétiques accompagnées de douleur§ 



18 Classe VIL 
& d’altération ; dix ou vingt grains fuf- 
fifent pour chaque livre de tifane ; il 
tempere la chaleur & diffout le fan g. 

43. Le fel fédatif àüHomberg elî ex¬ 
cellent dans les douleurs hyftériques ; 
on en donne deux grains, ou en forme 
de tifane, dix dans les anxiétés de l’ame, 
l’infomnie. La liqueur éthérée Hoff¬ 
mann , ni le nitre , ni le fel fédatif 
^"Homberg, ne caufent aucun alToupif. 
fement. 

44. Si l’on emploie les opiats avant 
que d’avoir évacué les premières voies, 
il efl: à craindre qu’elles ne caufent des 
cardialgies & des naufées ; Sc lorfque 
îe fang n’eft point édulçqré, & les foli- 
des relâchés, le délire , un affoupiffe- 
•ment turbulent, inquietqui ell pire 
que l’agrypnie, 

45. Les narcotiques fuppriment les 
évacuations, fufpendent les efforts de la 
nature, & de là vient qu’on doit s’en abf- 
tenir lorfque ces évacuations & ces ef¬ 
forts font néceffaires, comme dans l’aûh- 
me. Ils réparent les forces qui ont été af- 
foiblies par des évacuations immodérées 
telles que la dylfenterie , le choiera 
morbus, n’emplehent point Iç cours 



Théorie de la Douleur. 29 
duflux:nienftruel que la douleur & les 
ipafmes ant interrompu. Mais il eft diffi¬ 
cile de les abandonner lorfqu’on s’en 
fait une habitude , à moins qu’on ne 
les remplace peu-à* peu par des édul- 
corans. 

46. On ne vient jamais plus heu- 
reufement à bout de réprimer les ef¬ 
forts de la nature , qu’en détruifant 
leurs principes ^ je veux dire, en dé¬ 
truifant la matière morbifique , par 
exemple, en faifant arracher la dent ca¬ 
riée dans l’odontalgie, en évacuant les 
finus frontaux dans la migraine, en éva¬ 
cuant les faburres qui excitent la car- 
dialgie ; en tirant du fang dans le rhu- 
matifme chaud , & dans les maladies 
inflammatoires; en extrayant le calcul 
dans la dyfurie qu’il occafîonns; z®. 
ou en corrigeant la matière morbifique , 
par exemple, le virus vénérien avec le 
mercure-; la matière fcorbittique, avec 
le laitage ; la matière fcabieufe ,,avec le 
foufre, ôcc. Ce font là tes remedes les 
plus doux.qu’on puHTe employer pour 
calmer les douleurs; 5^. ou en la dé¬ 
tournant ailleurs avec desirritans , ce 
qui eft une méthode qu’il faut laiflèr 



50 Classe VIÎ. 
aux Empiriques. Par exemple, les ha^ 
bitans de Java guériffent la colique au 
moyen d’un cautere aftuel appliqué 
aux pieds. Les Chinois brûlent le dos 
du malade avec du moxa pour calmer 
la douleur du côté, l’abduûeur du pou¬ 
ce, pour calmer le mal de dents, que 
nous guériffons en faifant couler du jus : 
d’ail dans l’oreille. Hombcrg-a. vu guérir 
une céphalalgie en mettant le feu aux 
cheveux. Hippocrate, guériffoit la fciati- 
cfue en appliquant le feu fur la cuiffe 
& il alFuroît que le feu guériflbit ce que 
le fer ne pouvoit guérir, comme on 
peut le voir dans la differtation de Het-. 
tdiusx\m a pour titre de Jiimulantium 
tffcHîL fcd’àtîvo. On voit par là d’où vient 
que les émétiques appaifent la cépha- 
l»gie. 

^ 4*7. On peut mettre au rang des fé- 
datiè la preffion mécanique des nerfs 
qui aboutirent à la partie malade ; par 
exemple, celle du maxillaire inférieur 
qui palfe près de l’oreille, ou de i’ar- 
tere temporale dans la céphalalgie, la 
ligature de la tête dans la même mala¬ 
die , laquelle appaife les elrcrîs de la 
nature qui caufçnt îa dpulelu,^ 



Théorie de la Douleur. 31; 

Thhrie pjycologiquc de la Douleur. 

48. La Pfycologie eft la fcience dès 
chofes qui font poflîbles à l’ame. Wolf. 
Pfychologia faùonal.praèüm. 

49. La raifon & l’expérience nous 
apprennent que 1-ame n’agit point paf- 
fiyemènt dans les' maladies , & qu’elle 
a fi fort la douleur en horreur, qu’elle 
emploie tout le pouvoir qu’elle a, en. 
tant que principe aâif, pour éloigner 
ou pour détruire l'es principes qui i’oc- 
cafîonnent. 

50. La théorie pfycologique de la . 
douleur nous inftruit des motifs qui 
font agir l’ame dans ces maladies, des 
fins qu’elle fe propofe, & des moyens 
qu’elle met en ufage pour la faire 
cpfieV. 

5 ï. Il n’y a point de propofition géo¬ 
métrique plus certaine que celle-ci, - 
l'avoirque l’homme délire de jouir 
d’ua bonheur continuel & non inter¬ 
rompu , & que c’efi; là l’unique but 
de fes penfées & de fes adions ; de. 
forte qu’on peut dire que c’eft l’amour 
de foi-même qui conduit & dirige to.u.- 
tesies adiûns. 

B iv: 



3J. Classe VU. 

51. Ceux qui ont le mieux écrit fuf 
les paffions , entr’autres, La Chambre^ 
nous enfeignent que l’amour de foi-mê¬ 
me n’eft pas moins la fource des aûions ^ 
libres que des aftions naturelles; & 
ceux qui regardent les mouvemens de 
la colere, de la crainte , de la convoi»; 
tife, comme des mouvemens pure»; 
ment fortuits, & mécaniques, & diri-^ 
gés par le cours du fluide nerveux, ne ^ 
font pas moins dans l’erreur que ceux ■ 
qui regardent les mouvemens dès yeux,, 
des paupières, de la prunelle comme 
fortuits , parce que nous ne nous en 
appercevons point, quoiqu’ils tendent: 
à rendre la vilion plus parfaite. 

53. L’amour de foi-même exige que 
l’ame fe réjouifle autant de l’intégrité 
de la force, de la beauté & de la iànté' 
de la màchine, qu’elle s’afflige de fa 
deflruûion, de fa foibleffe, de fa diffor¬ 
mité & de fés infirmités. Car la trif« 
teffe n’étant qu’une connoiffance intui¬ 
tive die notre imperfeftion, & la ma¬ 
chine n’étant parfaite qu’autant qu’elle 
eft entière, robuffe, belle, faine, & 
qu’elle concourt avec toutes fes par¬ 
ties au bonheur de l’homme, il faut 



Théorie de la Douleur. 35 
néceffairement, lorfque fa ftrufture eft: 
altérée de quelque maniéré que ce puiffe 
être, & qu’elle devient imparfaite, que 
l’ame, qui lui eft unie & qui veille à fa 
confervation, s’en afflige. 

54. Toute plaie en général coupe ,• 
rompt, déchire les nerfe; & comme 
ceux-ci font l’office d’une fentinelle, ôt 
avertiftent les fens du dmiger dont ils 
font menacés , il faut nécefîairement 
que la léfion , le déchirement qu’ils 
fouffrent, foient extrêmement incom¬ 
modes ; & c’eft cette fenfation ineom-^ 
mode que le taft apperçoit lorfque les’ 
parties font fur le point de fouffrir une 
rupture qu’on appelle âi)ukur. 

55. On divife toute perception en 
finjîtive & en imaginaire. La perception 
fenfitive eft celle qui fe rapporte à l’ob¬ 
jet qui eft hors du cerveau, & qui eftr 
produite par fon àâion ; àinfi la vifion 
d*üne étineelie eft fenïîfive, fi'tant eft’ 
qu’une étincelle extérieure agifîe fur 
fes organes de la vifion. 

56. La perception imaginaire ou 
phantaftiqué, eft cellè qui, quoiqu’èlle 
fë rapporte à' un objet extérieur , eff 
cependant produite par le feul. chan.^ 

B ¥ 



.54- C L A S. S Ë . VIL ■ 
gement qui fe fait dans le cerveaif^ 
fans qu’aucun objet (emblable agiffe^ 
fur les organes ; c’eft ainfi que quoi¬ 
que nous ne voyions aucune étincelle^ 
dans certaines maladies diu cerveau,, 
nous ne laiflbns pas d’en voir, de mê¬ 
me que lorfque nous recevons un coup, 
dans l’œil dans l’obfcurité; Scic^eft cette-- 
vifion qu’on appelle imaginaire. 

57. Le taâ eft également fujet à des; 
îllufions. Quelques-unes de fes opéra¬ 
tions font fenlitives& fe rapportent 
à l’objet qui eft préfent, telle que la ' 
douleur que caufe une aiguille qui nous, 
pique la main ; il y en a d’autres qui font 
purement imaginaires, comme la dou¬ 
leur qu’on reffenî dans la main, &c qut 
eft pareille à celle que caufe la piqûre 
d’une aiguille , quoiqu’on nous l’ait 
coupée depuis plufieurs années. Nous 
avon's il y a quelques années iinr 
exemple de cette douîeur imaginaire ^ 
dans un mendiant à qui l’on coupai 
rhume rus , dans l’Hôpital de Saint 
Eloy. 

5 8. Comme l’àme ne peut être attrlf* 
îée qu’elle ne néglige tous les autres, 
objets ^ pour s’occuper entièrement 


Théorie de la Douléur. 3 5 
celui qui caufe fon chagrin ^ de là vient 
que la douleur fait languir toutes les 
fondions qui dépendent de fon adion, 
comme d’un principe mouvant, & que 
les adions libres, telles que la parole , 
le marcher, les travaux les moins utiles 
à la vie , toutes les adions des mem¬ 
bres fournis à la volonté languiffent , 
font interrompues, retardées , ou exé¬ 
cutées mollement.. - 

59. Les adions naturelles dépendent 
de l’ame , quoique l’entendement ne 
les dirige point, & que la volonté.n’)r 
ait aucune part. On peut mettre de ce 
nombre le mouvement du cœur, la; 
refpiraîion , les excrétions, qui font 
excitées par les chofes qui nous flat¬ 
tent, témoin celle de la falive, lorfque 
nous voyons quelque mets qui nous 
plaît, & :qui,languiffent, & cefîent dès 
que la nécefîlté le requiert. Par exem¬ 
ple , dans les douleurs violentes, le 
pouls eft petit, foible, rare ; la refpira- 
tipn éprouve les mêmes altérations 
elle eft pouflive,.interrompue , trou¬ 
blée , plaintive , le pouls eft quelque¬ 
fois intermittent, troublé. . 

60. A l’égard des adions qui ne font 

Bvj; 



3é C L A S S E Vit 
point n^éceffaires à la vie aéluelle, felless 
que les excrétions dont on vient de- 
parler, Taâion de manger à certaines 
heures réglées, la promenade ^ on les^ 
Jfufpend quelquefois des heures & des 
jours entiers. Rien, ae flatte l’odorat ni Ià= 
vue, tout déplaît, les alimens, les boif- 
fons, les femmes, le tabac, le café , &:c.. 
quoique ces chofes ayent fait autrefois, 
jîos délices. On remarque même que 
ceux qui ont du chagrin, ont peine à 
avaler, ôc que lorfqu’ils s’efforcent de 
manger, les alimens leur relient furl’ef- 
tomac , & leur caufent une indigellion.; 

6i. Toutes les parties agiffent de 
concert , ou s’aident mutuellement ; 
par exemple, nous ne pouvons nous 
tenir debout , que les mufcles des pieds,^ 
des tibias, des jambes ^ des lombes j* 
de la poitrine, du.cou ,,&c; fié fevo- 
rifent cette pofture ; nous ne pouvons 
même changer le pied de place , quo 
îes mufcles dont on vient de parler 
n’agiffent tous enfemble , à notre inf>t 
& malgré nous ; mais fi un mufcles par 
exemple.dueou, nous faitmal, irfouflré- 
confidérablement lorfqu’il vient à fo: 
contrarier&. lorfque nous remuona 



Théorie i>E la Douleur." yf ^ 
le pied étant debout, il fe contraôe 
fans que nous le voulions, & à notre- 
infu, & ce mouvement du pied rendi 
fa douleur plus vive. H en ell de même- 
des autres parties plus éloignées ; lorf- 
que nous avons un pied luxé, que les 
marifcas que nous avons au fondement 
nous font mal pour peu que nous re¬ 
muons le bas ou le tronc, la douleur 
augmente, elle s’irrite pour peu que: 
nous touffions ou que nous crachions.: 

6z. De là cette attention fcrupu- 
leufe dés perlbnhes qui. ont la goutte , 
un rhumatîfme, un membre fraôuré ou 
luxé J ces; efforts qu’elles font pour em* 
pêcher le mouvement fympathique des 
parties les plus éloignées- ; de là; ce 
choix de fituation dans ces maladies 3 
qui épuife uner partie : de leurs: forces, 
& les affoiblit^i : 

6.3. t’averfiQo que nous avons pou? 
fedouleur , excite en nous un violent 
défit de détruire fa: caufe, & ce défit 
eft fi grand', que les;perfonnes les plusi 
patientes ne peuvent fouffrir dans ées 
©ceafidns Je moindre délai, -attendent 
les remedes avec impatience, & fe 
mettent en :.coi.ere-contre ceux qui nd 



58^ . Classe VIL' 
peuvent les foulager. La douleur les 
force à changer de fituation, à en cher¬ 
cher de nouvelles; ils font inquiets,ils; 
s’agitent , quoiqu’ils fâchent que ce 
changement de poflure augmente leurs 
douleurs., épuife leurs forces , inter¬ 
cepte la refpiration , & leur caufe fou- 
vent de plus grands maux. L’homme- 
eft extrêmement affeâé du mal préfent,. 
il ne connoît rien de pire, & il aime 
mieux tenter des remedes incertains 
que de fupporter -avec patience l’état 
où ûl fe trouve 

64..Dieu s’ei: fervi des pa-flions pour 
lier les hommes entr’eux ; & le confeiî 
que nous donne fe divine fageffe de 
ne faire à autrui que ce que nous vou¬ 
lons qu’on nous rnlTe , s’accorde parfai¬ 
tement avec l’amour detnous-mêmes» 
Voulez-vous que je pleure? commeti** 
cez à pleurer le premier. Les palHons 
ont quelque chofe de contagieux ; Sè 
foit qu’elles foient agréables ou défa- 
gréables elles, fe communiquent à 
ceux qui en font témoins, lors même 
qu’ils font étrangers & quïls. n’en¬ 
tendent ip.oint notre langue.,-Lorfque 
sous voyons quelqu’un dans la fouf* 



Théorie de là Douleur. 39^ 
Irance ^ foit qu’il l’ait mérité ou non 
BOUS prenons part àfes peines^ôc nous, 
nous l'entons du penchant aie fecourir* 
Que les Savans nï’expliquent par quel' 
jnécanifme un homme que la douleur 
preffe, pleure comme un enêint ^ fe 
plaint J, langlotte, met tous fes voifinsr 
en alarme par fes cris & fes gémiffe- 
mens ,, &: exprime par des contoi^ 
fions de vifage, d’ailleurs ridicules , in¬ 
volontaires, & dont on ne peut ren¬ 
dre raifon , la douleur qu’il Ibufire.: 
Qu’un Stoïcien fe moque tant qu’il lui 
plaira de ces mouvemens déréglés &; 
inutiles de la nature, qui ne font qu’irri¬ 
ter la douleur : pour moi j’àdmirerài la 
bonté de l’Etre fuprâme, qui a établi; 
ces fignes pour émouvoir la pitié de 
ceux qui ont des fentimens d’humanité^ 
& pour les porter à fecourir lëur fem-? 
blables, lopfqulils. fe trouve nt dans îa- 
peine^. On eompreni maintenant;aveq. 
quelle fagelTe ces-mouvemens, ces dif- 
torfions du vifage,. que l’on trouve ridi» 
eules , parce qu’on n’èn connoît point 
îa fin,,ont été établis par la nature^ 
e’eft la langue dont elle fe fert lorf- 
qu’ellé eâ: dans, la peine^ qu’elle; 



Classe VÎT. 
befoin de fecours ; elle fe fait enten» 
dre à tous les hommes, de quelque na¬ 
tion qu’ils puiffent être ; ils en com¬ 
prennent le fens malgré le défordrc' 
qui y régné , & elle nous fait obtenir 
ce que nous ne faurions nous procu¬ 
rer avec le fecours ordinaire de la pa¬ 
role. 

65. On voit encore parla d’oiivient 
que les grandes douleurs font muettes^ 
& pourquoi les maux qu’un ennemi 
nous fait de propos délibéré, n’excitent 
en nous aucunes larmes; c’eft que nous 
n’attendons aucun fecours, 8 c qu’elles 
nous feroient inutiles ; mais 4 nous 
voyons quelqu’un qui prenne part à - 
notre peine , 8 c que nous manquions 
de forces pour nous venger nous-mê¬ 
mes, nous avons auffi-tot recours aux 
larmes 8 c aux gémiffemens. ■ 

: 66 . Qu’on ne m’objede point que 

même chofe fe paffe dans les anir 
maux , que la nature ne fe propofe 
aucune fin dans cette conduite, & que 
êes mouvemens ne font que l’effet d’un 
méeanifme aveugle., il fâudroit, pour 
que cela fut , que les animaux n’èuffent 
^£us feiitîiEént ne cherchaffent 



Théorie de la Douleur, 
aucun remede phyfique ou moral à leur 
douleur, ce qui eft démenti par l’expé¬ 
rience. L’entendement n’a pas befoin 
d’agir pour difperner cés fins, rinftinft 
fuffit, & les animaux , non plus que 
nous, ne peuvent être dans la douleur , 
qu’ils ne cherchent aulîi-tôt les moyens 
de s’en délivrer, & qu’ils ne mettent 
les mouvemens, tant libres que natu¬ 
rels , en ufage pour la faire ceflèr. 

67. Les mouvemens libres ont lieu 
toutes les fois que le principe matériel 
de la douleur affeéle les fens. Un os 
s’arrête-l-il dans le gofier, & y caufe- 
t-il de la douleur,.les animaux.eux- 
mêmes contraâent auffi-tôt les mufcîes 
qui font dans le voifinage, poiu l’en 
faire fortir, au cas qu’ils ne puifient 
l’avaler; ils baiffent la tête, & appuient 
leur cou fur quelque corps voifin ; 
ils s’efforcent de le tirer avec leurs 
pattes, iis toulfent, pour que l’air forte 
avec plus de vîtelïe & l’entraîne ; ils 
s’efforcent de vomir à différentes re- 
prifes, & ils continuent leurs efforts 
îtifqu’à ce que les forces leur manquent^ 
ou que l’os foit forti. Une étincelle de 
feu tombe-t-elle fur la patte d’un chat^ 



4i C L A s s E VII. 
il s’enfuit aufli-tôt, & fecoue en cou*: 
rant fa patte pour la faire tomber ; fi 
quelque arête lui pique le tendon &c 
s’y arrête, il tâche de la tirer avec les 
dents, ou de la faire tomber en fecouant 
fa ïambe. Ces efforts qui font purement 
naturels dans les brutes , font fouvent 
-volontaires dans l’homme. 

68. Si le piquant efl: tellement en¬ 
foncé qu’on ne puiffe l’appercevoir, la 
nature met alors en- ufage le feul re- 
mede qui refte , & elle l’emploie tant 
à l’égard des hommes que des animaux. 
Ce remede confifte à détruire le pi- , 
quant, ou à le faire fortir : ce moyen 
n’efi: pas fûr; mais peu importe, dit 
Celjè , qu’il le foit ou non, lorfqu’il 
n:y en a point d’autre. Il fe forme un 
abcès, & le piquant fe pourrit, ou fi 
c’eft une particule métallique, elle fur- 
nage fur le pus, & ne fait plus aucun 
mal; èc comme prefque tous les abcès 
s’oüvrent en dehors , elle fort enfina^ 
avec la matière qu’il renferme. L’in¬ 
flammation efl ici néceflaire, elle, aug¬ 
mente la douleur , & caufe dans les 
vaiffeaux & les tendons des foubre- 
f^uts, qui brifent le corps nuifible & 



Théorie de la Douleur. 43 
le: détruifent. Mais comme l’iriftinû 
ignore la dureté de la matierè morbi¬ 
fique , & que dans le cas en quefiion 
les douleurs font fouvent caufées par 
^ un fluide qui féjourne , par un fang 
coagulé, pour lors les foubrefauts, 
les conîraôions fpafmodiques ^ & l’ac¬ 
tion des vaifleaux fuflîfent pour dé¬ 
truire la caufe du mal, d’où vient que 
la nature met ces moyens en ufage. 

69. Le favoir & l’intelligence du 
Médecin ne font jamais plus nécelFaires 
que dans ces drçonftances, & il doit 
s’en fervir pour connoitre la caufe du 
mal, & pour y apporter les remedes 
convenables. Ces remedes font pour 
l’ordinaire inutiles, lorfque la nature 
n’entre point pour fa part dans la 
cure. 

70. Je viens de déduire les princi¬ 
paux fymptomes de la douleur tels que 
l’anxiété, les gémiflemens, les larmes, 
la foiblefle , des principes pfycolo- 
giques que j’ai établis. II m’en refte 
plufieurs autres à expliquer , entr’au- 
tres la veille, mais on peut la déduire 
des mêmes principes. Par exemple , 
les lois de la fenfaîion font telles, quç 



44 C X A S S E VII. 
nous ne [pouvons nous former une 
idée vive d’un objet, que celles qui 
lui font néceffaires ne fe réveillent 
auflî'tôt en nousj & comme la veille 
n’efl: qu’une fuite de plufieurs idées 
fenfitives, il aifé de comprendre pour* 
§uoi elle rend les douleurs plus vives^ 




CLASSE SEPTIEME. 


DOULEURS. 

H ippocrate ks appelle Po- 
noi 6 c Algemata, & com¬ 
prend fous ce nom toutes 
les autres maladies, lorfqu’il 
dit que toute douleur eji un mal. Les 
Arabes les appellent Payions , comme 
la paffion colique, iliaque, &c.Galien, 
O dynes; & pîufieurs, Copoi; d’où vient 
qu’on appelle la douleur des os ^oco- 
pus. Le mot d^algeia a la même ügnifi- 
cation, &t c’eft de là que font dérivés 
les mots de cardialgie , à’otalgie , dou¬ 
leur de cœur, d’oreille. On appelle en¬ 
core la douleur agra , proie , capture, 
d’oii l’on a fait les mots podagra , go* 
magra, frc. 

La douleur confidérée fimplement 





46 C L A s s E VIL 
en elle-même & d’une maniéré abftraî» 
te , n’eft proprement qu’un Jymptome. , 
ainfi que le prétendent les anciens Pa- 
thologiftes ; mais elle devient une ma¬ 
ladie lorfqu’elle eft accompagnée d’au¬ 
tres accidens, & l’on peut dire que les 
douleurs notables font des maladies, 
toutes les fois que la douleur en eu lé 
principal fymptome ; mais dans le cas 
où elle accompagne une maladie grave, 
comme une fievre, une inflammation, 
une convulfion, un flux, &c. on doit 
la regarder comme un accident de ces 
maladies. Les Méîhodilles ont mis les 
douleurs dans la claffe des maladies qui 
viennent de conftriâiion , comme on 
peut le voir chez Profper Alpin, medic. 
metkqd. üb. 5. Félix Platerus, lib. de. 
doloribus, 2 l inftitué le premier cette 
clafîe, & l’a divifée par ordre anatomi¬ 
que ; mais il a eu tort de mettre les fiè¬ 
vres au rang des douleurs. 

Juncker & Nenter les défignent par 
le nom de congejlions , fubftituant la 
caufe à la place de la maladie. 

Les Anciens ont divifé les douleurs en 
graves , fixes , mordicantes , poignantes , 
aiguës , pulfatives , tenfives , froides , & 
un grand nombre d’autres qu’Jrchigene 


Douleurs^ 

a Imaginées ; mais il vaut mieux diftin- 
guer les maladies parleur fiege que par 
ridée de la douleur, vu qu’elle efltrès- 
.confufe , & qu’on ne fauroit la définir 
quoiqu’elle fe, falTe très- bien fentin 
Ajoutez à cela, que dans la même ma¬ 
ladie , par exemple , la colique, le mal 
dè dent, la douleur parpît fouvent dif¬ 
férente , quoique le genre de la maladie 
foit le, même & ne varie que par rapr 
port au degré, comme chacun en eft 
; convaincu par fa propre expérience. 

: Ceiix qui poffedent la théorie des 
douleurs n’auront point de peine à con- 
npître. les accidens qui accompagnent 
celles qui font notables, ni pourquoi , 
dôrfqu’elles font violentes, elles font 
fuiyiesi d’infomnïe, d’aoorexie , d’im- 
. puiflance , de. foiblefie, de maigreur, 
de p.âreur, de fyncope, &c. ;* 

Comme l’ame s’occupe continuelle¬ 
ment de la. confervaîion du corps , il 
n’eft pas étonnant qu’elle foit affeâée 
de la douleur qu’il fouffre & qu’elle né¬ 
glige les befoins les moins urgens, & 
c’eft l’attention qu’elle donne à la partie 
malade , qui caufe l’infomnie infépara- 
ble de la douleur, qui bannit le fom- 
meii , & produit les phénomènes qui 
en font la fuite. 



4^ Classe VII. 

Le fommeil produit une fecrétion 
plus abondante du fluide nerveux, 8c 
ranime la faculté motrice ; au contraire 
le défaut de fommeil épuife les forces, 
& cet épuifement eft fuivi de la lan¬ 
gueur & de la foiblelTe des membres 8c 
des organes. 

Le fluide nerveux qui fuinte par les 
«extrémités des nerfs, fe mêle avec les 
ducs digeflifs, & par conféquent il ne 
iauroit diminuer que ces fucs ne per¬ 
dent leur force 8c leur aâivité , & ne 
deviennent moins propres à procurer la 
digeftion 8c à exciter la faim , d’ok 
s’enfuit l’anorexie. La même çbofe a 
lieu par raport aux organes de la géné¬ 
ration : fi ce fluide s’y porte en moins 
grande quantité qu’à l’ordinaire , 8c 
que les forces, languifient, on ne feilt 
aucun défir amoureux, ou l’on devient 
impuiflant, de même que l’on prend 
du dégoût pour ce qui flatte les fenS, 
par exemple, le tabac, le café, la pro¬ 
menade , les afiàires, le jeu, 8cc. îorf- 
que les forces du cœur languiflènt, 8c 
que la circulation fe ralentit ; à quoi 
î’on peut ajouter que ce fluide ne cir¬ 
culant que dans les gros vaifleaux, 8c 
ne pénétrant point dans les vaifleaux 
capillaires, 


Douleurs. 4 ^ 

capillaires, il faut de toute néceflité que 
la pâleur s’empare du corps, 11 n’y a 
perfonne qui ne fente la raifon pour 
laquelle la diiîipation continuelle du 
fluide nerveux, le défaut de digeftion, 
l’épuifemenf des forces font fuiyies de 
la maigreur du corps. 

' J’appelle douleur , non-feulement 
cette fenfation vive qu’occafionne la 
didraftion des fibres nerveufes, ainfi 
<ju’on le croit communément dans les 
écoles ; mais encore tout ce qui alfecle 
l’ame, l’inquiete, l’alHige par une fuite 
de la difpofition du corps, en quoi 
elle différé des pafîions morales. Par 
exemple, je mets au rang des douleurs 
le prurit, l’anxiété, le froid, la chaleur 
excefîive ; au nombre de celles du foie 
& de la rate, cette anxiété, ce fenti- 
ment de pefanteur, qui proviennent 
fouvent de l’engorgement de ces vif- 
ceres ; en -quoi elles different du cha¬ 
grin , de la trifleffeipurement pathéti¬ 
ques inféparables de la folie, laquelle ne 
dépend point d’un vice d’une partie- 
déterminée , mais de l’erreur ou de 
l’hallucination de l’ame , ainfi qu’il ar¬ 
rive dans la mélancolie. 

La dure-mere, la pîevre coftale , 

FL C 



50 Classe VÎÏ. 
périofte & les aponévrofes font douées 
d’un fentiment exquis, de même que 
la langue, la peau, la tunique velou¬ 
tée des inteftins, & la membane qui 
lapiffe l’intérieur de la trachée artere. 
Le fentiment ell: moins vif dans la plè¬ 
vre pulmonaire , dans le médiaftin, 
dans le péricarde, dans la partie du 
péritoine qui enveloppe les vifceres du 
bas-ventre, ainfi que dans les mufcles, 
ü on excepte ceux qui fohtparfemés 
d’un grand nombre dé nerfs, tels que 
ceux du cou. Le tiffu cellulaire & la 
partie du péritoine qui tapiffe l’abdo¬ 
men, ne font point fenfibles. Cét ex- 
pofé peut feire connoître le liege des 
■ douleurs les plus aiguës qui accompa¬ 
gnent les maladies. 



3Doulmrs vagues. 


5 £ 


ORDRE PREMIER. 

Douleurs vagues, 

C E font celies qui affligent les divers 
membres , & qui n’empruntent point 
leur caràûere d’aucun fiege déterminé 
& individuel, ni de la partie droite ou 
gauche du corps. 

On appelle membres, les bras, les 
jambes, qui font les principaux organes 
,du mouvement local, d’où vient que je 
comprends dans cet ordre la difficulté 
ou l’impoffibilité de ce mouvement, du 
moins dans la partie affeâée; & com¬ 
me on a befoia des pieds & des jam¬ 
bes pour tranfporter fon corps de côté 
ôc d’autre, dans les cas où la douleur 
s’empare de ces membres, ce mouve¬ 
ment de tout le corps devient difficile 
qu impoffible , ce qui n’a point lieu à 
. l’égard des extrémités fupérieures. 

On met les maladies qui empêchent 
îe mouvement local de tout le corps , 
ou qui affeâent pîufieurs parties à la 
fois , où fucceffivement, comme la 
goutte, le rhumatifme, la fciatique,, 
C ij 


’5i Classe VII. 
au nombre des maladies générales', 6s 
les autres, comme la colique, la cé- 
pKaîalgie, au rang des particulières - ce 
qui n’empêche point que celles - ci, 
lorfqu’elles font violentes, n’épuifent 
les forces & n’afFoibliffent le corps au 
point que le malade ed: obligé de gar¬ 
der le lit. 

Les douleurs vagues violentes cau- 
fent fouvent au commencement une 
fîevre paffagere, en quoi elles different - 
des phlegmafies membraneufes comme 
la phrénéfie, la pîeuréfie , l’indamma- ' 
tion du foie. Celles même qui commen¬ 
cent par la fîevre, ne font point accom¬ 
pagnées de froid ni de friffon , à l’ex¬ 
ception du catarrhe , en quoi on peut 
les diftinguer des fievres. Les douleurs;, 
en tant que telles, font des maladies 
qui fe manifeftent par la continuité 
de la fenfation incommode qui les ac¬ 
compagne , par fon intenfité ou foh 
étendue, & de là vient qu’on ne doit 
point rapporter à cette cîaffe les mala¬ 
dies des autrés claffes dans lefqùelles 
cette fenfation efl fimplemenf paffa- 
gere & fÿmptomatique. Par exemple, 
la diarrhée , la dyffenterie, le tenèfme 
^nt accompagnés de douleur ; mais le 



Douleurs values '. 5; 3 

flux <îe ventre étant évident & conf- 
tânt, on doit les rapporter au flux plu¬ 
tôt, qu’aux douleurs, de même qu’on 
doit regarder'la pleuréfie & la périp¬ 
neumonie comme des • phl'egmafies , 
plutôt que comme des maladies de dou- 
leuri Mais de peur que les Médecins 
ne ,fe troavent arrêtés dans la pratique, 
lorfqu’ils. rencontrent des maladies qui 
tiennent de l’une &: dé l’autre claffe, par ■ 
exémple, des flux & de la douleur, ou 
même des phlegmafies, j’ai jugé à propos 
de rapporter lex efpeçes dputeufes à 
P une & l’autre claffe, & de répéter deux 
fois les mêmes chofesplutôt que de 
leur laiffer-le-nioindre doute fur , ce 
fujet, d’autant plus que cela pourroit 
retarder leurs études. 

Arthritis } la Goutte^ 

Oh laxonnoît à la douleur fpônta- 
née-, vague & pério4ique des articles. 
Elle eft'fpônlanée, eh tant qu’elle fur- 
vie ht pour l’ordinaire fans aucun prin¬ 
cipe é\hdént ; car on ne fauroit dire 
qu’un homme ait la goutte, lorfqüe la 
douleur qu’il reffent dans les membres 



54 Classe VU. 

cft la fuite dés coups ou des bleffures 
^u’il a reçues. 

Les Anciens l’ont appellée goutu , 
dans la fauffe perfuafion oti ils ont été 
qu’elle étoit caufée par une fluxion de 
quelque humeur fur les articles. 

Si l’on confond le genre avec l’ef- 
pe ce de goutte ordinaire qu’on appelle 
podagre, , ainlî qu’on le fait ordinairë- 
îhent , ,il en réfultera des erreurs très- 
dangefeufes , & cependant cela arri¬ 
vera tant que les Médecins ne renon¬ 
ceront point aux préjugés dont ils font 
imbus, & qu’ils ne diflingueront point 
les genres des e'ipeees. 

Arihntispôdàgra ; Podalgia 
coridis ; Goutte ordinaire ou régulière, 
Podagra de Boerhaave, aph. 1244. Les 
malades Podagres , Chirac, confult. i . 

C’eft une goutté régulière fimpîe, 
foit héréditare , foit accidentelle,.qui 
atfoque fréquemment lès adultes & les 
vieillards, rarement les femmes; fi ce 
n’efl; celles qui font âgées, & jamais les 
enfans. Elle commence par le gros or¬ 
teil , & gagne enfuite lè talon : elle pro= 
duit dans cés endroits des douleurs plus 
Ôti moins aiguës, accompagnées de 



Douleurs vagues. Goutte. 55 
rougeur & de teufion ; elle s’appaife au 
chant du coq, elle attaque le lende¬ 
main l’autre pied, &: après plufieurs 
petits paroxyfmes elle ceffe pour reve¬ 
nir de nouveau dans le printemps ou 
dans l’automne. 

Sydenham décrit cette maladie d’une 
maniéré qui ne laiffe rien à délirer ; iî 
y étoit fujet, & il remarque qu’elle at¬ 
taque plutôt les fages que les fous, les 
riches que les pauvres, fur-tout ceux 
qui fe font livrés de bonne heure au 
vin & aux femmes, qui palFent d’une 
vie tumultueufe & agitée par les paf- 
fions, à une vie tranquille & fédentaire, 
qui mangent beaucoup, & qui ne m⬠
chent point affez leurs alimetis. 

Le venin de la goutte paroît être une 
terre calcaire femblable à celle qui en¬ 
tre dans la compolition des os , qui fe 
fépàre de Ik lymphe avec laquelle ellë 
eft mêlée dans les cavités des articles , 
& y engendre des tophus gypfeuxi 
C’eft cette même terre, qui forme des 
calculs dans les reins des podagres ; il 
efl; très-vraifembîable, d’après l’hiftoire 
de la lixieme efpece de diabete^ de la 
dixième d’afthénie, & de la huitième 
de rachialgie , que la bafe calcaire 



56 Classe VU. 
os fe laiffe diffoudre par quelque acide^ 
& que de cette diffolation réfuîtent 
ces filamens que Dover a obfervés dans 
les urines des goutteux &: qu’il prétend 
être un ligne de la goutte ; c’eft cette 
matière blanche &: crétacée, que de 
fan g tient en diflblution, que la nature 
dépofe quelquefois fur les -articles ou 
fur d’autres parties. 

M. le Baron du Boucha fujet à la 
goutte, quoiqu’il ne boive que de l’eau, 
& qu’il fe donne beaucoup d’exercice 
à la chaffe, a coutume d’être délivré 
du paroxyfme de fa goutte par un cra¬ 
chement abondant d’une efpece de 
poudre fableufe , grenue, dure, fem- 
blable à du tartre, qui crépite fous les 
doigts, il mouche auffi en abondance 
une pareille matière ; le paroxyfme lui 
durant une fois plus long-temps que 
de coutume, le Tio^evcc Fontfrede ^ fon 
Médecin, accéléra l’excrétion de cette 
matière fableufe au moyen des fialo- 
gues & des vapeurs qu’illui fit recevoir 
par la_ bouche &: par les narines , ce 
qui diflipa le paroxyfme. Ce Baron vit 
encore , fujet à la néphralgie calcu- 
leufe. 

L’opinion commune de S.ydmham 



Doideiirs vagms . Gouttj, 

Bc de Boerhaavc eft que ceçte; maladie 
doit fa première origine à la débilité de 
l’eflomac. Il eft certain que; fon accès 
efi: précédé pendant quelques femaines 
de lignes.d’indigeflion, quoique l’ap¬ 
pétit augmente la veille ; enfuite pen-_ 
dant tout le tempjS que durent les pa- 
roxyfmesl’appétit languit,feBas ven¬ 
tre efl: ferré , l’urine peu abondante ,' 
haute en couleur, & le malade fent 
vers le foif une efpece de friffon. Ce 
paroxyfme;, au commencement, & 
ayant que; la podagre foit invétérée , ell 
plus court, , plus incônftant dans le pért 
riode j,mais;à^nîefure quele .fujet avan¬ 
ce emâgei, il; devient plus violent, Sç 
fon type plus- ceitain. -. ,. • ; ' > 

- te pat^xyfme fini, on fent de la dé- 
mangeaifon ;dans le pied affeâé , la 
peau fe dé^hp pat écailles furluracéeSj 
l’appétit; larfanti reyiennenti -Pius; 
les accès font violens, & plus ife font 
long-temps à reyenir, & auconfraireÿ 
& dans cette -efpece téguliere,, ils ne 
durent pas* plus'de deux ou trois mois 
& même ils font extrêmement courts 
Içrfque lajma|adie commei^ee,- ;, ; 

;> J, Quqiqu;%£ettec efpecç réguMfrë foit 
.aeçqîiîpagnee de douleurs extrêmemenî 
C V 




58 C l A s s E VII. 
aiguës, qui augmentent au plus léger 
mouvement du pavé, qu’elles mettent 
le malade de très-mauvaife humeur, & 
qu’elles foient compliquées d’une pe¬ 
tite fievre ail commencement, le ma- 
lade^n’en a rien à craindre pour fa vie, 
& eiîé préfage plutôt fa durée que fa 
fin ; & qüi plus efl:, dans les interval¬ 
les des paroxÿfmes, lés malades font 
vermeils, bien portans de bonne hu¬ 
meur , & encHns à l’amour & aux plai- 
firs ; mais lorfqiie la maladie devient 
invétérée, ou qu’on la traite mal, elle 
devient anomale & dangereüfèi 
■ Ciiri. .La faignéé ne vaut rien-dans 
cette maladie ^ ôc encore^ moins lorf- 
qu’elle eft réitérée. Gn peut à la vérité 
i’employèr dans le fort du paroxyfme, 
& lorfque le fujet elî jeûné pour cal¬ 
mer la douleur ; mais on ne fauroit îa 
réitérer- impunémént. Les purgations 
réitérées ne valent rien non plus ^ ëç 
l’ôn ne doit y avoir recours qu’après 
le paroxyfme, & encore doit-on fé 
borner à purger le malade' avec' ^ 
manne & le pétit-Iàît. On ne doit pas 
non plus ùfêr- de^ fûdOrifiques , malgré 
le fuccès qu’ils ont foùvènt eu dans* les 
tempéramèns froids, tous- eis remèdes 



DotiUurs vagu&s. Comté. 
font caufe que les paroxyfmes fuivans 
font plus forts & plus opiniâtres , & 
qui pis eft, ils rendent la goutte ano¬ 
male. Le Médecin doit principalement 
s’attacher à fortifier i’eftomac de fon ma¬ 
lade , & à tempérer l’acrimoine & la 
chaleur exceflive des humeurs , fur 
quoi l’on peut confulter Sydenham. Le 
fujet goutteux doit s’abftenir de toute 
nourriture , à l’exception de la viande 
bouillie & rôtie, ne boire que de l’eau 
de fontaine, fur laquelle il mettra un 
cinquième, ôc s’il eft âgé, un quart de 
vin vieux, fur-tout d’Efpagne, s’abfte- 
nant avecfoindes vins blancs de France, 
principalement de ceux qui font verts. 
Il doit faire tous les jours de l’exercice, 
fe promener, monter à cheval, aller 
en voiture ; éviter le froid, les veilles , 
tout ce qui occupe l’efprit, ne point 
étudier après avoir mangé , s’abflenir 
des femmes, ou du moins n’en ufer 
que modérément. Il prendra, s’il en 
eft befoin, un bol de thériaque pour 
fe fortifier l’eftomac, il garantira fes 
mains & fes pieds du froid, êc fe cou¬ 
chera de bonne heure. Les perfonnes 
âgées qui ne boivent que de l’eau, af- 
foiblifîent leur eftomac, & aigriftenî 
C vj 



6 o Classe VIÎ. 
leur maladie ; il s’eil: trouvé des jeiin-es 
gens bilieux qui ont été guéris de la 
goutte , en fe réduifant à cette feule 
boiflbn. 

Les jeunes gens dont les humeurs 
ont beaucoup d’acrimonie, fe délivrent 
fouvent de la^goutte , en ne vivant 
conftamment que de lait. 

Les chauffons de toile cirée font très- 
propres à attirer la goutte for les pieds ; 
maisol eft à craindre qu’ils ne répercu¬ 
tent la foeur. 

. Plufieurs perfonnes ont prévenu les 
accès de goutte dont elles étoient me- 
îiacées , en iifant pendant trois jours 
d’une diete légère , & d’une tifane fu- 
dorifiqué dont Helvétius donne la corn- 
pofition. 

Rien n’eff meilleur pour calmer l’ac¬ 
cès qu’une nourriture légère, une boif- 
. fon légérément diaphorétique , & un 
cataplafme fait avec de la mie de pain, 
du lait & du fafran. Dans le cas où la 
douleur eft très*violente , le malade 
doit prendre du laudanum en fe cou¬ 
chant. Le Doâeur La^erme a guéri un 
goutteux que fes affaires ebligeoient 
de voyager, en le faignant du pied; 
malade. 



Douteurs vagues. Goutte. 6 i 
V'ariétis de la Goutte. 

a. Arthritis hiemalis ; Goutte froide. 

L. P. 

Cette efpece de goutte revient pref^ 
<jue pendant toute l’année, à l’excep- 
tion de trois mois d’été ; & l’on peut 
en voir la defcription dans Sydenham , 
qui y étoit peut-être fujet. Elle eft très- 
familiere aux perfonnes âgées & pitui- 
teufes, elle eft accompagnée d’une 

moindre chaleur pendant le paroxyf- 
me, & d’une démangeaifon moins forte 
après qu’il a ceffé. Elle demande des 
fudorifiques , comme une tifane de 
racine de fquine , de fàlfepareille , de 
gayac, de faffafras, des éleôuaires fl:o« 
machiques & antifcorbutiques eompo» 
fés avec le jonc odorant, l’angélique 
le quinquina, l’énule campane , l’ex¬ 
trait de genievre , la noix mufcade ^ 
la thériaque. Cette goutte eft la plus 
fréquente detbutes : on rappelle chau~, 
de , lorfque la tumeur de la partie ma¬ 
lade eft rouge, chaude , tendue, com¬ 
pliquée , d’une petite fie vre , & que le 
rang eft couvert d’une croûte inflam¬ 
matoire. On dit qu’elle eft frcidê^ -lorG 
n’apperijoit awçuft dé 



ig^ .Classe VII. 
tomes ; mais ce ne font là que des va¬ 
riétés , qui ne different que par le plus 
ou le moins. 

3. Arthritis rheumatica; Arthritis rheu- 
matifmo fupcrvcnims , Mufgrave , cap. 
Z. Goutte rhumatique, de Meyferey, 
n^. 35)6’. P. L. 

Cette efpece efl prefque femblable à 
la froide , mais elle n’eft que fympto- 
matique, je veux dire, qu’elle fuccede 
au rhumatifme, lequel engendre dans 
les parties mufculeufes des tumeurs ova¬ 
les de la groffeur d’une noix. Elle n’en¬ 
gendre jamais des tophus dans les arti¬ 
cles comme la podagre , fes périodes. 
ne font pas non plus réguliers ; mais 
elle caufe continuellement des accès 
légers non-feulement aux piedà , mais 
aux mains & aux genoux. 

On la croit occafionnée par la len¬ 
teur & la vifcofité de la lymphe, la¬ 
quelle dépofe dans les articles une fy- 
novie femblable à de la gelée. Ses pa- 
foxyfmes font très-ffcquens en autom¬ 
ne; ils reviennent en hiver, pour peu 
qu’on fe refroidifle, & il furvient une 
enflure œdémateufe dans la partie ma¬ 
lade. Elle affeéfe fur-tout les doigts, la 
«nain fe retire, &: fouvent elle, dure 



Douleurs vagues. Goutte, ^5 
toute la vie. Son accès furyient de même 
que celui de la goutte chaude, quoi¬ 
qu’on ne faffe aucun abus des cardia¬ 
ques , & le fang que l’on tire dans le 
paroxyfme efl; couenneux de même que 
dans le rhumatifme. Les tumeurs dans 
cette efpece de goutte ne tendent pas 
à la fuppuration. 

La cure exige des atténuans. Le fang 
& la lymphe, li l’on en croit Mufgrave, 
ont une qualité li alkalefcente dans cette 
maladie, qu’ils teignent en vert le lirop 
violât. Cependant il prefcrit non-feu¬ 
lement les antifcorbutiques, comme la 
rave fauvage, l’oignon, le pied de veau, 
Je cochlearia, le fylimbrium, qui con- 
tiennenfun alkali volatil; mais encore 
réfpriî de corne de cerf, d’urine, de 
fuie j de fei ammoniac , qui font les plus 
forts alkaîis de cet ordre. Il prétend que 
quelques ^Jerfonnes - robuftes ont été 
gviéHés dé cette goutte par dès' éméti- 
‘qüës réitérés , les -efforts qu’elles 
foient pour vomir ayant atténué la lym- 
‘phè ; maïs ’ céfte métho<^e convient à 
peu de gens. Il veut aulîi que lé malade 
prenne en fë couchant quatre gouttes 
d’huile de térébenthine , & qu’il oigne 
"deux fois par jour avec du baume dq 



iS4 Classe Vil. 
foufre térébenthiné les membres qu- 
ont perdu leur mouvement. 11 prefcrit, 
auffi le camphre tant pour l’intérieur 
que pour l’extérieur, & veut que l’on 
pompe la fynovie qui s’efl; amaffée dans 
les jointures par le moyen d’un petit ! 
chalumeau qu’on introduit dans , les , 
chairs , que l’on baffinë enfuite les arti-; 
clés avec, du vin brûlé , & qu’on appli¬ 
que deffus un emplâtre magiftral. Une 
femme âgée de quarante ans j habituel¬ 
lement bien réglée, douée d’une bonne 
eonflitution, fut attaquée au commen¬ 
cement de l’hivër d’une goutte rhuma- 
tique qui dura deux mois ; elle fe plai- 
gnoit de. douIe,ursr daris toutes des arti-i 
culations des extrémités avec enflure 
auxjnains,. aux pids, aux genoux';^ 
les bouillons délayans ne lui procurer 
rent . aucun fouîagement; imai? ayant 
priS' de rextrait.de jufljuiame blanche-, 
elle fe trouva beaucoup mieux au bout 
d’une femaine ; ,la; dofe .de cet extrait 
efl; depuis un grain jufqu’à dix en l’aug¬ 
mentant .par degrés; «cela^Iui flt naître 
l’efpece de berlue; appellée^^Æ^Æe^, Elle 
fut entièrement irétablie au bout d’uà 
mois par ce ieul remede, ; V .. 

4. _^J:r£]ims . (zfiiya^ ; tGputtécÇhaud^ 



Douleurs values. Goutte, 65 
Je vais décrire celle dont je fuis afîligé 
depuis dix ans, & que j’appelle chaude, 
parce qu’elle me fatigue durant tout 
l’été, & qu’elle me quitte l’hiver. Elle 
différé de la régulière , en ce qu’elle 
n’obferve aucun période confiant ; 
d’ailleurs elle eft fi douce, qu’elle ne 
me retient jamais au logis, & que j’en 
fuis quitte pour marcher avec un peu 
plus de peine. Son premier accès fut 
très- violent, il me prit dans l’automne, 
& me retint un mois au lit. H m’alaiffé 
une douleur dans le pied & la main 
gauche, qui s’étend rarement jufqù’au 
coude, & qui après qu’elle a ceffé-, y 
laide une foiblede & une fenlibilité, 
fans aucune altération dans l’enflure ni 
la couleur. Dès que le printemps ra¬ 
mené la chaleur, les pieds & les mains 
me font mal ; la douleur s’appaife dès 
que l’air fe refroidit, & revient à l’inf- 
tant que l’atmofphere s’échaude ; elle 
augmente dans le fort de l’été, & cefle 
tout-à-fait dès que le froid de l’hiver 
fe fait fentir. Je dois cette maladie par¬ 
tie à mes parens , & partie à ma trop 
forte application à l’étude. Les accès 
vioîens font fuivis de démangeaifons 
•violentes dans le dos j j’étois extrême* 



S6 Classe VIL 
ment fenfible au froid du côté gau¬ 
che ; mais depuis neuf ans l’hiver ne 
m’incommode prefque plus. Quoique 
la matière de cette maladie foit extrê¬ 
mement âcre, que la chaleur de l’air 
la mette en mouvement, & que les 
bains domeftiques me foulagent^je fais 
rarement ufage de lait & de bouillons 
rafraîchiflans, tant parce que j’ai l’efto- 
mac foible, qu’à caufe que je fuis d’un 
âge avancé; je ne faurois m’abftenir 
de vin , que je n’aye auffi-tôt la diar¬ 
rhée , & j’emploie quelquefois des fto- 
machiques chauds ; l’éleârifation ne 
m’a procuré aucun foulagement. 

5. Arthritîs chlorotica, Mufgrave, d& 
arthrii. ex chloroji^ vel anhritis alba ^ du 
même ; Goutte chlorotique. L; P. 

Cette efpece attaque les femmes qui 
font nées de parens goutteux , qui ne 
font point réglées , ou qui ont les pa¬ 
ies couleurs, même dans leur plus ten¬ 
dre jeuneffe. Elle eft familière auffi aux 
femmes flériles qui font mal réglées , 
corpulentes, fédentaires , qui ont la 
voix mâle, & fouvent auffi à celles qui 
ont de la barbe. 

Elle approche de la froide, elle atta¬ 
que les femmes avancées en âge; & 


J^ouhurs vagues. Goutte. 
quoique fort incommode , elle leur 
affure une longue vie. 

Les jeunes femmes en guériffent par 
l’ufage des emménagogues , tels que 
les ehalybés, le borax, &c. mais plus 
fûrement encore par le mariage & 
l’accouchement. Dans le cas où elles 
font ftériles, il faut tenter les emmé¬ 
nagogues , & même les cathartiques, 
tant qu’on a efpérance de rappeller 
leurs ordinaires , mais feulement une 
fois par mois ; mais cet âge paffé, on 
doit recourir aux cauîeres êc aux dé- 
coûions ameres. 

Ce que je viens dé dire a lieu pa¬ 
reillement, par rapport à la goutte qui 
fuccede à i’afcite, avec cette dilEérence 
qu’il faut réitérer la purgation. 

6. Arfhritls melancholica , Mufgrave § 
cap. 6 . Goutte caufée par la mélan¬ 
colie. L. P. 

Cette efpece eft familière aux per- 
^fonnes que l’étude, les chagrins & les 
"^foucis ont alFoiblies, de même qu’aux 
fujets hypocondriaques & hyftériques; 
le chagrin & la goutte fe fuccedent 
tour à tour, elle vienf lorfque le cha-, 
grin cefle , & elle s’en va , lorfque 
«elui-ci revient. L’Auteur appelle ici 



Classe VII. 

mélancolie, ce que l’on nomme vul', 
gairemenî triftelTe , & mon. point'Ij 
délire ; quoique lés vrais mélancoli- ■ 
ques n’en/oient point exempts. Cette 
efpece elf auffi douce que celle à la¬ 
quelle je fuis fujet, & dont j’ai donné 
la defcription ci-deffus. Elle n’exige 
point dans le paroxyfme d’autre trai¬ 
tement que les autres; mais il convient 
pour la prévenir, i°. de tenir le ven¬ 
tre libre ; de rétablir la digeftion; 
&-peur cet effet, le malade ufera en 
été d’eau acidulé ferrugineufe avec la 
manne, d’une infufion de thé avec de§ 
martiaux préparés, par exemple de li¬ 
maille de fer dans une cuillerée de fqu- 
pe. L’ufage du quinquina eft auffi fort 
îalutaire , pourvu que la dofe en foit 
modérée , & l’on peut y joindre la 
décoftion de racine d’efquine, de fâlfe- 
pareille, &c. On doit prendre garde 
de ne point employer la limaille de fer 
en trop forte dofe, elle rendroit les 
accès plus fréquens; & le plus fur, eft 
de n’en prendre que quelques grains 
à la fois. 

^ 7. Arthritis fcorbutica , Mufgrave , 

cap. 6 . Goutte feorbutique. 

Cette efpece attaque les perfonnes 



Douleurs values. Goutte '. 
fujettés au feorbut chaud ; elle reffem- 
ble à la podagre chaude ordinaire, avec 
cette différence qu’elle efl plus douce , 
& que fes accès durent plus long-temps ; 
elle eft ordinairement accompagnée de 
la gale, de taches livides, d^ilceres aux 
gencives, d’un prurit âcre, du craque¬ 
ment des os. 

Gn appliquera dans le paroxyfme 
fur la partie malade de légers attradifs , 
tels qu’un cérat vert, dont on fait les 
étuis de chapeaux. Ne feroit-ce point' 
de la toile cirée, ou des feuilles de 
chou ? 

Le paroxyfme fini, on travaillera à 
^corriger l’acrïmonie -du fang , par le 
moyen du mercure, du calomel, des 
anti-feorbutiques , des cathartiques , 
des martiaux , &c. en prenant garde 
cependant de ne point détourner l’hu¬ 
meur qui fe porte aux pieds. 

■ Il y a aâueilement à i’Hôpital-géné- 
ral deux hommes fexagénaires qui fe 
plaignent depuis fix mois d’une douleur 
brûlante continuelle dans l’intérieur 
des pieds, qui n’eft accompagnée d’au- 
'cune enflure, qui les tourmente prin¬ 
cipalement la nuit , les empêche de 
doimiriy & ne leur permet point de 



70 Classe VIÏ. 
fouffi-ir la plus légère couverture, à 
caufe de la chaleur qu’ils reffentent 
dans ces parties. Ils font tous deux 
maigres, pâles, & ils ont lapeauobf- 
cure & prefque jaune ; mais on n’apper- 
çoit aucune altération dans la couleur 
de leurs yeux. L’un n’a prefque point 
de dents, & celles qui lui reuent font 
cariées. L’autre a les gencives molles, 
fanguinolentes ; ils ont tous deux de¬ 
puis lix mois le dégoût & la diarrhée. 
Le laudanum eft jufqu’ici le feul remede 
qui leur ait procuré du foulagement. Il 
y en a un dont les jambes commencent 
à devenir livides ; le métatarfe s’eft 
îoiÆ, a noirci & s’eft defféché. La 
noirceur - & la féchereffe ont gagné 
les pieds & une partie de la jambe dans 
l’un & dans l’autre. 

Perfonne n’a décrit jufqu’iei exaâe- 
ment cette maladie, quoiqu’elle ne foit 
pas rare. Ses.fymptomes effentiels-font 
nne douleur chaude qui augmente' la 
nuit, & qui eft accompagnée d’une 
contrafture fcorbutique, de lanoirceuï 
des pieds, fans aucun ligne de gangre¬ 
né , Scd’un fiomacau. Voyez catochus. 
fcorbutique. 

; Les remedes indiqués dans cette ma-i 



Douleurs vagues. Goutte'. yf 
îadie, indépendamment des catharti¬ 
ques légers , compofés avec le rha- 
pontic, font les opiats abforbans, les 
bouillons avec les cloportes , l’énula 
campana, & le lait'; & en cas de diar¬ 
rhée , les bouillons faits avec les plan¬ 
tes antifeorbutiques, ameres & ftoma- 
chiques. 

8. j 4 rtkritis JyphUidca ^ Mufgrave^ 
cap. y. Arthritis paturfa fuccedens , du 
meme. Goutte vérolique. L. P. 

Je l’ai obfervée deux fois dernière¬ 
ment , & quoi qu’en dife Mufgrave , je 
l’ai yue accompagnée d’éruptions véro- 
liques & de pullules, tantôt aux pieds , 
tantôt aux mains, & de douleurs arthri¬ 
tiques qui augmentoient la nuit. Cette 
efpece eft fouvent caufée par une go¬ 
norrhée fupprimée, & on la guérit par 
les friâions ordinaires. Lorfqu’on em¬ 
ploie les préparations néceffaires , non-, 
feulement les fymptomes véroliques ^ 
tels que les puftides, les rougeurs difpa- 
roiffen^.jpiais il arrive même fouvent 
que les d^leurs arthritiques s’appaifent ‘ 
entièrement ; ce qui n’arrive cependant 
que plufieurs mois après les friftions. 
Lorfque la vérole fe joint à la goutte, 
& que celle-ci efl effentielle, je doute: 



7 i Classe Vlî. 

qu’on puiffe calmer les douleurs qui 
l’accompagnent. Je n’ai employé ni la 
falivation ni le meraire doux, quoique 
Mufgrav^ recommande l’un & l’autre. 
Les fomigations dont on fe fervoit jadis 
en Italie , ont guéri un-malade pour 
quelques mois. Mufgrave prétend que 
cette goutte, lorfqu’on la néglige, con¬ 
duit plus fouvent que les autres à l’apo¬ 
plexie. Je n’ai connu que des vieillards 
qui en fuflént attaqués. 

. 9. Arthritis ajlhmatica , Mufgrave y 
cap. 8 . Goutte afthmatique. L. P. 

C’efl: celle qui fe joint à l’afthme hu¬ 
mide vers l’âge de cinquante ans, ÔC 
pas plutôt. Elle eft affez douce , fask 
nœuds, elle ceffe l’hiver, & par cotî^ 
féqùent elle eft chaude. Elle s’aigrit ou 
ne vient îorfqu’on ufe de purgatifs draf- 
tiques. 

Cette goutte appaife l’afthme, & eft 
par conféquent falutaire aux afthmati- 
ques ; de forte qu’au cas qu’elle manque 
ou qu’elle ceffe, il faut la rapa^lîer avec 
nn cérat vert , ou tel autre ^ipaftique 
léger. Le paroxyfme fini, on purgera 
légèrement le malade, après quoi l’on 
.paffera aux décodions ameres , aux 
•martiaux &: aux béchiques. 


10 * 



Douleurs vagues. Goutte. y j 

10. Arthritïs febrifequa; Goutte qui 
fuccede à la fievre ou continue, ou 
éryApélateufe, ou quarte intermittente. 
Mufgrave , cap. c). 

Cette efpece de goutte eîlfort rare, 
& Ton peut voir ce que l’Auteur en dit. 
Je l’appelle febrifequam , parce qu’elle 
accompagne la fievre , comme une fui- 
vante fa maîtrefTe. 

11. Arthritïs febiicofa , Verlhof, ôbf. 
de.febribus , pag. 66. Goutte fébrile. 
A. P. 

C’eft une goutte vague, ou un rbu- 
matifme goutteux compliqué d’une fiè¬ 
vre rémittente, ou d’une quarte con¬ 
tinue double dans le cas de l’Auteur, 
& occafionnée par un virus fébrile. 

Après avoir employé les remedes 
généraux, & obfervé le type pendant 
trois femaines, led^oâeur ^er/Ào/pref- 
dit dans la rémiifion le quinquina avec 
la poudre des vers de terre, & ordonne 
dele continuer même après que la fievre 
a ceffé, en y ajoutant de la racine de 
pied de veau, infufée dans du vin. La 
fievre & la goutte ceflerent pour tou¬ 
jours; la malade recouvra l’appétit, 
fes ordinaires revinrent, & elle ne fut 
Tome VL D 



74 C L A s s E VIL 
plus fujette au vomiffement, à la débi¬ 
lité, &c. 

II. Ankritis rackialgica; Arthrlds a 
colicdf Mufgrave, cap. lô. Goutte eau* 
fée par la colique de Poitou. L. P. 

Cette efpece fuccede à la colique de " 
Poitou, laquelle eft très-familière dans 
certains pays à caufe du cidre verd & 
acide dont on faitufage, comme Muf 
grave^&l dernièrement Huxham l’ont, 
obfervé. Elle efl entièrement fembîa» 
ble à la Podagre, & demande le même 
traitement dans le paroxyfme. A l’é¬ 
gard des propbylaâiques, ils fe rédui- 
fent aux ftomachiques & aux cordiaux, 
aux eaux thermales , fulfureufes , & 
aux cathartiques doux. 

13 . Arthritîs exanthanaticor; Arthrids 
nnorhis cudcularihus fubjeBa , Mufgrave, 
cap. U. Goutte exanthémateufe. E. P. 

C’efî: celle qui fuccede aux maladies 
cutanées exanthémateufes , fort aiguës , 
comme la miliaire, l’éryfipele , foit 
chroniques , comme les -dartres, les ' 
idceres , lès hémorrhoïdes , les ma- 
rifea , &e. fur quoi l’on peut confulter 
l’Auteur. 

Dovcr èXdhXit pour ligne de la goutte 


Douleurs vagues. Goutte. 75 
€11 général lesfilamens qui nagent dans 
Turine ; je les ai cherchés fans avoir 
pu les trouvera 

14. ;Anhritis rackitica ^ voyez Duver- 
iiey, malad. des os, tom. a., du Raehitis , 
phjl i .pag. xÿG. d’après Saviard, Goutte 
rachitique. C. P. 

C’eli celle dans laquelle an fent dé 
la douleur dans prefque tous les os 
dans laquelle ils fe fraâurent au moin¬ 
dre elFoït que l’on fait. Elle eft fans fiè¬ 
vre , mais accompagnée des fympto- 
mes du Rachîûs. 

Une femme âgée de trente ans fouf- 
froit depuis quatre mois des douleurs 
cruelles dans tout le corps, fans avoir 
aucune fievre, ce qui obligea fes parens 
à la faire conduire à l’hôpital. Sa mala¬ 
die lut laiffoit la liberté d’agir, mais les 
douleurs augmentoient pour peu qu’on 
la tcaichât. : pie fut enfin obligée de 
s’aliter ; au bout de troismois fes os fe 
feââatrer enf doute u rs augmentèrent, 
&: elle mourut au bout de dix après 
avoirfoufieit difiéretTtes fraâures. On 
lui trouvâtes 6s du^fémur extrêmement 
tendres,fi:a£î;urés4f & fi fragiles, qu’ils 
fe brtfoient entre les doigts comme une 
écorce d’arbre vermoulue ; ils’étoieat 

\ TV ;; 



7^ C L A s s E Vil. 
pleins d’une moelle rougeâtre. Les os 
du crâne s’afFaiffoient fous les doigts j 
fes chairs étoient molles & blanchâtres; 
les cartilages, les articles & les vifce- 
res n’avoient foufFert aucune altération. 

15. ArthritisAmmcana; le Pian. C. P. 

C’eft une maladie qui commence par 

des douleurs arthritiques, chroniques, 
auxquelles fuccedent des tumeurs de 
la groiFeur d’une aveline, cruftacéeSj 
des ulcérés phagédéniques, la carie des 
os , & enfin des rhagades aux pieds 6c 
aux mains, d’où naiflent des excroiffam 
ces fongueufes, appellées frambcjia. Les 
remedes mercuriels ne font d’aucun 
fecours dans cette maladie, & les ftules 
qui lui conviennent font les fudorifi' 
ques ,; par exemple , la décoélion de 
falfepareille , d’efquine, &c. le- 

mot Framhejîa^ dans la claffe lo.^ • 

1 6 . AfthritisJB^haTncnJîs:, PMlof.m:anfi 

Les poilFons qu’on peçhe dans des 
environs ded’île de Bahama;:£x6.tQxà 
à' ceux qui eh mangent!, detiviolentes 
douleurs dans les articulations. Ges dou-i- 
leurs fe terminent quelque temps après 
par un prurit , qui date trois jours. 


Douleurs vagûes. Ddukur des os. 

II. OsTOCOPUs ^ Gorræi, De^ 
finit. Dolor ojfium Douleur 
des os. 

C’eft une douleur confiante & fto-, 
table dans les os, occafionnée par ua 
vice du périofte interne, laquelle aug-^ 
mente la nuit par la j)refîion dû corps,' 
Elle différé de la goutte en ce qu’elle 
lî’eff point périodique, qu’elle n’aug¬ 
mente point par la preffion, & qu’elle 
lî’affeâe point les épiphyfes feules. Elle 
eft ainfi appellée à'ojleon^ os ; & copos^ 
douleur. 

I. OJlocopus ah jpinâ ventofd; Epine 
venteufe ; en Grec, Teredon, Spïnct 
ventofa , de Rhafes ; Fr eind, hijior. medic» 
anno ^oo. pag. iqz. Petit, maladie des 
os^ de Cexojlojé, chap. lô'. C. 

- C’eff uné douleur profonde dans les; 
os tubuleux, tels que le tibia, le pé¬ 
roné , le fémur, occafionnée par la 
carie de la moelle & du périofte in¬ 
terne , accompagnée de renflure de 
l’os ou d’exoftefe. Fqyei les diverfes 
efpeces d’exoftofe ^ clajfe i. ordre 6 . La 
chancreufe & la vérolique font de tou¬ 
tes ces efpeces celles qui caufent les 



78 Classe VII. 
douleurs les plus cruelles, elles cor-? 
rompeut la moelle, elles carient les la¬ 
mes internes , le pirioûe externe fe 
gonfle en même temps ou après, la 
douleur fubfifle aulfl long-temps que 
l’enflure continue. Lorfque l’exoflofe 
externe ne feitpius de progrès, la dou-^ 
leur fe calme, & l’on peut toucher 
l’os fans que le malade foulFre ; mais 
l’ofléocope & Ja doutem interne ne 
îalflent pas que de continuer. L’indica¬ 
tion curative conflfle à trépaner i’os, 
airifi qn’ArgUlam l’a pratiqué le premier,; 
vers le milieu du quinzieme fiecle. On 
le perce dans plufieurs endroits,fur* 
tout vers le bas, avec un maillet de 
plomb & un cifeau. On découvre la 
cavité pour pouvoir déterger la carie 
avec un fer rouge, ou par tel autre 
moyen ufité en pareil cas. 

Lorfque le fpina ventofa efl véroli- 
que, & que les frictions font adminifl 
trées comme il faut, on peut fe difpen- 
fer de l’opération que je viens d’indi¬ 
quer. dePexojiofi, Heifler, 

dijjïn. d& mmorib. ojjîum. 

2. OJîocopus cancrofus; Douleur des 
os caulée par un cancer. C. 

Une femme qui avoit un cancer à la 



Douleurs values. Douleur des às. 7^ 
îHamélk de la gaffeur de la tête, ayant 
palFé par les friâions fans aucun foup- 
çon de vérole, fe trouva foulagée au 
point que fon cancert fe réduifit à la 
grolfeur du poing; mais dans le cours 
de fa maladie, elle fut attaquée d’une 
douleur violente dans le milieu de l’hu- 
merus, qui ne diangeoit point de place 
lorfqu’on y touchoit. Elle mourut, 8c 
îorfqu’on vint à lui dilféquer le bras , 
on trouva dans l’endroit où la douleur 
s’étoit fixée, le pérrofle quelque peu 
détacbé dé l’os, une goutte d’eau entre 
deux, & tien de plus. Uichor cban- 
creux n’auroit-il pas corrodé la partie , 
8c afiedé la moelle ? Get exemple eft 
rare, mais il n’efi pas unique. Cette 
dfeâion paroît avoir beaucoup d’affi¬ 
nité avec le panaris du période. 

O^ocopus àj^cedarthrocace, Pcedar^ 
îhrocacé de Severinus , de abfconditd 
übjceÿ'uum niiturâ. C. 

Le pædartbrocacé difière du fpina 
ventofa, en ce que dans celui-ci la dou¬ 
leur 8c la tumeur commencent par le 
milieu de l’os, au lieu que dans le pædar- 
tbrocacé elles affeftent les apopbyfes, 
& que la douleur au commencement 
éfl: légère ou nulle, qu’elle augmejit® 
D iv 



§0 Classe" VIÎ. 
ou qu’elle furvient dans la fuite; à quoi 
l’on peut ajouter que le pædarthrocace 
eft familier aux enfans, & approche 
du rachitis ou de Texoftofe, foit fcro- 
phuleufe ou variolique. Petit, de Vexof- 
tofe. 

On ne fait point au Jufte ce que les 
Grecs entendent par ojlocopc ou ojîeoco- 
pCy à moins, comme le prétend Gorrée, 
qu’ils ne veuillent défigner par-là un 
certain degré de lafîitude. Ceux qui en 
font affeâés ne fauroient fe mouvoir - 
d’un pas; ils fentent dans les tendons 
qui entourent les os, une chaleur mor- 
dicante ^ accompagnée de téhfion, la¬ 
quelle provient d’une humeur vicieufe'^ 
répandue dans tout le corps. 

. 4. Ofiocopus à gummatis , Heifter, 
de. ojfium tumoribus, ly^o. Dou¬ 
leur des os caufée par des gommes. C. 

• Les gommes gummaea ) {ont des 
tumeurs ou des tubérofités inégales, 
qui alEeâent les os du vifage & fur- tout 
ceux du crâne dans la vérole invété? 
rée, & qui ont la confiftance d’un tuf 
friable. 

Quelques-uns appellent tophus , cer¬ 
tains nodus qui ne caufent aucune dou¬ 
leur au commencement, mais qui au 



Douleurs vagues. Douleur des os. 81 
troiiieme degré afFeftent les os qui font 
delfous, & occafionnent quelquefois 
des douleurs cruelles. 

La cure exige i°. les remedes géné¬ 
raux, comme la faignée chez les adul¬ 
tes , la purgation avec le jalap & le mer¬ 
cure doux chez les enfans. -iP. Que 
Pon corrige le fang avec des décoc¬ 
tions ludorifiques, faites avec les ra¬ 
cines de glouteron, d’efquine, de falfe- 
pareille , de pimprenelle blanche ; les 
bois de 4 ffaftas,:de gayac, de genévrier,, 
avec le mercure doux, la panacée, 
l’æthiops minéral en petites dofes fou- 
vent répétées. 3°. Après que ces gom¬ 
mes font venues à fuppuration, il faut 
promptement les ouvrir jufqu’à l’os, 
que l’on trouve prefque toujours carié 
jufqu’aux, méningés. 4^.. Après que le 
pus eft forti, on couvre la plaie avec 
de la charpie, & on le laiffe couler pen¬ 
dant quelque temps.. 5^. On déterge 
enfuite les os avec une effence de fuc- 
ein & de myrrhe,, que l’on mêle avec 
de la teinture d’euphorbe, & quelque 
peU’ d’onguent digeftif, retirant avec 
la tenette la partie de. l’os qui eft ca¬ 
riée ,, cei que l’on doit faire tous les 
îours. Il convient même de panfer 1 ^ 




g2 Classe VIL 
plaie deux fois par jour en été; & au 
bout de quelques mois, il fe forme uh 
nouveau calus , une nouvelle chair, 
mais il refle une cicatrice profonde. Il 
éft bon fur ces entrefaites que le ma¬ 
lade ufe de lait, prenne les bains, & le 
foir des narcotiques. 

5. Ofiocopus fcorbuticus , Lind. de fcor- 
luto; Douleur des os fcorbutique. C. 

C’efl une douleur aiguë dans les os j 
accompagnée de craquement, de carie 
& d’érolion ; les côtes craquent même 
quelquefois pendant qu’on refpire, & 
après la mort; la partie offeufe fe trouve 
féparée do la cartilagineufe, de maniéré, 
que l’on diflingue dans les articles les 
apophyfes du corps de l’os ; les côtes, 
lorfqu’on les preffe, rendent un fang 
noir ; & l’on trouve dans les articles , 
au lieu de la fynavie, une humeur ver¬ 
dâtre. Tels font les fymptonües que 
Lindius a obfervé dans le Icorbut invé¬ 
téré. Voye^ Goutte fcorbutique. 

Lindius prétend, contre l’opinion de 
tous les Médecins, que les douleurs 
fcorbutiques ne font pas plus fortes la 
nuit que le jour. 

6. Ofiocopus Jÿphiliticus, Afiruc, liy. 
çhap. Ut des maladies vénériennes^ 



Douleurs vagtus. Douleur des os. §5 
oii l’on trouve Thiftoire &: la cure de 
cette maladie. Douleur des os, caufée par 
la vérole. C. P. 

Cette douleur, fuivant l’ilîuftre Pro- 
feffeur que je viens de citer, ell: occa- 
fionnée par la fuppuration & la putré- 
faâion de la moelle , d’oii il s’enfuît 
qu’on ne peut la guérir qu’en perçant 
l’os détergeant l’ulcere , ce qui eft 
extrêmement difEcile. Cette douleur 
réMe non^feulement aux friârions mer¬ 
curielles , -elle en eû même fouvent la 
fuite, &; elle eft accompagnée de l’exof- 
tofe de la partie m.aîade, par exemple , 
de l’humerus, du tibia. 

7. Ofiocépus âh ojîeocoJarcoJiyT’ranf, 
philof. n 9 . 4yo. à Sylvano Bevan. 

Cette efpece fe manifefte par des 
douleurs aiguës, qui commencent & 
fubfiftentavec le diabeîe. Elles ontleurs 
Eeges dans les épaules, au dos, aux 
extrémités, & font accompagnées d’a¬ 
norexie & de fievre lente; tous les os 
du dos fe ramollifîent, même ceux qui 
étoient les plus durs^ la moelle rou¬ 
geâtre & membraneufe conferve en¬ 
core affez de fermeté dans les épipby^ 
fes. Cette maladie paroîî être l’effet de 
la diflblution de la fubftance calcaire 
D vj 



$4 C L A. s s E VîL 
des os par un aeide, & femble indi¬ 
quer Tufage de l’eau de chaux, propre 
à énerver cet acide. Ôn fait que l’ufage 
de cette eau eft très-utile dans le dia¬ 
bète des Anglois. 

' III. Rheumâtismus i Rhuma- 
tifme J Fourbure, 

C’eft une douleur de longue durée 

f u’on fent dans les mufcles, fur-tout 
ans les membres, fans coryza, ni en¬ 
rouement , ni rhume. 

11 différé de la goutte, & de Vofiéocope.y 
en ce que la douleur a fon fîege dans, 
les parties charnues, & non dans les 
articles & dans les os. 

Du catarrhe & de la laffittide fébrih. 

' par fa durée, qui eff de plufieurs mois 
& même de plufieurs années, ( il faut: 

' en excepter celui qui eft aigu ; j & en 
outre, parce que le catarrhe commence 
par le coryza, î’enroimment, &c. 

De fa céphalalgie , de la douleur de^ 
■poitrine , de la fciatique , du mal des reins^^ 
'&c. eh ce que le rhumatifme affeâe 
tantôt les bras,, tantôt les jambes, & 
n’a point de fiege fixe, en quoiil différé 
auffi des phlegmafies douloureufes 


'Douteurs vagues. Rhumatifme. 8 
telles que la pleuréfie, la phrénéfie, &c» 

De la colique de Poitou , de la douleur 
du foie ^ de la colique rénale^ par les li¬ 
gnes qui font propres à ces genres. 

Ce genre tient quelquefois des ma¬ 
ladies inflammatoires, à caufe de la fiè¬ 
vre aiguë 5^ de la croûte inflammatoire 
dont le fang efl: couvert ; de forte qu’on 
feroit peut- être mieux de le divifer ea 
deux autres, l’un aigu & l’autre chro- 
nique. 

Le genre du rîinmatîfme efl; moder¬ 
ne ; Cœlius Aurelianus donne ce nom 
à la diarrhée , Riviere ^ à la goutte va¬ 
gue. Les malades font appelles rheuma- 
tici, ou plutôt rhcumatijinales y pour ne 
point confondre le rhumatifme avec le 
rhume, 

Fridlnc Hoffmann comprend pîu- 
fieurs genres fous ce nom de rhuma¬ 
tifme , comme le mal de dent , d’o¬ 
reille ; & qui plus efl, la colique & 
tous les maux de douleur , ce qui eft 
contraire aux réglés de la faine Logi¬ 
que,, 

ï ..Rkeumatifmus acutus ^ Rhumatifnw: 
chaud. Rhenmatifmüs de Sydenham 
cap.S.feB. (T. appellé par quelques-uns 
arthritis vaga; goutte vague, 




86 Classe VIÎ. 

Cette efpece de rhumatifme eft ac¬ 
compagnée d’une fievre continue aiguë, 
favoir du fynochus, qui cefîe dans la 
fuite. 

Il difFere du fébrile, qui eft du au 
•venin de la fievre intermittente , & 
que l’on guérit avec le quinquina. 

Il commençe par le frifîbn & le frif- 
fonnementy la chaleur &; la fievre fe 
fuccedent enfuite avec des douleurs' 
qui fe font fentir nuit & jour dans di¬ 
vers mufcies des m.embres & du tronc, 

qui empêchent le malade de fe moii-'^ 
voir. 11 furvient unefueur, quelque¬ 
fois abondante & continue , & la dou¬ 
leur augmente pour peu qu’on fe re- 
froidifie ; la fievre efl: cependant exemp¬ 
te de putréfaôion, la langue eft nette, 
nul rapport, nulle cardialgie, le fang efr 
couvert d’une couenne blanche, îranf- 
parente*, épaifte, molle , en quoi elle 
différé de la pleurétique , qui eft ferme 
& épaiffe. Au bout d’environ deux 
femaines, à l’aide de quelques faignées 
& d’une boiffon délayante, la fievre 
ceffe , & pour lors on emploie des 
purgatifs légers, les bouillons rafr^- 
chiffans, les crèmes , ^ les douleurs 
quireftentfe diffipent enfin parTufagè 
du lait, 


Douleurs vagues. Rhumadfme. §7 

Cette maladie attaque fur la fin de 
l’automne les jeunes gens qui font bon¬ 
ne chere, qui font de l’exercice , Ô£ 
qui font bilieux , pléthoriques. 

Le pronoftic en efi: afiez sûr, fi ce" 
n’efl: qu’étant mal traitée, elle dégé¬ 
néré en un rhumatifme chronique fans 
fievre. 

Cette efpece efi: vraiment inflamma¬ 
toire. Si les fueurs font peu abondan¬ 
tes , il faut les provocjuer avec une 
tifane chaude de chicorée, de capillai¬ 
re , & fi elles le font trop, "6n doit les 
modérer avec une tifane rafraîchiflante, 
par exemple, de l’eau & de la crème 
de riz. Il faut, après que la fireur a 
cefîe, que le malade fe leve tous les 
jours , ou refle affis pour tempérer la 
chaleur du lit. On doit ufer avec pré¬ 
caution de narcotiques , ils fixent la 
matière morbifique , ou retardent la 
cure. On faigne chez nous les mala¬ 
des cinq fois & plus dans les fept pre¬ 
miers jours. Ce font là les principaux 
Témedes de cettè efpece. 

Avant Sydenham on n’avoit aucune 
hiftoire exade dé cette efpece. 

2,. Rheumatifmus vulgaris ; Rhuma^ 
tifme JimpU chronique , appelié Yulgai? 




88 Classe VIÏ. 

rement Douleurs rhumaùfmaks. L, 
Cette efpece revient par intervalles 
fans fievre, fans fueur, & a beaucoup 
d’affinité avec les douleurs catarrhales, 
excepté que les lignes du catarrhe man¬ 
quent. On croit qu’elle eft occafionnée 
par l’épaiffiffement ou la vifeofité du 
fang &; de la lymphe ; & comme elle 
fe rait principalement fentir en hiver, 
& qu’on la guérit avec des diaphoréti- - 
ques, on l’appelle vulgairement rhu- 
matifme froid, ou occafionné par^une 
caufe froide. Dans cette efpece, il fe 
forme quelquefois dans différens en¬ 
droits du corps des tumeurs molles, 
de même couleur que la peau, demî- 
fphériques, de la groffieur d’une noix, 
fur-tout dans les fujets pléthoriques ,, 
& les femmes qui ne font point ré¬ 
glées. Il n’y a point de fievre, ou sHÎ 
y en a, elle eft légère & de peu de du¬ 
rée ; cependant le fang efi: couvert d’une 
couenne blanchâtre & tranfparente. 

On le guérit dans les paroxyfmes par 
des faignées réitérées , mais moins ce¬ 
pendant que dans l’aigu, à moins qu’on. 
ne fuive la méthode de M.‘ Uffroy), Mé¬ 
decin de Sette. On provoquera la fueur 
par le moyen d’une décoèion diaphor 


Doükun vagues. Rhumatifme, §9 
retique de fcabieufe, ou d’une infu- 
fion de capiliaire ; le malade aura foin 
de fe garantir du froid , & prendra en 
fe couchant des narcotiques. 

Pour prévenir le rhumatifme, le ma¬ 
lade aura foin dans l’intervalle des dou¬ 
leurs, de porter fur la peau une che- 
mife de flanelle, de boire chaud, fur- 
tout ên hiver, d’ufer de bouillons de 
viperes' & d’écrevifl^es d’eau douce ; 
& après s’être purgé, de boire pendant 
un mois du lait de vache ou de chevre, 
coupé avec une décoêlion de bois fu- 
dorifiques, tels que le buis, le gayac,' 
i’efquine. Ceux qui font d’un tempéra¬ 
ment froid, prendront les étuves dans 
les mois les plus chauds, les eaux de 
Balaruc au mois de Mai ou d’Oêlobre, 
en forme de boifibn, de bain, de dou¬ 
che ; &,ce qui produit fouvent des 
effets merveilleux, ils fe feront éleâri- 
fer tous les jours «n quart d’heure pen¬ 
dant quinze jours, fuppofé que le temps 
foit froid & fec, ils fe feront tirer quel¬ 
ques étincefles du cou & des parties 
affedées, & y joindront quelques ful¬ 
minations. Voye^ les Aâes de l’Acadé¬ 
mie de Sue de. 

. 3, Rksumanjmus arthritlcus i Rhu- 



90 Classe Vlî. 
matifine g®utteux , rhumatifme de Rl- 
vi£fe. L. 

C’efl; celui qui aiTede fi conftam- 
ment les articles & les parties char¬ 
nues , qu’il tire prefque égalententfiir 
le rhumatifme &; la goutte, & qui en 
tant que tel, exige k même traitement 
que Tune & l’autre de ces maladies. Il 
fuccede quelquefois à la goutte vague j 
& il a cela de commun avec les mala¬ 
dies aiguës qu’il tient le malade un mois 
au lit avecla fievre & des douleurs dans 
les articles , les pie-ds , les genoux, la 
tête, les reins & les membres. Cette 
maladie efi: d’ailleurs chronique, vague, 
fans fievte ;elle attaque indifiinôement 
toutes les parties, lors fur-tout que la 
tranfpiration efi: interceptée , elle mai¬ 
grit le corps, & rend les doigts roides 
& immobiles. Les remedes les plus 
propres à la calmer font les tifanes légè¬ 
rement diaphorétiques faites avec le 
gayac, la fquine , k laitage, les eaux 
minérales firlfureufes, telles que celles 
de Barege , d.e Lamaîou, de Rennes 
près d’Aîeth , de Eagnols , de Saint- 
Laurent en Suiffe, &c. 

4. Rheumatifmus fcorbuticus ^ Fridi 
Hoftmanni, de rheum, Lind. de fcorhuto , 



Douleurs vagues. Rbumatifmc. 91 
1. vol. po-g. 37^* Rheumatifrmis cruralis , 
Eitmi\\len,pag.44S. Rhuiîiatifme fcor- 
butique. L. 

il e& ou le compagnon ou le fuivant 
du fcorbut. 

Dans le premier cas, les douleurs 
ne font pas plus fortes la nuit que le 
jour, elles changent fou¥ent de place 
& fe font fentir dans les lombes , les 
articles, les jambes , dans la poitrine, 
lors fur-tout que ces dernieresfont en¬ 
flées , & font accompagnées de dyfp- 
née pour peu que l’on fafîe d’exercice. 
Le malade fent une laflitude dans tout 
le corps, il a le bas-ventre enflé & 
tendri, le vifage pâle & œdémateux; 
il eft pareffeux & engourdi ; il a des 
maux de dents, des douleurs dans les 
mâdioires. 

Le fécond, qui efl une fuite du 
fcorbut, efl aufli arthritique , chroni¬ 
que & accompagné de douleur & de 
ftupeur dans les articles. L’un & l’autre 
s’aigriffent parie mouvement,dégénè¬ 
rent en contraâure, caufent des taches 
aux jambes ; mais n’affeâent point la 
bouche. 

Ces deux efpeces, indépendamment 
des remedes généraux , tels que les 



C L A s s E VIL 
bouillons anti-fcorbutiques, les difîe- 
rens laitages, demaadent l’équitation, 
des épithemes avec l’efprit de vin , le 
vinaigre & un peu de camphre, des 
fomentations avec la décoûion de jou- 
barbe, qu’il eft même bon de prendre 
tous les matins à la dofe de trois onces 
en la mêlant avec une double quantité 
de biere. Ce remede provoque quel¬ 
quefois le vomiffement, &c pour lors 
il foulage plus promptement le malade. 

Là faignée eft pernicieufe dans cette 
maladie. 

Dans le cas où la douleur fe fixe 
dans une partie, il faut labaffi'neravec 
une leflive de cendre ordinaire, dans 
laquelle on fera bouillir des fleurs de 
camomille & de fureau, des feuilles de 
rhue & d’abfinthe & de l’écorce de 
citron. 

Les véficatoires font nuifibles & at¬ 
tirent la gangrené. Le malade prendra 
tous les jours une cuillerée de graine 
de moutarde. On doit provoquer la 
fueur, & même pafler par les friftions 
mercurielles, fi l’on en croit Lindius; 
mais je ne fuis pas de fon avis. Voy&^ 
mal des reins & douleur de poitrine 
fcorbutiques. 


Douleurs vagues. Rhumatifme. 93 

5. Rheumatifmus calidus 
me chaud. L. 

Par une lymphe âcre & ipaijfe , Jac. 
Lazerme, curât, de morbis cutaneis , au 
rang defquelles cet Auteur met mal-à- 
propos le rhumatifme. 

Cette efpece différé de là fcorbuti- 
que en ce qu’elle n’eff accompagnée, 
d’aucun vice dans la bouche, ni d’au¬ 
cune tache fur la peau; mais elle con¬ 
vient avec elle eu égard à l’acrimonie 
du fang : ce rhumatifme différé de l’aigu 
en ce qu’il efl chronique & fans fievre. 
On le connoît à la féchereffe, la cha¬ 
leur , la maigreur, au tempérament bi¬ 
lieux, chaud & fec des malades. On le 
calme par l’ufage du lait, des bouillons: 
diurétiqiies faits avec la chicorée, le 
fyfimbrium, la véronique, le becabun? 
ga, des eaux acidulés bues chaudement^ 
par les bains domeftiques, .fulfureux, 
tels que ceux:'de , dé; Bagnotsé 

Les bains falins, tels que ceux de Balu'^ 
ruc'^ ne font que, l’irriter. Il dégénéré 
aifément en contra^ure , & approche 
du goutteux. Les bains domeftiques 
d’eau commune pris en hiver, fontfa- 
lutaire^ dans cette efpece. ‘Les'Italiens 
onlifiçutùme en pareiLca^ de frotter en 



94 Classe Vil. 

été les parties affeftées avec de la glace ÿ 
& les malades s’en trouvent fouvent 
bien. 

Cyrille, dans fa conflit. Médîc, 
ccm. J. fe fert pour la guérir ^ dans le 
cas où elle eft caufée par une gale réper¬ 
cutée , des bouillons de Septal avec les 
bois fudorifiques , lesviperes, les plan¬ 
tes diurétiques , auxquels il- ajoute un 
nouet de limaille de 1er. Il eft d’avis 
que le malade commence par fe purger , 
& qu’il change d’air. Voye^^ auffi Tobf, 
£i de la même centurie. Ces deux mala¬ 
dies font compliquées de dyfpnée. 

6. Rheumatifmus equinus 9 Bourgelat,' 
Encyclopédie. La Fourbure. Les chevaux 
font appellés Voyez les fignès 

& la cure de cette maladie dans l’en¬ 
droit cité, & dans Soleyfel. 

y. Rheumaîifmus hyflericus ; Dolores 
hyferici, Sydenham-, differt. de pafîone 
hyfiericâ-. Rhumatsfme hyftériqùe ; Dou¬ 
leurs hyftériquesv - ' ■ - 

C’efl une douieùr dans divérfés par¬ 
ties du corps y par exemple, la-tête,- laf 
follette du cœur , le dbs, l’extrémité 
du coccyx, à laquelle les femmes hÿf- 
tériqûes font fujeîtés^ Cette diouleùr, 
dit Sydenham ,' afeâ'e les parties ^tér- 



Douleurs vagues. Rhumaüfme. 9 ç 
nés & externes, de même que les chairs 
mufculeui’es, comme les mâchoires, 
les humérus, les mains, des jambes, le 
tibia, tantôt avec tumeur , tantôt fans 
tumeur ; mais ce genre a cela de parti¬ 
culier, que l’enflure elî: beaucoup plus 
eonlidérable'dans le tibia que par-tout 
ailleurs. Parmi tous les maux dont cette 
maladie efl accompagnée , il n’y en a 
point qui Ibit plus fréquent que la dou¬ 
leur du dos , & c’efl le premier qui fe 
fait fentir dans ceux qui en font atta¬ 
qués. Ces douleurs ont même cela de 
commun qu’elles rendent la partie ex¬ 
trêmement fenfible, de forte qu’on ne 
fàuroity toucher;mais cette fenfihiîité 
s’évanouit peu-à-peu : on la guérit avec 
les laitages. Les Suédois font fuj’ets à 
une maladie affez rare, que Schcnckius 
appelle dkvaren ou laufendovaren , Ô£ 
que Barrholin , Ha-ffnv tom. IL zz®, 
ii 8 .L>c\’Ill. Linneus nommtnt la vola¬ 
ge ; c’efl une douleur violente qui atta- 
que de temps en temps, différentes par-- 
ties, qui augmente principalement la 
nuit , & qui ne fubfifte giieres-qu’une 
demi-heure dans la même place. Elle 
paffe en un inflant des jambes aux cou¬ 
des,. aux cuiiTes ,>au bras, en abandons*^ 



^6 C L A s s E VII. 
nant fon premier fiege, fans qu’il pa«: 
roiffe aucun figne extérieur, fi ce n’eft 
qu’on voit, au rapport de Sckçnckius, 
vin grand nombre d’afcarides fortir de 
la partie afFeâée ; les douleurs font fi 
fortes, que le malade pouffe les hauts 
cris , demande à Dieu la mort ou un 
prompt fecours ; il efl: cependant déli¬ 
vré de ces douleurs dans peu d’heures, 
à moins qu’elles ne fe jettent fiar le 
bas-ventre , car alors elles font plus 
opiniâtres, & accompagnées de ten- 
fion du bas-ventre , d’anxiétés, d’apho¬ 
nie , compie l’a obferyé ŸIIL Linmus, 
VîQmà ÿ hiji.-méd. fait mention d’une 
maladie qui a beaucoup de rapport à 
celle-ci. 

. 8. Rheumatifmus faltatorius, Cardant, 
lib. ' de vemnis ; Flatmiix ^ appellé 
nakir par Albucafis. Spafmus fiatukntus 
par Plater, pag. 277. on ignore ce qu’il 
entend par-là. Rhûmatifme vermineux, 
■Voyez Tiffot, Avis au Peuple touchant 
le rhûmatifme ^ chap, iJ. n°. iC6. ^ 
Les enfans, dit l’Auteur, font fujets' 
à des douleurs fi violentes & fi univer- 
felles, qu’ils jettent les hauts cris pour 
•peu qu’on les touche. Prenez garde à 
ne. point traiter cette maladie comme 
le 




Douleurs vagues. Rhumanjmc. ^7 
îe rhumatifme ordinaire ; elle.eft caufée 
par les vers , & les malades ne les ont 
pas plutôt rendus, qu’elle cèffe. Voilà 
ce que dit le favant 

Rheuuiatijmus fchricofus, Mortoà^’ 
cap.^. hif. zu..Fcbris intermittens rheu^ 
màtïfmum fimulans^feuFebris rhmmaticu 
fjufdem^'^hiflor. tz.pag. ^4. hifi 10. ad 
14, Rhumatifme compliqué de fiey.re. 

Voici les lignes auxquels on le con- 
îioît , les urines , font biiquetées; 
2^. les douleurs reviennent par ihter- 
valîe.de -deux jours.l’un, & même tous 
les jç>urs:.ayec leÆilFon , :dç ,çefrent en- 
fuite ôn le connoît auffi au pouls , 
à moins qu’il ne foit concentré par la 
violence de la douleur ; 4"^. aux accès 
qui ont préçédéi ' : 

Laméthodecurative de Mohou^dans 
Je ças;oh la violence de l’accès fait crain- 
4reune fyncope, confiRe rp. à faigner 
oopieufement le'malade ; z^. àlui don-, 
ner ün vomitiffixhêurés après; 3^. le 
quinquina avec le laudanum. Morton a 
éprouyé plufîeurs fois que l’émétique 
appaife les douleurs du rhumatifme. 

-■ La quarte chronique eR fouvent fui- 
vie .d’un rhumatifme, ainfi que Ballo- 
nius, Rb, de rheutnatïfmo , ÔC Fréd, Hof^ 
Tome FL E 



9 ° Classe VÎÎ. 
mann après lui l’ont cbfervé ; mais cette 
efpece approche du rhumatifme fcor- 
butique. ' . 

lo. Rhcumatlfmus metalUcus, Doazam, 
Médecin de la-Facilité de Montpellier. 
Fvhumatifme met a üiqu e .• ■ ■ i 

Cette efpece-eft familière aux Fein- 
4 res, aux Potiers., aux Doreurs, à ceux 
qui broyént les couleurs, qui peignent 
les talons des fouliers des femmes en 
rouge, qui font le plomb laminé^ aüX 
Fondeurs à ceux qui'boivent du via 
édulcoré avec la litharge , d.rc."& elle 
-commence fansêtrè précédée^de da coli¬ 
que de Poitou. Èlle fe manifefieîpar unè 
flupeur & une démangeaifon dans les 
main-s & les bras, -par la contraâion des 
doigts, la blancheur, la -mucoiîte-dela 
langue, larsq ’e le po ds f-cpt pour-cela 
pluo fiequenî Eile s’a^r.i.parlesfai*- 
gneesreitorees, paries crnoi'iensp’- sii> 
ter eureme'-î, oiiaonboues ex^cr t ^re- 
ment ; elle-s’appaife par les emetiqi es 
drafliques^ mais le lendema i e ’e dégé¬ 
néré en des doulêius kncirantp -mordi- 
canté-s, contoîldantes dans les ) moef^ 
les genouxle-stibias, les p d ou ooli- 
gent les malades à jëter les hauts t:risi 
màis^ prefque tous guérirent au-bout de 



Douleurs'yaguzs.^ Rhumatifme. 99 
4îx ou douze jours lorfqu’on a foin de 
les purger de deux jours Fun , de leur 
donner des lavemens de vin & d’huile, 
:& le foir des narcotiques, par exemple, 
du laudanum & un bol d.e thériaque. 
^Cette efpece eft indniraent plus rare 
que da co^lique de Poitôu. 

Telles dont les,obfervations qu’a fai¬ 
tes à l’Hôpital de la Charité de Paris 
le favant Médecin de Bourdeaux que je 
,viens de citer. Il allure qué les malades 
uo.. tardent pas à fentir des douleurs 
iCruelles & lancinantes dans les extré¬ 
mités inférieures , & .àêtre paralyfésdes 
i>ras,à moins qu’au n’emploie les moch» 
îiques qiFon a-toute$ les peines du 
monde à la guérir avec les édulcorans. 

Cure dont Lobb fe fert pour le rhu¬ 
matifme aigu, ou pour la fievre rhuma- 
.tique, Theophil.Lobb, traB.praB, cap. 
: .tom, - 2 . 

Madame Wltham , ugée vde - 5 5 ans 
^reffentit le premier-deJiimdes douleurs 
-violentes dans tout le corps. Ses yeux 
'étoient comme enflammés , elle tom- 
:boit de temps à autre dans le délire, fa 
refpiraîion étoit prompte & courte, 
«lie étoit extrêmement altérée , elle 
avoit une toux opiniâtre, le pouls fré- 
E ii 



ICO . Classe VII. 
quent & affez fort, & la peau brûlante.. 
Elle fit appeller le fécond jour le Doc¬ 
teur Lobb, qui ne jugea pas à propos 
de la faire faigner, &: qui lui ordonna 
de prendre toutes les fix heures un bol 
atténuant, & de boire par-deffus de 
l’infusion de méliffe. Ce bol étoit cotn- 
pofé de nitre, de fleur de foufre , de 
pierre, de contrahierva, de chacun j 
grains ; de fel de.fuccin, de fel volatil 
de cochenille, de fafran, de myrrhe, 
de chacun deux grains. Il lui enjoignit 
en outre de prendre toutes les trois 
heures trois cuillerées d’un julep atté^ 
nuant, compofé de deux fcrupules de 
,Ce.i d’abfinthe , de fix onces de petk- 
îait alexitaire , d’une once -& demie 
d’eau de cinnamorne, de quarante gout¬ 
tes d’efprit de nitre dulcifié, de firop 
dejimon & de méliiTe, de chacun deux 
drachmes. La malade prenoit enfuite 
vingt-cinq gouttes d’une mixtion com- 
ipofée d’eîprit de vitriol dulcifié & de 
teinture de fafran , de chacun deux 
drachmes, par-deffus laquelle elle bu’* 
voit un verre de décoftion de corne 
de cerf & de vin blanc. 

Elle prenoit dans fes langueurs ua 
iviîep compofé de petit-lait alexitaire , 


Douleurs vagues. Rhumatijmê. lôt 
d’eau de brioine compofée, d’efprit de 
lavande, & de teinture de myrrhe. 

La fievre diminua le cinquième jour , 
elle ceffa le feptieme, & la douleur le 
huitième. Pour hâter la cure, le Doc¬ 
teur Lobb lui prefc-rivit le quatrième 
jour un julep compofé avec l’antimoine 
diaphorétique, la pierre de contrahier- 
va, le diafcordium, la cochenille, le fel 
d’abfinthe, le petit-lait alexitaire, l’eau 
de brioine compofée, le firop d’althæa, 
& la teinture de caftoreum, & ainfi 
confécutivement. 

Si la malade eût été à Montpellier, 
on l’eût faignée dès le commencement 
trois fois par jour ; on l’eût gorgée de 
décoétion de chicorée, ou d’infuûon 
de capillaire ; on lui eût donné en fe 
couchant des narcotiques, & on l’eût 
purgée du moment que la fievre auroit 
diminué, ainfi que Sydenham \t prati- 
quoit à Londres. ~ 

Lobb a guéri un jeune homme de 2.2 
ans d’une vraie pleuréfie fans le faigner, 
avec des fudorifiques, des cordiaux , 
des emplâtres & des véficaîoires au 
coude. On peut voir là-deifus les obf. 
4c) & 60 du tome 2. & fur-tout les 
apb'orifmes qui terminent fon ouvrage , 



loi Classe VIL 
& dans lefqüeîs il aiTiirè que l’on peut* 
guérir toutes lés maladies fébrilës , in- 
flammatoires, ardentes , putrides , &c 
même les maladies malignes , les plu? 
aiguës (ans purgatif, fens émétique & 
fans faignée, ainfi qu’il Ta lui-même 
pratiqué pîufieurs fois. 

Je conclus de là que là-riaturë eft lé 
rneiîleur Médecin auquel on puiffe re¬ 
courir , piiifque malgré les obftacle^ 
qu’on lui oppofe, elle vient à bout de" 
guérir les malades des maux qui les 
affligent. 

11. Rheumatifrhus dorfaüs , Lômmii, 
ds. tabt dorfati ; Rhumaîifme dorfai’. G. 

C’ell celui qui eft caufé par l’excès 
de Vénus. Royè?Jiè hmhago occdJtGrinê 
par h fatyriàjis; voyez V'étïjic dorfalë. 

12. FJîeumatifjmts milinris, Bonté, 
Journal de. Méd. Janvier ijSy. RHuma-, 
tifme miliaire. 

Cette efpece elt familière aux accou- 
cbéès-, lorfque l’éruption miliaire com¬ 
mence à s-’éeaiiîer. Les douleurs vagues 
qui fe fâifoienî d’abord fentir dans les 
vifceres , fe répandent fur les extrémi¬ 
tés. Il s’élève fur les articulations uné 
tumeur pareille à celle qu’excite la 
goutte rhumaîifrîîale ; la, peau devient 


Douleurs vagues. Rhumatifme. 103 
dans cet endroit tranfparente , fans 
être œdémateufe ; cette tumeur pâle 
ês luifante paâe d’un genou ài’aiiîre, 
efl opmiâîre les douleurs^ font aiguës 
& empêchent les malades de marcher, 
car le moindre tad en augmente la vio- 
knee ; l’écoulement abondant d’urines 
troubles eûune crife falutaire dans cette 
maladie,.c’eft pourquoiles remedesdiû- 
rétiques, affociés aux légers diaphoréth 
ques^ fontici trèsmîiles ,.tel epre le, petit- 
lait dans lequel on a fait bomiHr de la 
racine de fquine. 

13 . Rheumatifmus.fugax';. Courhaturtÿ 
vulgairement appeliée rhuma- 

tiques. B, 

- C’ed une douleur qui fe fait fentir, 
au commencement des fievres .aiguës. 
& inflammatoires, dans tous les mem? 
bres & dans les aponévrofes des muf- 
cîes , elFe efl accompagnée, d’un fenti- 
ment de laffiîude ; on la diiSpe par les 
faignées & les aùtres remedes propres 
à ces maladies. Les malades difent 
qu’ils fe fentent brifés &: rompus dans 
tous les membres, comme s’ils avoient 
re çu plufieurs coups de bâton. 

14. Rheumàtifmusnecrofeos.'Vojexhi 
gangrené feche occafionnéepar le feigîe 
ergotté. E iy 



104 Classe VII. 

La douleur commence par un en- 
gourdiffement du pied, qui gagne infen- 
fiblement les jambes, les cuifles, les 
mains & les bras ; elle devient enliiite 
très-violente , & pour ainfi direbrù^ 
îante ; l’air froid l’adoucit, mais les par¬ 
ties qu’elle aftede, maigriffent confi-, 
dérablement & deviennent noires., 
c’eft-à-dire , qu’elles tombent en gan¬ 
grené feche^ , : 

I Rkeumadjmusconvuljivus Rhït- 
matilme convulfif,.;C. 

C’eft une douleur violente dés extré». 
mités , du dos, des lombes, accompa¬ 
gnée d’une rétraftion fpafmodique des 
bras & des jambes ; elle dégénéré quel¬ 
quefois en ftupeitr, fuivie de gangrené 
feche aux extrémités, comme il arrive 
dans la nécrofe occafionnée par le fei- 
gle ergotté & comme il arriva dans 
celle qui fut épidémique en Flan dre 4 
cette même douleur fubfifte quelquefois- 
fans que la gangrené furvienne» 



Douleurs vagues. Catarrhe. 105 

ÏV. Catarrhvs i CaterteCa¬ 
tarrhe ; appelle par les Italiens 
Infreddatura^ par les Efpagnols^ 
Rornadiv^o i par d^’aiitres , Flu¬ 
xion i Ùéfluxion , DiJliLlation, 

CaraSere. C’eft une douleur froide 
dans les parties voifines du cou, accom¬ 
pagnée de la toux ou du coryza, &: 
"d’une légère enflure de la partie occa- 
fionnée par les viciflitudes de l’air. C. 

. Le caradere de cette maladie eft très- 
difficile à connoître ; mais l’on doit faire 
d’autant moins de fond fur celui qui 
eft fondé fur une caufe cachée, qu’il 
eft faux. Les Anciens le définiffenr un 
dépôt d’’humeurs ; d’autres un écoulement 
de férofité de la tête fur les parties j 
mais ni ce dépôt, ni cet écoulement ne 
tombent point fous les fens. 

1. Catarrhus hcnignus; Catarrhe bénin. 
La douleur catarrhale eft fouvént 
accompagnée d’un fenîiment de froid ^ 
& provient fou vent auffi du froid qu’on 
a pris , ce qui lui a fait donner le nom 
àt froide-, mais elle eft quelquefois ac¬ 
compagnée de rougeur, & d’une phlo- 
gofe lymphatique. Par exemple., la 



io6 Classe VIÎ. 
peau chevelue eft rouge dans la cépha¬ 
lalgie catarrhale, & quoique je fois péri 
fuadé que cette maladie vient fouvent 
du défaut de tranfpiration, pérfonne 
nhgnore cependant qu’elle ed: occa- 
iionnée non-feulement par le refroidif- 
fement fubit de l’air^ par un vent froid, 
mais encore par la chaleur qui fuccede 
tout-à-coup au froid, de même que par 
rinfôlation ; & de là vient que les ca¬ 
tarrhes font. beaucoup plus fré'quens 
dans le printemps que dans l’hiver, à 
eaufe des variations du temps. Il eil 
certain que les perfonnes aecoutumées 
à la chaleur font infiniment plus fenfi- 
hles à un froid médiocre, qu’à un froid . 
vioienT, continu & uniforme. Si un 
homme échauffé s’expofe au froid, quel¬ 
que léger qu’il puiffe être , fa peau fe 
refTerrera davantage qu’elle ne rauroî! 
fait, fi le froid L’eût faifi dans toute autre 
difpofition. La tranfpiration infenfible 
qui fe fait par tous les pores du corps, 
eil la moitié des alimêns que l’on prend, 
ou de là quantité d’urine que l’on 
rend; favoir d’environ 46 onces. Ceîîè 
matière eft âcre & urineufe , ne 
peut.être retenue dans le corps, qu’elle 
n’irriîe les parties, & ne faife enfler k 


Douleurs vagues. Catarrhe. 107 
tiffu cellulaire, d’où s’enfuit une en¬ 
flure, une douleur, & fouvent une 
petite fievre , qui augmente vers le 
foir, & qui eft accompagnée 4e friffon 
& de frifîbnnement. Voyez Quotidienne 
continue catarrhale. Cet état, eu égard 
au froid & à la fievre, a beaucoup d’af¬ 
finité avec la quotidienne continue hyf- 
térique , avec cette différence que la 
catarrhale refi prefque toujours précé¬ 
dée du coryza,- delà toux, de l’en¬ 
rouement, de maux de dent, d’oreille, 
&c. les douleurs'catarrhales s’étendent 
fouvent dans le dos , les bras, la poi¬ 
trine, & eaufeat une douleur de poi¬ 
trine & une pleurale caîarrhalë; mais 
pour l’ordinaire elles font enfler les 
joues , elles gênent le mouvement de 
la mâchoire, .& caufent un torticolis. 
Or c’efi: ce concours d’affedions que 
l’on nomme catarrhe; il difrere entière¬ 
ment du rhume, quoiqu’il ait le même 
principe, par le fiege qu’il occupe, la 
d3rfpnée & la toux dont il efl: accom¬ 
pagné. 

Les douleurs catarrhales fe diflipent 
peu-à- peu par le retour de la tranfiû- 
ratîon,,par une diete légère, les boif-^ 
fons' chaudes , la chaleur de l’air & 
E vj 



io§ ClasseVII. 
l’exercice. Dans le cas oü elles font 
vioièntes, il faut avoir recours à la fai- 
gnée, & fur-tout purger: le malade à 
deux différentes fois, & lui donner le 
foirun fcrupule de thériaque récente. 
î_.orfqu’elles font continues , c’eft im 
Êgne qu’elles font compliquées' d’un 
rhumatifme chaud; 6 c il faut les com¬ 
battre avec le laitage & les bains d’eaux 
.minérales fulfureufes. U y a des gens 
.qui confondent le catarrhe avec le rbu* 
me, & qui appellent catarrhe chaud,, 
le rhume qui dégénéré en phthifie.. 

Ceux qui traitent du catarrhe malin , 
entendent vraifemblablement par là; 
la fîevre catarrhale maligne des: Alle¬ 
mands, laquelle efl une efpece d’hémi- 
tritée,qui, comme i’obferve Brendel^ 
n’a rien de commun avec, le catarrhe , 
ou du moins la quinte oii la grippe. 

2. Catarrhus ferinus ; Quinte, Coque? 
luche. 

ceftijet ce que je dis de la 
toux terine ; çar la toux eif fon princi¬ 
pal fymptome, indépendamment de^ 
douleurs aiguës dans le dos &; dans la 
poitrine dont i] eft accompagné. 

3 . Catarrhus epidrnikus i Grippe ^ 

Folette. A, ' : 


Douleurs vagues. Catarrhe. 109 

On ne doit point le confondre avec 
la fievre catarrhale maligne de Juncker, 
de Nenter, & des autres Auteurs Alle¬ 
mands , qui n’a rien de commun avec 
le catarrhe que le nom. 

La feule différence qu’il y a entre la 
grippe & la quinte, eft que la première 
eft épidémique, & fe cammunique d’un 
endroit à un autre. Ce catarrhe eflr 
caufé par le vice général de Tair; &L 
lorfque lé vent du couchant fuccede au 
milieu de l’hiver à un vent du nord 
froid, il devientbeaucoup plusfréquent 
que û le froid eût continué. Il eû fou- 
vent accompagné de la fievre à l’appro¬ 
che de la nuit. Voyez Quotidienne con¬ 
tinue catarrhale^ Il efl: extrêmement in¬ 
commode par le friffonnement conti¬ 
nuel dont il efi; accompagné pendant 
deux ou trois jours, & que le malade 
efl: cependant le maître d’arrêter jufi 
qu’à un certain point, en refferrant 
■pour âinfi-dire la peau-, & en faifanî 
effort fur lui-même. Il efl compliqué 
d’un fentiment de froiddans différentes 
parties du corps , de la toux, du co¬ 
ryza, d’une pefanteur de tête, aux¬ 
quelles fe joint une diftillation par le 
nez & la bouche, Lorfque, le catarrhe 



iio Classe VU. 
eftmûr, les crachats deviennent épais, 
on rend quantité de morve , & juf-; 
qu’aîors oir pafTe la nuit dans des in¬ 
quiétudes continuelles; on perd l’ap¬ 
pétit , on efl; foible , & l’on touffe con¬ 
tinuellement. Confukez pour la cure 
Rivière , Hoffmann , &c. 

Les, Auteurs font auffl mention d’un 
catarrhe fuffocant, mais j’ignore ce qu’ils 
entendent par là, à moins que ce ne 
foit la toux fuffocative. Pkifîeurs appel: 
lent ainfi les afphyxies ou les morts fu- 
biîes, dont plufieurs font caufées par 
la rupture d’un anévryfme interne , 
d’autres par la rupture d’une vomique ^ 
d’autres par une apoplexie, ôc'e. 

Voye^^ au fujet du catarrhe, quoti¬ 
dienne continue , toux, rhume , cory¬ 
za, céphalalgie, & les autres genres. 

4. Cacarrhus Beliinjulanus . Med. 

Novembre 1757, Rochard^ Maître 
en Chirurgie. Maladie particulière d^S 
glandes , endémique à BeüéHJle en mer, B. 

II furvient une enflure .œdémateufe 
dans les glandes du cou, dans les glan¬ 
des maxillaires, & dans les parotides 
cutanées. La rumeur fe manifeffe d’a¬ 
bord dans l’angle de la mâchoire, & 
:groflît au point, de rendre, le malads 


Douleurs vagîtes. Catarrhe. ni 
difforme ; elle eff molle, & eependant 
douloureufe. La maladie commence fans 
fievre, mais avec inappétence & iaiS- 
îiide ; & au bout de quelques jours, fi 
l’on commence la- cure par la faignée, 
le teftieule du même côté , & tous lès 
deux même, fi le cou eft affeâé des 
deux côtés , s’enflent & deviennent 
douloureux. Cette maladie attaque les 
foldats qui font en faftion, & qui ref- 
tent expofés à l’air. 

On la guérit par une potion légère¬ 
ment émétique, & enfuite par des dé- 
layans chauds, d’oit l’on paffe à la fai¬ 
gnée. On la prévient en fe garantiiFant 
du froid & du brouillard. On dîfiingue 
donc cette efpece des autres par l’en¬ 
flure accidentelle des tefiicules. 

5. Catarrhus mbeolôfus. 

Ce catarrhe efi l’avant-coureur dé 
la rougeole y de même que la cram.pe 
nommée granf, i’efi: de îa miliaire ; je 
veux dire , qu’avant l’éruption de la 
rougeole le malade toufle fouvent, 
éternue, lafmoie, eft affeclé d’un co¬ 
ryza , en ufï mot, tout femble annon¬ 
cer un catarrhe; mais l’éruption ne 
commence pas plutôt à fe faire, que 
tous ces fymptomes dilparoiftent, à 



’lll C L A. s s E VII. 
l’exception d’une toux feche , qui in¬ 
commodé quelquefois le malade , êc 
qui donne beaucoup à faire au Méde-. 
cin. Ajoutez-y i’angine catarrhale , les 
douleurs de tête , & les autres acci- 
dens du catarrhe. Ce catarrhe différé 
entièrement du catarrhe épidémique 
ordinaire. 

6. Catarrhus peUorms; Catarrhe de. 
la poitrine. L. 

Une Demoifelle n’ayant porté danS: 
un temps froid qu’un voile de foie fur 
fe poitrine , qu’elle avoit coutume de 
bien couvrir y éprouva pendant plu-, 
fleurs mois à la partie antérieure de la 
poitrine,une douleur qui augmentoit un 
peu par le taâ; la longueur de la ma-, 
ladie l’affligea beaucoup ; & la toux lui 
étant furvenue, elle craignit de deve¬ 
nir pulmdnique. Cette douleur cepen¬ 
dant étoit purement catarrhale, &: oeca- 
fionnée par l’arrêt de la tranfpiration ; 
les bouillons éduicorans & l’ufage du 
lait furent inutiles , ce ne fût qu’ea 
portant pendant quelque temps fur la 
-poitrineun mouchoir épais & chaud, 
qu’elle rappella fur cette partie la cha¬ 
leur & la tranfpiration, ce qui diffipa 
la douleur & la toux. 



Douleurs values Catarrhe. 115 

Il y a des douleurs qui, quoiqu’elles 
affeftent une partie éloignée du cou & 
du vifage , & qu’elles n’ayent pas été 
précédées ni par la toux, ni par le co¬ 
ryza, ni par l’éternument, doivent ce¬ 
pendant être regardées comme catar¬ 
rhales , lorfqu’il eû évident qu’elles font 
le produit d’une tranfpiration arrêtée ; 
& c’efl: en quoi elles different du rhu- 
matifme. Il ne refte aucun doute fur 
Porigine de ces douleurs, fi elles fe 
difiîpent par l’application d’un drap, 
chaud, ou d’autres tégumens épais fur 
la partie affeéiée , ainfi que par i’ufhge 
deremedes délayans Si diaphorétiques; 
il.faut cependant avouer que le diag- 
noflic de ces fortes de douleurs elt 
fouvent difficile & obfcur. 

7. Catarrhus caninus , Journal de Mé¬ 
decine, Février 1765. 

C’efi: un catarrhe épidémique, qui 
régna il y a peu de temps à Montpellier, 
à Lyon, & dans prefqite toute la Fran¬ 
ce , fur les chiens, dont elle fit périr 
le plus grand nombre ; cette maladie 
commençoit par un froid &; un friffon- 
nement, fuivis de toux, de coryza, de 
falivation, de dégoût, & d’une fi gran¬ 
de foibleffe , que ces animaux paroif- 



114 C L A SS E VIL 
foientparalytiques, ne pouvant pas fe 
foutenir for les pattes de derrière. Voye:^ 
robferV'atidfl que M. Fournier^ Médeeiü 
de Diîôn, a publiée for cette maladie 
en- 1764. Cette épidémie s’efo renou- 
velléè cet hiver 1765; ; & M, Dtfmars^ 
qui l’avoit obfervée en 1763 , ajoute 
aux fympfômes ci-deffuï; mentionnés-, 
la tou-x-, la difficulté de fefpirer,-& une 
abondance de- matières-vifoueufes for 
les yeux. Parmi- les chiens attaqués de 
cètte maladie, quelques-uns mouroient 
en peu de temps , faife de vertige ; d au^ 
très ne périffioient qu’au bout d’un mois-, 
entièrement maigres ; on trouva dans 
les cadavres le- Cerveau affaiffe , le pouv 
mon' vicié-,- Feliomac rt mph d’une h 
burre putride, qui exbaloit une puan¬ 
teur infoutenabie.- 



Douleurs vagues. AnxiitL 115 

V. Anxietas , Inquiétude ; ap- 
peliee par Hippocrate & d^’au- 
tres ^ Dyfphoria , AJfe ^Aporia, 
Bdptafrnôs ^ Addimània ^ Bief- 
trifmos & Alifmon ; Inquietudo^ 
par Seïinert j Rejïlenefsyénkvir 
giois J Defaffo/iego ^ en Ëfpa- 
gnol. 

C’eft- une fenfation irieommodë qui 
ne permet point au malade de refter en 
place ; mais c’efl: à eeux-qui l’ont éprfeü* 
veë j à nous apprendre en quoi eiîé 
difFerë des maladies qui îuireffemblë nt. 
' r. .iénxiseas-fSrilis I Âîi^iéiéiéhîilé , 
Bberhaave, âphor. 6'g i. Â 

Son favant Gommentàteur eii admet 
trois efpeces-; lavoir , l’anxieîe^ 
qui dans les fîevres aiguës eft cauféè 
par la di^.culté que le fang trouve à 
circuler dans- le ventricule gauche du 
cœur, & dans les groiTes ramifications 
de l’aorte. Elle= efi: accompagnée de 
îïn égalité , & fur-tout de la foibleffe du 
pouls. d’un reflerrement de cœur & 
des vifceres ; elle eft très-cruelle & 
très-dangereufe; 2*^. l’anxiété occafiom 
née par le défaut de circulation dans le 



Il6 C L A S s E VII. 
ventricule droit, & dans les ramificâ- 
tions de l’artere pulmonaire, à caufe 
de l’engorge ment de s vaiffeaux artériels 
& veineux dans les maladies aiguës du 
poumon , comme la péripneumonie, 
î’efquinancie, l’orthopnée; & celle-d 
eft accompagnée de ibupirs plus Iré- 
quens & plus profonds, d’un fentiment 
de pefanteur dans les hypocondres', 
d’une angoifle infupportable , d’une 
dyfpnée àuffocaîive, & ce fympîome 
eft le pire de tous , fi l’on excepte la 
première efpece qui s’y joint très-lbu- 
vent; 3°. l’anxiété caufée par le défaut 
de circulation dans la veine porte dans 
les fievres aiguës, laquelle eft accom¬ 
pagnée d’une cardialgie in croyable 
d’une angoifle violente dans l’orifice 
fupérieur de l’çfliomac, & d’un fenti¬ 
ment de pefanteur très-incommode , 
qui oblige les malades à fe donner des 
coups de poing. Elle efl: quelquefois 
fuivie d’un idere faliitaire, qui garantit 
le malade de la mort. 

Voyci la defcription , les Agnes & 
les indications de ces variétés, qui font 
la précordiale, la pulmonaire, & l’épi- 
gaftrique chez Vlllufire Van Swktm, 
qui a hérité du favoir ôc de la réputa-; 
îion de Boerhaave, 


Douleurs vagues. Anxiété, iij 
a. Anxietasfpafmodica, Boerhaave, 
aphor. 633. Anxiété fpafmodique. 

C’efl; cette anxiété violente du dia¬ 
phragme &; de reftomac qui tourmente 
louvent les femmes hyftériques , fur- 
tout les hypocondriaques & autres 
femblables perfonnes dont le genre ner¬ 
veux eft extrêmement tendre- & déli¬ 
cat , fur-tout lorfqu’on rem'ue leurs hu¬ 
meurs avec des purgatifs âcres. Elle eft 
accompagnée d’angoiffes, de fouplrs , 
d’oppremon, de naufées, de douleurs 
& d’une agitation extraordinaire, ce 
qui joint à l’image de la mort dont la 
malade porte l’empreinte fur le vifage, 
répand la terreur dans les efprits des 
affiftans. 

Cette efpeee, quoiqu’infiniment plus 
effrayante que les autres, eft cependant 
moins dangereufe, vu qu’elle ceffe au 
moyen d’un écoulement abondant d’u-^ 
rine limpide , par une éruption dé 
vents par haut & par bas, par Todeur 
des liqueurs fpiritueufes & autres fe- 
cours femblables, outre qu’elle n’eft 
point accompagnée de fievre, quoique, 
le pouls foit bas, ferré, fans être plus 
fréquent. 

3. Anxietas agonijlica ; Ahgoiffes de 
I3 mort. A. 



ii8 C l a s s e vil 
. Ç’efl: celle qui précédé la mort, ôc 
qui a. coutume de llannoncer dans tou¬ 
tes les maladies aiguës gu chroniques, 
& qui différé par conféquent des pré¬ 
cédentes. Elle .eft accompagnée de 
robfcurcüTement de lajvue, de i’inéga.- 
lité, de la fdibléfTe, 6 c de l’irrégularité 
du po.uls , de ia pâleur du vifage , du 
délire , d’une oppreffion de poitrine , 
de la palpitation du cœur, & de l’abat¬ 
tement des forces mufculaires. Elle.eft 
caufée'par un fentiment confus du péril 
dontda vie ell menacée, à caufe des 
obdacles-qui s’oppofent à la circula-^ 
tion, 6c de l’impuiffance oîi eft la na¬ 
ture de les furmonter. 

A^.^Anx'utas cardiaca ; Anxiété de 
cœur. D. 

'G’efl: celle qui fans. aucune maladie 
inflammatoire 6c dms aucune fievre, 
elî. caufée par.un obfiacie qui 5’oppofe 
à :1a circulation , foit qu’il fe trouve 
dans le cœur, ou dans les environs, par 
exemple , par un polype, un anévriC’ 
me, unfang coagulé, parle venin de la 
yipere, pu tel auti-e-iemblable. 

y A'Mxistas iihiarum, Aflruc, des 
malad. vénériennes. Anxiété des jambes. 

Rien :n’efl, plus fréquent que cette 


Do.uhürs vagues. _ Anxiété. i 
înaîadie dans la pratique j ,& cependant 
il n’y en a aucune fur laquelle les Au¬ 
teurs ^prd.ent un .plus,profond fiience. 
On voit tous les j.ours des femmes, ôc 
fùr-tout des hommes goutteux &jàffec» 
tés^de rhumatifriîes., qui Jorfque le foir 
vient, :nê.:peuvent tenir Jeurs: jambes 
eh place pendant mne minute à çaufe 
de lUnquiétude qu’ils y fehtent,, que 
l’agitation, appaife, &;.qui:CeiIe tout'rA- 
fait^ :dès jqu’ils font couches. 

, >dl>h; trouvera ce qui; concerne les in- 
qiûgî.U:des;des;.autres.'parties, à l’article 
dès imaJadies auxqueiks elles-appar¬ 
tiennent. .Au refoe , il y a .quantité de 
maladies qui fe dé.clarent dans :îes en- 
fans pa.r, des inquiétudes., principale¬ 
ment lorfqu’ils font .aux langes. 

. â.- ïAnxiepas.à-morfu fdis hat^ ; An¬ 
xiété caufée par la morfore d’un ehat 
en cdiexe^^ Mgrg&gni '4'* L. 

* • 'lin -homme ayant été - mordu à la 
jambe par don chat qui étoit,en.colere, 
éprouva quatre iours après une-anxiété 
confidéraSle pars les pan es i^oifines 
du cceüT. Ôn etoit certain que le chat 
ïdétoit qras :h^ op-nope Les faighées, 
lesifoaFjficstmrs, i’.a|iE®UQ^Por des-vem 
toufes fiir jt .par^.e.sffeCce^ f irentinur 



ïio Classe VII. 
tiles ; il n’y eut que les bains réitérés 
plufieurs fois, quifoulagerentcem^a- 
de, & la fievre éphémère étant furve- 
nue avec une fueur copieufe, il fut 
entièrement guéri ; mais, toutes les fois 
que la lune étoit dans fon plein , il 
éprouvoit, dans l’endroit dè "la mor- 
fure, qui étoit encore livide,-des irfii 
tâtions , quife communiquoient au voi¬ 
lage du cœur, &L lui caufoient une 
anxiété confidérable qui ne cédoitqu’à 
la faignée ; le retour périodique de èes 
irritations dura deux ans de fuite t 
quant aux autres-efpeces -d’anxiétés.; 
myei tes-' diiFérentes maladies auxquél-: 
les elles appartiennent. Les enfans au 
kit font fujeîs à beaucoup de maux 
qu’on attribue à l’anxiété qu’ils éprom 
vent lorfqu’ils font étroitement ferrés 
dans leur berceau. : ' - _ ■ : ' 

. yi . Lassitud q y Lajjituie / en 
Grec , Copos ; en Anglois-j 
W^earinefs ; en Italien, Strà^ 
che^a} en Efpagnol, Canfeinci^ 

, C’efl; une fenfatbn incommode aè-^ 
compagnée de foibleffe j laquelle obligé 
à prendre du repos pour- réparer les 
forces 



DoiiUurs vagues. LaJJîtude. iii 
forces qu’on a perdues. Elle paroît pro- 
:venir de rengorgement des mufcles^ 
celui-ci du fang qiti croupit dans 
ieurs vaifleaux capillaires & qui les dif- 
-tend , fait à taule: de la diffipation da 
ifluide nerveux'qui s’eâ faite par les 
-exercices qui ont précédé, ou du peu 
qu’il s’eu trouve dans les -membres, 
«comme cela arrive au commencement 
î4es maladies.., - : " 

•: GalUm&n compîe:^lept efpeces jmais 
fa divilion eft plutôt fondée fur la Lo- 
•.^ique , que fûr la:prâtique dé la Méde- 
^cine, - De ce nombre font la laffitude 
t:enfive, co/?o5 la laffitude ulcé- 

:tsxi{t.^:jç,6pos tlcodçs '^ laquelle eft accom- 
-pagnée ftu ftfîftbn-nement, ôtÜ’un fen- 
. timenf'parëilà celurquecaufe une épine 
ofichée dansde corps ; lalaffitudè phleg- 
.mone^tfe copos phlegpibTwdesom. chaude, 
-qui eft a'ccompagnée.-d’unfëntiment:dê 
chaleur ; copes ifchnotes\, qui.eft accora- 
:;paghée. de la féchereffe du corps, &c. 

I. Laditudo.à labàre, fïîppoerat. Je 
': dketâ \^ /il.- 2:. Herelîius dilaffî- 

ytudinc :^ Altdofffi jy oG. Laffitude cauïée 
par lé travail. B.:/ : : ; 

-. G’ëft célleique caufe.le mouvement ^, 
foit; dans; lè tout, fôiî daos la partie \ 
Tome FL " t 



111 , Classe VIî. 

& qui, comme l’obferve Hippocrate^ 
eft en raifon compofée du mouvement 
:& de la foibleffe qui ont précédé j de for¬ 
te que plus le mouvement eft vbient ^ 
laforce petite, plus la:foibléft’e-eft gran¬ 
de, & au contraire. Cette laflîtude éfl: 
proportionnée, non-feulement à la vio¬ 
lence du mouvement, mais encore à fa 
icontinuité-, & au peu d’habitude qu’on 
s’en eft faite. Par exemple-, «quelque 
déger ique foit un travail, un homme 
-qui n’y: eftrpoint fait, fe fatiguera d’aû- 
'tant plutôt, qu’il eft obligé de bander 
q)lus long-temps certains mufcles, & 
•c’eft la raifon pour laquelle, comme le 
-démontre ;très-bien - Alphonfe -^BpreUt^ 
-ceux qui -fe .tiennent=deboutsfe fati- 
:guent plutôt que ^ceux- .quiimarchent. 

Il eft aifé de compte ndre poukjuoidés 
-convulfions Violentés \ - par^ exemple, 
les accès • d’épil'epfie font toujours fui^ 
vis de laftitude. 

1 . La0tüdo -à. pàtliema:te f ^ . 

• caufée par' les paffionsi ■ B. ' : 

Elle procédé , ou dé îa-coieré- , qni 
ccnvoie tout-à-coup le fluide - nerveux 
dans tous les membres :&ie diffipe, 
eu d’une frayeur ou d’une joie immo-_ 
-dérée, qui épuifentfes forces àhine 


Doukurs vagues. LaJJitude. 125 
maniéré qui nous eft inconnue, d’où 
s’enfuit la difficulté de mouvoir le corps, 
& par conféquent la laffitude.. On peut 
mettre de ce nombre celle que caufent 
les maux de douleur ôc les veilles ex- 
ceffives. 

3. Laffîtudo à jluxu ; Laffitude caufée 
par un flux. L. 

C’efl; celle qui efl: caufée par \ys\ JLux 
de ventre , lors for-tout qu’il efl; ac¬ 
compagné de tranchées, comme une 
diarrhée avec tranchées , le tenefme , 
.la dyfîenterie , le choiera morbus, ou 
par un jlux de fang^ bien que par 

la faignée , & une perte de fang ; ou 
enfin \m Jlux de£éroJ^tè copieux ^ par 
exemple , une gonorrhée s une perte 
.de femehce , un écoulement fiibit de 
pus caufé pas la rupture d’un apojfléme. 

4. Lajjitudo à calore ; Laffitude Cau¬ 
fée par la chaleur. B. 

C’efl: celle qui efl: caufée au prin¬ 
temps par la chaleur de l’atmofphe- 
re, par celle des bains, des étuves, 
&c. laquelle relâchant tout-à-coup 
les fibres motrices & les affpibüflant, 
efl fuivie de laffitude, d’autant plus que 
la pefanteur du corps ne diminue point 
proportionnellement à laïolblelTe» 



114 Classe VII. 

5. La(fîmdo à pkthorây Laffitude cau- 
fée par la pléthore. B. 

Telle eft celle que caufe la crapule 
ou l’excès dans le boire & le manger, 
la fuppreffion des ordinaires & desau' 
très flux auxquels on efl: habitué , le 
trop long fommeil, &c. 

6. La^tudo f&brilis^ Profper Alpin! , 
de pmfag. vit, Lib, 2, cap. 21. Laffitude 
fébrile. B, 

Elle çll de deux efpeces ; car ou elle 
fe manifefte au commencement des ma=- 
ladies, fur-tout des maladies aiguës, & 
c’eft à fon fujet Hippocrate dit que 
les lajjitudes Jpontanées annoricent Une, 
muladie , &: eUe eft çaufée, foit par la 
pléthore, foit par la fpibleffe univer- 
ïelle qu’oçcafionnènt l’engorgement 
des vaiffeaux, & la réfillance que le 
fang oppofe au cœur, foit parle fenti- 
înent^ confus du danger dont le corps 
efl menacé. Ce qui donne lieu de croire 
que la pléthore a lieu dans ces fortes dè 
'de xas', eff le défaut de tfarifpiratibn,, 
qui eft la fource de-quantité dè rtialar 
dies, & la néceffité de la faignée dans 
prefqûe toutes les maladies aiguës. 

Ou bien la laffitude furvient après 
que la fieyre s’efl: déclarée ; elle effi 



Douteurs vagues. Lû£îtudc. 
âGCOmpagnée de douleurs dans difFé- 
rentes parties du corps, &: elle eft beau-, 
coup plus grande dans le typhus, la 
pefte &• les autres maladies malignes* 

. Kqye^ fébrile. Voye^^ anffi pour 

le pronoftic de cette elpece Profper 
Alpin, de prcejag. vit. Lib. z cap. zi. La. 
iaffitude locale dans le déclin des fie vres, 
annonc'e un abcès ou un apofieme, fui* 
vant Hippocrate, aphor.gi.gz.feB. 4. 

7. La(fîtudo fcorbutica , Lind, de Jcor- 
huto ; La£îtudo ojiocopos des Grecs ; «/- 
cerofa des Anciens. Laflitude fcorbu- 
tique. L. 

Dans le premier période du fcorbuG 
le malade tombe dans uns pareffe ex¬ 
traordinaire , qui dégénéré en une laffi« 
tilde, accompagnée d’engourdifiement 
dans les genoux, de foiblefle , pour 
peu qu’on agifle, & de dyfpnée ; & ces 
deux derniers fymptomes , favoir la 
laffitude & la dyfpnée, continue juf- 
qu’à la fin de la maladie , avec cette 
différence, que dans le fécond & le troi- 
fieme période, la foibleffe augmente 
confidérablement. 

8. Lajfîtudo cachectica^ Helvetius, de . 
lajfitudine ; Laffitude cacheâique. L. 

C’efl; celle qui accompagne les ma- 
F iij 



iiS Classe VII, 
ladies chroniques cacheftiqiies, dont' 
les principales font l’iâere, les œdè¬ 
mes & les autres genres. Celle qui ell ^ 
caufée par des tierzias dans les premières 
voies, mérite une attention particu-? 
îiere, d’autant plus que fon principe ne 
tombe point fous les fens, comme celui' 
de la laffitude qui afFeûe les fujets afci-- 
dques, œdémateux, corpulens 8 c cou- 
valefcens,. 

VIL S TüP O El Engourdijfement 
en Gr-ecy Narke ^ en Latin ^ 

Ohdormitio, ' 

C’efl une fenfkion incommode qui ~ 
émouffe le fentiment. Il dijfFere de la 
ftupeuT, en ce que celle-ci eft fimple- 
ment fulvie de 1’ajFoibli.ffçment du fen- 
timent 8 c du mouvement, au lieu que 
l’engourdilTement efl: une fenfation par¬ 
ticulière qu’on éprouve lorfque l’o¬ 
lécrane ou les nerfs fouffrent une forte 
prelïio.n, ou lorfqu’on refte long-temps 
appuyé fur le bras après le dîner. Il dif¬ 
féré de la crampe, avec laquelle il efli: 
quelquefois compliqué, en ce que l’on 
ne fent point dans les mufcles engour¬ 
dis cette rigidité inféparabie de la plu- - 
part des crampes. 



Doul, vag. Engourdljfement. vvj 

■ X. \Stupor a prtfjiont ; Engourdiffe- 
jnent cauie par la prelEon. L. . 

' G’eil celui qu’on éprouvé dan^ les 
membres, lorfqü’ils font long-temps 
preffés par leur propre poids, ou pan 
un poids étranger, & qu’ils relient 
long-temps en place. 

C’ell auffi celui que caufe la contu- 
Son de l’olécrane ou des autres par¬ 
ties, dont les gros nerfs font litués fous 
la peau. Lorfqu’ii ell univerfel & conf¬ 
iant , il annonce une hémiplégie ou 
«ne apôpièxie; il n’exige ^ueun rer 
mede ,. tor^u’it eû partiel & paflager-. 

X. Fdilrmillement ; 

énh^dLÛn, Formicatio.:\ 

■ Gette efpecea cela dé linguîier , que 
la douleur qu’elle caufe ell femblable 
à celle qui feroit produite par un mi- 
lier de fourmis ou de piquans dans là 
partie engourdie, &-qu’elle ralentit fon 
mouvement, fans y cHufer cétte.rigir 
dité" qui a lieu dans les crampes. 

^ Il^fe^diffipe- dé lui-méme par les fric¬ 
tions j par des applications chaudes, 
fur-tout en-frottant la partie avec de 
Peau- de-vie chaude , de l’eau de la¬ 
vande j dë thym, de- romarin. Au cas 
qu’il continue, il faut avoir recours aux 
F iv 



IZR C L A S S E VIL : 
remedes qu’on, emploie pour la para^ 
îjxle. ; ^ . 

: La théorie: de cette maladie eft en¬ 
core très-obfcure. Elle paroît être caiK 
fée par la ftagnation & la congeftion div 
fluide nerveAix dans les parties affect 
tées ; ce qui fait que lorfqu’on les tienti 
en l’air, elles perdent te fentiment, elles* 
fe meuvent avec peine , & l’on y fenfe 
une légère douleur. , : . . 

Le fourmillement efl fouvent un 
accident des maladies foporeufes , 
même, des dyfçinéfies, par exemple ^ 
de la para^fiê. il ^Æeve/àe-ŸaneJîhéJic^ 
& des autres maladies mtxquelles^on 
donne le nom iàe^ dyjijlk^es, la 
douleur & l’anxiété û.nguliere dont il 
.efl: accompagné. ' ? 

J’ai cent fois fenti des fourmillemens 
au front & au vifage, touteslesfois 
que je baiffqis îa tête ; Sc dans ce eas ^ 
il paroît par la rougeur du vifage & par 
les lois de l’hydraulique , que-le fang 
afllue avec plus de rapidité dans- les 
yaiffeaux capillaires, les. irrité, &. dif- 
tend peut-être les orifices des vaifleaux 
lymphatiques jd’oii il fuit qu’on ne doit 
pas toujours l’attribuer à l’acrim-O-ni© 
de^ humeurs». ' 


Doul,'Va.g. EjzgourdiJfcment. 

- Stupor à gdu; en langage du pays,. 
Gnpi ; en François, VOn^e. B. 

C’efl: cette efpece qui alFeâe les ex¬ 
trémités des doigts des mains & des. 
pieds, lorfqu’il fait extrêmement froide 
Elle vient peu-à-peu, & elle eft accom^ 
pagnée de la rigidité & de la Ifupeur 
de la partie , d’une douleur aiguë , &: 
d’un froid glacial. Elle diflere de là 
crampe. 

4. Stupor à torpedine ; Coup de 
torpille. B. 

C’efl çe fourmillement qu’éprouvent- 
ceux qui tpucliènt la torpille avec les- 
mains ; car il eft beaucoup plus foibîe : 
lorjfqu’on ne la touche qu’avec im b⬠
ton,. Ce poiftbn afur le dos deux muf-- 
des qu’il fecoue avec force lorlqu’on- 
les touche; & ce font'eux qui produi- 
fent cet effet. prétend ,d’après- 

l’expérience qu’on en.a faite , qu’on le 
prévient en, retenant fon haleine: avec- 
force. Cette douleur eft accompagnée- 
d’une efpeee d’engourdiftement qui; 
s’étend jufqu’au coudeêc même au- 
delà. Il y a deux efpeces de torpilles,i 
fevoir, celfe d’Eüfope appellée -par 
Linnæiis rÆZÆ cota glahra ,^. & mirailler- 
ht la-Méditerranée; l’autre de FAmés-- 
F Y 



ijo C L A SSE Vîï. 

rique, appelle gymnotus mmuliis , dans. 
Us Mémoires Helvétiques y tom. 4. Toutes 
deux caufent la crampe à ceux qui les 
touchent, ou médiatement ou immé¬ 
diatement. Une chofe qui mérite atten¬ 
tion , eft que lorfqu’on touche la torpille 
|>ar l’entremifê de quelque corps mé¬ 
tallique , la fecoulTe efl infiniment plus 
violente j & qu’elle eft prefque nulle ^ 
lorfqu’ott la touche avec un bâton de 
cire d’Efpagne, Si cela efl: vrai y comme 
Taflurent des témoins oculaires, il eft 
vraifembîahle que la force éleâriqüe 
de cespoiffons, éft le principe de cette 
fecouffe. 

5. Stupor «2z7i<3Ti5; EngourdilTement 

mmaire, appelié Granf par les habita'ns 
de Turin. AUione, de milïari.. ^ 

C’eft un fymptomé du mïïïot y ou 
un engourdiflement poignant dans les 
doigts, les orteils, ou dans d’autres 
parties du corps , qui furvient avant lé 
fixieme jour, ou avant l’éruption, & 
qui eft accompagné d’un pouls petit ^ 
fréquent , contradé , de tremblement 
& d’anxiété. 

6 . Stupor rachialgicus. C. Voye:^ là 
rachialgie , dont cette efpece eft ua 
fymptoniex 


Doiâ. vag. Engourdîjfemem. 13 r 
7. Stupor à nccroji^ Salerne, d& morbo 
Jblonîmfi^ Mémoire de l’Acad. Royale 
des Sciences, des Académiciens étran¬ 
gers, 1755.. Voycih. Gangrené feche, 
caufée par le feigle ergoté. A. 

C’eft un engourdiffement du pied 
ou de la main, accompagné de fdi- 
blefl’e d’efprit, lequel précédé toujours 
les douleurs aiguës qui devancent la 
gangrené feche caufée par le feigle er¬ 
goté. La partie affeûée noircit promp¬ 
tement, devient dure ; & lorfqu’elle 
eft delTéchée ; elle fe fépâre d’elîe-mê- 
me des parties faines , fans qu’il fur- 
vienne aucune hémorragie à la pâleur, 
à la phifconie ; & à la maigreur fuc- 
cede le rhumatifme. Voye:{T‘Æot, Avis 
au peuple 670,-éT//. Voyez clajjh 
iOJ ordre ' 

; 8 . StuporfàhurraRs;^n^ùm&EQïatnï 

cMile par dés faburres. ' 

VJne Refigieufë fe pîaignoit depuis 
ün mois d’une douleur arix mains èt 
aux pieds 5 femblable à celle que caufe- 
roient des fourmis, & accompagnée de 
rengourdiffement dé ces parties ; il fur-^ 
■VÎnt'ëiiftrite une violente céphàlalgië & 
des éôvies dg vomir, fans aucune fie- 
vre i ayant pris ûn vomitif après avoir 
F vj 



C t ..VIÎv - 

été faignée, elle vomit.beauçoup de ma^ 
tiere bilieufe, ce vomiffement fit difpar 
roître tous les fymptomes le lende-' 
juain la.même céphalalgie revint, mais 
avec beanço.up moins de violence ; on 
la purgeai, & elip rendit encore une: 
grande quantité, dé. bile , ce qui mit fin 
à fa maladie. Beaucoup de Religieufes 
deviennent atrabilaires par un effet du 
chagrin , de la, jaloufie ^ & des autres; 
paffions de l’ame 3, ayqueUes leur genre- 
de vie les rend Sujettes, lors fur-tout 
qu’elles ont 'embraffé cet état fans uhq^ 
vocation bien‘marquée,.' i . i , ,, 

y r r I. Pr u- r i t u s; ^ ypmm J, 
Démangeaifon^ 

C’éfi; une fénfation incommodé qur 
Jîaît far da à; fe- 

gratter. Gettê douleur, fingulîere , qui' 
caufemn'Gertain pïaifirylorfqu’on gratte: 
avec force la partie où l’On- fent la, dé? 
mangeaifon,^ devient quelquefois fi fori- 
te, qu’on a de la peine à la calmer em 
s’écorchant la peau jufqu’aii fang.. , ^ 

- Qn ‘la croit oceafionnée par l’âçrif 
monie de l’humeur muqueufe j-, qùi; f^' 
lépar.e dans, les: glandes. fébacées.j>m^ 


Bouhws vagues. Prurit. 
elle eft auffi produite par des eàufesi, 
externes. . - 

I. Pruritus examhematicus ; Prurit - 
exanthématique. L. 

: C’ed: celui qui a lieu dans pluâeurs 
maladies exanthématiques ^ foit aiguës 9. 
comme la petite vérole, la rougeole^ 
lorfque les pullules fe lechent, dans le 
fort de la fcarlatine, dans la gale, la 
teigne , les autres, maladies de la 
derniere cîafle; foit dans les vices de 
h. première ^ auxquelles on -donne le 
nom àiUUvures y comme la dartre , la- 
pfjdracie,; &c. Foyeiïe traitemèntda 
ces genres.. ' 

'i...Pruritus pedicutaris; Prurit pédi¬ 
culaire. 

C’efl; celui qui efl: caufé par le phtiria- 
fis, ou, par les pous ordinaires, auflî' 
hien que par les morpiops & autres.,, 
& que l’on guérit aifément avec la pou? 
dre de flaphiiaigre ou de xivadille ., $ 
moins qu’on n’aime mieux recourir aux' 
feiâions mercurielles.,, ou porter une- 
ceinture de mercure.- 
d/ÿ.. Pmrims iBericus.i Pmnt iâ:é:ri^; 

< /C’eli^ celui qui affeÔe les perfohnes* 
briques,'qui éÜ accompagné dës_aî^ 



t 34 C t A s s E VII. 
très fymptomes de l’iftere, & qui in¬ 
dique le mélange de la bile avec le 
fang. Il demande le même traitement 
que riâiere. J’ignore s’il a lieu dans 
l’iâere noir, quoique j’aye vu quantité 
de perfonnes attaquées de cette ma¬ 
ladie. 

4. Pruritus arthntîcus ; Prurit arthri¬ 
tique. B. P. 

C’efl: celui qui furvlent aux pieds, 
aux mains, au dos, & dans d’autres 
parties du corps, après que les accès 
font paffés , & qui ceffe du moment 
qu’ils reviennent, & même long-temps 
avant que la douleur fe faffe fentir. 

5. Pruritus i/z/â/zrwOT, Ettmuller; Pru¬ 
rit des enfans. 

C’eiî: celui qui alFeâe les enfans nou¬ 
veaux nés, qui leur caufe-des inquiétur 
des extraordinaires & les empêche de 
dormir.Ilfaut Beaucoup d’dttention poul? 
s’eri appercevoir , vu qu’il efl caufé par 
des crinons plus minces qu’un cheveu , 
qui s’engendrent fous la peau du dos ^ 
& pénètrent à travers, & que l’on fart 
tomber en frottant à plufièurs reprifes 
la partie avec un morceau d^“ drap. 

le mût Malidhn. àsxis là mxie'mo 
«lâffe. ... : -v' - ; 



Douleurs vagues. Prurit. 

6 . Pruritus fugax; Prurit pafiager. B. 

C’eû celui qui efl: oceafionné par 
des caufes externes qu’il eft aifé de 
détruire, mais qu’il faut cependant con- 
fidérer attentivement, pour né point 
le confondre avec les autres. 

Par exemple il y a une efpece de 
haricot barbu, qu’on ne fauroit tou¬ 
cher, qu’on ne fente pendant demi- 
heure & plus, une démangeaifon très^ 
incommode dans les mains. 

Les ligatures qu’on emploie pour 
contenir les parties luxées , laiffent fou- 
vent une dériàngeaifon incommode ÿ, 
qui fe diflipe par le moyen de l’eatt 
chaude. 

Les h^des & les has de laine que 
Pon porte fur la peau, caufent auffi des 
âémangeaifons ^ ce qui efl: un défaut 
que le linge n’a point. 

Le prépuce efl àuflî fujet à une dé- 
mangeaifon, oceafionnée par une ma¬ 
tière fébacée blanche & aerimonieufe 
qui s’y amafîe, & que l’urine emporte 
aifément, lorfqu’on a foin de prefler 
un moment le prépuce avec lés doigts^ 
avant de lâcher fon urine. 

La démangeaifon que l’on fènt qitefc 
quefois aux bourfes,, provient d’uné 



ty,6 C L A s s E V II. 
lium^ur qui s’amaffe autour, & quife 
détache par petites écailles blanches , 
lorfqu^elle eft feche. On la diffipe en- 
la vant la partie avec de l’eau chaude, 
La démangeaifpn qui furvient aux 
yeux , & fur-tout à la caroncule la?* 
crymale, appartient à i’ophthaîmie puf- 
tuleufe. 

Si elle alFeûe le fondement, il faut 
voir s’il n’y a point des afcarides dans 
les excrémens, Foyei Ténefme. 

. Si elle afFeûe le vagin, il faut voir 
fi elle n’eft point caufée par la malpro¬ 
preté, par des pullules véroliques, pas- 
la fureur utérine, &g, . = - 

7. Fruntus gravidarum. Puzos , Traiti 
des Accoiickemens ^ pag. 8-2. Prurit des 
femmes groffes. C. 

Les femmes font fouvent fujettes 
vers le milieu de leur grofiefie,-pius tôt 
pu plus tard., à des démangeaifons vicC- 
îentes dans différentes parties du corps j 
auffi-bien que' dans les parties* naturel¬ 
les , lefquelies font occafionnées par 
une humeur acrimonieufë qui n’a pu 
s’évacuer par la tranfpiration, foitque 
les phlyâenes fe manifeilentau dehors^ 
foit que' les pullules relient cachées-; 
fiaus-la peau^ Elles-fe grattent nuit &: 



Dcmleurs vagues, Prurit. iyf 
jour avec les ongles ju-fqu’à fe mettre 
en fang , ou Bien elles fe, frottent avec 
une brolTe, elles perdent le fommëil, la 
fievre fe met de la partie , & elles font 
une faulTe couche. 

On appaife cette démangeàifon par 
des faignées réitérées,.des émulfions, 
avec le lait, le petit lait j 1-èau de pou¬ 
let ^ les apozemes anodins , les lave- 
mens, les crèmes de riz , d’avoine ^ 
de phaféoies ; par les bains, fi le prurit 
efl: âcre , la vapeur de l’eau tiede, les 
fommentations émollientes , les cathar¬ 
tiques légers', & enfin par lès narcoti¬ 
ques. Si, la maladie réfifte à ces reme- 
des , elle cefie- pour l’ordinaire aufii- 
tôt après raccouchement. 

8. Pruritus ex'opio ; Prurit caufé par 
l’opium. “ 

C’efl: celui qui vient au vifage ou 
par tout le corps, à caufe du trop grand 
ufage que l’on fait de l’opium ; & j’aî 
connu quantité de perfonnes qui y 
étoient fujettes pour peu qu’elles prif- 
fent de l’opium, du laudanum ou de la 
thériaque. Le lait fupplée à l’opium 
dans les maladies chroniques, & fait 
céffer cette démangeaifon, laquelle né 
fubfifle qu’autant de temps que cette 



îjS Classe VII. 
drogue agit par fa vertu narcotique, 

9. Pruritus a medufa. B. 

La médufe eft une efpece de 200- 
phyte gélatineux & rougeâtre, qui fur» 
nage fur l’eau de la mer, & qui pro¬ 
duit fur les yeux & fur les mains un 
fentiment de brûlure & de démàngeai- 
fon , auffi vif que celui qu’excité l’or¬ 
tie , c’eû pourquoi on l’appelle ortie 
de mer. 

10. Pruritus Syphiliticus , Amati Lufi- 

tani, cent, ri, cur. ; Prurit Syphili- - 
tique, - , - - 

■ Cette efpece alFede prinéipaîement 
les aînés. On la guérit .par la faignée ,' 
par l’application des fangfues & d’un' 
onguent dans lequel entre le camphre 
& le fucre de faturne, On emploie en- 
fuite les anti-vénériens. 

IX. Algor ; Froideur Froid 
. excejjîfy appellé par les Grecs 

Kryos y Pfychos y en Latin , 

Frigus morbofum , refrigercitio / 

" en Anglois, Coldnefi, 

Cette fenlàtion incommode , que 
tout le monde connoît, eft prefque 



Douleurs vagues. Froid excejjif. 139 
tdujours un accident des autres mala¬ 
dies, fur-tout du friffon qui accompa¬ 
gne l’accès des fievres intermittentes, 

& c’eft ce qui fait qu’on ne le met point 
au rang des maladies, & qu’on ne le 
regarde que comme un fimple fympto- 
me. Cependant ce fymptome eü quel¬ 
quefois très-grave & effentiel > je veux 
dire, qu’il n’eft ni la fuite , ni un acci¬ 
dent d’une autre maladie : on l’appelle 
froid ou froideur félon fes différens 
degrés, & il n’eû pas toujours accom¬ 
pagné du tremblement de îa peau, ou " 
du friffonnement, ni de l’agitation des 
mufcles, ou du friffon. 

i. Algor extemus ; Froid de caufe 
extérieure. B. 

C’eff celui qu’éprouvent ceux qui ref- . 
tent long-temps expofés à la froideur 
de l’air, à l’eau froide , à la neige , ôc 
cette fenfation eff d’autant plus incom¬ 
mode , qu’on y eff moins accoutu¬ 
mé , qu’on eff plus échauffé, que le 
changement eff plus prompt, la conf- 
titution plus fenfible , & qu’on a été 
plus délicatement élevé. 2^. Que le 
froid eff plus violent, tel qu’eft celui 
qui,a compter du dixième degré du ther¬ 
momètre de M. de Réaumur y approche 



140 Classe VIL 
le plus près du terme" de la congélation, 
& qui defcend au-deffous. 3*^. Plus on 
refte expofé au froid , plus la douleur 
eft violente, tant qu’enfin elle ëft fui- 
vie de latypbomanie, ou d'un fphacele 
qui prive entièrement la partie de fen- 
timent. - • 

C’eft la chaleur vitale qui entretient 
la fluidité du fang , la flexibilité des 
mufcles & des fibres nerveufes, & qui 
donne moyen aux fluides d’y circuler. 
Le froid , au contraire , c’eft-à-dire la 
diflipation des particules ignées, coa¬ 
gule les fluides , roidit & condenfe les, 
fibres , obflrue les nêrfs , & prive leS; 
mufcles de leur flexibilité; d’oii s’enfuit 
la ftagnation du fang dans les extrémités, 
que le froid faifit d’autant plutôt, qu’el¬ 
les font plus éloignées du cœur. Cette 
condenfation des fibres, ce refferre- 
ment des vaifleaux , viennent fis ce 
que les fluides occupant un moindre 
efpace, elles perdent leur reflbrt, ce 
qui eft caufe que les fibrilles nerveufes 
fe rident, fe défuniflent, d’où s’enfui- 
vent des douleurs poignantes & une 
fenfation infupportable. Si le froid efl: 
aflèz aigu pour pénétrer dans l’intérieur 
du corps, & pour figer le fang dans les 



Douleurs vagues. Froid excejjif, 14 r 
gros vaiffeanx, il ne tarde pas à caufer 
la mort, finon la fîevre furvient, la 
chaleur des parties internes augmente j 
celles qui font dans le voifinage de la 
partie gelée s’enflamment, celle-ci de¬ 
vient livide, fe dégele , le corrompt, 
fe fphacele, & fe détache de la partie 
faine. Si le froid a fait moins de progrès , 
& qu’on emploie â temps les fecoufs 
convenables , la partie refte œdéma- 
teufe, les tendons ont peine à recou¬ 
vrer leur fleîdbilité ou leur mouvement, 
& les nerfs reflent prefque privés de 
tout fenîiment. ' 

Tout le monde fçait que le fphacele 
•eft prefque toujours la fuite d’un trop 
prompt dégel ; pour le prévenir , il 
faut échauffer peu à peu la partie-avec 
de la neige ou zvec àe l’eau froide, & 
enfuite avec de l’eau tlede , la plonger 
dans du fumier de cheval , & ainfî 
füeceflivement. Koye^ fphacele; caufé 
par la gelée. 

Le froid caùfe des milliers de -maux 
aux foldats, comme des; catarrhes, des 
rhumes, des rhumatifmes, des engelu¬ 
res , le fphacele , la fürdite, différentes 
efpeces de fîevres, & ceux qui veulent 
fàvoir les.moyens de les prévenir ^ ne 



I4 ^ Classe VII. 
peuvent mieux faire que de lire la Mé¬ 
decine militaire du D. de Me^erey , 
tom. I. depuis Varticle quator^eme , ju^,. 
qiCau vingtième. 

2. Froid intérieur. A. 

C’efl: celui qui provient d’un prin¬ 
cipe interne, comme d’un accès fébrile, 
fur-tout de fievre quarte, du paro- 
xyfme , d’une tierce continue froide , 
catarrhale ; du catarrhe même, du pré- 
Jude de l’iftère , d’une ifçhurie ; lorf- 
que l’urine fe mêle-avec le fang, ce qui 
.arrive aifément par la facilité qu’il trou¬ 
ve à refluer du baffin dans les veine;^ 
émulgentes, dans lefquelles j’ai vu paf- 
ier du lait, de l’encre ôçc. du paroxyfr 
me d’une quotidienne continue, he^- 
que , de la phîhifie , & des autres ma-. 
-ladies caufées par une füppuration. 

Ces fortes de froids extrêmes font 
toujours dangereux ; car ceux qui meu¬ 
rent d’une fievre intermittente, meu¬ 
rent toujours dans le temps du friffon , 
-le pouls devient petit &.intermittent, 
le vifage blanchit & pâlit, les levres 
.deviennent livides , le tremblement 
-s’empare des membres, la dyfpnée & 
la convulfion des mâchoires augmen¬ 
tent quelquefois au point, que les ma- 



Douleurs vagues Froid exce£îf. 14 j 
lades ne peuvent prefque rien avaler , 
de là ces angoiffes qui font craindre à 
tout moment pour la vie du malade, à 
moins qu’on ne le fecoure prompte¬ 
ment. Ces fecours, que tout je monde 
connoît, & dont l’effet eff infaillible, 
iconfiftent à le coucher dans un lit bien 
chaud, & à le bien couvrir, à lui ap¬ 
pliquer aux pieds dés boules remplies 
ff’eau chaude, à lui faire avaler du via 
(chaud, delà thériaque, de la.confedion 
.d'hyacinthe , de l’eau de canelle & aur 
très chofes femblales. Ç’eft par,ces for¬ 
tes de moyens qu’on a rendu la vie à 
des gens qui s’étoient noyés & qu’on 
tenoit pour morts ; de même qu’à quan- 
-tité dWtres que le froid avOitffaiiis & 
privés de tout fentiment. Voyez 
.phyxie _des perfonnes noyées^ 

. 3. Algor febriçofus', ïourn. de Méd. 

J76a. p. 36. 

C’eft un froid exceffif répandu fur 
tout le corps, qui dépand du venin des 
ifievres d^accès. Le friffonnement dif¬ 
fère de ce ffoid, par le tremblement 
i dont il eff accompagné. L’afphyxie hyf- 
térique & celle des perfonnes noyées 
-.font accompagnées de çe frpid exceffif. 



544 Classe VIÎ. 

X. Arjd or } Chaleur excefjîve ; 
en Grec, DicCcaufis & caumà; 
en kngloïs.y^ 'Heat. , _ ; 

Cette fenfationincommode que tout 

le monde connoît, eft caulée en nous 
par la trop grande aâion des particules 
ig'nées. : 

La chaleur d\m homme faln en hiver 
de 27 d; m'efurés fur le thermomètre 
de M. de Reaumiir , en été de- 3 o ; elle 
-ed d’atuanf plus grande, qu’elle monte 
plus haut , comme au 3 5e, au 
Lorsqu’elle va au-delà, les parties fe 
brûlent, les organes fe détruifent ; ilfe 
forme ou une eicharre, ouun fphacele 
fec; lés fluides fê'deffechent, les vaif- 
•feaüx fe-reflerrent, les fibres fe rident, 
la partie réde privée de Sentiment; & 
de mouvement'. Üne chaleur- au- def- 
fous de 3 5 d. raréfie les fluides environ 
d’une ioO®. partie de leur volume, les 
"vailTèaux fe dilatent à ; proportion , la 
■partie devient rduge-, dOuloüreufe ; & 
èetté doûleun efl ; accompagnée d’un 
'fentiment:d’éFOfiori',/d'e poiiftion, de 
' brûlure iàfupportàbie.' - 
' i. uârdor èxt^hüs /Chaleur- exter¬ 
ne. B. 

Ceâ 



Doul. vagues. Chaleurexcejjîve. 

C’efl: celle qiii eft caufée par l’appli¬ 
cation d’un corps extérieur, par exem* 
pie , lin air brûlant, l’infolàtion, les 
étuves, un feu ouvert, l’eau, la leffi- 
ve, l’huile bouillante. Cette chaleur 
eft ou partielle , ou générale. La trop 
grande chaleur de l’air rend la peau rou¬ 
ge , fait enfler les veines, caufé des 
céphalalgies, l’afthénie, l’anorexie, la 
laflitude, des infomnies j la foif, des 
faignemens de nez, rend l’urine rouge 
& peu abondante, caufe des fueUrs 
copieufes, la dyfpnée , l’orthopnée , 
des cardiaîgies, des fyacopes & au¬ 
tres maladies femblables. L’appii-cation 
d’une chaleur trop forte, efl: fuivie de 
rougeur, de phlyâenes, de la brûlure ; 
& comme ces fymptomes varient félon 
le degré de la chaleur , ils demandent 
aufli un traitement différent. 

En général, tant que les organes ne 
font point viciés, & qu’il ne s’agit que 
d’appaifer la chaleur, il faut, après 
avoir éloigné les caufes externes, s’il 
efl: poflible , employer des remedes 
froids aéfuels, tels que la boiflbn, les 
lotions , les fomentations aqueufes,' 
fans oublier les potentiels internes, tels 
que les remedes acides, nitreux, dér 
Tome VL G 



i4<S Classe VIL 
layans. On peut mettre de ce nombre 
les tifanes de jus de limon , d’orange ^ 
le firop de grenade , d’épine-vinette, 
de framboife, de nénuphar, les émul- 
fions d’orge , de femence de melon, 
de citrouille, lès tifanes , les eaux aci¬ 
dulées avec i’efprit de foufre,, le fei 
marin, &c. 

Au cas que la partie foit afFeâée d’urs 
éryfipele, d’une brûlure, on emploiera 
les xemedes indiqués pour ces vices. 

, 2. Ardor inurnus ; Ardeur de çaufe 

interne. A. 

^ C’efl celle qui accompagne les tierces 
Bilieufés ^ la tierce continue, la fievre 
chaude, quantité de maladies indam- 
maîoires j comme l’éryfipele, la pleuré- 
fie, la phrénéfîe , dont on peut voir là 
théorie & la pratique dans ces claffes. 
De là s’enfuivent l’agrypnie, l’anxiété, 
la dyfpnée , la laffitude, la polidyp- 
de, des urines rouges .& en petite 
quantité.; 

Il paroît par le thermomètre que la 
chaleur du corps pendant la fîevre, qui 
eft le temps oîi elle eft la plus forte * 
n’eft que de .34 degrés ; les eaux de 
Balaruc, lorfque leur chaleur monte à 
42 degrés , eaufent fur le: champ uu 



Deiil. vagues. Chdinr cau^ve. 147 
éryfipele dans la partie qu’on y plonge^ 
Sc i’on ne peut i’endurer au-delà de 
quelques minutes, La plus grande cha^ 
leur qu’on ait effuyée chez nous eil 
1746 &; 1762, ne monta au mois de 
Juillet après midi qu’au 3.0® degré. C’efl 
là le degré de la chaleur du fan g dans 
les étés ordinaires. Quelques-uns aflii- 
rent qu’elle monta 338 degrés en Gui¬ 
née ; mais M. Ducrejl , qui eft extrê¬ 
mement verfé dans la connoifTance du 
thermomètre, rév'^oque ce fait en dou¬ 
te. La chaleur du fang en hiver eft d’en¬ 
viron 26 degrés. ' ' 

A. ArdorjvoLaticus , vuîgb æjîus vola^. 
tïeus ; Flammes du vifage paffageres , 
appellées kærmghad' ^ par les Suédois^ 
& Flamboifes par les Languedociens. 

C’eft une chaleur & une rougeur 
paû’agere du vifage, du cou , &c. qui 
ne dure güeres qu’un quart d’heure, & 
qui fe termine quelquefois par une 
füeur copieufe. Ces fymptomes font 
familiers aUx femmes qui ne font point 
réglées, ainfi qu’aux perfonnes hyfté- 
riques. Ils font fouyent accompagnés 
d’anxiété & de dyfpnée, & revien¬ 
nent fréquemment ; on peut rapporter 
ici le feu volage du vifage occafionné 



148 Classe VU. 
par la pudeur, ce fymptome paroît dé 
pendre de la conftriâion de l’artere 
carotide interne , ce qui fait que le 
fangfe porte avec plus d’impétuoâté 
& en plus grande abondance dans la 
carotide externe. 



Douleurs de tête. 


149 


ORDRE SECOND. 

DOULEURS DE TÊTE. 

Ge font celles qui afFedent différen¬ 
tes parties de la tête, comme le crâne , 
les yeux, les oreilles, les,dents ou les 
mâchoires ; fans fievre ni fans con- 
vulfion, à moins qu’on ne veuille les 
regarder comme des accidens de ces 
maladies, plutôt que comme des ma¬ 
ladies effentielles , pour me fervir de 
i’expreffion ordinaire. 

Nous appelions généralement ces 
maladies maux , & nous difons mal 
À la tête , mal aux yeux , mal aux dents ^ 
&c. Fréd. Hoffmann leur donne le 
nom de rhumatifines. 

Ces maladies obligent rarement à 
garder le lit, parce qu’elles ne font que 
partielles, à moins que la douleur ne 
foit violente, & ne caufe une affhénie. 
Leurs accès font accompagnés de défaut 
de foif, d’anorexie, d’impuiffance vi¬ 
rile , & d’autres fymptomes de cet or¬ 
dre. Dans le cas où elles durent long¬ 
temps , elles font compliquées d’infqînt 





150 C L A S S E VII. 
nie , de triftelTe - d’anxiété, de man- 
vaiie humeur ; lors au contraire qu’elles 
font légères, iifuffit d’une affiiire impor¬ 
tante , d’une padion violente pour les 
faire celFer auffi-tôt. On rapporte fou- 
vent les douleurs des parties internes 
aux parties externes ; & l’idée qu’on en 
a, qtîelque vive qu’elle puifTe être 'j:' 
eft affez confufe par rapport! au 'fiege 
qu’elles occupent, pour empêcher le- 
malade de le déterminer avec précifion: 

Ces maladies font très-fou vent cau- 
fées par l’engorgement des vaiffeaux , 
ou par la Hagnation du fang ou de la 
lymphe dans la partie alteélée. Cet en-' 
gorgement elî fimple ou phlogiffique, 
il efi caufé par un fang pur, ou par un' 
fang vicié, comme iiné lymphe âcre, 
rhumatifmale , arthritique, vérolique , 
ou par une carie, un ulcéré, une exof- 
tofe, une luxation, une firafture. 

Les douleurs font idiopathiques ou 
fympathiqûes,. Les idiopathiques, font 
celles dont le principe matériel, ou la; 
matière morbique eft cenfée être dans 
la partie même oîi eft la douletir, de 
telle eft la céphalalgie qui eft caufée par 
là pléthore des vaifteaux , des ménin¬ 
ges, &c. Les douleurs fympathiques' 



Douleurs de tète. iÇî 

font celles dont la matière morbifique 
ou le principe évident efi: dans un en¬ 
droit, la douleur dans un autre, 
comme la céphalalgie que l’on attribue 
aux faburres de l’efiomac, à la fiagna- 
tion du fan g dans la matrice. 

Rien n’efi: plus abfurde que d’attri¬ 
buer les douleurs fympathiques à une 
caufe éloignée de la partie oà elles fe 
font fentir , & de croire qu’une caufe 
agiiTe la où elle n’efi point, & ceux-là 
fe trompent qui mettent la caufe de la 
céphalalgie fiomachique, par exemple, 
dans l’efiomac. II efi vrai que l’éméti¬ 
que la fait quelquefois çefier, mais il ne 
s’enfuit pas que fa caufe fut dans l’efio- 
inac, & elle peut bien être occafion- 
née par un fang épais qui engorge les 
vaiffeaux des méninges ou du cerveau ; 
la quefiion efi de favoir fi cet épaiffif- 
femenî efi occafionné par des faburres, 
ôu par la pléthore. Si ce font les fabur- 
res qui ont paffé dans le fang qui le cau- 
fent, on appaifera & l’on préviendra cet¬ 
te céphalalgie avec l’émétique , quand 
même elle auroit fon -principe dans la 
tête , où la douleur fe fait fentir; car 
l’agitation que caufe l’émétique , peut 
très-bien atténuer le fang^ qui croupi 
G iy 



151 Classe VII. 
dans le cerveau , & prévenir les dou¬ 
leurs futures en évacuant les faburres. 
Les uns regardent comme fympathi- 
ques les douleurs que d’autres tiennent 
pour idiopatiques , conformément à 
la théorie qu’ils ont adoptée ; & com¬ 
me la divifion de ces maladies eft arbi¬ 
traire, il n’eflpas étonnant que la théo¬ 
rie qui en dépend foilfouvent erronée. 

Les douleurs gravatives internes de 
îa tête, des oreilles, des yeux font or¬ 
dinairement caufées par un engorge¬ 
ment que les narcotiques ne font 
qu’augmenter; il efl vrai qu’ils atté¬ 
nuent le fang & le rendent plus fluide; 
mais comme la guérifon de cette mala¬ 
die dépend de la fyflole des vaifléaux 
& de îa contraâion des méninges, qui 
feules peuvent détruire la flagnation, 
& que les narcotiques fufpendent ces 
deux efforts de la nature , il n’eff pas 
étonnant qu’ils augmentent l’engorge- 
.rnent, & que îa céphalalgie foit fuivie 
d’affoupiffement, de délire^ & d’autres 
maladies plus dangereufes que la dou¬ 
leur. On doit donc en ufer avec pré¬ 
caution dans pareil cas, de même 
qu’avec les épileptiques, les vieillards, 
les paralytiques & autres femblables 



Douleurs de tête. 

fujets qui ont du penchant à s’aiToupir. 

Car l’expérience nous apprend que 
les narcotiques, les topiques qui pro- 
duifent de li bons effets fur les parties 
éloignées de la tête , font infiniment 
dangereuxlorfqu’onles applique furies 
yeux, les oreilles & dans d’autres en¬ 
droits voifins de l’origine des nerfs. Par 
exemple , les feuilles de daîura appli¬ 
quées fur les yeux, caufent une my- 
driafe & une goutte fereine ; & par 
conféquent on ne fauroit en ufer avec 
trop de précaution. 

XL Cep H ALALG lA^Mdlkld, 
tête 3 Car£baria^ Gorræi, définît, 
Med. Grctvedo capitis , du mê¬ 
me 3 Capiplenium , Baglivi ; 
Ecplexis , Hippocrate 3 Etour- 
difiement} Douleur céphalique^ 
de Fréd. Hoffmann 3 Douleur 
de tête , de Sennert. 

C’eft une pefanteur de tête ou une 
fenfation incommode, dans laquelle il 
femble que la tête foit intérieurement 
diftendue, enflée & comme furchargée. 
Il y a toute apparence qu’elle efl 
G V 



154 Classe VII. 
caufée par l’engorgement de l’enve¬ 
loppe du cerveau ; car quoiqu’on n’y 
fente aucune douleur aiguë lorfqü’on 
la coupe, elle ne laiffe pas d’avoir un- 
intiment obfcur, lors fur-tout qué fes' 
yaiffeaux font gonflés & diflendus. 

• Si l’on avoit des lignes certains ppitr 
éonnoître le fiege de la maladie / il 
pourroit férvif à nous faire, diflingnèr 
la céphalée & la migraine de la cépha¬ 
lalgie; la- céphalée, en tant qu’accom-^- 
pagnée d’une douleur vive & tenfive , 
alFeâeroiî les membranes fltués tant au 
dedans qu’au dehors du crâne lamU 
graine auroit fon fiege dans les Ônus 
frontaux, ou dans les endroits qui re¬ 
çoivent -des nerfs du petit fympaîhique. 

I. Cèphaldlgia pkthorica. ; Ecphxis 
ii’Hippocrate ; E tour diffament. 

On connoît la douleur de tête caufée 
par la pléthore aux fignes de celle-ci. 
Elle eil-accompagnée de la rareté du 
pouls j & j’ai toujours obfervé qu’elle 
avoit lieu dans les maux de tête violens. 
Le vifage n’efl; pas toujours rouge, 
comme lorfque la pléthore affédle les, 
autres parties, il pâlit fouvent jorfque 
la céphalalgie efl; violente; on fent une 
grande pelànteur dans le front qui eiii« 



DouUurs de tête. Céphaldgle, 155 
pêche de penfer, de raifonner, &: 
qui fait même perdre le fou venir de 
CS qu’on a fait. Cette douleur paroît 
venir des efforts que fait la nature pour 
procurer un faignem.ent de nez ; pour 
cet effet, les vaifîeaüx & les méninges 
fe contrarient ; elle poiiffe le fang vers 
les conduits excrétoires du nez, &i’on 
remarque en effet qu’elle ceffe au 
moyen d’une hémorrhagie abondante. 
Dans le cas oii l’engorgement augmen¬ 
te , il caufe des vertiges ou un aflbupif- 
femenî. Il efl pour l’ordinaire caufé par 
la trop bonne chere, par le trop grand 
ufage du vin, par îé fommeil que l’on 
prend après le repas, &;parîelies autres 
erreurs qui augmentent le volume du 
fang , & qui retardent les extrétions 
ordinaires. Ses variétés font : 

2. Cephalalgia catamenialis ; Cépha¬ 
lalgie menflrueile. L. P, 

C’êfl; celle à laquelle ies femmes font 
fujeîtes prefque tous les mois, à caufe 
de la fuppreffion ou du retard de leurs 
menflrues : elle s’appaife ou ceffe tout- 
à-fait du moment qu’elles reprennent 
leur cours ordinaire. Il faut avoir égard 
dans la cure à ce principe, je veux dire, 
qu’hors du paroxÿfme, on doit em- 



156 Classe VII. 
ployer les remedes & les fecours dié¬ 
tétiques & gymnaûiques qui procurent 
cet écoulement, & dans le paroxyfme 
la faignée , qui efl: le plus efficace de 
tous les remedes. 

3. Ccphalalgia hmmorrhoidalis ^ Hip- 
pocrat. 6. epidem. Wallef. 4^1. Cépha¬ 
lalgie hémorroïdale. L. P. 

Celle-ci eft une autre variété de la 
pléthorique , qui dépend d’un elFort 
hémorrhoida! ; en effet les perfonnes 
pléthoriques qui deviennent fujettes 
aux hémorroïdes, font fouvent fujettes 
à des céphalalgies gravatives quelque 
temps avant que les vaiffeaux hémor¬ 
roïdaux fe gonflent. La douleur dure 
plufieurs jours, & elle efl: accompa¬ 
gnée de vertiges , de la confufion des 
idées, d’une pefanteur dans le front, 
d’engourdiffement & de conflipatiôn. 
Après avoir faigné le malade , on doit 
lui donner des îavemens , &: enfuite 
des bouillons propres à délayer &: à 
diffoudre le fang. Après l’accès, il pren¬ 
dra des bains, des demi-bains dans le 
temps convenable, il vivra fobrement, 
fera un exercice modéré ; car le fang 
ne peche pas moins par fa vifeofitéa 
que par fa quantité. 



Douleurs de tête. Céphalalgie, i ^-7 

4. Cephalalgia jlomachica , Riviere , 
pr. de dolore capitïs , Bonet, fepulchrct. 
tom.t.pag. iz.obf. //. Céphalalgie fto- 
machique. B. 

C’en celle qui eft caufée par les fa- 
burres des premières voies, ou comme 
dit Riviere , par. la fympathie qu’il y a 
entre la tête & i’eftomac. On connoît 
que la douleur eft caufée par les fabur- 
res des premières voies, tant par les 
circonftances qui précèdent, que par 
celles qui fuivent. Je mets au nombre 
des premières l’excès dans le boire & 
le manger, le trop grand ufage des li¬ 
queurs qui enivrent, la foiblefle habi¬ 
tuelle de l’eRomac, & le défaut de di- 
geRion qui en eR la fuite. Je mets au 
rang des fécondés, les rapports, les 
naufées, le vomiffement, la pefanteur 
d’eflomac, la cardialgie, l’amertume de 
la bouche ; fur quoi l’on obfervera que 
les céphalalgies & les tmgraines vio¬ 
lentes caufent toujours un vomiffe¬ 
ment , quand même elles n’àuroient 
point leur principe dans l’eftomac, 
comme cela paroît par celui que cau¬ 
fent les fraftures .du crâne. Nous avons 
fur cette efpece de céphalalgie un apho- 
rifme ^Hippocrate qui mérite d’avoir 



15g Classe VIL 
place ici. C’eft le dix-feptleme de la 
quatrième feôion : S’il y a dégoût^ car- 
dialgiCf amertume de bouche , vertige & 
pejaiiteur de tête , il faut donner Véméti¬ 
que au malade. En effet, le vomifle- 
îftênt eft le meilleur remede qu’on 
puiffe employer, toutes les fois que 
la céphalalgie eff accompagnée de ces 
fympîomes. Au cas qu’on ne puiffe 
faire ufage de l’émétique, on peut lui 
fubftituer- les cathartiques , quoique 
leur effet Toit moins fûr. Ces deux re- 
medes font.également utiles,- pourvu 
qu’ils foienî précédés de la faignée , de 
Tabftinence &: de boiffbns délayantesi 
Ces fymptomes dédgnent des faburres 
inhérentes &; cachées dans l’eftomac ; 
car les faburres crues produites par une 
crapule récente , ne caufent point d’a- 
teerîume de bouche , & le vomiffe- 
ment les détruit fouvent , finbn elles 
eedent aux émétiques & aux catharti¬ 
ques. Cette efpece fe joint fouvent à 
Ta céphalalgie fébrile, je veux dire, 
que la ftomachique eff fouvent compli¬ 
quée avec la fébrile; mais elles different 
■quant à leur principe. 

5. Cephalalgia febrilis ; Céphalalgie 
fébrile. B. 



Douleurs de tête. Céphalalgie. 159 - 
Cette ^fpece eft caufée par l’agita- 
tioti où la fîevre met le fang , & elle 
eft très-fréquente dans les fievres & 
les maladies inflammatoires, de quel¬ 
que ordre qu’elles puiffent être , à 
moins qu’on n’aime mieux la regarder 
comme un fymptome. Toutes les fois^ 
que la circul^ion augmente, autant de 
fois la preffion latérale fur les vaiftèaux 
fanguins augmente aufti; mais comme 
là foibleffe oblige le malade à refter 
couché dans unefituation horizontale, 
le fangfe porte à la tête avec plus do 
force que iorfqu’on eft debout,; 
voilà deux raifons pour iefquelles la 
preffion latérale des vaiffeaux de là tête 
augmente , d’où s’enfuit une cépHalaF- 
gie gravative, que l’on croit commtîné- 
inent avoir fon ftege dans le front. 

Cette céphalalgie dans les fievres 
aiguës, lorfqueTurine eft ténue & lim¬ 
pide , annonce la phrénéfié , je veux 
dire , le délire , fur-tout fi le malade 
rend par haut des matières verdâtres, 
'&firinfomnie eft: compliquée de fur- 
dité , comme nous l’apprenons des 
Prorrhétiques. Lorfque le mal de tête, 
■ quoique violent, cefiè tout-à-coup, 
c’eft un figne de délire ou de léthargie ^ 



léo Classe VII. 

& il eft très-mauvais lorfque cela arri¬ 
ve fans aucune eaufe évidente , par 
exemple, une crife, une faignée , &c. 

6. Cephalalgia pulfatilis ; Céphalalgie 
pulfative. 

Elle confifte dans une pulfation in-, 
commode dans les tempes, & quoi¬ 
qu’elle foit un fymptome de la céphalal¬ 
gie fébrile, elle exifte fouvent fans dou¬ 
leur de tête proprement dite, & elle 
eft accompagnée d’une infomnie très- 
fatigante; de forte que les malades ne fe 
plaignent que de cette pulfation & de 
cette infomnie. Cette pulfation fe fait 
principalement fentir lorfque le malade 
eft couché, & qu’il fe difpofe à dormir, 
& elle a lieu après des travaux d’efprit 
violents , des études nodurnes, des 
foucis cuifans , fur-tout après la dé¬ 
bauche & toutes les fois qu’on boit des 
liqueurs fpiritueufes & qui mettent le 
fang en mouvement. Les malades fen- 
tent dans les tempes des pulfations dif- 
tinâes qui répondent aux battements 
des arteres, mais on ne fait fi l’on doit 
rapporter cette perception à un tinte¬ 
ment d’oreille , ou à la céphalalgie. 
Elle eft caufée par la pulfation de l’ar- 
tere temporale contre le canal offeux 


Douleurs de tête. Céphalalgie. iCt 
qu’elle traverfe en entrant dans le cr⬠
ne. Comme ce canal eft tortueux & que 
les fluides en circulant heurtent contre 
les courbures qui leur font oppofées , 
de là vient que le fang étant plus forte¬ 
ment agité qu’à l’ordinaire choque fou 
artere avec plus de force; caries fluides 
qui fe meuvent avec rapidité fuivent à 
peu près les mêmes lois que les folides , 
dont le choc contre les lurfaces .oppo7 
fées efl: comme les quarrés des vîteffes, 
au lieu que ceux qui fe meuvent lente¬ 
ment, preflent également de tous côtés, 
circulent librement dans leurs vaiflêaux, 
& n’agiflênt point contre leurs parois. 
Ce fymptome fe difîipe ordinairement 
en peu de temps, lorfqu’il n’efl point 
compliqué de fievre. 

"7. Cephalalgia intermittens ; Cépha¬ 
lalgie intermittente. L. 

J Cette efpece furvienî tous les jours, 
ou tous les trois jours à des heures 
fixes , fans que le pouls foit plus fi'é- 
quent, & ce qui donne lieu de croire 
qu’elle efl: caufée par le venin de la 
fievre intermittente, efl qu’après avoir 
réflflé à tous lesremedes, elle ceffe au 
moyen de quelques dofes de quinqui¬ 
na , ainfi que je l’ai éprouvé quelque^ 
îois. 



i6z Classe VII. 

8. Cephalalgia. gravidarum ; Maux de 
tête des femmes enceintes. L. 

Les femmes enceintes font quelque^ 
fois fujettes à des maux de tête violens 
autour du front &: des yeux , qui les 
empêchent d’ouvrir les paupières, & 
qui pis eft, qui les plongent dans un 
alToupiflement, au fortir duquel elles 
ne fe fenîent pas plus foiilagées. Cette 
maladie eft fort dangereufe, & l’on doit 
y remédier fans débi par des faignées 
réitérées. Elle eft infiniment plus dan-« 
gereufe vers la fin de la grofTeffe, parce 
que l’aorte fe trouvant comprimée par 
îa matrice, le fang s’arrête dans les par¬ 
ties fupérieures, d’oii peuvent s’enfui- 
vre des apoplexies,des convuIfions,&c. 

Cephalalgia injlammatona ^ Man- 
get, Biblioth. praâ.. tom. /. pag. 1021. 
1022. Douleur de tête caufée parTinjlam- 
mation des méningés , de Heers. Douleur 
de tête caufée par une tumeur phlegmoneufe 
dans le cerveau , Riviere. obf. comm. 21, 
Brafavole. Comm. in Apkor. Si. lih. y. 
Céphalalgie inflammatoire; A. 

On peut rapporter ici les maux de 
tête caiifés par un coup , une plaie, une 
contufion , unefraéture , & autres fem- 
hlables principes procatarîiqiies y & 



Douleurs de têu. Céphalalgie. 16*5 
qui font ordinairement fuivis de Tin- 
flammation du cerveau, de phrénéfie , 
de convulfîons & autres maladies dan- 
gereufes, & dont on peut voir Ier trai¬ 
tement à la claâe des maladies indam- 
matoires &: dans les Traités de Chi¬ 
rurgie. 

10. Cephalalgia catarrhalis ; Cépha¬ 
lalgie catarrhale. L. 

Elle ed: de deux efpece's ; ou externe, 
je veux dire , qu’elle n’afrecle que la 
peau, & elle fe manifefte par deux phé¬ 
nomènes , favoir la rougeur & la fenli- 
bilité de la partie chevelue, & qui eff 
telle qu’on ne fauroir fe peigner. La 
fécondé eft plus profonde , & a fon 
fiege dans la capfule aponévrorique qui 
enveloppe le crâne ; elle fe manifefte 
comme la première par le coryza, la 
toux, l’éternument, & elle s’appaife 
parl’attouchement &les friâiohs. Cette 
douleur eft quelquefois aiguë & opini⬠
tre , & accompagnée de. tintement d’o¬ 
reille , de ftrabifme, de la vue double, 
à mefure que la“fluxlon gagne les parties 
voifines^ elle dure comme le catarrhe 
quarante jours. On la guérit par une 
ou deux faignées, par deux purgations , 
auxquelles on joint les potions én guifg 



i 6'4 Classe VII. 
de thé, le régime, les fumigations avec 
le karabé, la fauge, le fucre, &c.Com¬ 
me cette maladie eft caufée par la froi- 
deur & l’humidité de l’air,il efl évident 
qu’on doit rappeller la tranfpiration par 
la chaleur, l’exercice & les boiffons 
chaudes, & fur-tout en fe faifant rafer 
la tête de près. 

II. Cephalal^a anemotropa ^ Georg; 
Hannæi, Mifcell. Cur. CephalaL^a rara 
Mangeti, BibLioth, Pract. 

C’ell celle à laquelle certaines per- 
fonnes fontfujettes toutes les fois qu’il 
régné un vent de midi chaud & humide, 
& qui ceffe lorfque le vent fe met au 
nord. Elle ell caufée par tout ce qui 
^IFoiblit le cerveau, par des études im-. 
modérées, les foucis, &c. Il confie par 
lesobfervations qu’on a faites fur l’élec¬ 
tricité , que le vent du midi dépouille, 
l’air de^fa vertu éleûrique , & c’efi là 
peut-être ce qui relâche les fibres du 
cerveau, & qui fait que le fang ne cir¬ 
cule plus; &: l’on guérit cette efpece 
parie moyen de l’éleêlrifation, aue l’on 
excite de plufieurs maniérés. Hannaus. 
parle d’une autre céphalalgie qui efi 
caufée par le vent du nord. 

J’ignore encore fi la céphalalgie eau-; 



Douleurs de Céphalalgie^ ïCf 
fée par l’infolation a des fymptomes 
particuliers, ou une cure fpéciale , & 
fi l’on doit par conféquent la compter 
parmi ces efpeces. Tout ce que je fai, 
efl: qu’elle eft quelquefois fuivie d’af- 
foupiffement ôc d’afphyxie. Je fai aufîi 
que les femmes fe fervent d’un moyen 
fingulier pour la guérir, qui efl: de met¬ 
tre un gobelet plein d’eau renverfé fur 
la tête du malade, & elles appellent 
cela rirer le coup de foleil; mais je doute 
que ce moyen fuffife. 

. 12. Cephalalgia hyjlerica ; Céphalal¬ 
gie hystérique. B. 

-. Elle différé de la migraine ou du 
clou en ce qu’elle âffeéte fouvent une 
grande partie de. la tête, par exemple 
l’occiput, & qu’elle efl: accompagnée 
d’un froid violent, ce que Baglivi re¬ 
garde comme un figue d’affefrion hyf- 
térique ; mais on la connoit plus claire¬ 
ment auxSfigiies génériques de cette 
maladie,. Elle eft paffagere, & accom¬ 
pagnée de tremblement , de contrac¬ 
tions fpafmodiques dans divers organes, 
de la fuppreflion des Ordinaires, & on 
la guérit avec des anti-hyftériques. 

- 13. Cephalalgia metallïca. Boazan iWie- 
dec. de la faculté de Montpellier. Cépha¬ 
lalgie niétallique. L. 



M , Classe VII. 

C’eft celle qui eft familière aux Poi 
tiers, & qui eft caufée par la pcJUÛîere 
des divers métaux qu’ils font obligés 
de fondre , de piler & de pulvérifer 
pour compofer leur vernis. On peut 
voir dans le Didionnaire des Drogiùs 
de Lemery , les diiférens métaux qui 
entrent dans la compcfiîion dès vérnisi 
Ilsifontfujeîs I®. à une douleuro'piniâi 
îre dans le cou & l’occiput, qui ne s’ai¬ 
grit point par la prefîion; 2®. à une dou¬ 
leur gravative dans la tête, & fur-rbtlt 
dans'le front ; 3®. à une douleur gfava- 
tive dans la tête , & fur-tout dans iê 
front y4?, aune ftüpeur qiu tient pref* 
que de raftbupifTement 
, On guérit cette malad-Æ , de 
que la;colique de Poitou ;-1°. en don-^ 
nant le jour un lavement au malade com^ 
poféavéc-uile üecodton de coloquinte, 
de féndj& autres d -ogues ’femblabies', 
2.®. troib heures ao^es dans la nUit, «ri 
bol de tlléfiaque, 3® le ’èP'de4nræn ma¬ 
tin fix grams de tarifé fttbie Partages eri 
deux dofes, oue I on prend dans l eft 
pace de demie-heure ; le fou* un lave- 
mentdans lequel il eritre-dé l’huilé-êé 
du vin,; de chacun quatre'once s ; ori le 
purguénfuite. trois fois de deux jpifrs 



Douleurs de tête. Céphalalgie. 1 6"^ 
l’un, &; il fe trouve parfaitement guéri 
environ au bout de douze jours. 

XÎI. Cephalæa ÿ Douleur de 
tête ^ Céphalée y Crotaphus , de 
Cœiiiis Aurelianus, cap. zz. 

Elle différé fuivânt CtzVius Aurelianus 
de la céphalalgie, en ce qu’elle eft chro¬ 
nique, au lieu que celle-ci eft aiguë ôc 
paffagere. La chéphalée ell: une douleur 
aiguë 5 c continue de la tête, qui s’irrite 
à ia plus légère occaiion , d’où il fuit 
que la céphalée rie diffère de la cépha¬ 
lalgie que par-le degré, & peut-être 
feroit-ce mieux de n’en faire qu’un feul 
&même genre; on confondroitpeiit^ 
être les genres, mais du moins on dif- 
tingueroit les efpeces. Les modernes 
èc les difcipks de Stahl diftinguent la 
céphalée., en ce; qu’elle eft accompa¬ 
gnée , non point d’une douîeür grâyh-f 
tive, mais d’une douleur tenûve ês 
fpafmodiqüe , mais il n’eft pas fur que 
cela ait lieu dans toutes les. efpeces.. ,, 
1. Cephalma jyphiliticay}AmgptpBi’i. 
hlioth. PraB. de dolore capitis ; Céphalée^ 
yéiolic^ue. G. 



i6% Classe VIL 

C^Ue*ci n’a aucun figne qui lui foit 
propre, à l’exception de ceux qui indi¬ 
quent une vérole cachée & mal guérie, 
& elle augmente la nuit par la chaleur 
du lit. Cette efpece -, que j’ai eu occa- 
fion de traiter une fois, reffembîe fi fort 
à la catarrhale, que je les euffe volon¬ 
tiers confondues , fi ce n’étoit qu’elle 
céda aux friftions mercurielles & qu’el¬ 
le redonbloit la nuit. J’ai vu une autre 
efpece qui duroit depuis deux ans , qui 
augmentoit de même la nuit, & que 
le médecin àvoit entrepris de guérir 
avec la faignée & des bouillons adouçif- 
fans , dans la croyance qu’elle étoit 
catarrhale, mais ces remèdes ne produi- 
firentaucun effet, parce que le malade 
avoir caché fon mai, qui étoit une vé¬ 
role; fon fang étoit couvert comme 
dans le rhiimatifine d’unècouenne bîan-' 
che & épaiffe. Il me fit appelkr, il me 
déclara la m^aladie , & je le guéris par 
le moyen des fri&ohs. Lorfqu’oa né¬ 
glige cette efpece, elle efifuivie d’exof- 
tofes & de la carie du crâne. 

X, Cephaltza àb acrimorJiâ^ Qè^AiQ 
caufée par racrimonie des humeurs. 
CepTialaa fcorbmica , Bonet, Sepulchret. 

Doukitr 



'Douleurs de tête. Céphalée, 

Douleur de tête caufée par. une, matière 
faline^^xtà, Hoffmann, par une gàlé', 
iùne goutte ràfe répercutées A\x même. L. 

On la connoît par ie régime qui a 
"précédé, par le tempérament chaud & 
ïec du malade , par l’adouciffement ^ue 
procurent lé laitage , les eaux minéra¬ 
les froides, les bains, & par i’irritation 
que caufent les reniedes chauds , 
âcres. Loffque racrimoniê augmente 
‘au point de corroder les os, & de cor¬ 
rompre le diploé, il faut recourir au 
trépan & aux autres fecours que fournit 
la Chirurgie. 

3.- Cephalæa^arthrîtîca , Murgrave'^ 
tap. 74. hîfi. y. Fred. Hoffmann, de 
■dolore cephalico P Céphaîéé arthritique, 

/ J’ai vu cette efpece revenir tous les 
jours à midi, au point d’être infuppor- 
ble ; mais elle, fé câlihoit quelque peu 
lorfqu’on lioit fortement la tête;;ân ma¬ 
lade. Elle ceffé des que la douleur fe 
jette fur les pieds, & riehu’e;^ft nieüleur 
pour l’y attirer que lés' épifpâffiques,' 
entre lefquels il n’y en a point de meiU 
deur que de fe baigner les^pièds dans de 
l’eau chaude. Ce remede produit dès 
effets étonnans, & j’ai connu quelques 
Tome FI. ‘ H 


'IJO ■ C L A S 'S E Vli, • 
malades ■ gu’il a guéris radicalëmenf, 
4, Céphâtæa 'fibricofd , voyez Morton- 
pyntoLàg.. pdg. 32. Hemicrania à ftbh 
inurmittmti latente ; Céphalée fiévreu- 
fe; Migraine çaufée par une fievre in¬ 
termittente cachée, A. P. 

' L’Auteur que je viens de citer, a 
connu un homme qui avôit tous les 
jours à une certaine heure réglée une 
douleur de tête infüppertabîe j ihàîs 
pourtant fans froid excêfîif, ni friHgn, 
ni chaieür, ni füeur 5 qui font des fymp- 
tOmes quifêfiiccedent alt'ernàtiyemèht 
dans les-intermittentes légitimes. L’u¬ 
rine étoit extrêmement teinte, & ref- 
'fêmbîoit à de IVau- dans îâqüeUé oh 
hüroit diflbus de la brique pilée, 
Morpnteritz'^lv&Qm^îoh de lâ gué^ 
rir par de firéqüentês fâignées,, même 
à la jugUlaurè , avec dés épifpaftiqüès, 
des céphaliques de Wute. elpe ce , des 
éfrhines & des mâfticatoiréS, fans pou¬ 
voir y réùflir j les émétiques , lés câ- 
tliarfiqües légers, les chdybés, les anti- 
‘feorbutiques ne firent même que Tai- 
grir, & ^expérience lui enfin 

qu’il n’y a que l’ufage continué du qüUi* 
qUina, qui püiffe détruire le îeVaïa de 
cette maladie. 


Douhurs de tîte. CêpkaUe, t ji 

5, Cephakea melancholica, Qé^ihûte 
jnelancoli^ue, appeliée par Ramazzini 
hypocondriaque. L. P, 

On attribue cette efpece. à k vifeo- 

du fang. Elle n’efl: point violemte ^ 
îuais elle eft prefque continuelle & ac- 
GOfflpa^née de trifteffe, d’amour pour 
la felitude; dans les fiüeselle ed caufée 
par le défir du mariage, ou par telle au¬ 
tre pàffion, & dans les hommes, par 
tes -chagrins & les foucis , & par une 
trop forte application à l’élude, Elie a 
beaucoup de rapport avec l’efpece qui 
èd caufée par la fuppreffion du flux 
mendruel & hémorroïéâl. Elle exige 
des déiayans, l’air de la c^pagne, la 
châde, la promenade , en un mot tout 
ee q^uipeut récréer l’efprit, & en été les 
bains, les eaux minérales froides, &c, 

6, Cephedaa Polùrâca , Stabel, 

S & S de la plique Fohmife. Ceph^e 
Polonoife. G, 

C’ed celle qui ed caufée par la ré- 
perçuffion ©u l’amptuation de la pîi- 
;que j elle" ed tarés-douioureufe & carie 
les os du crâne. 

7. Cephalæa ferofa , Maaget, Bihliothi 
praBic, de dolore çapitis, mm. /. Bonet^ 
Jèpulchret, mm, /. Fabriçius HildanuS|t 

H ij 



lyi Classe VIL 
cmt. 5. ohf. zo. Céphalée féreufe. C. 

Nous avons quantité d’obfervations 
fur cette efpece, que l’on attribue à un 
amas de férofiîé dans divers endroits du 
cerveau. Seroit-ce parce qu’en ouvrant 
les cadavres, on a trouvé de la férofité 
dans leur cerveau ? La conléquence ne 
feroit pas jufte. Seroit-ce parce que les 
hydrotiques, les diurétiques, lesvéfî- 
catoires , les fêtons, l’ont quelquefois 
calmée ? On ne fauroit en conclure 
qu’elle foit occafionnée par la férofité; 
celle-ci étant plus propre à caufer des 
engourdiffemens, des pefanteurs, des 
léthargies, que des douleurs aiguës , à 
moins qu’il n’y ait quelque engorge- ^ 
ment phlogiftique, comme dans la cé¬ 
phalée catarrhale. Confultez Morgagni 
fur le fiege des maladies, epijl. 1 ; vous ^ I 
y lirez plufieurs exemples de cette ef- j 
pece de céphalée aiguë, rapportés par 
Valfalva. 

' /. Sal:^ann croybit que l’efpece de 

céphalalgie qui efl: intolérable, & qui 
' a coutume de fe terminer par la démen¬ 
ce-, dépendoit de la glande pinéale 
devenue calculeufé ou fquirrêufe. Cette 
.glande a paru telle à Schenckius &: à 
^Dr&üncourt qui. l’ont obfervée. dans 




Douleurs de tête. Céphalée. 173 
céttè maladie, dont nous n’avons au¬ 
cun figne. 

P. Borellï a obfervé une céphalée 
extrêmement violente, qui dépendoit 
d’un hydrocéphale des finus du cer¬ 
veau, cent. /. Cett^ maladie 

étoit l’elfet d’une gale répercutée ; il 
fortit plus de deux livres d’eau très-lim¬ 
pide par i’incifion qu’on fit aux finus du 
cerveau après la mort du fiijet. 

XIII. Hemicrania; Migraine y 
Clou, 

C’efi une maladie dont le principal 
fymptome eft une douleur aiguë & pé¬ 
riodique des deux côtés de la tête, fur- 
tout dans les tempes, le front, autour 
des yeux. 

- Elle différé de la céphalée , en ce 
qu’elle n’a point fon fiege dans le cer¬ 
veau , ni dans la partie du crâne qui le 
couvre immédiatement, mais dans les 
finus frontaux, dans les orbites, de ma-: 
niere que le globe de l’œil fouffre un 
tiraillement confidérable, accompagné 
de larmoiement, ou bien le malade a le 
nez bouché, un coryza, ou efi affeété 
de telle autre léfion des finus frontaux^ 



174 C L A s s E VU. 
ou bien l’affection fe termine dans un 
endroit qui n’eff pas plus large que la 
tête d’un elou ou que le pouce ; ce qui 
n’arrive point dans la céphalée. 

I. Htmicrania Migraine des 

yeux. C. 

C’eff celle qui eft caufée par la fup- 
puration de l’œil, par un fynchyfis, 
par une inflammation interne. 

Cette doüleur eft conflante , ten- 
ftve dans la partie fupérieure de l’or- 
l^te de l’un & de l’autre œil, & accom¬ 
pagnée de l’affaibliflement de la vue. 

Il y a pîufleurs maladies des yeux 
qu’elle accompagne, ou auxquelles elle 
fuccede, & dans iefqueiîes la douleur eff 
fouvent le principal fymptome. Telles' 
font 1*?. les cataractes purulentes, les 
cataraétes caufées par la diftblution du 
vitré ; l’amblyopie^ hydrophtalmi- 
que; 3°. l’amaurofe caufée par la fonte 
du vitré; 4^. l’ophtalmie de la choroïdft, 
de l’uvée ; elle eft auffi caufée par l’ulcé- 
ï-ation de l’œil; elle fuit fouvent l’ex- 
traftîon de la cataracte, l’extirpation de 
l’œil; & affez fouvent elle tourmente 
le malade jufqu’a la fin de fes jours ; & 
s’il vient à perdre un œil, elle fe jette 
fqr l’autre l’année d’après. Dans le C3§ 


Douleurs de tête. Migraine, ijf 
où il fe forme un amas de pus dans la 
cavité poftérieure de l’OrMte > on peut 
en révacuant calmer la douleur; mais, 
dans le cas où le, vitré eft fondu, il 
ne: refte d’autre remede ,fuivant Saint 
Yves^ que d’extirper roèil. Dieu nous 
préferve de la maladie & du remede l 

Il n’y a que l’obfervation qui puiffe 
nous convaincre que les migraines vio¬ 
lentes dépendent du vice dejs parties 
éloignées ; & comme les Médecins mé- 
prifent la doârine des efpeces de ma¬ 
ladies , ils tombent foùvent dans des 
erreurs funeftes aux malades> On a vù 
pîufieurs Médecins qui ont traité des 
migraines pc des maux de dents pouic 
des rhumat.ifmes ; mais, Famhan ne; les 
a pas plutôt ârracuégs, que k maîàdiê 
a difpani, - ; , , 

Hemiçrania G:domal^ca^VwLçhsi^^ 
U, $ & 4. ohferv. pag 41g. Migraine 
odOntàîgique* B. 

C’eft celle qui a fon principe dans 
la dent cariée, ou dans, les nerfs qui 
forment une patte d-’oie, M que l’oiS. 
guérit en arrachant la dent ^ ou en brû^* 
iant le nerf, comme je l’ai enfeigné eii 
parlant des efpeces de tic..Quelle fÿm- 
pathie étonnante ! quoique le prin]ei£f| 



176 C L A s s E vri. 
foit dans les nerfs des dents, on fent 
lèulement une douleur dans la tête au¬ 
tour des yeux, & cette douleur n’a 
pas plutôt ceffé, que le mal dé dentfe 
manifefte. On prétend que le fuc de 
poireau mis dans fOreilie, appaife la 
douleur; mais à moins qu’on n’arra¬ 
che toutes les dents ' cariées , la mi¬ 
graine dure des mois des années 
'entieresv 

i . Mcmicranîa jinûs ; Migraine: du 
finus. Dv ri"- - 

C’efl celle qui eft caufée par l’obflruc- 
tion de l’un ou de l’autre lin us frontal; 
La douleur fe fixe dans l’endroit du 
front qui èft aü-deflus de l’orbite, là- 
narine du même cdté efl: feche , l’œil. 
det^ient rouge larmoyant lorîqüê la 
douleur vient à augmenter. Ses variétés 
font I®. la migraine caufée par des Vers' 
ou des larves de mouches, dans les , 
finus frontaux. Voyei^e.mû.f6.PathoU 
cap. y. Rolfincius, de capitis doLare. Le 
Sépulckrctüm de Bonet, à>m. i.pag. dy; 
Elle fe manifede par des démangeaifons 
des vertiges : les chevres & les bre¬ 
bis y font très-fujettes, & de là vient 
qu’elles font fouvent attaquées de ver¬ 
tiges, Par une agitation critique du 


Douleurs de tête. Migraine. v]j 
fang, & le défaut de faignement de 
nez. Une Reiigieufe eut deux fois cette 
maladie avec une fievre aiguë ; elle ert 
fut guérie la première par un faignement 
de nez que le Médecin avoit prédit en 
tâtant le pouls du nez; la fécondé fois, 
les mêmes fymptomes revinrent, le 
pouls fut le même, mais le nez retta 
fec, & ne rendit aucune goutte de 
fang. La fievre cefla, mais la douleur 
fe fixa dans l’orbite, & fut des plus 
, cruelles. Je flis confulté avec le Dr. 
Çhaptal^ & dans la perfuafion où nous 
fûmes qu’elle étoit caufée par Un fang 
amaffé dans le finus, nous ordonnâmes 
le trépan. 3°. Il y a aufli des douleurs 
qui font caufées par une mucofité qui 
s’amaffe dans les finus, qui fe durcit 
& fe pétrifie; témoin les calculs que 
quelques malades rendent par le nez, 
Sepuichret. appendic. pag, Gx. tom. i. 
d’autres par la bouche , idem., ibidem 
pag, Gi . Les eaux acidulés ont produit 
de très'bons effets dans pareil cas; 
Fabric. Hildan. centur.6. obf. /. 

4. Hemicranîa cory^ ,• Migraine com- 
pliouée de coryza. B. 

^Ôn l’appelle ainfi, parce qu’elle com¬ 
mence par le coryza , & qu’elle eft 
H V 



17 ? Classe VII. 
(çonftamment accompagnée de celui-ci ^ 
Sc de la fécherefle d’une narine. C’eft 
une douleur aiguë périodique qui ne 
vient qu’une fois ou deux par an, & 
qui efl: accompagnée d’une violente 
rétraâion de l’œil au dedans de l’orbite, 
de larmoiement, quelquefois deraffoi- 
bîiffement de la vue, & autres fymp- 
tomes fâcheux ; elle eft cauféè par l’en¬ 
gorgement des finus frontaux ; & celuh 
ci, par une mucofité vifqueufe & âcre, 
du moins dans les perfonnes âgées. 
J’ai vu guérir cette maladie avec des 
douches d’eau de Baîaruc, îefquelles , 
furènt fuivies d’un écoulement de iha- 
riere vifqueufe par les narines. 

Mais quelles /ont lés migraines que 
l’on guérit avec les véficaîoires les 
fêtons, & autres remedes femblables 
appliqués fur l’occiput ? Ne font-ce 
point les céphalées féreufes? 

Hemicrania hœmorrhojdalis , Heif- 
ter. Clavus hæmorrhoidalis ^ dijfcrt. ann. 

h. Helmftadt j Migraine, hémot'^ 
rhoîdak, A. P. 

CaraBere. C’eft une douleur de tête 
fixe , pareille à celle que cauferoit un 
clou qu’on prefîeroit defllis ou qu’on 
enfonceroit, laquelle eft caufée I| 



Douleurs de tête. Migraine, fjçf 
fupipreffioîi dur flujç menlbuel, hçmQr- 
j-hoïdal, & de {aignemens de pez, ôc 
^ui ceffe dès qu’ils reprennent leur 
cours. 

Elle eft accompagnée de l’enÊure ^ 
de îa chaleur, de la rougeur, de Par-; 
,deur de la, partie, d’infomnie, du batte¬ 
ment des tempes, de latitude dans tout 
le corps ; i’urine eil rôïige, éciimeufe., 
'le pouls dur & plein. - , ■ 

, .Cure. Elle exige qu’on diminué le 
volume du fang, qu’on le délaye , ^ 
qu’on faiTe reprendre aux écoulemens 
.leur premier cours. C’elï à quoi l’oft 
parvient par la faignée du pied ^ par 
.l’application des fangfues fur la partie 
.ou au fondement^ par un régime- dé- 
layanî: & rafraîchiflant, par des reme- 
des réfolutifs ,& tempérans ^ comme la 
. poudre tempérante de SraÂl ou à'Help 
,ter.^ laquelle eft compofée avec de ^ 

. nacre de perles, & trois grains de nitre;, 

- OU quatre potiops tempérantes, eom,- 
pofées avec les yeux d’écreviire, îa na¬ 
cre de perles, l’eau rofe, l’eau de fleurs 
. de tilleul, de fureau, de çinnamomè , 
^îe firop violât ; les fomentations de 
fleürs de camomille, de fureau de mille- 
feuillesj ayeede lamie de pain, l’èfprit 
' H vj 


x8o Classe VII. 

'de vin cajnphré, &c. Les curieux de 
-la nature veulent qu’on applique des 
ventoufes fur la partie; P. Bordlï-, des 
fangfues ; que l’on ouvre l’artere-; 

d’autres, qu’on baffine la partie avec 
'de l’eau froide. 

6. Hemicrania- clavus ; Le; clou hyfté- 

-rique. Clavus Sydenham*-, 

colicâ hyjicricâproçejj'. imegr. pag, 
d'd^.'Raulin, de vaporojis morbis\;'z68. À. 
~ C’efl une douleur de tête ^irocQ per- 
■urebrante, qui n’occupe pas plus d’ef- 
pace que peuvent en couvrir le pouce 
du-un ceuf, qui produit le même ^fen- 
-timent qu’un clou qu’oii enfoncêfoit 
"dans la partie , & qui jette'la irialade 
dans le défefpoir & fou vêtît dans le 
'délire. Elle eft fâmiiieré aux femmes 
- hÿftêrîques & chlorotiques; Les Arabes 
l’appellent evum tefla , IorfQu’elIe oc- 
-''eupe un peu • plus d’efpace. Cette ma- 
rladie* cruelle f éiifle’ ^--'îa faighéè, ^ ne 

cédé qu’aux remedes qiidh erriplôte 
dans la colique d’eftomac hÿftëriqué", 
qui font le petit lait & le laudanum. 

7. Hemicraniapurulenta , Nicolai Dé- 
cas , objervat. pag. ^4. Strasbourg 172.5» 
Migraine purulente^ A. 

■ ÎJn ioldat quiavoit reçu-depuis trois 


DottUurs de tête. Migraine. i§i 
ans vine plaie à la tête compliquée de 
fraâiLire , mais qui ,s‘étoit depuis long¬ 
temps confolidée , fut fujet depuis lors 
à des douleurs de tête cruelles qui 
avoient épuifé tout le favoir des Mé¬ 
decins & même du Bourreau, en qui 
les Alleniands ont beaucoup de con¬ 
fiance. On lui preferivit enfin une pou- 
-dre de cinabre & denifre, une emuî- 
‘fion & tin emplâtre, qui le firent for¬ 
tement éternuer, & lui procurèrent 
une excrétion de matière purulente tê- 
nace, entremêlée de fang par le nez, 
laquelle dura un jour entier, & dont 
da quantité fe monta à un demi-ïetîèr. 
La doülèur-fe calma tout-à-coup& fe 
diffipa enfin entièrement ; d’où l-Àutètm 
conclut qu’on attribue fou vent aux re- 
medes des effets qu’ils n’ont point pro- 
■ duiîs, & que c’eff îa fortune qui fait la 
^ réputation des Médecins. 

' ' On doit donc attribuer cette é:^ecè 
-U ùil amas de pus dans lés finus ffon- 
‘ tâùx‘ou maxillaires. 

- 8 . Hemicrania ab Infeciis ; Migraine 

• caufée par 'des Infeâes. 

G’eft celle qui eft caufée par des in- 
; feâës qui s’ihfinuent dans les finUs 
frontaux , comme une fcolopendro j 



ï8i Classe VIî. 
un taon,une mouche camafliere,une 
çhenille, &c. 

Catherine Pnaferin , âjée de 
cinquante ans, fut affligée pendant un 
an d’une douleur aiguë dans le côté 
droit du front, laquelle occupoit un 
efpaçe de la largeur du pouce. Elle 
augmentoxt lorfqu’elîe s’éveilloit, ou 
qu’elle s’expofoit au foleil ; elle étoit 
accompagnée de démangeaifon dans le 
nez, de la féchereffe de robflru&on 
jde la narine droite, d’éternumens fré- 
quens , de pefanteur de tête, de ver¬ 
tige ôc d’un fpafme dans la paupière 
droite. Son haleine étoit puante à fon 
reyeil , & elle étoit fujetîe .4 des rap¬ 
ports acides. . . ■ ‘j 

. Elle prit du tabac;, elle flaira de l’eau 
de la Reine d’Hongrie, & au bout de 
^quelque temps, elle rendit quantité de 
morve, & enfin une fcpîopendre.â 
_4eux cornes, qui fe ipit a çourir avec 
..l^aucoup de vîtefîe , qui fe roulq en 
forme de fpirale, & qui avoit. de qha- 
,-que côté, quinze pieds & plus. C’ftoit 
vraifemblablement la fcolopendre fdate 
. à quinze pieds de chaque côté dont il 
^eft parlé dans la Fauna/§uuiça-■ 

^ Fabrickis Hiidanus, cmtut, /. 




' Douleurs de tête. Migraine. 183 
a vu un enfant attaqué d’une migrai** 
ne, laquelle étoit caulée par une che¬ 
nille velue qui s’étoit infinuée dans le 
finus frontal. On peut en voir la figure 
chez l’Auteur. Tulpius, lib. ^. obf. 12* 
a connu un homme <jui rendit par le 
nez une chenille velue , longue d’uir 
de mi'travers de doigt. 

Le Dofteur Lindem de Strasbourg a 
vu un homme attaqué d’une pareille 
maladie , dont la douleur s’étendpit 
jufqu’à l’occiput, à qui le nez couloit 
continuellement, qui fe trouvoit fou¬ 
lage lorfqu’il droit du lait chaud p^r le 
nez , qui ne pouvoit fupporter ; les 
errhines, & qui ayant pris un vomi¬ 
tif, rendit une chenille dont le ventre 
étoit jaune, & le dos brun tacheté de 
noir. 

9. Hemicranîa nephralgica^ Baglivi, 
pag. 333. cap. Cj. de fibra moerice. Mi¬ 
graine compliquée d’une colique. : ré¬ 
nale. A. : ' , ^ ^ -r- 

a obfervé une migraine com¬ 
pliquée d’une colique rénale du même 
côté 011 étoit le calcul, dans laquelle le 
pouls du même côté étoit petit & pro¬ 
fond, ce qu’il attribue à l’ofcillation 6c 
à la contraédon dolorifîque des fibres^ 



ï84 Classe Vil. 
laquelle fe communiquoit des reins aü 
péricrâne. 

to. Herrdcrania lunatïca ^ P, Saliij 
cap. io. ad Altomari praxim. Migraine 
lunatique. L. 

Ç’eft celle qui revient environ tous 
les huit jours, ou à chaque changement 
de lune. L’Auteur a vu trois perfon- 
hés attaquées de cette maladie, dont 
Une étoit un Dominicain, qui pendant 
trois ans & feptmois confécutifs, étoit 
fujet tous Tes huitièmes jours de la lune, 
& prefque à la même heure, à une mi¬ 
graine accompagnée d’une douleur ai¬ 
guë près du muïcle temporal, laquelle 
duroit environ trente heures, & du¬ 
rant laquelle il ne pôuvok ni voir le 
^our, ni entendre le moindre bruit, 
ni prendre la moindre nourriture, qu’il 
n’en fût extrêmement incommodé ; il 
•fe portoit très-bien dans les intervalles, 
*■' - L’Aütéur croit avec raifon que cette 
migraine étoit caufée par le venin de 
iS fie vré intermittente qui a coutiune 
“dé revenir tous les huit jours. 


Douleurs de tête. Ophtalmie, 185 

XIV. Ophtalmia ; Lippitudo^ 
Celfi 5 P imita, Horatii ; Ophtal- 
moponia , Heifteri ; Oculorum 
injiammatio , Dolor oculorum , 
Sennerti ; en François , Ophtal¬ 
mie , mal aux yeux, 

- Le mot grec ophtalmie vient dopk- 
talmos œil, comme qui diroit maladie 
de l’œil. 

On la connoît à la douleur ^ la rou- 
geur ^ le larmoiement de l’œil, & à la 
dif&culté avec laquelle il fupporte la 
lumière. 

- La douleur & Fintoîérance de la lu¬ 
mière font les principaux fymptomes 
de l’ophtalmie ; les ophtalmies exter¬ 
nes font les feiiles qui foient accompa¬ 
gnées de rougeur. 

La douleur des yeux eü proportion¬ 
nelle à la fenfibiîité de cet organe, qui 
eft très-grande ; car il n’y a point de 
partie , qui, à volume égal, reçoive 
une fi grande quantité de filets ner¬ 
veux que l’œil. U reçoit ces filets de fix 
paires de nerfs, & la fenfibiîité efi pro¬ 
portionnelle à la quantité de ner6 dans 



i$6 Classe VIL 
un efpace donné, lorfque la diftraôlort 
des filets nerveux eft la même. ^ 
Lorfque rophtalmie eft compliquée 
d’inflammation, comme il arrive dans 
piufîeurs efpecés, îa douleur eft accom- 
pagnée de rougeur, de chaleur, deten- 
fton, d’enflürè, ce qui vient de ce que 
le fang fe porte avec plus de force dans 
les vaifteaux fanguins de l’œil. Voye:^\^ 
théorie de l’inflammation, d’cii s’en¬ 
fuit un tiraillement dans les nerfsi Ily. 
a cependant des ophtalmies internes; 
qui viennent à fuppuration, par exem* 
pîe, dans le criftallin, qui ne font précé¬ 
dées d’aucune rougeur ni d’aucune en% 
flure fenfible,comme lorfque le criftaîlinl 
fefond, & c’eft cè que appelle. 

une inflammation lymphatique. 

La peine que caufe la lumière, vient 
de l’extrême fenfibiiitéde la rétine, & 
ceile-ci de fon engorgement phlogifti- 
que , ou de la trop forte tenfion de la 
choroïde & de i’uvée , qui en eft une 
portion , & dont la fdérotique fe refî. 
fent peut-être ; dans tous ces cas il y a; 
uïi myojisr , ou un refîerrement de la 
prunelle proportionné à la peine que îa 
lumière caufe. 

1 Le larmoiement abondant eft un 



Douleurs de tête. Ophtalmie, iSy 
effet de la douleur, de la fécherefle & 
de l’ardeur de l’œil, & le but de là 
jiature en le procurant, efl; d’emporter 
par cet écoulement de larmes les corps 
étrangers qui s’y trouvent, de l’humec- 
ter, & de tempérer fon ardeur & fou 
acrimonie. Sans cela , on ne voit pas 
à quoi ferviroit cette excrétion abon¬ 
dante de larmes que caufe i’irritation 
de l’organe , vu qu’elle excede la ré- 
forption qui s’en fait par les points la¬ 
crymaux , puifque c’eft en cela même 
que le larmoiement confiffe. 

Elle différé de l’obfcurciffement de 
la vue, en ce que celui-ci eff volontaire 
dans les maladies ophtalmiques, puif- 
qu’il ne feuî qu’ouvrir les paupières 
pour voir clair, au Heu qu’il eff in vin*; 
cible dans les maladies caligineufes. 

Ophtalmie externes ; Ophtalmies 
externes. 

.. 

I. Ophtalmia Taraxis ; Tctraxis 
Pauli, lib. I. cap. 2.z, Ophtalmia notha: 
Sennerti; Ophtalmie catarrhale de Saint 
Yves, 3. B. 

Cette efpece eff: la plus légère de 
toutes, elle rfeff caufée par aueun vice 



i88 Classe VU. 
interne préexiftant, & ne vient que 
d’un principe procatartiqne accidentel, 
comme la fomée , le vent, une leûure 
trop affidue, de ce qu’on s’efl: peiné la 
vue en examinant de petits objets, de 
la vapeur de i’ail, de l’oignon, delà 
poufiiere, &c. 

Elle fe guérit par le fe cours de la 
nature ou de l’art ; par exemple, la na¬ 
ture balaie la pouffiere ou le myafme 
acrimonieux qui irrite l’œil, en exci¬ 
tant un larmoiement; elle calme la 
douleur que caufe la lumière , en te¬ 
nant les paupières fermées durant le 
jour; & Part, qui n’eÆ-qu’une imita¬ 
tion de la nature, enjoint au malade 
de porter devant les yeux un morceau 
de taffetas vert, d’éviter le trop grand 
jour, defe bafliner les yeux avec de 
l’eau tiede, de ne point lire à la chan^ 
deîle, & de fe garantir du vent & du 
foleîl. Dans le cas où il eft entré quel¬ 
que o^rps étranger dans l’œil, il n’y 
a qu’à relever la paupière, & à le reti¬ 
rer avec une plume, ou un petit mor¬ 
ceau de papier. 

1. Ophtalmia trichiajis ; Trïchiaifi àz 
Saint-Yves, p. ^8. L. 

La Trichiaifi n’eft autre cbofe que la 



lyouUurs âc tkc. Ophtalmie. 

direâion des cils vers le globe de l’œil. 

Le Dijlichyajis eft un double rang de 
cils fur la furFace interne de la paupière. 

Lorfque les cils font trop longs, & 
qu’ils rentrent fous les paupières , ils 
caufent une ophtalinie, qui ceffe dès 
qu’on les a relevés ; mais lorfque cet 
accident arrive à caufe des petits ulcé¬ 
rés qui fe forment fur les bords des 
paupières, & qui obligent les cils à 
entrer dans l’œil, ils le piquent, l’en¬ 
flamment, l’exulcerent jufqü’à ce qu’on 
les ait extirpés. Il faut bien fe garder de 
les couper,, ceux qui reviendroient 
n’en feroiént que plus rudes ; il faut les 
arracher les uns après les autres , en 
lailTant plufieurs jours d’intervalle ; & 
pour empêcher qu’il n’en croiflTe de 
nouveaux ^ on doit toucher avec la 
pierre infernale l’endroit où ils étoient. 
Dans le cas où ce remede ne fuffit pas, 
quelques-uns veulent que l’on coupe les 
bords des paupières où les cils croifîent, 
fur quoi l’on peut confulter Heifter, 
Chirurg.cap,, & S. Yves, c. 8.p. ^8. 

y. Ophtalmia tuberculofa ; OçhldXTxà.^ 

. compliquée de tubercules. L. 

Bile eftappellée Pothia , par Galien, 
prépuce , oudéfir. Les 



1 


1^0 C 1 A s s E VÎI. 
tubercules qui viennent aux paupières 
{ontthorâeolum, en François orgioUt^ 
enviece qu’on l’attribue aUx envies 
que les femmes grolFes ne peuvent fa- 
tisfaire; le grando ^ en Grec criée en 
François grain de grêle , à caufe de la 
dureté & de la traafparonee du tüber- 
cufe , d’où vient qu’Aëtius l’appelle 
fcleropktàlmia. ^ d’autres chala^a , & Cor- 
prczpuâolum, . 

Il fe forme en effet aux bords des 
paupières des tumeurs rouges, dures;, 
indolentes, ou peu douloureufes , qui 
leièmblent à un petit prépueé aiedé . 
d’unphymofis. - 

Ü ïàut ramoîîîî ces tubercütes pour 
les réfoudre , finon, les enâammèr ou 
les èautérifer pour qu’ils vienne nt à-fup* 
puration, ou enfin les extirper Si les 
cieatrifer. Si ce font des verrues, des 
mtbieromes , des excroiffaneés , il faut 
■ y âire une ligature, ou les brûler, ou 
les couper avec des eifeaux, 

Oa les ramollit avec un emplâtre de 
mucilage , de vigo, avec un peu de û- 
von, &e. on les brûle, en mettant 
deffusune goutte d’efpritde fel ammo¬ 
niac ,;0u, ce qui efi: plus expéditif , en 
lés touchant avec la pierre infornaîé; 


Douleurs de tete '^ Ophtalmie, 

«n les Ke avec une foie, fî ce font dés 
• verrues, dés excroiffances, qui ayent 
'une queue. On guérit l’idcere avec 
l’onguent de diapompholygos. 

Boerhaave furÜOrgeokt. Heif-' 
ter ^ Chirurg. cap. ' 

. 4. Ophtalmiatrachoma; P. Ægînets,’ 

‘ Le 'FrÆcÂoOTÆConfiftedansune efpece 
'^d’apreîé & de rudeflè dans îa partie in¬ 
terne des paupières. 

On l’appelle dajyma , fi eîîê eft her¬ 
pétique ; tylôjîs , li elle efl; calîeufe , 
les pullules font un peu 
grdïîes/ ^ ^ 

Cette , ^e^ion différé de la pforo- 
phfolrhfe' en ce qtte les puMes, font 
dures,mâiaires, ou petites, &:n’affec¬ 
tent point le globe de l’œil, mais fou- 
lemeht l’intérieur dès paupières. 

Elle fut ëpidémiquè à Rome après 
un trémblèntent de terre & â la fin du 
'Carême. Bagiivi & Teloni rnom. 

Elle fe manifefie par un fentiment de 
pelànteur dans les paupières., lequel eft 
‘ accompagné d’une démangeaifon con¬ 
tinue , ds chaleur & de rougeur dans 
l’angle & la conjonftive, les tarïès s’ul¬ 
cèrent, & rendent une- chaffie acre, 
compliquée d’un larmoiement qui cor» 



C l a SSE yil. 
rode l’œil ; la nuit, les paupières fe 
collent. 

A mefure que la maladie devient in¬ 
vétérée , la paupière , fur-tout l’infé¬ 
rieure , fe renverfe, & le cartilage au¬ 
quel on donne le nom de tarfe , fe bpn> 
be, &forme comme une efpece d’arc ou 
de bourlet enflé; les tarfes s’excorient, 

Bo&rhaave appelle cette maladie i/z- 
jlammatio excoriatoria palpebrarum , in- 
. ilammation des paupières avec excoria¬ 
tion. Celles-ci s’ulcèrent, il fe forme 
fur l’intérieur des paupières de, petites 
pullules miliaires , de la grofleur d’un 
grain de fable , calleufes. Cette malâ- 
■ die efl: très - opiniâtre très-incom¬ 
mode. Les malades fentent le même 
picotement que s’ils avoient les yeux 
remplis de fable, & y caufentune exco¬ 
riation , à force de clignotter. 

Cette maladie demandé un autre 
traitement lorfqu’eUe efl: récente , que 
lorfqu’elle efl: invétérée. 

Dans le premier cas , il faut calmer 
l’inflammation fur-tout avec des reme- 
des internes,tels que lafaignée, la pur- 
. gation , les bouillons rafraîchiflans , 
les bains, & même les topiques. 

Prenez de bulbe de lis démi-once. 



Douleurs de tête. Ophtalmie, 195 
dé fleurs de mélilot ou de fureau une 
once, de fafran un fcriipuie. Faites-les 
bouillir dans i’eau, ajoutez-y de la fa¬ 
rine de froment autant qu’il en faut , 
& flx grains de fel armoniac. 

Enveloppez ce catapîafrne dans un 
linge, appliquez-le fur l’œil & renou- 
veilez-le deux fois par jour, obfervant 
de i’y laifîêr, jufqu’à ce qtie les pau¬ 
pières qui étoieht tendues, fe lâchent 
& fe rident. Si on i’y îaiflbit plus long¬ 
temps^ il en réfulteroit une épiphore 
fébacée, à moins qu’on ne fe fervît d’af- 
tringents, tels qu’une décoftion de ro- 
fes, d’écorce de grenade, de feuilles 
d’aigremoine avecunpeû de mielrofat. 

î 5 ans le cas oîi la maladie eft invé¬ 
térée , il faut oindre les paupières avec 
fonguent fuivant. 

Prenez de fucre de faturne, une dra¬ 
chme, de cérufe blanche quatre fcru- 
pules, de camphre flx grains : broyez 
les avec un peu d’huile rofat ; ajoutez 
y enfuite d’onguent de tuîie ou rofat 
une once; oignez-en matin & foir les 
paupières qui font collées. Au cas que 
le malade ne puifle le fupporter, on lui 
fubflituera un onguent lénitif compofé 
Tome ri. I 



194 Classe VII. 
avec le beurre frais, l’huile 4e cire, 3c 
la cire blanche. 

Dans le cas où les paupières font 
ulcérées 6c galeufes, Saint Yves fe fert 
d’un onguent compofé de deux dra¬ 
chmes de foie d’antimoine, de demi- 
drachme de camphre, & de vingt grains 
de clous de girofle , que l’on fait inm- 
fer pendant huit jours dans de l’eau 
d’euphraife, de fenouil, de grande éclair 
re, ôc de fhue, de chacune quatre on¬ 
ces. On en met dans l’œil quatre fois 
par jour, & lefoiron applique deflus 
de l’onguent detutiè. Si ce re me de ne 
réuflit point , on brûlera les uîçeres qui 
fe font formés fur les bords des pau¬ 
pières avec la pierre infernale , en 
iifant des précautions néceflhires. 

Si les paupières ne font alFe,â:ées 
que d’une dartre, & qu’il n’y ait^oint 
d’ukere, il fuffira d’y appliquer quatre 
fois par jour un collyre compofé de fe! 
de faturne & de fel armoniac de cha¬ 
cun quatre grains, & d’eau rofe Si de 
plantain de chacune quatre onces. 

5. Ophtalmia Jkca. Xerophtalmia^Y^ 
^^inetæ. Ophtalmie fiche. Ophmlmh 
qui affecte le coin de Vedily Saint YveS 
fpccfiô. 



Douleurs de tête. Ophtalmie. 19 5 

Nulle enflure dans les paupières * 
rougeur & démangeaifon dans les tar¬ 
ies , point de larmoiement, les pau¬ 
pières fe collent la nuit , on a peine à 
Supporter la lumière que l’eau réfléchir. 
Elle eft plus aifée à guérir que l’humide ; 
elle efl cependant opiniâtre & habi¬ 
tuelle , étant caufée par l’acrimonie dé 
la lymphe ; elle ceffe au moyen d’une 
légère dyfurie critique, par le tranf- 
port de la matière de la conjonclive 
dans la verge. 

Cars. La faignée fufSt quelquefois 
de même que les bains pris pendant 
quelques jours, lors fur-tout que l’on 
a foin de purger auparavant le,malade. 
Il prendra au ïbrtir du bain un bouilion 
rafraîchiffant, bu du petit lait, Syden¬ 
ham prétend que les anodins , pris le 
foir-, produifent un très-bon effet, fur- 
tout dans les enfans. On boit en été 
pendant neuf jours les eaux minérales 
froides. 

Les topiques indiqués font les coU 
lyres d’eau rofe, de plantain, de mu¬ 
cilage d’herbe aux puces, d’eau de frai 
de grenouilles, les feuilles de coignàf- 
fier, les pétales de rofe. L’eaü ou la folu- 
tion de faturne , ou le fel de faturné 



196 Classe VII. 
délayé dans beaucoup d’eau, le fucre 
candi, &c. produifent auffi un très- 
bon elFet. Saint Yves fe fert d’un col¬ 
lyre compofé d’eau rofe èc de plantain, 
de chacune deux onces, de 12 grains 
de tutie, & d’une cuillerée d’eau de 
vie.- On baffine l’œil avec ce collyre, 
pendant le jour, & le foir on applique 
defTus un plumaceau trempé dans une 
décodion de feuilles de véronique , de 
thym & de feuilles de rofe dans du vin 
rouge. La pelure interne de poire ou 
de pomme, ell un excellent adoucif- 
fant. 

6. Ophtalmia pujlulofa. Saint Yves, 
Mal. des yeux fpag. 18^.Ophtalmie bour^ 
geonnée. L. 

. Dans cette efpece , les faifceaux de 
vaiffeaux rouges s’étendent depuis la 
tunique interne de la paupière jufqu’à 
îa cornée, & il fe forme autour de celle- 
çi des puftules de la grofîeur d’une len¬ 
tille. Lorfque ces puftules fe forment 
dans la cornée même, il y vient un abcès 
qui fe manifefte par fa blancheur. 

Cure. Elle exige une folutioh d’eau 
divine dans de l’eau , pourvu que les 
puftules ne touchent point la cornée ; 
fi elles y touchent, ^ qu’elles forment 



Douleurs de tête. Ophtalmie, 
un abcès, il faut le faire percer en ver- 
fant goutte à goutte dans i’œil de l’eau 
dlftillée de camphre, & après que les 
pudules auront percé, on aura recours 
à la folution de la pierre divine. 

7. Ophtalmia eryjîpelatofa, St. Yves , 
huitième efpece,^pag. 184. Ophtalmie éry- 
Jipélateufe ; ou plutôt Herpétique. 

! Cette efpece , indépendamment de 
la rougeur de la conjonâive , de l’en¬ 
flure des paupières, des douleurs infup- 
portables dans les yeux & dans la tête , 
de l’ardeur dont elle eft accompagnée , 
fait détacher la peau du front, des tem¬ 
pes & du nez en forme de croûte ou 
d’écailies furfuracées, qui laiffent après 
elles des cicatrices. Cette maladie efl: 
très-opiniâtre & très-dilEcile à guérir, 
Cara.Elle exige i®. que l’on fomente 
la partie avec de l’eau de fleurs de fu- 
reau &une dixième partie d’eau de vie ; 
a^. des fêtons fur la nuque , en com¬ 
mençant par la faignée &; la purgation, 
que l’on réitérera s’il en efl: befoin, des 
véficatoires fur le dos & derrière les 
oreilles. Comme les douleurs font vio¬ 
lentes , il faut réitérer la faignée , & 
employer les narcotiques. 

S. Ophtalmia humîda , Saint Yves, 
I üi 



C L A s s E vu. 
deuxieme efpece. Epiphora Galen, zV 
troduU.Ophtalnûa ver a Sennert. Ophtal^ 
mie humide. 

Elle eft habituelle comme la feche, 
ou elle a fon foyer dans la maffe du 
fang, ce qui la rend très-opiniâtre. Elle 
eft accompagnée d’un îarmoyement 
abondant, de l’enflure des paupières, 
près des tarfes, d’une chaflîe copieufe , 
de douleurs lancinantes dans les yeux, 
d’une rougeur intérieure, & de plus le 
malade ne peut ni fupporter la lumière 
îii ouvrir les paupières. De là s’enfui 
vent des taches fur la cornée. Les en- 
fans ont fouvent les joues excoriées; 
par les larmes qu’ils répandent, le neV 
& les levres enflées.. 

Cure. Elle exige la faignée du bras ,, 
du pied& de la jugulaire, l’application 
de trois ou quatre fangfues autour de 
l’œil ; le fécond ou le troifîeme jour ,, 
im purgatif ordinaire avec la manne 
îe féné & les tamarins, après quoLoa 
fera prendre au malade des bouillons 
de laitue , d’ofeille , de chicorée. Le 
foir, on lui donnera des narcotiques , 
on lui appliquera un véficatoire entre 
les deux omoplates; 6 c à l’égard dés 
enfans J on tâchera de leur procurer un 



ÙouUufs dttèu, Optitatmiéi 19^ 
écoulement par les oreilles, pour dé¬ 
tourner la férofité âcre qui s’eft jetée 
fur les yeux* On réitétera la purgation ^ 
& on emploiera les bains domeftr- 
ques, à moins que l’état de la langue 
& de l’eftomac ne s’y oppofent. On 
ne négligera point cependant les col¬ 
lyres, & l’on emploiera d’abord les 
plus doux. L’eau de fenouil, ni à plus 
forte raifon celle d’euphraife, ne valent 
rien, elles font trop âcres ; il vaut mieux 
fe fervir de la chair de pomme Cuite 
avec du lait, de lait frais* de mucilage 
d’herbe aux puces, de coing, de blanc 
d’œuf battu avec de l’eau rofe, ou, ce 
qui vaut encore mieux, parce qu’il ne 
colle point les yeux , de blanc d’œuf 
pilé avec un peu d’alun, épaiffi & en¬ 
fermé dans un linge. On peut encore 
faire durcir un ceuf, en prendre le 
blanc, & i’arrofer avec de l’eau rofe 
ou de plantain. Après que l’ardeur eft 
appaifée, on peut appliquer deffus de 
l’eau rofe, avec un peu d’eau ou de 
fucre de faturne, ou bien fe fervir d’un 
collyre compofé d’eau de fenouil Sc 
d’eau rofe, de chacune deùx onces, 
de fucre de faturne deux grains, ou 
demi-drachme de trochifque blanc de 
1 iv 



aoo Classe VIL 
rhafis. La douleur appaifée, on mettra ' 
fur l’œil de la poudre de tutie , pour 
que les paupières ne fe collent point, 
& que le malade puilTe les ouvrir à fon 
réveil, 

Lorfque cette ophtalmie eft invété¬ 
rée , il faut faire diffoudre du vitriol 
blanc ou romain, dans de l’eau de fon¬ 
taine , en telle quantité, qu’en en met¬ 
tant une goutte dans l’œil, elle caufe 
une douleur vive, mais mornentanée» 
Un fcrupule de vitriol, diflbus dans lis 
onces d’eau avec une drachme de fu- 
cre, produit cet elFet. On doit fe fervir 
de ce collyre en fe couchant, & ne 
point charger l’œil de comprelFes ni de 
bandages. Il ne faut jamais le matin 
mettre dans l’œil des chofes âcres, m.ai£ 
le badiner feulement avec de l’eau tie- 
de, ou de i’eau rofe. 

. Il y a des perfonnes qui ajoutent au 
vitriol trois grains de verd-de-gris, ou 
qui fe fervent de vin dans lequel elles 
ont mis tremper pendant une nuit une 
piece de cuivre, ou qui font didbudré 
la pierre divine dans de l’eau, & en 
mettent quelques gouttes dans l’œil en 
fe couchant. Ces collyres font fort bons,, 
pourvu qu’on ait foin d’adoucir le fang 



Douleurs ds. Uu. Ophtalmie. 20 1 , 
avec les bains, la faignée , & les bouil¬ 
lons rairaîchiffans. 

9, Ophtalmia fcrophulofa ; Ophtalmie 
fcrophuleufe. L. 

Elle efl; familière aux enfans fcrophu- 
leux, humide, compliquée de l’enflure 
des bords des paupières, d’une chafîie 
épaifle, de la rougeur, de l’enflure de 
la cornée , d’un larmoiement âcre. Ils 
tiennent toujours la tête baffe ; ils ont 
le nez, les levres & le cou enflé, & 
la cornée efl fouvent affeûée d’un leu- 
come. 

Le principe de cette maladie efl une 
lymphe fcrophuleufe, âcre, vifqueufe , 
que l’on doit par conféquent incifer, 
atténuer & dépurer par des catharti¬ 
ques réitérés, précédés d’une pilule 
compofée de douze grains d’aquila aîbâ, 
& enfuiteavec des bouillons apéritifs, 
dans iefquels on fait entrer un peu de 
limaille de fer, d’efquine coupée par 
petits morceaux, & des cloportes, une 
pincée de fou ci fauvage , ou une demi- 
poignée de fleurs de grateron. On peut 
aufli employer une tifane d’efquine & 
de racine de patience, de chacune une 
once , que l’on fait bouillir dans dix 
livres d’eau , jufqu’à diminution de 



2 GÎ Classe VIL 
moitié, & aiixquelles on ajoute vers; 
ïa fin de la coéfion, trois pincées de 
fommités de cyprès, deux drachmes de 
réglilTe; & le malade en fait fa boiffom 
ordinaire. Il prendra enfuite pendant^ 
trois jours un bol compofé de vingt 
ou trente grains d^æthiops minéral; on 
le purgera le quatrième jour, & ait 
bout d’une femaine, l’on réitérera le 
bol & la purgation. Lorfque la faiforf 
le permet, & qu’on peut iuifëire pren-: 
dre les bains, ils produifent un très- 
bon effet; mais le meilleur de tous les; 
remedes efi: un féton au cou, qu’il doit; 
porter dans les mois qui font tempérés. 

On peut auffi fe fervir du remedè 
du Y}t, Iîans i’/o<z 72 e,, lequel confifte en 
un collyre compofé avec l’axonge de 
vipere & la tutie , auquel on joint 
im ample véficatoire fur la nuque. Le 
lait n’eft pas à négliger, non plus que 
les collyres pour l’ophtalmie humide 
mêlés avec des réfolutift , tels que le 
thym, la verveine &; l’euphraife, qu’on 
n’a pu employer au commencement de 
la maladie, crainte d’infiammaîiom 
lo. Ophtalmia. unebrimfa y appelîée:' 
par les Grecs Mydrophtalmia^ Maître- 
îean,, di V^xun^Qn du corps 



Douteurs de tete. Ùphtdmïs. 203^ 
pag. chap. I. Exophtalmie , 6 '. part^ 

z; appellée par quelques-uns Goutte 
fereine. 

Elle fe manifefte par une douleur 
dans le front, dans un œil, ou dans 
tous les deux. 2®. La douleur appaifée , 
le globe de l’œil paroît un peu plus 
gros & plus bpmbé. 3*^. La prunelle 
eft plus dilatée, & fe reflèrre moins 
au foleil que lorfque l’œil eft fain. 4*^. 
La vue s’obfcurcit au point qüe le ma¬ 
lade ne peut ni diftinguer les objets^ 
ni fe conduire feul. 

La prominence de i’œii eft moins 
fenfibie dans ceux dont l’iris eft noir, 
fur-tout ft les deux yeux font attaqués ; 
elle l’eft davantage dans ceux qui ont 
l’iris bleuâtre ou blanchâtre, & les 
yeux extrêmement fendus. La plupart 
des malades recouvrent la vue , lorf- 
qu’on emploie les remedes convena¬ 
bles ; mais elle n’eft jamais ni fi nette 
ni .fi diftinâe qu’auparavanî. 

Cette maladie eft fréquente aux hom¬ 
mes atrabilaires, aux femmes grofiès 
d’un ou deux mois , & continue juf- 
qu’après l’accouchement ; aux filles qui 
ont les pâles - couleurs, & elle leur 



404 Classe Vit. 

Sennm décrit cette maladie, cap, j j, 
Jècî. 2. lib. i. 6c dit qu’on la connoît en 
ce que les yeux font nets, & qu’on 
n’y apperçoit d’autre vice finon que la 
prunelle eft plus noire & plus dilatée. 

Cette maladie eft difficile à diftin- 
guer au commencement de la cataraâe 
ordinaire, qui n’eftpas encore formée, 
suffi bien que du glaucome ; mais on 
la diftingue des autres maladies, en ce 
ique le criftallin ne perd point fa tranf- 
parence, & que les malades recouvrent 
une partie de leur vue. 

Le principe JyneHiqite de cette ma¬ 
ladie, eft l’extenfion du corps vitré, 
à caufe d’une fluxion ou d’une con- 
geftion, d’où s’enfuivent la dilatation 
de la prunelle, la douleur, l’enflure de 
l’œil, la preffion de la rétine, l’obf- 
curciflement de la vue. 

La cure exige au- commencement, 
des faignées réitérées du bras, du cou, 
du pied, ôt même l’artériotomie, fui- 
vant la violence dé la douleur, & le 
degré de la pléthore, enfuite des re- 
medes propres à évacuer la féroflté, 
comme des véficatoires fur la nuque, 
derrière les oreilles, & même des ca¬ 
thartiques tous les fix jours 5 une tifan^ 



Douleurs dt titt. Ophtalmie. loÇ 
compofée d’une once de falfepareille, 
& demi-once de racine d’efquine, que 
l’on fait bouillir dans quatre livres d’eau, 
jufqu’à diminution du quart, èc dont 
on donne deux verres au malade matin 
& foir pendant quinze jours. Il n’y a 
que les topiques réfoluîifs qui convien¬ 
nent dans çetîe maladie, encore pro- 
duifent-ils trës-peu d’effet. 

Lorfque la fluxion qui caufe cette 
ophtalmie efl: violente, dz les fluides 
acrimonieux , l’œil fe bombe davan¬ 
tage , il s’e.nflamme, on y fent des élan- 
cemens, auxquels fe joignent des dou¬ 
leurs infupporîables , une chaleur & 
aine rougeur extériéirre , une fievre 
aiguë, des infomnies, les paupières fe 
renverfent, ne couvrent plus l’œil, 
une épiphore chaude , l’obfcurciflTe- 
ment de la vue, & enfin une goutte 
fereine parfaite & incurable, les par¬ 
ties internes viennent à fuppuration , 
le corps vitré fe fond, & il fe forme 
des fiftules qui percent l’œil , qui font 
tous des accidensque l’on doit rappor¬ 
ter à l’ophtalmie interne. 

II. Ophtalmia jyphilitica, Baglivi, 
pag. Z02. Ophtalmia Gallica , Zacuti, 
prax. Ophtalmie vénérienne, S, Yves.,, 



20(5 Classe VIL 
i o^ efpece ; Ophtalmia venerea Camera- 
rii, diprt. Tubinga, /734.Aloyf. Luifin. 
Leyde , //a/ , pag. 6'6'i. 

L’Auteur la divife en deux efpeces^ 
Lavoir en métaftatique & en^ fympto- 
matique. Elles font toutes deux caufées 
par un virus vénérien , & elles aug¬ 
mentent vers le foir. 

La fymptomatique s’appaife vers 
î’aurore, elle ne dégénéré jamais'en 
chémofis ; la matière morbifique ne 
change point de place, les douleurs font 
moins violentes; elle ce fie après que 
la vérole efl; guérie, & elle efi: moins 
dangereufe. Elle a lieu dans le fécond 
degré de la vérole. 

L’ophtahnie métaftatique ne diminue 
point à l’approche de l’aurore , elle 
dégénéré toujours en chémofis ; la ma* 
tiere morbifique change de place , les 
douleurs font plus violentes ; elle ne fe 
diflipe point après que la vérole eft 
guérie, &: elle eft très-dangereufe. 

Une preuve que cette maladie eft 
caufée par un virus vénérien, eft que 
la chaleur & la douleur augmentent 
lorfqu’on eft au lit, & qu’elle réfifte 
aux remedes ordinaires. On connoîî 
l’ophtalmie métaftatique aux fignesiui* 



Dotthurs de tcte. Ophtalmie, leyp 
rans. La fclérotique eft enflée & d’une 
couleur livide ; on y fent une douleur 
âcre & lancinante, on y apperçoit une 
efpece de creux ; & elle efl; caufée par 
une gonorrhée répercutée , & par le 
tranfport du virus dans l’œil. Pour l’or¬ 
dinaire y les gonorrhées qui pafîbient 
pour incurables, fe diffipent dès que 
cette ophtalmie furvient, & récipro¬ 
quement celle-ci ceffe, dès que la go¬ 
norrhée reprend fon cours. On guérit 
en général l’ophtalmie vénérienne avec 
les fridions mercurielles -y mais il ne 
faut jamais appliquer du mercure fur 
les yeux. Quelques-uns confeillent les 
décodions fudorifiques, & les pilules, 
mercurielles. Les Médecins de Mont¬ 
pellier fe bornent aux Amples fridions:. 
Dans la métaflatique, outre les fridions: 
mercurielles, il convient d’incifer léger- 
rement les membranes de la fclérotique 
& des paupières , pour évacuer la; 
matière virulente qui s’efl: amaflee 
dans leur tiflii cellulaire. Nicolai 8c 
Camerarius prétendent qu’il en fort une 
humeur ichoreufe pareille à celle de la. 
gonorrhée. Je crois , quoi qu’en dife 
- , qu’il vaut mieux faire ces 

fcariflcations pendant le cours desfric- 
îions qu’avant» 



2 oS Classe VII. 

Elle a beaucoup d’affinité avec l’hu¬ 
mide & le chéraoris, excepté que dans 
la vénérienne la conjonûive eft dure 
& comme charnue. Elle commence par 
un larmoiement l'ébacé, d’un blanc jau¬ 
nâtre 8 c très abondant. Elle réfffie à 
tous les remedes, à l’exception des an¬ 
ti-vénériens ; Sc elle furvient fouvent 
deux jours après une gonorrhée réper¬ 
cutée. Un Chirurgien de Montpellier 
en fut attaqué pour avoir pôle fa tête 
fur un oreiller, fur lequel un vérolé qui 
paffoit par les remedes avoit répandu 
de fafalive. 

Cure, Elle coniifte à détruire le virus 
vénérien par des friftions faites avec 
l’onguent napolitain ; mais il faut y pré¬ 
parer le malade par la faignée de par 
vingt-cinq ou trente bains. Saint-Yves 
confeilîe la parîaeée mercurielle. Pre¬ 
nez de panacée mercurielle une drach¬ 
me , de rhapontic en poudre trois 
drachmes, de baume de copahü demi- 
once ; mêlez,& faites-en un opiat, dont 
la dofe eft d’une drachme tous les ma¬ 
tins ; on purgera le malade tous les 
quatre jours. 

Prenez d’aquila alba , de gomme 
ammoniac, de chacun quinze grains j 


DouUun de, tête. Ophtalmie. 109 
de trochifques alhandal cinq grains, de 
firop de fleurs de pêches, autant qu’il 
en faut pour un bol. Mais il vaut mieux 
fouyent employer les cathartiques or'- 
dinaires. 

I i. Ophtalmia ckemojis , Saint-Yves , 
fpec. & f^, Chemojîs d’Aetius. A. 

Cette efpece d’ophtalmie eft caufée 
par un principe externe, par exemple , 
un coup violent dans l’œil, d’oh s’en¬ 
fuit une meurtriffure , ou une opéra¬ 
tion de chirurgie , comme l’extraftion 
de la cataraâe, l’opération de l’ongle, 
de l’abcès, &c. ou par un principe in-^ 
terne, tel qu’une métallafe , un catar-^ 
rhe violent dans des fujets cacochymes. 

Son caraftere eft une enflure rouge, 
noirâtre de la conjonéfive, avec affaif- 
fement & opacité de la cornée, la¬ 
quelle paroît cachée dans une efpece 
de creux. L’inflammation eff violente, 
& accompagnée de douleurs aiguës 
dans la tête & dans les yeux, d’un 
fentiment de pefanteur au-deffus de 
l’orbite, d’infomnie, de fievre , de pul- 
fation, de l’enflure & de la clôture des 
paupières. Elle fe termine quelquefois 
par lafuppuration de l’œil, dont l’aveu¬ 
glement efl la fuite , ou du moins par 



2 io Classe Vit 
un leucome. Le fang eft couvert d’une 
croûte coriacée. 

Cure. Rien n’eft meilleur au com¬ 
mencement que des faignées réitérées 
du bras, du pied, & de la jugulaire., 
auxquelles je joins l’application de quel¬ 
ques fangfues aux paupières. D’autres- 
veulent qu’on fcarifie l’œil, & qu’a- 
près avoir faigné deux ou trois fois le 
malade , on le purge avec une infuûon 
de deux drachmes de féné ^ d’une 
drachme de rhapontic, de graine de 
lin , de fleurs de violette, de chacune 
une pincée, de deux ou trois onces 
de manne. D’autres veulent qu’on le 
purge avec la fcammonée, & qu’On lé 
îaigne de nouveau. On lui donnera le 
foir pour le faire dormir , du fîrop de 
pavot ou du laudanum, & on lui fera 
obferver un régime léger, rafraichifTant 
êc humeâant. 

Il efl bon de commencer par baffi- 
fier l’œil avec du lait tiede, du fang de 
poulet, & d’y appliquer de fa pulpe 
de pomme cuite avec du lait. Les cata- 
plafmes chargent l’œil, & l’on ne doit 
point s’en fervir; il fuffit de le baffiner 
avec une infufîon de fafran, de graine 
de lin & de fleur de mauve. Quelques' 



Doidcun d& tit&. OpTitatmu. 21 ï 
jours après on emploiera les réfolutifs,, 
comme le vin ou l’eau-de vie mêlée 
avec de Teau de fontaine ; & au cas 
que Toeil ne foit point livide, & que 
la douleur diminue, on fefervira d’eau- 
de-vie camphrée. Saint-Yves confeille 
les plumaceaux trempés dans du vin y 
dans demi-livre dUquel on fait infufer 
une pincée de feuilles de romarin, de 
fauge, d’hyfope au cas que Penflure 
de la conjonftive & des paupières dimi¬ 
nue , & qu’il J ait un leucome, il veut 
qu’on fe ferve d’un collyre compofé 
de deux onces d’eau de fenouil, & de 
demi-once d’eau-de-vie camphrée. On 
fubftituera à la boiffon anodine dont le 
malade ufoit, une potion léfolutive y 
ou une tifane fur quatre livres de la¬ 
quelle on mettra une drachme de dia- 
phorétique minéral. On lui appliquera 
ilir le dos un emplâtre véficatoîre ; on 
lui donnera des lavemens pour lui tenir 
le ventre libre , & enfuite de la tifane ^ 
il boira pendant dix jours des bouillons 
de poulet avec les femenees froides, les 
feuilles de chicorée, de laitue, d’ofeille». 

Dans le cas où Pon apperçoit des 
Êgnes de fuppuration , il faut avoir re¬ 
cours au Chirurgien, pour i^^aeuer le 



ai2 Classe VII. 
pus , &c guérir l’iilcere. S’il arrive que 
le corps vitré Ce fonde, on liibftituera 
un œil artificiel à celui que le malade 
a perdu, pour éviter la difformité dont 
fa perte efl fuivie. 

13. Ophtalmia choroîdaz; Ophtalmie 
interne de la rétine où de la choroïde. 

Voici les lignes auxquels on la con- 
noît. Le malade ne peut fupporter la 
lumière, la prunelle fe refferre, l’œil 
eft larmoyant, la conjonâive eft quel¬ 
quefois rouge, & à ces fympîomes fe 
joignent des migraines extrêmement 
opiniâtres. 

Cette efpece furvient prefque tou- 
jour le neuvième jour après l’opération 
de la cataraûe par la méthode de David 
& de Janin, laquelle confifte à incifer 
la cornée tout autour ; èc elle dure', 
environ quinze jours, au bout defquels 
lorfque le malade ouvre les yeux, il 
voit tous les objets qui l’environnent 
comme s’ils étoient couverts de neige. 
S’il arrive qu’il meure quelques jours 
après l’opération , on lui trouve les 
vaiffeaux de la choroïde rouges, engor¬ 
gés , & quelquefois le corps vitré con¬ 
verti en une efpece de gelée puru¬ 
lente. 



Douleurs de tête. Ophtalmie. 215 
Xorfqu’ellé eft produite par des prin¬ 
cipes internes, elle demande le même 
traitement que le chémofis; mais il eft 
à propos fur la fin de mettre dans l’œil 
quelques gouttes d’eau diftillée de cam¬ 
phre. Après l’opération de la cataraéle 
. de l’empyefis ou de l’ongle, on appaife 
l’inflammation par le moyen d’un mu¬ 
cilage tiré avec l’eau-rofe de la graine 
de rjierbe aux puces, de fenu-grec, 
de coing , ou bien avec un collyre 
compofé avec un blanc d’œuf battu 
dans de l’eau-rofe jufqu’à ce qu’il écu¬ 
me, que l’on étend fur de la charpie, 
& que Ton applique tout froid fur l’œil 
aufli-tôt après l’opération; mais il faut le 
renouvelier trois fois par tour, & le co n- 
tenir pendant deux jours avecun banda¬ 
ge , pour empêcher que le corps vitré 
ne forte de l’œil , au cas que le malade 
touflè, éternue ou ait envie de vomir. 

t^Qphtalmia angularis ; Ophtalmie 
angulaire, ou de l’angle nafal. Injlam-- 
matio lacrymalis cMunculce ; Inflamma¬ 
tion de la caroncule lacrymale , Saint- 
Yves ,io. / 5*2. C03. L. 

. Cette efpece confifte dans une dou¬ 
leur ou une démangeaifon accompa¬ 
gnée d’çnflure., & quelquefois de rou- 



214 Classe VIL 
geur dans l’angle nafal, .& qui efl {ui« 
vie d’un larmoiement purulent. Il y a 
idivers vices qui caufent cette ophtal¬ 
mie, lavoir, i°. l’anchylops, aufujet 
duquel voyc\ le mot épiphore ; le 
rhyas, le même mot; 3'^. la phlo- 
gofe de la caroncule lacrymale , dont 
les vaiffeaux s’enflent jufqu’à la cornée, 
accident qui efl: allez fouvent fuivi 
d’un drapeau , 8c dans ce cas il faut 
pulvérifer un fcrupule de vitriol blanc 
8c autant d’iris de Florence, les délayer 
dans une livre d’eau, en faire un collyre. 

I 5 . Ophtalmia cancrofa ; Cancer dés 
yeux, des paupières. Saint-Yves, cap^ 

e.c. 

Cette efpece efl fouvent accompa¬ 
gnée de l’enflure, de rulcération,-de la 
dureté des paupières & de douleurs 
lancinantes. L’Auteur cité en aobfervé 
-cinq efpeces , 8c ce font les feules 
qu’il connoifie. 

Dans la première variété , il vient 
une tumeur dure à la paupière fupé- 
rieure , les vaifleaux fanguins qui en¬ 
tourent fa bafe , font enflés 8c d’une 
couleur plombée, 8c l’on fent par inter¬ 
valle des douleurs lancinantes. Dans la 
fécondé, il vient un poireau dans l’an* 


Douleurs de tête. Ophtalmie. 215 
gle nafal au-deffous de la commiiTure 
des paupières ; fes racines font très- 
profondes , 8c il eft parfenjé de vaif- 
feaux fanguins qui forment de petites 
grappes féparées , Icfquelles rendent 
du fang pour peu qu’on y touche. Cette 
tumeur caufe une fi grande démangeai- 
fon, que le malade a toutes les peines 
du monde à s’empêcher de la gratter, 
de forte qu’file dégénéré bientôt-en^ua 
ulçere çhancreux. Cette variété efi la 
feule que l’on guérifle avec une liqueur 
dont S. Yves s’efl: réfervé le fecret. 

Dans la troifîeme, les vaifîeaux fan¬ 
guins deviennent variqueux 8c d’une 
eouieur plombée, fans qu’aucune ver¬ 
rue ni aucune tumeur ait précédé ; mais 
çes trois variétés font fuivies par fuc- 
ceflion de temps, d’ulcération, ^ de 
fongus, qui à mefure qu’ils fe confom- 
ment , augmentent i’ulcere , ôc font 
qu’il gagne toutes les parties du vifage 
les unes après les autres. ' 

Dans la quatrième, la maladie com- 
înençe par un larmoiement acrimonieux 
qui ulcéré la caroncule lacrymale, Sc 
mange enfuite la paupière inférieure, 
dont les bords deviennent calleux. Elli'' 
efl: quelquefois précédée d’une fiftule 
lacrymale. 



ti6 Classe VU. 

La cinquième eft fouvent caufée par 
im coup dans l’œil qui brife les vaifleaux, 
& le fang qui le trouve déjà vicié par 
une acrimonie particulière aux cancers, 
s’altere & il en réfulte un ulcéré chan- 
creux & calleux. 

Toutes ces variétés font Incurables à 
l’exception de la fécondé. La cure pallia¬ 
tive exige la diete blanche, les bouillons 
rafraîchiffans, les bains, les eaux miné¬ 
rales froides. Les meilleurs topiques 
font, l’eau de frai de grenouilles, l’eau 
du folanum horunfi , avec quelques 
grains de fel de faturne & de plomb 
calciné. 

i6. Ophtalmia. à jynechiâ , de Mau- 
ùmt Diÿïn, Foye^ Demours ohfsrv. 
furies Actes D’Edimbourg, toin .i.p.cjo.h. 

La Synechit efl: une maladie des yeux 
dans laquelle le limbe de l’uvée eft ad¬ 
hérent à la cornée, & outre qu’elle em¬ 
pêche le malade de fupporter la lumière, 
elle eft accompagnée de la diftorfion de 
la prunelle , & de nyctalopie. 

Cette adhérence de l’uvée avec la 
cornée vient des plaies, des ulcérés ou 
des fiftuîes dont la cornée a été précé¬ 
demment affectée, ou de ce que l’hu¬ 
meur aqueufe s’étant écoulée, le corps 
- vitré 



Doîdeurs dt tête. Ophtahnîe. t.i-j 
vitré a cédé à la preffion de la fcîéro- 
tique, & pouffé Tuvée en dehors, au 
moyen de quoi celle-ci rencontrant la 
cornée a fait corps avec elle ; ou de cé 
queiorîque le malade eff couché fur le 
dos, l’uvée porte fur la cornée , lors 
fur-tout que les yeux étaVit couverts , 
comme dans l’ophtalmie & l’ulcere , 
l’uvée perd le mouvement, qui feuî 
pouvoit empêcher cette adhérence. 

Il y aune partie de ces fymptomes 
qui font vifibles à l’Oculiffe, par exem¬ 
ple , l’adhérence de. l’uvée avec la cor¬ 
née , d’oii s’enfuit fon immobilité ; du 
moins dans la partie adhérente, le chan¬ 
gement de figure dans la prunelle , la¬ 
quelle , de ronde qu’elle étoit devient 
ovale ou pyriforme, ce qui l’empêcha 
defe refferrer au grand jour, d’où s’en¬ 
fuit la nyâalopie. Le trop grand jour 
offenfe aufii la rétine, & de là s’enfui- 
yent la douleur & la peine que le ma¬ 
lade trouve à la fupporîer ; les objets 
trop éclairés lui paroiffent ou trop 
grands ou trop petits, & comme les 
vaiffeaux fanguins de la rétine font 
gonflés par la phlogofe , il croit voir 
des mouches ou des toiles d’araignées 
T&j;^e FL K 



ai8 Classe VU. 
devant fes yeux, de même que dans 
la fufFufion myode. 

Cun. Elle eft ou radicale ou pallia- 
tive. On obtient la première par une 
opération de chirurgie, laquelle con» 
fifte à introduire une aiguille dans ëi 
chambre antérieure. Voyt^ Maucharr, 
jyijjhn. de jymehia in difputationibm 
Chirurgicis Halleri. 

La palliative ell ou l’ouvrage de la 
nature , laquelle au moyen d’une tache 
opaque qui fuccede à l’ulcere delacor-» 
née , émouffe la trop grande vivacité 
de la lumière. Voye^ Demours, obfir-* 
vat. J, pag. ni. Ou bien elle eft celui 
de l’art, qui, au défaut d’autre moyen, 
excite cette tache en touchant la cor¬ 
née avec la pierre infernale ; mais il 
convient que le malade ufe de confer- 
ves dont le verre foit vert ou bleuâtre , 
pour tempérer l’éclat de la lumière, ou 
de petites cupules de métal percées 
d’un petit trou dans le milieu, que l’on 
tient à la main, pour s’en fervir lorfque 
îe jour eft trop grand. Voyez Demours 
dans l’endroit cité. L’opération faite, 
le malade doit fe tenir couché fur le 
dos pendant quelques jours, & ouvrît; 


Couleurs de tête. Ophtalmie. 215 
ibuvent lesyeux, pour prévenir cette 
adhérence. 

17. Ophtalmiaà lagopktàlmo. L. 

La Lagophtalmie , que i’on appelle 
en François œil de lievre , confifle dans 
«ne rétradion naturelle des paupières j 
qui eft caufe que l’œil refte ouvert en 
dormant. Le vice efl: fouvent dans la 
paupière fupérieure , & provient de 
divers principes, de naiiiance, du reti- 
rement de la peau. 

La Cure confiée à alonger lâ pau¬ 
pière en la tirant fouvent, après l’avoir 
ramollie en roignant avec de .l’huile j, 
du beurre, de l’onguent d’akhæa, à les 
rapprocher l’une de l’autre pendant la 
nuit à l’aide d’un emplâtre glutinatif, 
que l’on affure avec des comprelies de 
un bandage. 

Si ces moyens ne fuffifent point, on, 
aura recours au fcalpel ; on incifera la 
paupière fuivant la direélion des rides 
par deux ou trois lignes parallèles , ont 
la tirera autant qu’il faut, ou on la pan», 
fera à l’ordinaire. 

18. Ophtalmia ah elcotfiate, Mauchart 
jdi^ert.furles ulcérés de la cornée. 

Les variétés de VElcoma font, 

UArgema^ qui, efî: un ulcéré d’envi» 



210 Classe VIL 
ron une demi-ligne de largeur, dans le 
cercle extérieur de la cornée , accom* 
pagné de la rougeur de la conjonôive 
& de la blancheur de la cornée. 

Le Botrium, en Latin fojfula ^ ou 
'annulas , en François la fo^'ctte , eft uù 
ulcéré à la cornée, creux, étroit, fans 
pus ni fans croûte, de la groffeur de la 
tête d’une petite épingle. S’il fe forme 
dans les lames internes, c’eft un geron- 
toxon , & il eft fuivi d’un jiaphylome. 

UEpicauma, ou Vulçerc brûlant 
un ulcéré extérieur qui fe forme pour 
l’ordinaire dans le milieu de la cornée ; 
purulent, fordide, ardent ou brûlant, 
de couleur cendrée, lequel reffemble 
quelquefois à un flocon de laine ; il 
cfl: moins profond que Vencauma. 

UEncauma efl: un ulcéré de la cor¬ 
née ardent, cruflacé, fordide & dyfé- 
puîétique. 

Le Cœ/onîÆ, appellé en François cnca^ 
veure, efl: un ulcéré creux, rond, plus 
large ou moins profond que le botriumy 
qiii a fon fiege dans l’endroit de la cor» 
née le plus près de l’iris. 

yElcidrion efl une ulcération fuper- 
ficielîe de la cornée, occafionnée par 
une fluxion limpide, pénétrante. 



Doukurs de tête. Ophtalmie. 221 
Leurs principes font les plaies, les 
contufions,les phlyâ:enes,le larmoie¬ 
ment , une ophtalmie, un ftaphylome 
les collyres âcres, les puftules véroîi- 
quesdans les fujetscachediques, fero- 
phuleiix, véroles. Les aliraens âcres, l’u- 
îage des télefeopes , les veilles, le tri- 
chiafis font fuivis d’ophtalmie , de la 
fenfîbilité & de l’obfcurciffement de la 
vue, & d’un picotement pareil à celui 
que caufe le fable qui entre dans l’œiL 
Les indications font, de calmer ^ 
là fluxion, en retirant les corps étran-r 
gers qui fe trouvent dans l’œil, & c’efl: 
à quoi fervent la faignée, ’ la purgation 
êc les remedes qui purifient le fang. 

2^. Dé mondifier l’ulcere avec la 
pierre divine de Samt-Tres, que l’on 
compofe de la maniéré fuivartte. On 
feit fondre de l’alun, du nitre, du vitriol 
de Chypre dans un pot de terré ver- 
nifle, on y ajoute un peu de camphre^’ 
On diflbut fix grains de cette pierre 
dans quelques cuillerées d’eau , fur lef- 
quelles on met deux drachmes de fucre 
& une cuillerée d’eau de vie. 

On corrige la qualité acrimonieufe 
& faline de la matière avec la tutie , 
la craie, la gomme Arabique, la racine 
K; ii) 



^^z Classe VIL 
de guimauve , le lait, le blanc d’œuC 
On déterge Tulcere en le lavant fouvent 
avec une décoftion d’abfinthe , de 
mille-pertuis , d’eau de chaux , avec 
l’onguent d’althæa, du fucre en pou¬ 
dre, la racine d’iris, l’aloès, l’os de 
feche. 

3 ^.Laconfolidation de l’ulcere exige 
une diete adouciffante , la décoftion 
d’aigre moine, de véronique, de grande 
confoude, de mille-pertuis, les collyrea 
avec la craie , le pompholix, le bol 
d’Arménie, la myrrhe, le maftic, l’hui¬ 
le , le blanc d’œuf. 

Mettez iniîifer dans du vin d’Efpagne 
du girofle, de Taloès, du fafran de mé¬ 
taux, du camphre, de la tutie, & met¬ 
tez-en une goutte trois fois par jour fur 
l’ulcere. S.aïnt-Yvzs. 

I; 9. Ophtalmia abungui, Mauchart. A* 
L’ongle , appellé en Latin ungiïs & 
en Grec onyx ^ n’eft autre chofe qu’un 
abcès entre les lames de la cornée. Saint 
Yves, èap.P), l’appelle abcès delà cornter, 
U commence par une ophtalmie ché- 
mofls , laquelle eft accompagnée d’un- 
mal de tête violent, d’infomnie, d’une 
pefanteur au-deflus de l’orbite, de fîe- 
yre, de piüfation ,fde i’obfcurcifl'ement 


Douteurs de tête. Ophtalmie, 

3 e îa vue. Il différé du leucome de Saim 
JTveSf par la céphalalgie, la fievre, &c* 
La tache eft prerque ronde , blanche, 
éminente , lorfque le pus eft fous l’épi¬ 
derme de la cornée ; & dans ce cas le 
mal efl léger ; mais il eft plus dangereux 
îorfqu’il a fon fiege entre les lames les 
plus profondes de la cornée ; s’il efl: 
dans l’albuginée, ilfe manifefte par une 
tumeur. 

La cure confilie à faire écouler le pus 
au moyen d’un coup de lancette ; mais 
il fe répand fouvent dans îa chambre , 
d’oîi s’enfuit î’hypopium de Mauchart, 
Foye^ obfcurciffement de la vue. 

20. Ophtalmia à comète jifiulâ , Mau- 
chart, jyijfert. Jur les fijlules de la cor¬ 
me ; Ophtalmie cauféepar imefijîule à la 
cornée. L. 

Cette maladie fe manifefte par urt 
trou qui perce direflement ou oblique¬ 
ment la cornée ; & dont les bords font 
calleux ; l’œil s’a^ilTe, à caufe de l’écou¬ 
lement continuel de l’humeur aqueufe , 
îa vue s’obfcurcit, & l’œil s’enflamme 
par le pus qui en fort. On la guérit par 
une opération de chirurgie. 

Faites rougir au feu un morceau de 
tutie & éteignez-le dans de l’eau rofe y 
K iv 



az 4 Classe VII. 
trempez une compreffe dedans , & ap. 
pliquez-la fur l’œil. Appliquez un véfica- 
toire fur la nuque , couvrez pendant 
quelques jours l’œil fain avec un ban¬ 
deau , ne nourriffez le malade que de 
bouillons, & faites-le refter couché fur 
le dos. L’humeur aqueufe fe reproduira. 
Introduifez dans la fîftule une aiguille à 
deux tranchans, tournez-îa en tout fens, 
pour détruire les callofités & renou-' 
yeller la plaie ; verfez deffus une goutte 
de baume, & couvrez l’œil d’un ban¬ 
dage. 

21. Ophtalmia pklyUenodts. Phfyc^ 
taîna des Auteurs. PhlyBænæ de Sen- 
nert, appellées aufli PhlyUides , às-pUy 
^in , bouillir : les Arabes nomment les 
pullules bothof. L. 

Ce font de petites pullules ou de 
petites veffies de la groffeur d’un grain 
de millet, qui viennent pour l’ordi¬ 
naire fur la conjonâive ou fur la cornée. 
Celles de la conjondive font entourées 
d’un cercle rouge ou noirâtre, celles 
de la cornée conlillent en de petites 
lames extérieures & noirâtres; celles 
qui font plus profondes , font blan¬ 
châtres. Sennen prétend qu’il s’en trou- 
ye de la groffeur d’une aveline, 



Douleurs de tête. Ophtalmie, liç 

Elles fe terminent ou par réfolution 
ce qui eft çrès-bon, ou par une rupture 
en dedans, ou par un ulcere externe 
qui corrode quelquefois la cornée , 
& qui fait des progrès rapides. 

Cure.. On emploiera pour procurer 
cette réfolution, les remedes généraux 
de l’ophtalmie ; favoir la faignée, une 
diete légère,les fomentations émollien¬ 
tes, les cathartiques. On fe fervira pour 
les fomentations, de mucilage de graine 
d’herbe aux puces, de coing, de fenu- 
grec, de chacun deux drachmes ; d^u; 
rofe, deux onces; de fleurs de furéau , 
demi-once; de fafran, un fcrupule &: 
demi. Après que la puftule ou la phlo- 
gofe aura diminué, ôn tentera la réfo¬ 
lution avec deux onces d’eau rofe, de¬ 
mi-ohee d’eau d’euphraife, un fcrupule 
de îutie & d’opium, deux grains de 
vitriol blanc ; mêlez. 

Le blanc & le jaune d’œuf avec le 
fucre & le fafran, font ktiffi fort bons, 
Ôn baffinera l’œil avec une décoclion., 
de mélilot, de verveine,de rhue,.de 
rofes de provins. 

Au cas. que la pufture re.fle , on la 
percera ave(rune aiguille d’argent, & 
l’on panfera ruicere, comme je l’ai cHt 
K. ^ 



2 z 6 Classe Vtr. 

à l’article de rcbfcurciffement de Fa 
vue, canfée par un ongle ou un eb 
coma. 

11. Ophtalmîa uvc<z ^ Ophtalmie de 
î’uvée. B. 

Elle eft ordinairement eaufée par le 
déplacement du criftallin dans la cata- 
rîtèie branlante, & par fon intrufion 
dans la chambre antérieure. On la con- 
ïioît aux lignes de la cataraâe branlan¬ 
te ^ à la diflorfion de la prunelle, à b 
douleur qui en réfulte, fans aucune rou¬ 
geur dans Toeil. Elle eft fouvent com¬ 
pliquée d’une fynéchie. On la guérit en 
inciïant la cornée, & en extirpant le 
criftallin ; onl’appaife en reftant conf- 
tamment couché fur le dos , pour que 
Euvée s’attache à la cornée, & que le 
criftallin fe trouve plus au large dans te 
fécondé chambre. 

23. Ophtalmia fcbricofa Ophtaimii- 
fébriU ylAoxton, PyrctoL cx&rc. 1. 

De Saim-Manïn, Journal de Médecine.^ 
Septembre lySo , pag. 21^. B. - 
C’eft une douleur aiguë & périodi¬ 
que de l’œil, fans rougeur, mais accom¬ 
pagnée d’un larmoiementd^ine foif 
intenfe , d’un pouls accéléré & fort j 
d’un écoulement d’urines rouges èc 


Doukürs de tete. Ôplitalmie. iiy 
troubles. On la guérit avec le quin-. 
quina. 

24. Ophtalmîa metajiatîca ; Ophtalmie 
mèt^atique, de Meyierey, art.^84. B, 

Cette efpece eft occafionnée par là 
répercuffion de la matière morbifique 
de la goutte, de la gale, des dartres , 
de l’éryfipeie, d’un ulcéré, d’un féton, 
&c. Cette maladie exige, outre les re- 
medes généraux, qu’on rappelle les ma¬ 
ladies ou les évacuations, dont la fup- 
preffion a donné lieu à eêtte efpecè^ 
d’ophtalmie. 

Les anciens Médecins ont établi au¬ 
tant de genres différens de maladies dé 
î’tèil, qu’il y à d’èfpeces d’ophtalmie ,, 
& d’obfcurciffement de la vue. La plu¬ 
part de cesMédècins font témbés dans 
la même erreur, à l’égard del’Hiftoire 
naturelle qu’ils cultivoiént, comme it 
paroît par VIchtyologie de Rondelet., 
Cette erreur jette dans les Sciences 
une très-grande cônfufion, êc détruit 
l’utilité de toute méthode qu’on puilTé 
employer. Si les ophtalmies internes 
eufîent été connues aux anciens Maî¬ 
tres de l’Art, ils n’auroient pas regarde 
îa rougeur &: le gonflement de la con- 
joaâivecomme effentiels à la dé£- 



iiS Classe VII. 
nition de rophtalmie, ou bien ils au. 
roient rapporté ces maladies à des 
genres difFérens. 

XV. Otalgia ; Douleur dV 
reillej Dolor & fpajmus otaL 
gicus , Frid. HofFmanni, tom. 2. 
GU Grec ous , oreille j & algeicL^; 
douleur.. 

L’otalgie eft une maladie dont le 
principal fymptome ed une douleur 
violente dans l’oreille. 

La douleur en général eft propor* 
tionnelie au danger que courent les 
parties nerveufes de fe rompre, & à 
leur fenfibiiité. Toute rupture fuppofe 
une force proportionnée à la ténacité 
de la partie ; & fon aétion eft d’autant 
plus grande, que la partie à divifer eft 
plus mince plus tendue. Par exem¬ 
ple , on ne fauroit couper aV/ec des 
cifeaux un linge, un morceau de pa¬ 
pier, à moins qu’ils ne (oient tendus, 
il faut pour cafter une branche d’ar^ 
briffeau qu’elle /oit feche^pour rom¬ 
pre une petite corde flexible, qu’elle 
(bit féchée &: endurcie dans l’endroit 
i’Qn veut la Çojpie dQijç 



Douhurs de tête. Mal d^oreille, 
périofte de l’oreille interne, fur-tout 
du labyrinthe, eft extrêmement fec, 
extrêmement tendu fur les os par l’air 
contigu, & en même-temps très-min¬ 
ce , & qu’il en eft de même de la my- 
ringe & des membranes qui tapiflent 
les fenêtres, il eft aifé de comprendre 
que l’on doit fentir une douleur très- 
aiguë dans ces organes, lorfqu’ils fouf- 
ftent quelque violence de la part d’un 
corps étranger ; par exemple, un in- 
fede, un corps qui eft entré dedans, 
ou de quelque caufe interne, com¬ 
me le fpaftne des vaiffeaux, une in¬ 
flammation , la luxation des ofteîets, 
un abcès , &c» La douleur y fera plus 
vive que dans aucune autre partie, vu 
qu’il n’y en a point qui ait un fenti? 
ment plus exquis, à l’exception peut- 
être de la rétine, ni oii il y ait une 
plus grande quantité de filets nerveux. 
Cette douleur , lorfqu’elie augmente à 
un certain point eft accompagnée dé 
délire, d’infomnie , de convuifions,, 
d’une fievre aiguë, de i’engourdifle- 
ment des membres, & d’autres acci? 

. dens femblables. 

1. Otalpœ injtammatoriæy%ttmvMeti 
, lnÿ.ammatio aurium j Sennert Otal^^ 
iT^ammatom, A, 



^50 Classe Vtr. 

On la connoît à la chaleur, la rou¬ 
geur de l’oreille & des joues, à la dou¬ 
leur pulfative, à la fievre aiguë , la du¬ 
reté d’ouie, le tintement dont elle eft; 
accompagnée, & qui font fuivies d’in- 
fomnieS j de convulfions, de fyncopes, 
d’un froid dans les extrémités, & îou- 
vent même de la mort, à moins qu’elle 
ne fe termine par une réfolution, ou 
une fuppuration. 

Elle différé de la catarrhale par la pul- 
fation , la chaleur exceffive, & la fie¬ 
vre aiguë dont elle eff accompagnée ^ 
aüfli bien que par les principes pro* 
cathartiques. Les fymptomes font plus 
violens chez les jeunes gens, que chez 
les perfonnes avancées en âge, parce 
que les efforts de la nature font beaiv* 
coup plus forts dans les premiers que 
dans les féconds ; & c’eff ce qui fait que 
l’inflammation & la douleur font auffi 
plus vives. 

Il fur vient le feptieme jour une fup¬ 
puration & un écoulement de pus qui 
calment la douleur. 

On la guérit par des anti phîogiffi- ^ 
ques employés à temps, dont les prin¬ 
cipaux font la faignée réitérée, les po¬ 
tions délayantes;, nifâreiifes ; les émul^ 


' Douteurs de tct&. Mal oreille, 25 c 

fions avec la décoâion des fommité^ 
de pavot, les lavemens purgatifs, les 
fomentations émollientes faites avec la 
décoûion de mauve, les racines de gui¬ 
mauve , les catapîafmes avec la mie de 
pain , lé lait & le fafran. On verfera 
dans l’oreille du lait tiede , de l’huile 
d’amande douce récente, & cela à plu- 
fieurs reprifes, évitant tous les remedes 
âcres dont les Allemands font fi grand 
cas. On emploiera les narcotiques tant 
intérieurs qu’extérieurs, & l’on pur¬ 
gera le malade dès que la douleur fera 
calmée.; 

Cette maladie eft caufée par la fup- 
preffion des faignemens de nez, du flux: 
menfiruel & hémorroïdal ^ par la plé¬ 
thore dans lés jeunes gens, par le tranf- 
port de la matîere fébrile ,, un coup ^ 
une plaie aux tempes. Le malade court 
rifque de la vie avant le feptieme jour^ 
Lorfque la tumeur fe forme derrière l’o¬ 
reille , elle vient à fiippuration. Celle 
de dedans efi meilleure que celle de 
dehors ; elle efi: fuivie de cophofe om 
d’une furdîté. 

Toute douleur d’oreille caufée par 
un coup ou une chute eft mortelle,, 
lorfijue le malade rend de la fanie p^ 



232 Classe VII. 
les Qreilles, Rivlere, obf. i8. pag. 

1. Otalgia vcrminoja , Journal de Mé- 
dec. Vandermonde 1758 , pag. 

Otalgie vermineufe. D. 

Catdin avoit une douleur d’oreille 
qui le rendoit furieux. Chirur¬ 

gien à Arles , lui tira de l’oreille cinq 
vers d’un pouce de long , & ce qui 
paroît prefque incroyable, d’un demi-, 
pouce de large, fans qu^il en fortît une 
goutte de pus ni de fang. Ils étoient 
cachés dans le fond du conduit auditif 
externe > & ils ne furent pas plutôt 
dehors, que la douleur ceffa. Ces in- 
fedes étoient des nymphes provenus 
des œufs que quelque infoâe y avoit . 
dépofés. 

Ce cas nous fournit un exemple 
d’une paraphrénéfie phrénétique cau- 
fée par la violence de la douleur. Le 
malade couroit comme un furieux en 
jetant les hauts cris, & fe fut précipité 
dans le Rhône, fi on ne l’eût retenu. 

3. Otalgia. catarrhcüis , Ettmuller , 
Zacutus y,praxis i Otalgia notha de Nen.- 
îer; Oîdgie catarrhale. B. 

On la diflingue par fes principes pro* 
cathartiques , tels que le froid, un veM 
ftoid; humide qu’on a pris à 


Douleurs d& têu. Mal oreille. 135' 
aux oreilles étant échauffé. Les fymp- 
tomes font moins vioiens ; on fent une 
enflure & une douleur légère aittour de 
l’oreille, lac^peile efl: fouvent accom¬ 
pagnée du coryza, de la toux & d’une 
angine. On fent fouvent de la douleur 
dans le mufcle falpingo-flaphylin, & 
par une fuite néceffairej dans la trompe 
dCEuÂache , laquelle efl; accompagnée 
de fa diflraftion , du tintouin, de la 
fauffeté & de la dureté d’ouie , ce qui 
efl: caufe que le malade ne peut fouf&ir 
le moindre bruit. 

Cure. On la commencera par une 
faignée & des boiflons diaphorétiques ; 
on tiendra le malade chaudement, & 
on ufera de fomentations defîicatives 
& de remedes propres à hâter la tranfl 
piration. On lui rafera la tête, on le 
peignera fouvent, & on la lui frottera 
avec du fon pour en ôter l’humidité. 
Les fumigations aromatiques avec le 
fuccin , l’oliban & le fucre, ne font 
point à méprifer, non plus que l’ufage 
intérieur des narcotiques.. On appli¬ 
quera la mie d’un pain chaud fur l’o¬ 
reille , & même les fangfues y ainfî 
ç^Aretèe le confeille. 

Hoffmann efl d’avis qu’on applique. 



134 Classe VII, 
fur les oreilles une veffie remplie de 
décodion de fleurs de mauve , de fu- 
reau , de méliiot & de lait. 

Voyei la cure d’une otalgie compli¬ 
quée de migraine, d’une douleur dans 
le menton, le palais , la gorge & qui 
duroit depuis plpfieurs mois, par l’ex¬ 
tradion d’une dent cariée qui la cau- 
foit, chez Fauchart, obf. 4. pag. 408è 
du livre intitulé U Chirurgien Dentijle^ 

4. Otalgia ab intrujîs, Jonfton , idea 
medic. ab injeais , Jonflon , à forjiculis 
aliifque ephem. natur, Wolckame- 

ri, obf. 2éiT. Otalgie câufée par des 
corps étrangers, par des infedes, des 
perce-oreilles, &c. L. 

Wolekamer rapporte que des perce- 
oreilles étant entrés dans l’creillé d’un 
Tîomme, ils lui cauferent pendant vingt 
ans une douleur qui lui laiflbit à peine 
quelques intervalles de repos ; que la 
même chofe arriva à un autre à l’occa- 
fion de certains petits vers qu’il avoit 
dans l’oreille , & qui s’étoient gliflfés 
fous la peau du front ; & qu’on le gué¬ 
rit en lui mettant dans l’oreille de l’huile 
de genievre, & en le parfumant avec 
de la gomme ammoniaque. Charles 
Ray-ger, colUB. Acadlm^ tom, pag* 



Douteurs de tête. Maldêoreille, 

:lo6. parle d’une pareille maladie, la¬ 
quelle étoit caufée par des vers dont 
la tête étoit noire , qui avoient plu- 
fieurs pieds, & qui s’étoient engen¬ 
drés dans l’oreille enfuite d’un ulcéré. 
On calma la douleur avec des décoc¬ 
tions anthelminthiques. 

Fabrice Hitdanus rapporte qu’un pe¬ 
tit globe de verre étant entré dans l’o¬ 
reille d’un homme, il lui caufa pendant 
huit ans des douleurs cruelles accom¬ 
pagnées de plufieurs acçidens, qui ne 
cefferent^qu’après qu’on l’eut retiré. 

Un autre avoit dans l’oreille une 
exoftofe que les Chirurgiens prirent 
pour un corps étranger. Les efforts 
qu’ils firent pour le tirer, furent çaufe 
que le malade perdit la vie. 

Duvemey & Ettmuü&r parlent d’une 
otalgie caùfée par l’acrimonie du cérur 
men ; mais j’ai peine à croire qu’il 
puiffe produire un pareil effet. Vander- 
monde , Journal de Médecine , Février 
tyS8. pag. 146 , fait mention de plu¬ 
fieurs otalgies caufées par des infeftes 
engendrés dans le conduit auditif. 

On peut voir dans Heifter, Chirurg.. 
cap. FS. les moyens dont on fe fert 
pour retirer les corps étrangers qui 



1^6 C X A s s E VII, 
font entrés dans les oreilles. A l’égard 
des infeâes, on les détruit avec des 
huiles & des décodions ameres. 

Trallkn veut qu’on fe ferve d’une 
tente trempée dans la térébenthine, 
pour retirer les uns & les autres. Ri~ 
vierc prétend que rien n’eft meilleur 
pour en tirer les puces, que le poil de 
chien. 

XVL Odontalgia ; Mal aux 
dents J Odontagra , d'Heifter, 
Praxis. Dolor dentium , Sen->- 
nerti , Praxis, Rheumatifmus 
odontalgicus , de Fréd, Hoff¬ 
mann , tom. Z, 

On le connoit à la douleur didenfive, 
pulfative, mordicante, lancinante, &c. 
que l’on fent dans les dents, laquelle eft 
accompagnée d’infomnie , & quelque¬ 
fois de l’enflure de la mâchoire & de 
ptyalifme. Son fiege eft dans le nerf 
qui rampe le long du périofte interne 
de la dent, & quelquefois dans le pé- 
riôfte externe. 

I. Odontalgia cariofuy voyez P. Fau- 
chart, Chirurgien Dentifie , totn. /. chap. 
7. Mal aux dents caufé par la carie, 
B. P, 



Douleurs de tête. Mal de dents. 237 

C’efl: celui qui eft caufé par une 
carie humide de la dent ; car la feche ne 
caufe aucune douleur, La carie humide 
eft fimple, fcorbutique, fcrophuleufe, 
vérolique, &c. ou interne , celle-ci cor¬ 
rode les racines , ou l’intérieur de la 
dent , & provient de principes inter¬ 
nes; ou externe,^ elle affefte l’émail de 
la dent ou fon collet ; elle eft fouvent 
caufée par le tartre, un coup, & lorf- 
qu’elle ne pénétré point dans (a cavité, 
elle eft moins difficile à guérir que l’in¬ 
terne. 

On connoît cette efpece aux lignes 
de la carie qui font fouvent vifibles ; 
mais il arrive quelquefois que la carie 
eft cachée dans les interfticesdes dents , 
& dans ce cas elle fe manifefte par la 
couleur même de la dent, par le cure- 
dent, la puanteur de l’haleine, la dou¬ 
leur lancinante que caufent l’eau froide 
& l’air qui pénétré dans la bouche, par * 
un fentiment d’érofîon, par l’opini⬠
treté du mal, lequel n’eft accompagné 
d’aucune enflure confidérable des gen¬ 
cives , par les fiftules qui fe forment 
dans celle-ci, dont l’orifice eft entouré 
d’un bourlet, par le pus qui en fort. 
Cette maladie eft très-fréquente depuis 



2.3B C L A s S E VII; 
i’âge de 25 ans jufqu’à 50. Les tnolai-' 
res, fur-tout celles qui viennent les 
dernieres , font plus fujettes. à la carie 
que les incifives. On connoît qu’une 
dent eft intérieurement cariée à fa 
couleur, qui eft tranfparente comme 
celle des perles, outré que la douleur 
augmente, pour peu qu’on frappe def- 
fus avec un cure-dent de métal. 

Lorfque cette maladie eft invétérée, 
elle eft fuivie d’épulies, d’abcès, de 
la carie des alvéoles, & dans le paro- 
xyfme de fîevre, de fureur & de délire. 

Il Y quatre fortes de remedes qui 
conviennent à cette efpece. Le plus fur 
& le plus prompt, eft d’arracher la 
dent , & les Charlatans font infiniment 
plus propres à cette opération que les 
autres, à caufe de l’habitude qu’ils"s’en 
font faite. Le fécond , eft le cautere 
aâuel; on prend un fild’archal de même 
diamètre que le trou de la dent, on le 
fait rougir au feu, & on l’y infinité à 
differentes reprifes : il brûle à l’inftant 
le nerf, & arrête le progrès de la carie. 
Le troifieme eft de tremper un brin de 
coton dans de l’huile de canelle ou des 
girofle, & de l’introduire dans la dent 
cariée , après l’avoir auparavant bien 



Douleurs d& tête. Mal de dents. 239 
nettoyée avec un cure-dent. On peut 
à fon défaut fe fervir d’huile de lampe* 
Pour la conferver, rien n’eft meilleur 
que de la plomber, pourvu que la fitua- 
tion du trou le permette ; mais il faut 
attèndre que la douleur ait entièrement 
cefle. On peut auffi, comme le con- 
feille Faueharty les laver tous les ma¬ 
tins avec de l’urine chaude. Il eft vrai 

S ue ce remede n’eft pas agréable ; mais- 
eft aflliré, & l’on ne doit pas héfiter 
d’en faire ufage dans une maladie qui 
revient à la première occafion, lorf- 
qu’il y a piufieurs dents cariées. Une 
goutte d’efprit de fel infinuée dans la 
dent cariée appaife la douleur , & oti 
peut la prévenir en fe gargarifant tous 
les jours la bouche avec de l’eau de la¬ 
vande , ou de l’efprit de lavande délayé 
dans l’eau, 

2. Odontalgia gravidarum Mauri- 
ceau^ des maladies des femmes ; Fauchart, 
çhap. i^.pag. 202. Odontalgie des fem¬ 
mes enceintes. 

Les femmes groffes & les nourrices 
y font très-fujettes, foit qu’elles ayent 
les dents cariées ou faines ; & la dou¬ 
leur eft fi violente , qu’il eft à craindre 
que la fievre dont elle ed accompagnée^ 



240 Classe VII. 
n’influe fur le foetus &: fur le nourrif- 
fon. D’ailleurs il y a des femmes qui 
craignent fi fort les inflrumens de Chi¬ 
rurgie , qu’on a tout à craindre pour 
leur fruit lorfqu’on les met en ufage ; 
le Chirurgien doit donc employer toute 
fa fageiîe & fa prudence pour les ré¬ 
foudre â cette opération, &c n’y recoui 
rir lui-même que dans le cas ou elle eil: 
abfolument indifpenfable. 

A l’égard des nourrices, fi la dou* 
leur efl: violente , il faut leur arracher 
ia dent, de même qu’aux autres per- 
fonnes , quand même' elle ne feroit 
point cariée. J’ai vu ceffer des dou¬ 
leurs atroces qui avoient réfifié à la 
faignée & au laudanum, du moment 
que la dent a été arrachée , oucaflée 
avec l’iftrument, quoiqu’elle fût très- 
faine. Quant aux femmes greffes , la 
faignée efl; le meilleur remede que 
l’on puiffe employer pour les maux de 
dents. 

3. Odontal^cL catarrhalis , Juncker 
Fluxion fur la âmt. B. 

Cette efpéce efl caufée par un 
refroidiffement qu’on a pris pendant 
qu’on étoit échauffé , par une iranfpi- 
ration répercutée, foit que la dent foit 
faine 



Douleurs de tête. Mal de dents', 241 
faine ou cariée. La douleur s’appaife 
pour l’ordinaire dès que la joue s’enfle. 
On la diftinge par les caufes qui ont 
précédé, & en ce qu’elle n’aftefte point 
leulementune dent ou deux, mais tou¬ 
te la mâchoire du même côté. La gen¬ 
cive s’enfie aufîi, & cette enflure efl 
accompagnée d’im ptyalifme abondant, 
qui efl quelquefois précédé d’un fenti- 
ment de froid, de toux, d’éternument, 
d’angine & d’autres fymptomes du ca- 
tarrhe.La douleur n’efl ni fi violente, ni 
fi aiguë que dansja carie, & on l’appaife 
par une GU deux fàignées, en fe lavant 
la bouche avec du lait & de l’eau tiede, 
par une ■ diete fudorifique , avec des 
narcotiques & desfialogogues , tels que 
le tabac à fumer, en mâchant de la ra¬ 
cine d’eilebore fétide, en appliquant fur 
les tempes un emplâtre de réfîne tac^- 
mahaca, dé gomme caranna, d’huile 
de maftic & d’opium; en mâchant des 
pâftilles faites avec le poivre , le gin¬ 
gembre , U graine de flaphifaigre, le gi¬ 
rofle , la canelie, ou telle autre drogue 
fembîabîe, que l’on pulvérife & dont 
on fait de petites boules, ou que l’on 
tient en fubftance dans la boiiche. Il efl 
bon aufli de parfumer des morceaux de 
Tome VL L 



242- C L A S S E VIL 
drap avec du fuccin, du fucre, de l’en- 
cens,&c. ôc de les appliquer tous chauds 
furies joues. Dès qu’une dent eft cariée, 
on doit s’attendre que celle de l’autre 
côté qui lui répond & qui lui eft paral¬ 
lèle , le fera aufîi l’année d’après. 

La carie feche ne caufe aucune puan* 
teur d’haleine , ni aucune douleur, 8 ^ 
ne fait pas beaucoup de progrès, & de 
là vient que les plus habiles Dentides 
font d’avis qu’on n’y applique ni le fer 
ni te feu. 

4. Odentalgiafcorbutica'E.xxgd^em, dz 
fcorhum. Lind^ figna prima pcriodi. Fau- 
ehart, tom. i. pag. 266. O domainefcor-^ 
hutique, L. , 

Elle conflfte dans une démangeaifon 
accompagnée de l’enflure & du faigne- 
ment des gencives & de la puanteur de 
l’haleiae. Elles deviennent en peu de 
temps d’un rouge noirâtre , molles , 
fpohgieiifes, fonguéufes, & elles tom¬ 
bent en pourriture. Ces accidens font 
précédés de la pâleur & de l’enflure du 
yifage , de lafüîude, de la couleur ver¬ 
dâtre des levres & de la caroncule la¬ 
crymale, d’en gourdiffement & de foi- 
bleffe dans les genoux, &: des autres 
jÊgnes du feorbuî. 



Douleurs de tète. Mal de dents. 145 
Les dents deviennent noires, elles fe 
découvrent ,branlent, & tombent pour 
î’ordinaire d’elles-mêmes êi fans dou¬ 
leur, Cet accident eft fouvent accom¬ 
pagné de leur carie, de celle des os de 
la mâchoire, de fillules & d’hémorra¬ 
gies ; & indépendamment de la déman- 
geaifon infupportable par laquelle cette 
maladie commence , il furvient affez 
fouvent des douleurs très-aiguës. 

. Outre les remedes généraux, inter¬ 
nes dont on ne peut abfolument fe paf-. 
fer, il y a encore des topiques dont on 
-doit faire ufage;&; i pour prévenir 
cette maladie, il faut fe laver la bouche 
-après les repas.avec un mélange d’eau 
d’orge &; de canellè , ou bien avec du 
vin rouge dans lequel on aura fait bouil¬ 
lir des balauftes, . Dahs rodontaîgie , 

on coupera avec des cifeaux droits ou 
courbes les gencives tuméfiées qui fe 
trouvent entre les interftices des dents 
les unes après les autres, & on les pref-, 
fera pour en faire fortir le fang. -Cette 
opération ne caufe aucune douleur, Sc 
appaife celle que l’on fent, après quoi 
on fe rincera la bouche avec du miel 
rofat & d& vin chaud. Au cas que le 
malade craigne les cifeaux, on les perr 




144 Classe VIL 
cera avec un cure-dent pour en faire 
fortir le fang. 

- Si les gencives s’ulcèrent, ou fi les os 
fe carient, on fe lavera la bouche plu-' 
fieurs fois par jour avec une décoûion’ 
de feuilles d’hyfope, de fauge, de co- 
chlearia, de romarin , de fyfimbrium 
aquatique dans du vin blanc mêlé avec 
de l’eau, après y avoir ajouté quelques 
drachmes d’efprit de cochlearia. 

’ Quelques-uns emploient pour cet 
effet i’efprit de fel marin , ou celui de 
vitriol, qu’ils délayent dans trois fois 
autant d’eau rofe ou de plantain ; d’au¬ 
tres mêlent quelques gouttes d’efprit 
de fel avec du miel rofat, & en oignent 
les levres & les ulcérés des gencives , 
évitant de toucher aux dents. Quant à 
moi, je préféré le jus de citron ou d’o¬ 
range à tout autrer emede; & à leur dé- 
feut, je confeille au malade de mâcher 
plufieurs fois par jour des feuilles de 
cochlearia,de fyfimbrium, d’ofeille. &:e. 
Voyez Stomachac&y parmi les flux de 
fang, Glaffe IX. 

5. Odontalgia dmtîtionîs ; La den¬ 
tition. A. 

Les enfans font fujets depuis l’âge de 
fixmois jufqu’à celui d’un an ôc au delà j 



Douhün de tête. Mal de dents. 14J 
à des maux de dents fi vieléns, que 
plufieurs en meurent. Bien des ^ens s’i¬ 
maginent faufTement que eette douleur 
efl: caufée par la difficulté que les dents 
trouvent à percer les gencives, & con- 
feillent de ies percer avec une lancette 
ou avec les ongles. Quant à moi, voici 
deux chofes que j’ai obfervées dans l’ef- 
pace d’un mois. Environ vers le pre¬ 
mier,. &: avant qu’il paroiflfe aucune 
dent, les gencives s’enflent, devien-* 
nent douloureufes , prennent une for¬ 
me quarrée, &, comme difent les nour¬ 
rices , elles deviennent doubles , & 
pour lors ilfurvient des démangeaifons 
& des douleurs infupportables qui obli¬ 
gent les enfans à mordre tout cè qu’on 
leur préfente. Les nourrices s’en apper- 
çoivent à ce que l’enfant ferre étroite¬ 
ment leur mamellon , &: a la bouche 
extrêmement chéude, il efl altéré, Hine 
peut dormir, il crie,-il efl inquiet ,îê£ 
cependant ïLne pleure point. Là fievre 
leiprehd;,. fo;mvifage devient rouge, il 
efl: attaqué dè vomiflèmens, de diar^ 
rhées & de mouvemens convulfifs, &c. 
Après que cet orage éft pafle ^ que ila 
douleur des i^ndves ; éft appaiféu^^ 
& iorfque les .nourrices .nl]r-f enfeifl 
L iij 






246 Classe VII. 
plus, les premières dents commencent 
à paroître, quelquefois dans l’efpàce 
d’un mois. Les deux incifives de la m⬠
choire fupérieure fortent les premières j 
un mois après ou environ, les incifives 
inférieures fortent à leur tour, & en- 
fuite les molaires, mais pour l’ordinaire 
fans caufer aucune douleur. ~ 

- Les dix premières dénts de chaque 
mâchoire tamberif vers l’âge de fept 
ans, & il en vient d’autres à'ieur place.' 
Biles paroifiènt n’avoir point de racines j 
,& ce n’efi: que la couronne feule quife 
détache & qui tombe. Cette fécondé 
dentition ne caufe aucune douleur non 
plus que la chute-4^s dents ; les molai¬ 
res ne tombent prefque jamais. On pré¬ 
tend cependant qu’à Paris les enfans, 
à qui les, dents molaires pouffent, ce 
qui arrive vers râge.de; fix ans, font 
fujëts a des douleurs de dents fi viblen? 
tes, qûe .pîufieurs en; meurent, ce qui 
n’arrîve point chez nous. Lès dents, qui 
tombent aux enfens dans les deux mâ-, 
çhoires fontles quatre incifives^ les deux 
canines, Sc les ; quatre premières mo¬ 
laires^ dontiln’y a que deKX;qui tom¬ 
bent quelquefois, /^oyg^çla . Cure de^ la 
dentition chez .tous; les Auteurs, j . 'J 



JDouhurs de tête. Mal de dents. 147 

6. Odontalgia anhntica , Mufgrave , 
de anhritide , cap. 4 ; Odonta:gie arthri¬ 
tique. 

C’eft celle qui attaque les perfon- 
nes goutteufes, lorfque le venin de la 
goutte quitte les pieds & fe répand dans 
le corps. Il fe jette fur les futures du 
crâne, & quelquefois fur les dents; 
&: dès que la goutte revient, le mai 
de dents ceffe. 

Je ne dirai prefque rien del’odon- 
talgie vermineufe; car quoique M. An» 
dry affure avoir vu des vers dans les 
dents cariées, que Leeuwenhoeck pré¬ 
tende qu’il y en a plus dans une goutte 
de falive , qu’il n’y a d’habitans dans 
les Pays-Bas; il y a plufieurs raifons 
qui m’obligent à ne point ajouter foi à 
ces fortes de récits. Loefekius, obfervi- 
pag. 6 ' 6 ', dit avoir vu un ver à deux 
queues dans une dent cariée ; j’ai vu 
moi-même quelque chofe de femblable; 
mais ce que d’autres prenoient pour un 
ver , ne m’a paru qu’un petit morceau 
de nerf ou de vailTeau coupé. 

7. Odontalgia heemodia;UagBCQment 
des dents , vulgairement appelle Engour- 
diffement des àtnts, Jîupor dentinm. 

C’eft une feniation incommode dans 
L iv 



24^ Classe VIL 
les cients ,,occafionnée par des fruits 
acerbes, des fucs aigres, parleur frot¬ 
tement , laquelle n’eft connue que de 
ceux qui l’ont éprouvée. 

Les rachitiques y font plus fujets quC/ 
les autres, à caufe de leur extrême 
fenfibiiité. Ce ne font pas feulement les 
fi-uits acides , comme les cerifes , les 
grofeilles rouges qui agacent les dents, 
mais encore le fucre, fur-tout le candi. 
Le bruit de la lime, du üege que l’on ' 
coupe , produit auffi le même effet ; la 
douleur augmente dans l’infpiration-, = 
empêche la maftication ; mais elle eft 
paffagere , &: ne mérite pas qu’on y 
laffe attention, 

les dents font de tous les os du 
corps les plus petits & les plus durs , 
& ceux par conféquent dont le ton eft 
le plus aigu par les lois de l’acouftique ^ 
d’où il fuit que les fons externes, qui 
font extrêmement aigus, doivent agi¬ 
ter leurs fibres offeufes, & y exciter 
un grand nombre de vibrations, & que 
ces vibrations doivent être difcordan- 
tes, s’ils font eux-mêmes difcordans; 
& c’eff ce qui caufe ce tiraillement dou¬ 
loureux , que l’on appaife à l’aide de la 
chaleur. 



DouteuH- de tétCi- Mal dé dents, 2,40. 

8 . Odontalgmjtyfierka ^-r^zn^vt, :de 
morbis vaporojis , pag. x 6 ; Odontalgie 
hyftériqué. B. 

9, Odontalgia Jîomachica ; Mémoires 
des'Académiciens'étrangers, wm, 3. 

J^.^g-.4^3- ^ . : 

Ç’eft 'uné dôqléur aiguë des dentS- 
& des gencives, qui paroît dépendre 
de la fabürre de renomac, & qui s’ap- 
paife par le vomiffement. /^oyqles Aâr. 
Phyf. de Médecine , tom. 3. ^63. 

App&pd7 ' \ - 

Ndtà:Kyrt àévro\i rapporter à cet or^î 
dre la Jlomalgie , la glojfalgie ; mais ces 
fortes dè douJeursTfont des fymptomes 
qui appartiennent à d’autres maladies, 
telles que le catarAe, le rhumatifme, 
refquinancie, Pangine^ les aphtes , le 
car oinomé, doütiheft feit mention dansr 
leursfHeux. 



ORD R È T R OISIE M Ê: 

^ pE\ ppiTîtmÉy. 

fon,t j)rîncipalem€nt la p^èripn^i^ - 
Âioriré ^,1a pl^îréfi'ëff{â 9 mi|^ 
inîiâniB^tbires j'ia dbuléùrde |bitnne^ 
St la pneumonie , parmi lesVéfbufe- 
îtténs ; Ia'palpitation, parmi'|é^ Eàôûÿe-V 
mens cbnvuiü'fê.' On doit (idhc;y rap-' 
porter le^ douleurs de i’oefpphage'&jdu 
cceur.: ’ ■ '-''■■"M i--' '/ . r 

;;; ■ AjVv' : . l-l e"! 

XVIL DysfhAG^ iA / Diff.cühl 

(Tavaler, ■ 

unis -dïlfîeulté St ^uiiendouîeurl 
cpii .àcçQînpagnédü&. empochent f^ier> 
fouvent la déglutition ou la îmalhca^»! 
lion, fans gêner la refpiration ; en quoi 
elle dilFere de l’ang^./ 

I. Dyfpkci^ia^âjrnodica, Prié.. HofF» 
manni, tomn , pcig.^ lyo;^ Spafmus gulcep 
Difficulté d’avaièC.^afmodique. B. 

Elle ed: eauféé‘par la Gontràâiort 
fpafmodique de l’œfophage laquelle 
affeâe tantôt fa partie fupéiiere, 
tantôt fa partie inférieure.. 






Douleurs ds poitrine i &c. 

Les fymptomes communs à tous les 
fpafmes, font le tefroidiffement des 
pieds, le tremblement des extrémités, 
le friflbnnement, la conftipation, les 
flatuofités, les borborygmes, les maux 
de ventre, le murmure des inteftins ^ 
les naulées, les cardialgies, la pâleur 
de l’uriné, la dureté du pouls, &c. 

Les lignes qui indiquent le fpafme 
du pharynx, font la difficulté d’avaler 
les alimens tant folides que fluides , & 
la douleur dont elle efl; accompagnée, 
la conftriâion & la rigidité des parties 
yoifines, la douleur, la difHcuIté de fe 
mouvoir, la fuffocation, une fenfation 
pareille à celle que cauferoit un pieu 
flché dans la gorge , ou un corps qui 
voudroit en fouir, la perte de la pa-' 
rôle. Tous ces fymptomes reviennent 
par intervalleV& font quelquefois fui^ 
vis de convulfiôns ou d’éclampfie. Les 
Agnes du fpafme rie la partiè inférieure 
de Tœfophage, font la fenfation caufée 
par des alimens qui s’arrêtent dans le 
conduit même de l’œfophage, princi¬ 
palement près de l’eflomac , laquelle 
augmenté iorfqü’on avale de l’eau froi¬ 
de 5 le foulagement que procure Teaii 
chaude, line douleur dans l’épine entre 



1^2 Classe VII. 
les omoplates, les efforts pour vomir» 
les rapports, un écoulement de muco- 
lîté limpide. 

Cette efpece accompagne fouvent 
l’opifthotonos. Forejl, lib. lo. obf. iiz 
& 11$-^ Bonet, de opijlhotono, in Se- 
pulchreto. 

Cure. Elle exige des anti-fpafmodi- 
ques, que l’on varie félon les circonf- 
tances. 

2. Dyfphagia hyjlerica ; Dyfphagie 
hyftérique. L. 

Je connois une femme hyfférîque, 
qui, entr’autres maladies dont elle eff, 
affligée , ne fauroit manger qu’elle ne 
craigne à tout moment d’être fuffb- 
quée; elle eff; obligée à chaque mor¬ 
ceau qu’elle avale de boire un verre 
d’eau ; & comme elle regarde cette 
conduite comme contraire à la bien- 
féance, elle s’eft réduite à manger feule 
depuis un an & plus. Elle a été enfin 
guérie de cette incommodité par l’exer¬ 
cice, & i’ufage des bains & du lait, 
Perfonne n’ignore que ks femmes 
hyftériques fentent dans le temps de 
l’accès un reflerrement de gorge qui 
les empêche de rien avaler, ce qui 
vient du fpafme dont i’oefopbage la 



Douleurs de peitnne^ &c, 
trachée artere font afïeûés ; mais cette 
afFeûion eft paffagere , & n’eft point 
comparable pour le danger au fpafme 
du pharynx. 

'^rDyfphagla paralytîca, Y2x1 
ten, tom. /. pag. y02.. Frid. Hoffmanni, 
ibidem^ pag. 1^0. . 6. Foreftus, lïb^ 

16. obf. ^o. Ne feroit-ce point la Dyf- 
phagie compliquée de la toux ? Dyf-. 
phagic caufée par une paralyjîe, L. 

Cette efpeee ell: caufée, à ce qu’oti 
croit, par l’atonie & la réfolution des 
mufcles qui dilatent le larynx. Cette 
difficulté d’avaler n’eft point interpolée 
comme les premières, mais continue , 
les alimens regorgent par la bouche 6c 
le nez, 6c shnfinuènt quelquefois dans 
le larynx. Tulpius, lïb. 1. cap. 44. rap¬ 
porte un cas dans lequel la déglutition 
étoit entièrement interceptée , le vi- 
fage pâle, les parties voifines molles 
6c flafques ; ce qui eft extrêmement 
dangereux. 

Vous trouverez dans les Mémoires de 
VÂcadémie des Çurieux de la Nature , 
plufieurs exemples de dyfphagies cau- 
îees par une apoplexie luivie de para- 
lylie, lefquelîes; demandent le mémo 
traitement^que celle-ci. Pans cette 



%^4 Classe VII. 
efpece , on avale les alimens folides, 
mais non point les liquides. Voyez 
Manget , BibLioth. Med. de p^iralyji ^ 

770 - . , . V 

4 - Dyfphagia pharyngea , Deidier, 
Confultation. tom. j. pag. goS. par des 
excroiffances, des fongus, des verrues 
dans l’œfophage, voyez fynopfim Acad^ 
natur. curiof, au mot Déglutition 
l’accroiflement du thymus, Bonet, yê- 
pulchret. obf. lo. pag. gg. par un offelet 
formé derrière le larynx, Acad.natuf. 
ciiriof. decad. a. obferv. n6'. TuIpiuS j 
lïb. i. cap. 44. L. 

Cette efpece affeâe la partie fupé- 
rieure de i’œfophage, ce qui eft caufe 
qu’on a de la peine à avaler les ali¬ 
mens folides ,& qu’ils regorgent par 
la bouche & par le nez. Lorfque le paf- 
fâpe eft tout-à-fait fermé , le' malade 
përit fauté 'de nourriture-, finon il efl 
réduit à ne fubiider que de bouillons. 
On peut rapporter ici robfervation du 
Doâeur Coulas, inférée dans les Mém, 
dé VAcad, dit Montpellier , au fujet 
dnn hygromé ■ qu’une femme rendit 
dérniérèment par la bouche , & qui 
étoit de la groffeür d’un œuf de poule.i 
; 5. Dyfpkagia œfophagea , Coiter , 



Douleurs de poitrine, : &c. 5 r 

ofrjèryae^ ànat. Deidier, confult. tom. 3. 
pàg. 327. par l’obftruâion de la partie 
inferieure de l’œfophage caufée par im 
fqüirré, Fernel , cap. r. lib, S.. 

par la' câllofité de; l’aorte , Dodonëe y 
Cap. 307- Berriveriï , de ‘àbditis 
ttU' fqüirifè^ians î’eflomaG'^ vaj/e^ Coi- 
ter par üri tubercule chancreux dans 
l’œfophage-y Bon et ^fepUlchreupag. 3#. 
obf. a. pari-l’eudurcifTeiftent cartilagi¬ 
neux de^ l’defophage , ^ idem ,i p^ÿ- 32. 
obfi-S. -■ ^-^-par une' glande 
fophâg€>, Vtfbeyen &;;Heiftéï'3'" 
d&fœ^hiige. ^. h'-r^-v ; l ^ 

*7 Cette éfpece eft -cauféé par^ des-f 
îneürs, fôit extérieures , foit intérieiti 
res qui fe forment un peuau-deffous dii 
milieu du coii^iit^é rœfophagêy é^upar 
le ^réW-éGÎfFeih^t'piême de^ Gé'bonduitÿ 
éomine ' cela -pàroît; -^ar da - trentïêriiè 
èbprvatibj^ ^^ÛeûYniûs-. Où^ "avale"' à' là 
vérifé les alimens; ittaas'lorfqu’ils font 
arrivés dans l’endroit où eft l’obftruc- 
tion y lis fie peuvent plus avancer j,: &• 
lis regorgent- par la-bOüche.' i’e- 
xemple dyfph 'agiê caùfk pup la}Jë‘ 
chèréffi &■ Ip^réiféii^înem^e Cizfoph'agd's, 
énfiiite a une fiévré^chaude Y^àhs le- Jepu% 
chret,"ÛQ'^Qmtyùbf. i/^ = 



Z)6 C L A s s E VI!. 

6 . Dyfphagia laB&ntium^'^QnçXy 'fi->f^ 
pulchra. obf. â. Dyfphagie des enfans 
à la mamelle. 

Il ne s’agit point ici de celle qui e 4 
caufé® par l’obftruftion, l’endurcilTe- 
ment, le refferrement du pharynx, oui 
du larynx, ou par tel autre yice fem-? 
blable; mais par un trou au.paîais, par 
réroflon, la confomption de la luette, 
ou par l’abfence du voile'du palais. 

. 11 faut pour pouvoir avaler, que le 
"morceau .louffre une plus^ grande coin- 
prelhon dans îa gorge que vers l’Gefopha- 
ge ,& qu’il defcende enfuite dans l’eftor 
mac ; fi donc le voile du palais & la lue tte 
manquent, les arrieres-narines n’étant 
point bouchées, oppoferonfurie moin¬ 
dre réfifi^ce au morcéau, & il regor¬ 
gera par le nez , quelque libre d’aifeurà 
que foit l’oefophage. J’ai connuntrois 
hommes qui font nés avec le ?paîais 
troué, aufli ont-ils la voix extrême¬ 
ment défagréable. Ils ne purent .te'ten 
dans leur enfance que lorfqu’On eut 
trouvé des.nourrices dont le maniellori 
fut, affez long pour atteindre au-delà 
4é ce trou. Cefi-là fans doute çe^qûi 
fit périr l’enfant de zmîi qu’on 

peut le voir dans l’endroit , ôc 



Douleurs de poitrine^ &c, 15-7 

dans les Mém. des Cur. de la nat. décad, 
7.. obf. 6. Voye^ auffi robfervation de 
'Salmuth. 

-Cette efpece n’attaqiie prefque que 
les enfans, & l’on ne doit point la con¬ 
fondre avec cette difficulté de teter, 
qui ed caufée par d’autres principes, 
par exemple , par le frein de la langue. 
Lorfqu’on n’a pas foin de le leur cou¬ 
per , iis ont peine à teter, & ils refu- 
îent la mamelle ; mais ils n’ont aucune 
. difficulté d’avaler, au moins que je f⬠
che , & c’eft aux Médecins à faire là- 
deffiis de plus amples recherches. 

7. Dyjphagia tujjîculofa , voyez Fa- 
bric. Hlldanus, obf. gcent. i. L. . 

C’eft ceHe dans laquelle on ne fau- 
roit boire qu’on ne coure rifque d’être 
fuffoqué à caufe que la boiflbn tombe 
dans la trachée artere. J’ai connu un 
yieillârd qui ne pouvoit avaler la moin¬ 
dre goutte d’eau ni de bouillon , qu’il 
ne fût auffi-tôt attaqué d’une toux & 
d’une fuftocation. Hildanus prétend 
que cet accident eft occafionné par l’é- 
paiffiflement : de ' l’épiglotte , enfuite 
d’une fluxion catarrhale qui empêche 
de fermenla glotte lorfqu’on boit. P, 
Barbette rapporte quelque chbfe de 



258 C t A s s E VII. 
femblable, qu’il attribue à l’endurcifle- 
ment de l’épiglotte ; & il a raifon de 
regarder cette maladie comme incura¬ 
ble, Il obferve que les alimens folides, 
quelque gros qu’en foient les mor¬ 
ceaux , paffent plus aifément que la 
boiffon. Foreftus, lib. i 5 . obf. ^o. 8c 
après lui Fréd. Hoffmann attribuent 
cette efpece à la pamlyfie de l’œfo- 
phage. 

8 . Dyfphagia hydrophobica ; AB. Societ. 
Reg. Monjp. Dyfphagie hydrophobi¬ 
que , obferyée par M. Hagmnot, 

Il paroît par l’obfervation de cet Au¬ 
teur , de même que par celles que 
d’autres ont faites , que les hydropho- 
bés avant que de devenir enragés , fe 
plaignent principalement d’une diifi- 
culté d’avaler, qui n’eft cependant ac¬ 
compagnée d’aucune dyfpnée. Le Doc¬ 
teur Lamorier , cité dans cette hiftoire, 
examinant un payfan , lui mit le doigt 
dans la gorge pour découvrir la cauie 
de cette difEcuîté, ÔC n’y put rien dé¬ 
couvrir ; ce qui n’eft pas étonnant, vu 
que les lacunes d’où fort le virus hydro¬ 
phobique font cachées dans l’œfophage. 
Il ouit dire/le lendemain à ce payfan, 
non fans frayeur, que fa rage étoit par- 



Douleurs de poitrine ^ &c. zfçi 
venue au point, qu’il dévoreroit une 
armée entière. Si cet habile Démonf- 
traîeur eût fu qu’il y avoit une pareille 
efpece de dyfphagie, ilfe fût bien gardé 
de mettre ion doigt dans la gueule du 
loup, ce qu’il fit pourtant impunément, 
fauf à n’y plus revenir. 

^. Dyfpkagia naufeofa , Bonet, fe^ 
pulchret. pag. tom. a. B. 

Cette elpece efi: caufée par les nau- 
fées & par la contraôion fpafmodique 
de l’eftomac qui en eft la fuite, ou par 
l’exulcération de î’œfophage , ou par 
des fucs âcre? contenus dans l’eftomac, 
ou par la répugnance que l’on a pour 
certains alimens. Voyez les Mém. des 
Cur. de la. nat. centur. /. ohf. 6'. Les ma¬ 
lades s’efforcent d’avaler, mais ils en 
font empêchés par ies«naufées , le ho¬ 
quet & le vomifTement quifurviennent. 
Cette efpece eft quelquefois caufée par 
un ulcéré , & l’on peut voir ce qu’en 
difent Vander Linden & Torti, de /è- 
hrib. pag.igz, \ 

10. Dyfphagia à deglutltls ^ Vaterî,’ 
dljj’crt. ab ofjkulo infixo pone tonjillàs 
fubjijlème^tyiQxnerhvoeck ., anatom. lib, 
a. cap. A deverato ojjîculo & eo ri- 
jeB.0 injlammatiene cefophagi per^jiehee ^ 



16^0 Classe VII. 

Fabric. Hildani, cmt, 5 . ohf. jJ. Ab efu 
feminis frgopyri^ aH. nat. cur. dccad, 
ann. 3. obf, 6. A fumo nicotiana , ibid. 
ann. /. obf. yc), Afrujlo cibi folidi , Frid. 
Hoffmann, confult, cafu & Forefti , 
üb. 16. obf. z8. ' . 

On peut voir chez Heijîer & Fâbnc.^. 
Jlildanus les moyens dont on fe fert 
pour retirer ces corps à moitié avalés. 

II. Dyfphagia à daturâ , Grugeri, 
ephem. germanic. decur, j. pag. 8^. P, 

La femence de datura ou de ftramo- 
nium caufe à ceux qui en mangent une 
, dyfphagie accompagnée d’étranglé? 
ment, de fuffocation, de vertige, de 
parapîirénéffe & d’extafe dans laquelle 
les malades fe forgent mille chimères. 
Bien n’eft meilleur pour calmer ces ac- 
cidens qu’un gargarifrrie de figues, de 
raifins fecs & de régliffe. La thériaque 
efl; bonne pour provoquer la fueür,;& 
les poudres abforbantes pour détruire 
les reffes du poifon. J’aimerois mieux 
commencer par donner un vomitif au 
malade, & lui faire avaler enfuite. du 
vinaigre. 

..On peut voir plufieurs effets du da¬ 
tura à l’article de la paraphrénéfie. 
î 2. Dyfphagia a farcomate , Hanne- 



Douleurs de poitrine , &c, t 
jnani , colkHan. Academ. tom. ^. pag. 
604. Dyfphagie caufée par un farco- 
me. L. . 

Une femme fut attaquée enfuite d’un 
abcès dans l’œfophage , d’une dyfpha¬ 
gie occafionnée par une excroiffance 
ou une caroncule qui lui fuccéda, '& 
qui bouchoit entièrement le paflage aux 
alifnens. On lui fit deux fois l’opéra¬ 
tion , mais n’ayant pas voulu fe fou- 
mettre à la troifieme, elle mourut de 
faim. Voyei(^ fur cette efpeee Pobf. -14. 
de tappend. fur la cent. 4. de Rîviere & 
Tuipius, lib. /. oè/i-44. 

J. Rhodius , centur. %. obf 4(T. parle 
d’une dyfphagie caufée par un farcome 
vénérien. = 

Dyjphagîa abfehirro , Joan. Rho¬ 
dius, cent. 2. obf. 47. Otto Heurnius, 
Dyfphagie caufée par un fquirre. 

Le Doâeur Coulas a vu dernière¬ 
ment une dyfphagie caufée par un hy 
grome de la groffeur & de la couleur 
d’un œuf de poule, lequel étoit placé 
à côté entre la bafe de la langue & du 
larynx. La malade le rendit par la bou¬ 
che, & fut parfaitement guérie. Cet 
hygrome contenoit une eau jaunâtre 
qui ne fe fîgeoit point au feu. F'>ye^-en 



26i Classe VIL 
rhifioirc dans Us Mémoires de la Société 
Royale de Montpellier, , 

14. Dyfphagia canina. Effais d’Edim¬ 
bourg , tom. IL art. /i. Dyfphagie 
canine. 

Dyfphagie caufée par un fquirre autour 
'de Ücefophage , par J. Taylor Médecin à 
Edimbourg,. 

Douleur fixe au-défibus du cartilage 
xyphoïde, difficulté d’avaler les alimens 
foîides, que l’on rend avant qu’ils foient 
arrivés dans l’eflomac , pefanteur & 
douleur dans la partie inférieur de l’œ- 
fophage. La maigreur & la foifileffe aug¬ 
mentent de jour en jour à mefure que 
ces tubercules fuppurent ; il furvient 
une petite fie vre accompagnée de fueurs 
noôurnés , qui s’appaifent lorfqa’on 
rend ces tubercules. Les malades meu¬ 
rent après avoir long-temps fouffert. 
Les chiens ont dans la partie inférieure 
de l’œfophage une glande, qui porte le - 
nom de V&rcelloni qui l’a découverte 
le premier, dans laquelle il s’engendre 
fouvent un petit vermiffeaurouge.Lorf- 
que la dyfphagie eft, caufée par i’en- 
fiure de cette glande, ou de telle autre 
femblable, on lui donne l’épithete de 
&anine. 



Douleurs de poitrine 1(33 

La dyfphagie canine, comme l’ob- 
ferve le D. Pringle^ fe manifefte par un 
vomiffement qui furvient dès que l’on 
a mangé , mais qui n’a rien de violent, 
& dans lequel il femble qu’on remâ’* 
che les alimens qu’on a pris ; mais dans 
la fuite les forces diminuent, l’habitude 
-du corps s’altere , le malade eft tranfî 
de froid,même dans le cœur de l’été, 
& il tombe enfin dans le marafme. Lorf- 
qu’on l’ouvre après fa mort, on trouve 
î’œfophage couvert depuis le milieu en 
bas d’excroiffances fquirreufes , qui 
laiffent à peine un palTage pour la fonde. 
A&. d’Edimbourg, tom. 2.. art. Z4. 

1 5. Byfphagia Fxlfalviana , Valfalve 
de Voreille , chap. 2. n^,zo. 

Il arrive quelquefois, lorfqu’on avale 
de trop gros morceaux , que les muf- 
çles hyopharingiens foulFrent une difi* 
traéfion violente, & que les appendices 
de l’os hyoïde fe luxent. J’ai connu une 
femme à qui cet accident arriva en ava¬ 
lant un morceau de chair de bœuf co¬ 
riace. Elle crut, & plufieurs autres per- 
fonnes crurent aufii que le m.orceau lui 
étoit refté dans la gorge, & elle mit 
tout en ufage pour le retirer fans pou¬ 
voir y réufîir. Il y ayoit déjà trois jours 



1^4 Classe VII. 

qu’elle ne prenoit aucune nourriture, 

& elle me fit appeller. Je foupçonnai 
après l’avoir examinée, qu’il y a voit 
une luxation dans les appendices car¬ 
tilagineux de l’os hyoïde , & me fer- 
vant des connoiflances que j’avois dans 
l’Anatomie, je fis fi bien, que je la ré- 
duifis ; de forte que la malade que l’on 
croyoit perdue fans reffource, fut en 
état de prendre du bouillon & de man-i 
ger fans fentir la moindre difficulté dans 
la déglutition. Voilà ce que rapporte 
Valfalvc. 

i6. Dyfphagiaan&vryfmatica^'M.org^.- 
gm^Q^'Â> XVIf, i8, Z5. Dyfphagic eau* 
fée par un anévrifme. ^ 

Ona plufieurs exemples de dyfphagie 
caufée par unanévrifme de l’aorte qui 
comprime l’œfophage, &; ce fymptome 
peut contribuer à établir le diagnoflic 
de cette efpece d’anévrifme. 

17. Dyjphagia à lahario. L’Ill. Lin- 
næus donne le nom de laharïum , à la 
chute ou à la vacillation des dents , ce 
qui empêche , ou au moins gêne la 
mafiication. 

\%.Dyfphagiaà jiccïtate; Dyfphagie 
caufée par la fécherefFe, B. 

C’efl une difficulté d’avaler les ali- '' 
mens 



Douleurs -d& poitrine y ^c. ±S f 
îîiens folides & fées , occafionaée par 
îa féchereffe du gofier. Cette efpece 
s’obferve dans la fynoche & dans la 
tierce continue ardente. Bonet ,fepuL^ 
chr. obf. /4. Ainfi que dans ranaferquè 
& dans l’hydropifie afçite. 

Canafarque. Elle efl audi occa^onée par 
îa fumée de la nicoîiane, epkempt> uàu 
çur, dec. Iii. ann. I. obf y Enfin cette 
efpece a aufii lieu , lorfqu^on ufe inté* 
rieurement de l’extrait de mandragore , 
vde jufquiame Elanche ou noire &c. 
de la S oc. R. de Montpellier. ' \ , 

19. Cyfphagia ah hypoJlaphileiXxi&ttQ. 
■tombée.- ■ ■ ^ ‘ ^ 

. : Cette efpece différé dC: rangxne Si de 
l-efquinancie , en ce qu’elle’ n’eff . ac¬ 
compagnée ni de difficulté de refpiref, 
-ni d’inflammation, n’étant caufée que 
|>ar un fimple relâchement de la luette 
on la guérit par l’afage des affringèns 
& des toniques, tels que le caçhour, 
l’alun i le pqiwe , les rofes rouges , les 
balauftes, Si l’efprit de vitriol, - 

XYin. Pyr osis i Crémnfon^ . 

C’efl: une maladie dont le principal 
fymptpme eft une chaleur exçéffive 
Tome FL M 




166 C l A SSE VII. 
dans le ventricule & l’œfophage fanâ 
SUGune fievre aiguë. 

■ i Hoffmann l’appelle duvmtri^ 

'cukyzxàor ventriculi, tom. 2 . pag. 120, 
Stûkâr^di^. cum hijîorid accuratâ, iyo^» 
iArdeur d’êflomac ; Sem. 

T&xt ^tâp.-iS. D&n fadt. Nenter, ibidem 
' 0 -fexts-. kQS^X^ôtiXïOis^^ gorgojjit^ Méyf- 
foinier. Les-Languedociens , crémafon'y 
■parce que Lefl:omac efl en fèu. Lés 
<îrecs, Pyrefis , de pyr , feu. 

:'i. Pyrôfisvulg‘a.ris;2LigxtVixàieÔ.OXXi^ci 
' Le fer dtaudr. YkÇxi de l’Acad, de Paris j 
ayoS.'L'.-'^-'' 

Celle-ci eft caufée par des crudités aci- i 
des & empyreunaatiques ; elle eft paffa- ' 
^erê, & ceffe dès que la digeftion eïî 
.laite.:. '■ - ' 

On fent une aigreur & une chaleur ' 
idansla gor-ge-, 4 cfquellès s’étendent tout 
lelong de l’oèfophage , accompagnées - 
d’ftn écoulement fréquent dé-falive qui 
parçî-t acide ; ï>n épfèuvë la même fen^ 
fation dans la région de l’épigâftre, qui 
eft fuivie du vomifiëment, d’abatte¬ 
ment d’efprit, de colere, de mauvaife 
humeur, & d’une altération dans les 
traitsr du vîfâge. ■ - . . : - . 

-. Cs'tte= malâdië efl: familière à ceux 



Douleurs d& poitrine., Cremafon. 
vufent d’alnjens ; cruds;,- àcefcents , 
§£; de: difficile dige'âioii’, ifur-toüt qui 
q€>ntienn,entbe.auGqiip d’huile, ;çbmme 
la châtaigne,, dont l’huile eft difficile à 
digérer, & contraâie une qualité émpÿ- 
geumatique,s.Elle eli pareillement fami- 
|iere,,:à ceux c|ui;Je nàurtiffeht dê pQif-- 
£ 03 , de;yiandes/i:ites av^ec de.la graiffe 
ou de l’huile rinces > &,qui boiyeht des 
|iqne3i^r.fpi^es< j'r,_, , Se; , ' 

. :: iaB erémafon ordinaire efl limple i,' 
paffagere &:faeilê;.à guérir, pourvu que 
|è fujeJc ne feit point hypocondriaque, 
;rçdjef y er.qu’ellcieffi 
jçJie^ les buyèura 4® feinte., ^ ild’ja. guérie 
^^tgëéidé.s^yeux-d’éèreviire^;; IlÇuffiî:Qr- 
dihairêment- pour la ffiite. ceffier /d’ufer 
de_bohne npumîure Jou de fe purger. 

" 2 . Pyrojîs biliofà , Fel. Plateri:, de do» 

|fin-^^y,*:Bianehi, . fag, 

-4A€-iCrérnafei biiieùfeX-'L.S.- r. S, v,- , : 
“rriÇ^te^ ejpecè:qft; fouveut :acçonj!pi-- 
gnée dé fieyié.s^-dèic^r4ialgiê^^fc’'éft 
dansr fes 

‘J^hoplmes.,-; ^rfqu’iidit qué c’eft.un 
màuyàis .figue dans les fie.vres, lorfque 
.feam,âkder ffiht une chaleur violente 
»^s dâ «égjon dud’eApmac &,qu’iiSeffi 
affeélé d’une cardialgt^. Elle eA acçoit* 
-mq ^ ^ " M-ÿi. 





i68 C L A s s E VIÎ/ 
pagnée d’inappétence , dé ramertiimé 
de la boucKe ^ d’un vdmlffement de 
bile. Elle efl: familiète aux pérlbn'nês-bîi 
lieufes, lors fur-touî qu’elles font uiâge 
de fubûantes âcres, comme d’oignon-, 
d’ail, de vieux fromage-, car ces chofes 
font diffitsiè-s à' digérer dans- cèiix qui 
ont l’eflomac chàiïd < ^ontraârèôtunè 
^^uaiité.empyreumatiqué. ; - ' _ ec io 

Les remedes qui lui convieritiên't fQiit 
les purgatifs avec les tamarins & len- 
fuite les abforbans, tels que'la craie, Ié$ 
•yeux d’éGrev:i%ÿ, Tivoire calciné^ le 
boL -'d;’iÀ:rméniei j d’eau- dé - poürpiëtr,^ ia 
conlerye dè-gîlatte-jm'^' &c»-on peia 
'■aulS- purger lé malade âveëte'S aciclûîésî,, 
'de-même qu’âvéele petitMt ,'danslë^ 
quel on éteint un mbrcétu de briqitè 
rougiaüfeub ‘ 'i -e 

' , 3. Soîenander ; 

Înjlammatis--vij&àj^u6^ Solîet.- Gréinà- 
-fqnîcaUleé par îffbe pMogofè ; par l’in- 
’flamiaatîondeS'vifcer^PL.-- 

Gette efpeee' eîï caufééptr Finfîam- 
snatioô de l’edomac ,^ de même'^qùe par 
celle-du foie, de la vêflie p'de la matrice, 
j' " On la gu'érity commè la maladie pft- 
: mitive ,-aveG îâ faignée, l’eau dé pOtH 
'iet,lesnarcmi<|qes;‘>'--;; 

Suçciça^ de Linneus pre- 



î)ouhurs de poitrine.: Crèmafon. 
imier Médecin du Roi de Suedé, epifli 
a-, qui rappelle auffi cardîal- 
^ fputaïorta. Gv'''- 
. Cette 'maîadie eR endémique eft 
Suedê, parmi ceux qui viv'ent près des 
montagnes de la Loponie, au point que 
la moitié des hortimés & des femmes y 
font fujets. Elle conMé dans une dou¬ 
leur adebmpagnée de prefllonau-fdeffbus 
de la fofïette dU cpeur j laquelle répond 
par -ihtervaîîés aù dos & à la poitrine , 
avec une anxiété qui ne celle quelorf* 
que le malade commence à rendre quan-* 
tité de falive , &: cet écoulement ed: ac¬ 
compagné- de nâuféès, & quelquefois 
de vomilTemént. Cette quantité de falive 
monte à demi-livre & même à unedivrej 
elle eft brûlante, limpide, d’une couleur 
aqueufe, & cet écoulement calme la 
maladie, ou du moins la fufpend pour- 
un ou deux jourî. 

^Élle eft caüfée parTufage des viandes 
faléès ou filmées , du lard , de là bouil¬ 
lie ÿ'elle fe calme par celui des viandes 
fraîches,; du poiffon-, du lait. Elle'dure 
fouvent toute la vie, & l’on n’a point 
encore trouvé de remede pourla guérir. 
Quelques uns prennent un ferupuie de 
noixvvamique pulyérifee,; d’autres fe. 



ayo Classé VIT; 
fervent de l’aiLVoilà ce que dit hinnizwsi 
‘ 5. Pyrofis:ulurofa-\^ ^^n\, Stokari j^ 

'êx^crt. Acad.Ardor Bade^ann, 

Cr&mafon compliquée. A’ulccre.Xi. 

C’eft une efpece de cirémafon opi^ 
niâtre & aiguë caufée par un ulcéré ait 
pylore, laquelle dure plufieurs années^ 

, Certain biberon fe- plaignoitjdepuis 
trois ans d’une ardeur ; Yipient,e: dans 
l’épigaftre près du pylore, * s’il lui 

arrivoit de prendre quelque ehpfe d’âi 
cre, ou de faîé j comme du vin, dii 
bouillon, ilreffentpit une douleur aul^ 
violente que fi on l’eût brûlé avec uii 
charbon ardent, ou avec uh fer chaud*; 
Lorfque la douleur étpit dans fàfôree ^ 
il fe prefipitl’ëpigafireaVec-îe poings 
il gémifîbit & ppuffoit des cris & des, 
foupirs . capables d’^attendrir tout le. 
monde. Il n’avoit d’ailleurs aucune au* 
tre incommodité. : ,j 

Il-prit de la crème d’orge, de la farine 
d’avoine, du bol d’arménie, de la corn^ 
de cerf calcinée, de la cràie j des yeu^ 
d’écrevilfes, mais ces remedes ne prp-x 
duifirent aucun effet. On lui donna- 
une poudre compofée avec la raçine- 
d’althæa, la gomme arabique & adra*; 
gant 2 qiü n’opéra pas mieux celle de:; 



"Douleurs de poitrine. Crimafon. 
femence de coing & quelques, autres 
ne produiiirent pas plus d’effet., : 

Un certain Empyrique lui donna un 
vomitif qui aigrit-fon mal. 11 lui prit un 
dégoût, accompagné d’altération, dûnê 
Ée vre lente, de foibleffe ; fon urine étoit 
rougeâtre , il vomiffoit fans ceffe ; il 
tomba dans une afcite compliquée d’un 
piarafme, & de douleurs cruelles dans 
les inteilins , qui le mirent enfin au tom!' 
beau. Son haleine étoit devenue exfrêr 
mement puante. 

Lprfqu’on vint .à lui ouvrir le bas- 
ventre , il en fortit vingt pintes de fé? 
rofité verdâtre. L’effomac avoit.changé 
de place, fon fond .étoit tourné à gaur 
che, 'ôc- fon orifice à droite ; on l’ou¬ 
vrit, &: il en fortit une odeur extrême¬ 
ment fétide. Gn trouva dans la: cavité 
GU pylore un. ulcéré de la largeur de 
trois pouces, fordide, purulent, fétide 
& cacoéthe. Les chairs étoient lacérées 
& pourries, & rendoient vme fanie fé¬ 
tide; les inteftins étoient extrêmement 
atténués de enflammés dans différens 
endroits; le foie ne contenoit aucune 
goutte de fang, il étoit pâle & duriuf- 
cule, de même que les glandes du mé^ 
fentere ; le cœur étoit petit & flafque^ 
M iv 



-271 Classe VIL 
!è péricarde diftendu par la férofité qu’il 
renfermoit; à peine y avoit-il deux en¬ 
tes de fang dans le corps. 

On devoir commencer la cure par 
l’ufage du lait ; c’eft à quoi perfonne 
îî’a penfé. 

6. Pyrojis à conceptione^ Paul. Her- 
Sîianni, obf. Von der Lahr, dijf. d& Jle- 
riliiate ; Crémafon caufé par la con-* 
ceprion. 

• Ce célébré ProfelTeur de Leyde a 
tonnu une femme qui éprouvoit uné 
cfpecé de crémafon aufli-tôt qu’elle 
avoir conçu; & elle en concluoit avec 
ïureté , qu’elle âlloit devenir enceinte; 

appaifa ce crémafon enfalfant 
prendre à la malade des yeux d’éçre- ! 
viffes préparés, & quelques martiaux ; 
anais fa derniere groffefle fut accompa¬ 
gnée pendant neuf mois, fans interrup¬ 
tion, d’un crémafon beaucoup plus ai¬ 
gu, qui réfifta aux mêmes remedes ^ & 
qui ne. fe termina que par Faccouche- 
ment de deux fœtus. Il fuit de là, que 
l’efprit féminal du mari, étoit le prin¬ 
cipe de ce crémafon, qui étoit d’autant 
plus violent, que cet efprit étok plus 
abondant. 



DouUttrs de pokrim , &c. ly j 

XIX. CardIOGMUS ; Anevrifmcù 
præcordiorum ^ Anévrifme du 
cœur 3 &c. 

Ceîte maladie conMe dans une fen- 
fation incommode & opiniâtre dans îè 
diaphragme-, accompagnée d’un Tenti- 
ment de pefanteur, & d’une groffeur 
pulfative, laquelle augmente pour peu 
qu’on agiffe. Elle paroîî être caufée par 
la didenfion des "V'aiffeaux qui font dans 
le voifînage du cœur, ou parFaugmen- - 
tation de ce vifeere, ou par un ané¬ 
vrifme.- , 

Quelques-uns , dit GalUn:^ donnent 
le nom ào. cardiognié à un mouvement 
du cœur approchant de la palpitation • 
Gorrée^ définît. D’autres appellent de 
ce nonî ^ douleur qu’on ÿ/ent ; quant 
à'nîbi , comme je traité d’une mdadie 
qu’on ne oonnoîî point encore parÊii- 
temént, Sb qui éft cktfée par un ané-" 
Vrifme du cœur & des gros vaîffeaux; 
qui font dans le voifînage ^ aufll biett 
que par l’accroiffement de ce vifcére,, 
foit qu’il y ait un polype ou non, je 
réhvoie îe leftetir à Lancifî, ckafi. <51 
é&s. anévrifmes du cQS^ur y 2 l Senac , 

M V 



Î 74 - G. L. A. s s E - vn.-■ 
maladies du cœur ^ t, 2. liv. 4. c. 8 ; ï. Ant» 
Matàni, cte prceçordiorum morbis anevrîf^ 
maticis , Florence, 1756, pàg>-^ 4 . 

On peut l’appeller cardionckus de 
cardia, cœur; & onchàs, tumeur; & iî ' 
eft à propos de définir au jufte.un mot 
qui na par lui-même aucune .fignificaT 
îion propre. , ' é , 

On qbferve affez^fouviçnt que les 
ventricules du cœur, fies- orédiettes 
fes finus^ia veine-caye & l’açrte, font 
fufceptibles d’une dilatation extraordi¬ 
naire & on robferveroit plus fouyènt 
encore, .fi 'l’on a voit îa liberté d’ou.yrir 
les cadavres. C’èfi ce qui fait,que le 
diagnoftic .de cette maladie^ft extrê¬ 
mement difficile; Sc au cas qu’on p'uifl’e 
Ja diftinguer de la, palpitation propre¬ 
ment dite, ce ne peut être'que par 
grofleur ^ le vo|ume du corps qui bajt 
dans là région duxœur , .quifiiffiaqpé 
îe malade., Ebns:l’incertitude, pu . 
eil jàrdejËis, Je m’attacberàé moin^.'a 
rapporter lesiefpeces, qué léspbfery^' 
îions qu’on, a faites fur cette maladie*,. 

I Cardipgmus polypofus^ Homberg,. 
Mijîoire de V-Acadcrrâ.e de Paris, , anui. 
i-yo^ypag. iSc) ; Anévrifme du cœur.^ 
icaufé par .unpolype,, C» 



Douleurs d& poitnm , &c. ij 
Une femme âgée de trente-cinq ans 
avoit un afthme violent &. fréquent, 
accompagné d’un grand mal de tête , 
d’une infomnie perpétuelle, & de dou^ 
leurs de poitrine. L’afthme augmentoit 
pour peu qu’èlle agît ; & il étoit fuivi 
de palpitations de cœur violentes, qui 
duroient quelquefois pendant une heu¬ 
re. Elle étoit fujette à plufieurs aittres 
fymptomes fucceffifs , qui faifoient 
craindre à tout moment pour fa vie^ 
Le paroxyfme étoit accompagné d’une 
pulfation fenfible dans, les veines dû 
cou & des bras, qui répondoit exadé- 
ment.à celle du cœur, & d’une efpeee 
d’ondulation. 

On l’ouvrit après qu’elle fut morte , 
on lui trouva le cœur deux fois plus: 
gros que dans fon état naturel, la veine- 
cave plus groffe & plus mince , & plu¬ 
fieurs polypes ;dans'le cœur qui s’éten- 
doient le long des artere's ÿ à k;difiance 
d’un pied & plus. . : : ; : : 

a. Cardiogmus-Falaggii yljmçiû ^d@ 
cordis anevrÿmatibus y propef: i Ané- 
vrifme du ventricule droit. C. 

. Chanoine Romain, fujef 

hypocondriaque, avoit.une palpitatiôa 
de cœur périodique, accompagnée d’uà* 
M V|: 



2,7<5 Classe VIÏ. 
pouls inégal & intermittent, laquelî© 
^ugmentoit lorsqu’il fæfoit de Texer- 
çiçe, ou qu’il étudioit un peu trop. Il 
étoit de plus fujet de temps à autre à 
un afthme fufFocant^ & au vertige. 

l’ouvrit, & lui trouva les vaî* 
vules de l’aorte offeufes ou cartilagi' 
neufes, la veine-cave, l’oreillette & le 
ventricule droit fi extraordinairement 
dilatés , qu’on eut pu fourrer le poing 
dedans. Le ventricule gauche étoit dans 
fon état naturel. On ignore fi cette ma¬ 
ladie étoit occafionnée par des accès 
d’épilepfie ou non. Le même Chanoine 
©voit eu la main droite fphacélée. 
danus rapporte un cas tout-à-feit fem« 
cmtur. %. ohf. 

Il paroît par l’hmoire 49 que Bomt 
rapporte üb. z. feà. y. & qu’il a tirée 
diÉorflius y que l’offification des val¬ 
vules de l’orifice de l’aorte, avoit caufé 
une plus grande dilatation dans Je-ven¬ 
tricule gauche que dans le droit. B 
confie parpiüfieurs autres exemples,, 
qu’il peut y avoir des anévrifmes fans 
polypes ,/& qu’il y a quantité de con¬ 
crétions polypeufes qui font produites 
à l’agonie par la coagulation de la lym*- 



Douteurs de poitrine^ &c. 277 

Senac parle d’une femblable maladie 
caufée par le rétréciffement de la veine 
pulmonaire, qui étoit devenue carti- 
lagineufe ; Garnier d’une autre, caufée 
par un farcome entre l’aorte pulmo- 
naire ; Blancart d’une autre, occafion- 
née par l’offification &: le rétréciffe-* 
ment de l’aorte. 

11 confie par une infinité d’obfèrva- 
tions qu’il y a des anévrîfmes du cœur,, 
fans aucune concrétion poîypeufe, & 
qu’ils font accompagnées des fympto- 
mes du cardîogme. Senac,4. cap^ 
S. S. Voye^i ce que P. de Marchems: 
& Senac y pag. 400. difent de cette 
efpeee. 

3. Cardiogmus aurîcul/s, Senac, tilL 
4. cap. 8 , n'^, 8 , Anévrifrae de l’oreii- 
îette. C. 

Une fille de vingt ans étoit fujette 
à une dyfpnée , laquelle augmenta par 
degrés au point qu’elle ne pou voit ref- 
ter couchée , qu’elle ne courût rifque 
d’être fuibquée. Elle fentoit une palpi¬ 
tation violente au-deflbus du cartilage 
32yphoïde j elle n’avoit prefque point 
de pouls , & peu de temps avant fa 
mort, il lui fiirvint une enflure œdé- 
mate;afe aux pieds, oc aux ïambes, 



ayS Classe VIL 
lui trouva le cœur auffi gros que celui, 
d’un bœuf, le ventricule droit princi-. 
paiement, & l’oreillette droite étoient 
extraordinairement dilatés, la veine- 
cave inférieure &c fupérieure étoient 
auffi greffes que le bras, la partie gau¬ 
che du cœur étoit dans fon état natu¬ 
rel. La foiblelFe du battement ne ve- 
. noit-eile point de la îaxité du ventricule 
oC de l’oreillette affeftés ? La pulfation 
ne doit-elle pas plutôt fe faire fentir 
du côté droit que du côte gauche. 
L’ondulation des jugulaires n’eft-elle 
pas plus fréquente ? Lancijî ajoute à ce$ 
lignes la grandeur & l’égalité du pouls. 

4. Cardiogmus cordis finifiri , Poteriij^ 
emmr. 3. pdg. 22. Anévrifmé du ven¬ 
tricule gauche. C 

Ceux qui en font affeélés , reffen- 
tent de temps à autre en marchant 
une certaine difficulté de refpirer j 
ils tombent tout-à-coup en foibîeffe 
&; s’ils ne s’appuyoient, ils tombe- 
roientàla renverfe. Ces fortes de per- 
fonnes meurent pour l’ordinaire fubi- 
tement. La veine pulmonaire , qui eff 
extrêmement diffendue, fe rompt, le 
fan g s’épanche . & fuffoqiie tout-à-ccmg 
îe malade., : 



Douleurs de poitrine , &c. 17^,. 

5. Cardiogmus aortce ^ Senac , pag»^ 
'407. n^.€. Anévrifme de l’aorte. C. ^ 

J’ai connu, dit-il, un homme fujef; 
à des palpitations violentes^ elles fe 
faifoient fentir au-deflbus des côtes- 
gauches, & elles étoient accompagnées 
de douleurs très-aiguës. Sa maladie, 
étoit occafionnée par la dilatation de 
l’aorte, laquelle s’étendoit depuis ion 
origine jusqu’au diaphragme , & qui 
étoit devenue de la groffeur de la tête 5 
le volume du cœur a’avoit prefque pas 
augmenté. 

6. Cardiogmus a mole cordis , Petr.. 
de Marcheîtis, 4^. C. 

. Un^Yénitien âgé de 40 ans, très- 
adonné à la crapule, fe plaignoit d’une 
difficulté de refpirer & d’un refferre- 
ment dans les hypocondres. Il mourut 
fuhitement, on l’ouvrit, & on lui trouvé 
îê cœur trois fois plus gros qu’à l’ordi¬ 
naire ;:feS'ventricules étoient confidéf 
rabîement dilatés & charnus , il- étoit 
adhérent de toutes parts au péricarde , 
& port'oit^fur rhypocondre, lequel 
formoiî une tumeur. ^ 

On a trouvé piufieu^ fois, le cœur 
' exîrêmementgroffi Se chargé de graiflea, 
;Ces fortes,,d’an éYrifînesf<mtcau% 



iSo Classe VU. 
tottt ce qui accéléré la circulation diî 
fang, intercepte fon cours , & afFoiblit 
le ton de ce vifcere ; & de là vient que 
les Prédicateurs, les perfonnes fujettes- 
à la colère & qui font des exercices 
violens, y font,extrêmement fujettes 
que l’accès vient pour peu qu’on faffe 
de l’exercice , car le fang fe porte alors 
aiu cœur avec plus de force que les 
coups , les chutes y les contufîbns dans 
la poitrine, la cacochymie âcre, féreu- 
fe , qui relâche ou corrode le tiffu dli 
cœur, la ftriâure de fes orifices, les 
concrétions poîypeufes , les anévrilr 
mes de l’aorte , les tumeurs qui com¬ 
priment tes vaiffeaux voifms, dïfpofent 
à cette maladie» 

Les moyens tes plus fûrs pour élote 
gnerîa mort fiibiîe dont cette maladie 
efi: fouvent fuîvîe, font le repos dè 
fefprit & du corps ,. & rüfage'de ià- 
■faignée; nbnObfiant L’hÿdfopifie.'de 
poitrine & l’enflure cédémateufo dont 
le malade eft menacé fur la fin dé Ik 
maladie. Les narcotiques font aufli fort 
bons pour appaifer lés fpafmes & les. 
douleur^ du cœur, ce qui fait que plu- 
fieurs en confeillent l’iifàge; mais ba 
doit?fur-tout ufér d’um régime moyeiïj^ 
êc ne point s’en écarter^ 




Douleurs de poitrine^ &c. i 2 j 
On confond fouvent cette maladie 
avec la palpitation & l’afthme, mais il 
s’en faut beaucoup que fes principes 
foient les mêmes , & peut-être fera- 
t-on plus favant dans la fuite dans fon 
diagnoftic. La plupart des morts fubites 
que l’on attribue à l’apoplexie , font 
une fuite de cette maladie , & font 
çaufées par la rupture fubite de l’ané- 
vrifme, ainfi que j’ai eu plufieurs fois 
occafion de m’en convaincre. On voit 
cependant des perfonnes qu’elle n’em¬ 
pêche pas de parvenir à un âge très- 
avancé, tém.oin Philippe d& Neri, qui 
en éîoit atteint, & qui, fuivant le rap¬ 
port de Céfalpih^ ne laiffa pas que de 
vivre 8o 2x\s,V Voy&^ à ce fujet \z palpi¬ 
tation , la Jyncope , Vorthopnée , avec lef- 
quelles l’anévrifme ducœur a beaucoup 
d’affinité. 

7. Cardiogmus Leprotianus , Ant. Le- 
proti, obferv. de anevrifmate arteritz bron- 
chialis comment. Acad. Bonon. 

Douleur infupportable du fternum, 
du dos , des épaules, laquelle dimi- 
nuoit, lorfque le malade étoit couché 
la tête penchée en avant. Cette dou¬ 
leur étoit accompagnée d’infomnies, 
d’amertume de bouche , de vents qui 



aSi Classe VU. 
étoient repouffés de l’œfophage dans 
l’eflomac ; le malade refpiroit avec pei¬ 
ne , fon vifage étoit livide, la jugulaire 
gauche battoit dans la poitrine; le,pouls 
du carpe étoit intermittent. Ces fymp- 
tomes ont été obfervés dans un jeune 
Courier. 

8. Cardiogmus MeckelU , Mém. d& PA- 
çad. de Berlin.^ Des maladies du cœur, 
obfirv. C. _ ; 

Cette efpece, qui dépend de l’adhé¬ 
rence du cœur avec le diaphragme & 
le péricarde, fe manifefte par des maux 
de cœur accompagnés de dyfpnée, 
d’ânxiétés & de Tintèrrnittence du 
pouls &c. les hilloires de cette mala¬ 
die rapportent, que les ventricules du 
cœur étoient flalques, remplis & diC 
tendus par une grande quantité de fang^ 
Voye:^ la huitième efpece de palpita-^ 



DouhîLrs de has-ventre. 281 


ORDRE QUATRIEME. 

DOULEURS DE BAS-FENTRE, 

XX. Cardialgia ; Mal au cœur^ 

- >• appellée en Latin 

Môrfus ventricidi, 

C Tfl: une fenfation incommode dans 
l’eftomac ou l’épigaftre, qui menace à 
tout moment le malade d’une fyn? 
eope.. 

Elle dHFere de l’anévrifme du cœur, 
en ce' qu’elle n’eft accompagnée ni 
d’oppreffion ni de palpitation violent 
te ; & encore, fuivant les fcolaftiques , 
en ce qu’elie a fon principe dans î’ef- 
tomac même, ou dans fon orifice gau-. 
çhe appelle-; mais les malades 
ont une connoiflance fi confufe de 
l’endroit qu’elle alFecïe , qu’ils font fou- 
vent en peine de le déterminer. ‘ 

Elle différé de la lipothymie , en ce 
que dans la cardialgie la douleur fe fait 
fentir dans l’épigaffre, & que la lipo¬ 
thymie eft précédée du vertige, de 


■a§4 Classe VII. 

robfcufciffement de la vue ; & lulvîe 
d’une douleur dans le cœur ou dans 
reftomac. 

Elle dilFere de la colique d’eflomac, 
en ce que celle-ci eft accompagnée , 
non point d’une fimple anxiété, mais 
d’une douleur aiguë dans l’eftomac ; 
& qu’elle n’eft point (uivie de cet abat¬ 
tement des forces vitales, que les ma¬ 
lades expriment en difant qu’ils Vont 
mourir , que le cœur leur manque , 
leur défaut. 

Il ed bon de remarquer que les An¬ 
ciens , par le îiom générique de douleur 
ou à*aigle ^ ne prétendent pas toujours 
déligner cette douleur vive & violente 
que eaufent les plaies ou la difîraâiori 
des parties, vu que- la fenfation con- 
flîfe qui accompagne la cardialgie, dif' 
fere entiérem.ent de cette douleur âcre 
que caufent les plaies. . 

Galien met fon iiege dans l’orifice 
gauche é&V..Hoffmann dans le 
pylore ; mais il y a plus d’apparence 
qu’elle réfide dans la cavité même de 
ce vifeere. 

I. Cardialgia à faburrâ y liuch. dijfert. 
Erford. Dolorcardialgkus àcmditatibus 
eriundus , Fréd. Hofeiann, tojn. k.pag. 



Douleurs de bas-ventre, &c, 
jiSi. n°. ( 5 '. Cardialgie caufée par des 
faburxes ;Douleur cardialgique caufée 
par des crudités. B. 

On connoît cette efpece aux fignes 
des faburres de reftomac, de telle ei^ 
pece qu’elles puiffent être^ foitque ce 
ibit iine fabu'rre crue , occafionnée par 
une crapule récente:, une faburre yif- 
-quekxfe âcre bilieufe , putride, ou 
-rabce & jees fignes font:, une pefaa- 
Xeur dans l’épigafire, les anxiétés, les 
riauféès , lés rapports , l’amertume de 
-lu bouche, la faleté deda langue., les 
-borborygmesi ‘ . ' 

; Dans- le cas ou lai cardialgie eft 
■^accompagnéé d’amertume de bouche, 
dé .vertige ! &' dei pefanteuri de tête , 
ifans iaucune. lenfion, dans i’épigafire ; 
■il faut pour la faire. cefler , donner 
l’émétique au malade- , & fouvent 
iliuffit de, lui faire avaler.de l’eaùf tiede 
pour lui procurer un yomiffemént falu- 
. taire, Lorfquela faburre efi âcre, il faut 
dur donner de. l’eau de poulet, où de 
f^aû avec .deid’huile ; . & mêmè une 
;potion légèrement cardiaque , laquelle 
fortifie l’eftomae dc facilite quelquefois 
■le vômiflement. Gn le purgera enfuite 
•|^,\ir prévenir les ;rechutesi i 



2.S6 Classe VIL 

2. Cardialgia à veneno\^ Frid. Hdffi. 
xi^-àrsxixy Cap,^2-. T^-G, tom. z. Cardial? 
gie caufée par le poifon-À. . : ■ . 

J’appelle poifon toutes les iubftan- 
ces, qui étant prifes par la bouthe, 
caufent-une; irritation violente dans 
l’eftomaG , comme l’arfenic , rantimoi? 
ne 4 & même les cathartiques réfineux 
pris à contre-temps; ' Ses fignes, lors¬ 
qu’elle ?eft violente , font :1a ééphaîal?- 
gie, le vertige, rinfomnie, le déiirei, 
les convulfioùs , Toppreffion de pcâ- 
tïin.e-, la palpitation du coeur.; la iyîi- 
cope, la petiteffe, la foible(ffe;{ia daîd- 
-té, Finégalité, l’inténmitte'ncb dn/^uls, 
des tranchées,-la conftipation^l^aéten- 
tion d’urine,'le froid de S extrémité^i, 
le friflbnnementles lueurs, froides-, 

■ couleur livide du vifage , l’altératidh 
:des traits , &c.; : ^i:- : \ 

: J’ai connu un ; homme’,v qui pour 
'âvoir avalé une drachme d’arfenic , fut 
: attaqué de tous cesfymptomesdé même 
de plufieurs autres, comme de l’érolioh 
de l’épiderme de la bouche & de. l’.œlo- 
phage, d’un fpafme- dans la verge ; & 
qui-mourut au bout deihaifioürs, non 
obftant tous les remedes.qu’o-h luidcm- 
îîa. Ce malheureux ; avoiî : été trompé 




Douleurs de has-vmtre , &c, 287 

par une efpece d’Enipyrique, qui dif*- 
tribuoit fes remede-s chymiqües aux 
iîiaîades en dépit des ordonnances. 

Dans ces fortes de cas., il faut faire 
boire au malade de l’eau de poulet, de la 
graiffe fondue, du beurre fondu , du 
lait, de l’eau tiede, de l’eau de tripes 
pour le faire vomir & émouffer l’ac¬ 
tivité du poifon, & lui donner enfuite 
:desîavemens de même efpece, & des 
narcotiques. 

- 3. CardialgiaJlatuknta^}i{\dbQrtM.dX* 
cband ^ dijfert. Argcritinr. hahitd anno 
/y J 4 ; Dôlor cardialgicüs jlatulentus f 
Frid. Hoffmanni,‘à. cap. %. pag. 
'^7. Cardialgie âatueufe. A. ■ 

Cette efpece fe manifefte. par une 
iumèur de la grpffeur d’un œuf de 
poule dans la partie droite de l’épigaf- 
•tre ou le pylore efl fitué , de; raême 
;que parafa dyfpnée -que Oaufe la diften- 
fiort' du ventricule, à caufe des ventsr 
•qui y font enfermés. Elfe' efl: âufH ac- 
'compagnée Aq r-apports fréquens qui 
«aîme-îit quelque peu la douleur', la¬ 
quelle, à-ce que dit Hoffmann.^ aug¬ 
mente après le repas y lorfqu’on ute 
'd’aîihîénsflatüèux. \ 
ç ' Cette cardiaIgie,dontiÿc)J^ÆZ2« nous 



i88 Classé Vlî. 

a donné la défcription , paroît être k 
peu près la mêmè que la colique d’ef- 
tomac flatueufe , qu’on appelle com¬ 
munément colique, venteufe d'ejlomàc , 
<juoique les Médecins modernes pré¬ 
tendent qu’elle fait un genre à part. 

Dans cette efpece, fi le pouls le per¬ 
met , il faut commencer par la làignée ; 
faire boire enfuite au malade quantité 
d’eau de poulet, lui donner un grain 
de laudanum, & auparavant, un lave¬ 
ment, âu cas que la douleur ne foit 
. point violente. On lui appliquera des 
linges chauds fur les pieds & fur la ré¬ 
gion de l’épigaflire, pour calmer la con- 
traftion fpaûnodique des orifices ;d@ / 
refiomaç.: . . : 

Si la douleur efl légère , le fujet pitui¬ 
teux & froid, l’efiomai; foible, on aura 
recours aux ftomachiques & aux carmi- 

- naîi% dont les gens de la campagne font 
une feilé à tous, chevaux, tels que la dé;- 

- coftion vdes^baies dé-genièvre , le poi¬ 
vre en grain, l’anis-, le fenouil, qui dans 
d’autes cas augmentent la phiogofe, la 
fechereffe & la douleur, & fur-tout la 

uthériaque nouvelle.- 

4. Cardialgia febricofa, Voyez; Mot- 
' : .. 



DouL duhas'vmtré. Cardlalgle. 2.89 
ion, hijl. 6'. cap. Fehris cardiaca * 
Torti, de febrih. lib. iXS '& 18^,, 

Cardialgie fébrile. 

' #er/Â^appelle afFefrions fiévreufes 
(Jcbricofas') celles qui font des accidens 
des fievres intermittentes ou rémitten¬ 
tes^ pour les diftinguer des fébriles qui 
accompagnent les continues. La Cardial¬ 
gie dont il s’âgk ici efl Un concours de 
tymptomes cardiaigiques qui accompa¬ 
gnent le paroxyfme fébrile,qui vient & 

, ceffe aveclui, & qui augmentent dansie 
fort de la fîevre , ce qui a pareillement 
lieù par rapport aux autres accidens qui 
furviennent dans les fiev-res intermit¬ 
tentes, 

" Ceux'i^i ontune fievre tierce, font 
fouvent attaqués durant -le friflbn, & 
mêmé^après qu’il a^effé, d’une cardial¬ 
gie violente, laquelle efi: fuivie d’un lé* 
ger vomiffement , -Ou d’efforts pour vo¬ 
mir , de défaillance, ou d’une fÿ-ncope 
ftomachiquè, d’un poulsfoible, d’un vi- 
fage Hippocratique, de foupirs &c. dans 
ces cas, l’expiration efl: accompagnée 
d’un fon glapiffant ou 'd’une efpece de 
hurlement, qui n’a pas lieu dans le pre¬ 
mier accès, mais bien dans le fécond ou 
le troifieme, & rarement dans le cin- 
Tome^ FL N 



190 C l A SSE VIÎ. 
quieme ; & plus les fymptomes font 
yiolens, plus on 9 à craindre polir la 
vie du malade dans l’accès fuiyant;; ; ■ 

: Voye^'k (on endroit., en quoi elle 
différé .de la fyncope fébrile. Celle.-et 
n’eft précédée d’aucune douleur d’çflo- 
mac. Bartholin , centur. 3, ohf, Sq, 
a obferyé danSs: fa propre nlle & dans: 
d’autres des douleurs périodiques d’ef- 
tomac qui revenoient de deux jour l’un 
fans fievre. 

Cardialgla Jputatorla^ de Ch. Lin? 
næus prem. Méd. du Roi de Suède, 
Lettr. ann. 17.51. Foye^ Crémafon.: C. 

6. Cardialgia fehirrofa fepuh 

chret. obf. Cardialgie fquirreuie. ;i 

Par nn fquirre au ^^mtricuki::^^t a 
été pîufieurs fois obfervée par Hypolitë 
Bofea ^ & 7 ell€ caufe; une douleur qui 
dure des années entières.' . 

Par une mole , ou une excreiffdnce 
charnue dans Vejlomac. Elle a été ob- 
fervée par Vitagliano , comme on peut 
le voir chez Panarole. 

Par un fquirre dans le py lore &le pan^ 
créas. Riviere centur. t. obf. c/o. 

Par Cendurcijfement du foie &, de là. 
rate. Bonet. obf j/. 

P SX \m fquirre au pancréas, obf. 4^.^ 



]OouL duhas-venm. Cardîalglc, 

Pifoa, de colluvïefirofd,pag. i_94. Cette 
efpece appartient plutôt à la coliq.u^ 
d’eilomac. 

Par une verrue dans'Tejhmac. Acad, 
nat. cur. Decad. /. ann. i. objèrv. joc). 

. Par une tumeur Jcrophuleufi ^ Dec. j, 
ann.sé'S.dbf.iyS.&c, 

7. Cardialgia paralytica ; Parafyjîe d^ 
ventricule ; maladie, de Vejlomac jort raré'^ 
Lieuîaud, Mém. de VA.cad. ide. Pafis ^ 
Ann. iyd> <S. pag. 

Elle fe manifefte par un fentiment 
continuel de plénitude &; de pefanteur 
dansl’eftomac, aecomp^nëde naufées 
& d’elForts inutiles pour vomir.: 

Un homme âgé de.foixante ans étoit 
fujet -depuis long-te-mps :à ces fympto-* 
mes. On lui donna l’émétique ^ mais on 
ne put jamais venir à bout de le faire 
vomir. Après qu’il fut mort, on lui 
trouva l’eftomac tendu & rempli des 
alimens qu’il avoit pris quelques jours 
auparavant , quoiqu’il eût très -pevi 
mangé. Le,pylore n’étoit point engor¬ 
gé ; d’oîrl’Âuîeur conclut avec affez de 
raifon qu’il s’étoit paralyfé, èC qu’il n’a- 
voit pu fe décharger, ainfi qu’il arrive, 
û la velîie urinaire, îorfqu’elle eft affec¬ 
tée d’une paraîyfie,'il avoit la rate ex- 


191 Classe VII. 
trêmetnentpetite, &Iaraifon en eft que 
ce vifcere eft déftiné à remplir le vuide 
qui refte dans le bas-ventre lorfqu’on 
s’abftient de manger, au lieu qu’il dimb 
nue lorfque l’eftomac eft plein. 

' S. CardiaLgia arthritiça , Sydenham, 
proceff, pag. y'io. d& podagrâ. Cardiat- 
jgie arthritique. A, 

■ Le? perfpnn.es goutteufes font très^ 
fujettès'aüx cardiâlgies & aux colique? 
de bas-ventre, lors fur-toüt que leur 
maladie dure long-temps. Rien n’eft 
irteilleur en pareil cas que l’ufage du 
vin des Canaries & l’exercice. Au cas 
que, le iymptome continue & qu’il y 
ait à craindre pour la vie du malade, d 
faut, la tête eft fibre , recourir fans 
délai au laudanum, Sydenham fè garan¬ 
tit par cette méthode de la mort dont 
il éîoit menacé à l’occafion d’une car- 
dialgie violente qu’il s’étoit attirée, ÔC 
qui étoit accompagnée de vomiffement 
oc de colique il ne fenfoit aucune dou¬ 
leur dansles membres, ils étoieàt même 
devenus plus difpos par l’abfençe de 
la matière arthritique, il avala un conge 
de poftet, & dès qu’il Peut rendu, il 
but un verre de vin des Canaries dans 
lequel il avoit mis feize gouttes de fon 



Doul. du bas~ventre, Cardîalgle. 
kiidanum. Au cas que le fymptome ne 
cede point à ce remede , on provo¬ 
quera la lueur par la méthode & les re- 
medes deftinésà cet ufage deux ou trois 
jours de fuite matin & loir, pendant 
deux ou trois heures confécutives. 

9. Cardia Igia bradypepta;cardil(ZaŸ\2XQi 
ti^de doLorccordisyàventriculi imbecîllitate^ 
P'3^9 ^37^‘ Fbiblefle d’eftomac. L. 

C’eft une cardiaigie habitueile cau- 
fée par la débilité de Feftomac. Elle efl: 
accompagnée d’inappétence , la dou¬ 
leur eft compliquée d’un fçatiment de 
prelïîon , de diflenfion & d’érofîon , 
& elle augmente pour peu que l’on; 
peche à l’égard de la diete & de l’exer-; 
cice, mais fur-tout lorfqu’on fe refrok;, 
dit l’épigaftre, ou qu’on fe nourrit d’a-l- 
iimens difficiles^ à digérer. 

C’eft le défaut dfe digeftion qui l’occa-;. 
lionne, & les crudités qu’elle engen¬ 
dre, caufent divers fymptomes , tels,s 
que l’inappétence, les naufées-, les rap* 
ports, la cachexie &G. " 

Les principes qui y donnent lieu 
font, le mauvais tempérament, les an¬ 
nées , la débilité^occafionnée par les 
maladies qui ont précédé; l’excès dans 
le boire & le manger, la crapule^, 

N 'ii] * 



104 Classe VîÎ. 
comme robferve Flatmis , dilîend Ss- 
amincit l’eftomac. 11 appelle cette ef- 
pece, cor dis molejliu , imhecillitas vcntrU 
culi diHà^pag. 370. H traite fort au long 
de fa cure, depuis la page 398, jufqifà 
la pâg^ 445, où il recommande à ceux 
qui y font fujets, de porter continuel¬ 
lement fur la foiTette du cou un pîaflroit: 
d’écarlate j ou un morceau de peau de 
renard, de lievre ou de vautour, ou 
lin plaftron de toile de coton , rempli 
de poudre de galanga, de girofle, de 
jonc odorant, de menthe, de pouKot,' 
de graine de fenouil, de carvi, &:c. Il 
leur confeille auffi de tenir la main pen¬ 
dant la nuit fur leur eftomac après l’a¬ 
voir fait chauffer , ou bien un petit 
chien; mais les meilleurs remedes font 
les vins ffomachiques, & une diete 
convenable. - * 

\ 10. Cardialgia verminofa , fepulchrct^ 
vol. 3. pag.SsLy. Fred. Hoffman n ^ 
w®. /c)(. Hirudinofa, Acad. Nat. Car, 
eentur. /. obf. i,yx. Ÿittc\x\.Szx6n.prceleB..- 
praB. part. X, cap. 7. Riviere, lib. c).. 
cap. to. & cmtur. 1. obf. c)t ; Cardialgie 
vermineufe. A. 

M. Be:(ac , Doyen de l’Univerfité, 
fût une fois à Frontignan , où il était 



Doul. da h as-ventre. Cardîalgle. 
mort'quantité de perfonnes de cette 
cafdialgie. Ayant fait ouvrir les cada¬ 
vres, il trouva dans leur eftomac des 
vers' qui âvoient percé fes tuniques, 
te tænia caufé fouvent le matin pen¬ 
dant qu-on eftà jeun de femblables car- 
dialgies, & elles font accompagnées 
de boulimie, de ptyaiifme , qui cefferlt 
dés qu’oa a mangé. Les malades ren¬ 
dent de temps en temps des morceaux 
de vers ^ auxquels on donne le nom de 
cucurhïtains. Dans ce cas, il faut donner 
aux malades de l’huile de noix, du jus 
de bigarreau, indépendamment de l’é¬ 
métique & de l’eau de BalaruC, qui ont 
produit fouvent de très-bons effets. 

‘ On peut aufll employer utilement 
quelques rentedes qui paffent pour un 
poifon. Je mets de ce nombre la racine 
de la fenfitive. Labbat, Hifi. des 

\Antillts; la fpigelia anthelmia, la nico- 
tiane, le tabac, l’arCâne du D. Her^ 
tenfdiwandy ézt.lKoye:(^'WQfier, de ci- 
cuta a<pidfiè. cap. /j. hi^. HUdatî. 
'cèntur. i. obf. ny, ' 

. II. Cardïalgia laclentium ; Cardiog- 
mus, Nenteriy 205. cap. c). Car- 
dialgîé des ehfens à la mamelle. A. 

C’eft , dit l’Auteur, üné efpece de 
cardialgiê ferhilière’aux ehfans , com- 



2^6 Classe VIL 

pliquée d’anxiétés, de yifceres, & d’unq 
douleur gravatiye, laquelle eft oeca^^ 
îionné^e par des ; flatuofités qui diftent 
dent le Bas-ventre & le yentriculé., 

La cardiaîgie des adultes eft plus fer¬ 
rée , celle-ci plus lâche; elle eft caufée 
par les audités. des premières voies, 
par des vers Sc des Hatuolités. Elle fe 
manifefte i°. par une'anxiété èc un 
reffefrement de cœur y compliqué dé 
dyfpnée ; par des naufées, une anof 
ïexïe & un vomiÏÏemént ; 3®. par un 
ptyalifme abondant, iorfqu’il y a des 
vers;-4'^. par une petite fievre,. quel- 
jquefqis affez forte , compliquée d^e, 
moùvemens eonvuîfifs. Elle eft caufée 
.par des .reftes de mercure , une Ta- 
Êurre vifqùeufé , les vers, une fueur 
& des achores répercutés. L’éruption' 
des vents foulage le malade ; & c’eft 
un bon ligne lorfqu’il a le ventre libre ; 
mais il eft en danger lorfque la maladié 
eft compliquée, de. terreurs pâniques.j 
dè> convuifions & de fièvre. _ . , 

On purgera f ènfenî' avec du fîrop 
de fleurs de pêches, auquel on ajoutera 
trois ou quatre gouttes de ftrop érnéti- 
que dé GlàuFer^ àu dèùx.du trôis^grâihs 
^.d’ipécacuànha “ SÇéîhe/pîf cerjdè manné', 
■'s’il .à deux .pu .trois ;ârisv: C?n' lui oindra 



Doul. de bas-ventre. Cardialgle. 25^7 - 
le nombril avec un onguent compofé 
avec de l’huile d’aneth , & qvielques. 
oouttes d’huile de pétrol; on le purgera 
une fécondé fois, on lui donnera de« 
îavemens, &c. 

ï2, Cardialgia à cardiogma ^ Bon et ^ 
^epulâiret. tom. z.pàg. 8 o. obf. ; Ca»» 
dialgie xaufée par un anévrifme. 

.. Antoine de Fo^^s a xonnu un Colo* 
nel de Cavalerie qui étoit fujet depuis 
un an après fes repas à une cardiaîgie , 
accompagnée de dyfpnée, de l’inter- 
mittencè du pouls , & d’autres fytiip- 
tomès fâcheux. On lui trouva.le cœur 
plus gros que celui d’un bœuf^ il por- 
toit fur les poumons, qui étoient exr- 
trêmement flafques , & étoit diftendii 
par deux polypes qui comprimoienîT 
l’eftomac après qu’il avoit mangé, &; 
qui caufoient les fymptomes dont ort; 
a parlé. Ôn a vu cirdefTus ce que c’eft - 
que l’ailévrifme du cœur. On attribue 
foüyeht dans la pratique aux faburres 
& aux vices des fluides, des maladies 
qui font caufées par des principes mé¬ 
caniques. 

x'^.Cardialgiain^ammatoriadTx^ç.Sl- 
Cardialgle infiammatoire;Q]\.e appartient 
à finflammation de i’eftomac. A. 

’* '■ -, ■ ■ - ‘ K V 



XXI. Gastrodynia } Colique 
d’eftomac ; Cordis dolor^ FeL 
Plate ri, daff, de doloribus , vul¬ 
gairement appellée Colique ou 
douleur. d’ejîomac ; Dolor ven- 
triculi , Boneti ^ Sepulchret. Car-. 

■ diaccL , Panaroii. Fréd. Hoff¬ 
man l’appelle Cardialgie , 8c 
confond ce genre avec la dou¬ 
leur d’eftomac , dont Bonet a, - 
. fait depuis long-temps un genre, 
diftinft. Cœlius Aurelianus ap-^ 
pelle ceux qui en font affeélés^ 
Jlomachicos, 

On appelle auffi toute douleur nota- - 
Ble & confiante dans la régioji de l’eft 
tomac, qui n’eft point âccompàgnée de' 
fyncopes' continuelles comme'la caf- 
dialgie. . - . 

La cardialgie eft prefque toujours' 
accompagnée de fyncopes ; les malades 
fentent que le cœur & les forces leur 
manquent; & les Languedociens ont 
coutume de dire quz Cejîomac leur di', 
faut. Dans la cardialgie, au contraire ^ 



Douleurs de ba^r-vintre, &c. 
qtidjqiie-'la' douleur foiî quelquefois 
âfi'ez violenté pour caufor une fyncope, 
on n’éprouve pas toujours une,pareille 
défaillance, il ejft même rare qu’elle 
ait lieu. : , 

' - I. Gafirodynia fabw'mlis ; Colique 
d’indigeftion. A. 

■ C’eft celle qui eû caufée parlai^an- 
tité, la qualité des aiimens, par l’ex- 
,cès qu’on en fait, & par l’erreur oii 
l’én^tOmbe par rapport au temps oii 
l’on ' en iûfe. L’erreur où l’on tombe 
par rapport aux âlimens;, eft( d’autant 
plus grànde j'que la quantitéen efl plus 
tonfidérabîe, la qualité plus m'auvâife, 
•& i’éftomâc moinx en él^t'de les fup- 
pérter; car la même nourriture qui fait 
du bien à un homme fain , eft fouvent 
nuifible^ à celui qui a l’efliomac foible, 
il arrive'quéiqaêfois que l’eftomac fe 
^^MrrafTê îde^ice 'fardeau, ou y comme 
‘diferftbles M;^cins y de- ces faburres^ 
pUr'ùn vomilTement : 0 u une: diaïfhéè 
paflagére-qui fuccede à la cardialgiè ; 
ïnais-iLarriveâuiii quelquefois que fes 
©Mïkés feïefferrent;ji queles faburres 
i 4 ë^‘ 2 ^uV^t ^évacuer, quf il les com^- 
primé ÿ ^ cette ^ompreffion: qui 

JCaufo-déîteiddùIéur vive , qui eû fou- 
N vj 



^00 L A S,:S'É \^IL . 

:vent accompagnée d’un feritiment 4e 
pefantenr qui gêne la refpiraîiôn, dç la 
£evre , de la dureté , de la dépreffion 
de la lenteur du pouls'. Cette dou¬ 
leur eft cependant beaucoup plus Sup¬ 
portable que -dans la 'coliqué' venteufe 
êc bilieufe. . . ,/b 

' Cette colique, comme On J’fibfervè 
^ous les jours, éfl Souvent, cauSée, par 
un lait coagulé , ïpar un morçeau 4a 
-tard, par des fruits d’été, & par miil^. 
'autres Sortes, jd’aîimens difficiles à-dij 
ôgérert; mais elle ceffe pour l’ordinaire 
'à l’aide d’un .•vomiffement .Spontanéqq 
-^riifîcieiou pàrùine. diarrhée qui (urÿ 
-vieht^& il u’efl point à propos de rar 
ientir Padion de l’eftomac ^ qui Se trou- 
,ve chargé d’afimens par des narcod? 
xjues, à'moins'iqne la violence de. la 
^douleur n’oblige d’y^a^Oirirecourg. Il 
îfuffit même pour Itordinaire de:4i|^ 
.^valer du malade dé 'Pèàit det^'iîd'e 
i’huile y de. lui donner dé> iayetnensrj, 
;dé luipaffer uhe -plumè dans la gorge 
pour la faire ceder; & dedà îvient que 
des .Auteurs d^gnent ;peiîie ^ mettre 
cette efpèce au nombréi dçs> douleurs 
de l’ellOmac, & qu’dsineslaiÊegardent 
que comme un/ym^^ 




Doukurs d& bas’^mtf&f &c, jsf- 
geftioïj dépravée, du vomiffement, ou, 
<de telle :autre .maladie. 

2.. Gajlrodynia jlatulenta ; Colique, 
i/entcufe dlcjiomaç ^ par Aëtius 

/;y?< 2 «o;parFréd. Y{onm^J^n^ Cardialgie 
vcnteufe ; par EttmuUer Hypocondria-^ 
que. Voyez ce que fen ai dit à P article, 
de là Cardial^ie. •. . - 

. , C’eft une -douleur violente & ten- 
,five dans le creux du cœur, accom¬ 
pagnée de Ia‘difficulté de refpirer , qui 
^ oblige le malade de relier courbé, & qui 
-ç^ppaife lorlque les vents fe frayent 
une iffiie par haut & par bas. A lafoi- 
.’jbleffie & à la petiteffie.du pouls, fe joi- 
^ gnent le refroidjffemenî des extrémités, 
une anxiété extraordinaire, un refferre- 
ment du diaphragme. Elle différé de 
l’inflammation d’eftomac, de la colique 
jff’eflomac hyftériqpe, .& autres fembîa- 
bles maladies, êp.qe que î,^pigaffre.fup*> 
porte la preffion de la main, aa lieu 
.qu’elle augmenté la doulqùr dans les 
.maladies dont on vient de parler. 

, . Ènfuite d’une faignée, au cas'-que le 
.pouls lapermette,4’im layementémol- 
.. lient, & .de quelques écueflées d’eau de 
.^poulet ; fi- la do^ur, n’eff .point trop 
«yiolente, oqpaîierqà l’hjj^e^d’aman^? 


5*01 Classe VII. 
douce, & enfin au laudanum & à la 
thériaque récente , ou aux pilules de 
cynogloffe. La dofe du laudanum fo- 
lide efl: d’un grain & plus; celle du li¬ 
quide , de vingt ou trente gouttes ; celle 
des pilules de cynogloffe , de fix grains 
ou plus. On doit s’abfiènir des cathar¬ 
tiques, même des plus doux, julqu’-à 
ce que la douleur ait ceffé pendant un 
jour. Pour la prévenir , on doit s’abffe- 
nir de tout'aliment légumineux & diffi¬ 
cile à digérer ; prendre des bouillons 
emolliens, le petit l’ait-, & les eaux'mi¬ 
nérales froides. ’ . 

3. Gajirodynia- biliofa ; Colique 
dlejîomac ; Cardialgie qui cdufc 
d’kxmtm Lufitanus , centur. i. ohfdcté- 
Cardialgie bilieufe'^ Blanchi; atrabilaire 
-î^!HolÎper & de Zàcutus.; À. ''' ’• , •;/ 

“ " On la croit cauiee par uné mâtiét^ 
■BHiedfe acre , porfacee-; éfugîhëufé. 
H confie- ’paf les expériences de, 

Rapportées par Étiéuller que les 
acides vrtrioîîques donnent Une cou¬ 
leur verdâtre à la bile jaunes la dou¬ 
leur eft âüfil violente dans Cette efpece 
que cèlle que caufé le pbifpriv 'Afnatks 
obTerve même, qii’elïe %fi-qùdlquefôis 

iuivir^ de convoi : Fâttribiid 



Douleurs de bas-ventre , &c. 3'03; 

communément au poifon : BarthoHn Sc 
Bonet in fepulçhret. obf. 1. de ventricidh 
dolorc 5- obfervent que lorfqu’on vient 
à ouvrir ceux qui en meurent, on leur 
trouve l’eftomac rouge & prefque ex* 
corié. Cette efpece eft familière aux 
fujets d\în tempérament chaud & bi¬ 
lieux , qui ufent d’alimens chauds & 
qui boivent des liqueurs fpiritueufes. 
Nous apprenons des expériences de 
Louis Davi^ard , membre de l’Acadé- 
niie Royale' des Sciences , que la bile 
reflué très-aifémentdu duodénum: dans 
PeRomac. 

■ Cette maladie fe termine par un v€^ 
miffement & une déjeûion-abondante 
de bile âcre & verdâtre. 

Gn peut employer dans le paroxys¬ 
me même les émétiques légers , tels 
que la décoâio:n deYemence de raifort^ 
Poxymeî fcillitique -à la dôfe dé fix 
drachmes ; mais ula-douleur n^eR point 
violenté, on -donnera au malade dé 
Peau de' poulet pour le faire vomir. 
Rieh' n’eâ irièilleur pour la pfëvehir 
que Pufage des eaux minérales troidesi 

■ • 4. Gàfirodyhia à veneno y Bonet, 
pülchtét.^ obf;Z 3 , '4, S > '7* CoHquq 
d’eûoiriac çaufée^ pàrlç pobbn. Aï ' 



304 Classe VIT. 

C’eft celle qui eft caufée par des 
poifons corrofifs, tels que les acides du 
nitre , du fel, du vitriol, le mercure 
fublimé corrofif, l’arfenic, foit qu’on 
l’ait pris par mégarde , ou que quel- 
qu’àutre l’ait donné par méchanceté,, 
ce qui efl un crime qui exige beaucoup- 
de prudence & de fagacité delà part du 
Médecin qui le déféré auJuge. Lorfque 
le poifon eft corrofif, aéiuel, comme 
ceux dont on vient de parler , il eft 
évident qu’il doit plutôt affeâer les lè¬ 
vres , la langue, le palais que le ventri¬ 
cule ; & par conféquent lorfqu’ils font 
corrodés , onme peut plus douter que 
le malade n’ait été empoifonné. Lors¬ 
qu’on n’apperçoit point ces Symptô¬ 
mes externes , on peut douter fi la 
maladie provient d’une caufe interne, 
ou du poifon. On -a coutume dans pa- 
reil'cas d’ouvrir le cadavre , de trem¬ 
per un m.orceau de pain dans le fuc de 
l’eftomac, ôç de le faire manger à un 
chien ; & lorfque le chien meurt, que 
l’eftomac eft corrodé & livide, on con¬ 
clut que le malade eft mort empoifon¬ 
né; mais cette.conféquence ne fauroit 
tenir lieu de preuve à moins qu’ellq 
ne fqit appuyée d’autres ! circonftance^ 



Douleurs ât bas-ventre, &c. 
t^ui rendent la conjeâure vraifembla- 
ble. _ Voyez-en la cure à rarticle du. 
choiera. 

5. Gajlrodynia ulcerofa , Bonet ,fepul-‘„ 
chret. obf. 6,6 ,y ,8 , z8, 42., 43 ÿ 

4^ ,* & P obf. 3. de Pappendix, Colique 
d’eftoraac caufée par un ulcéré, par le 
fphacele du ventricule, par la putréfac¬ 
tion, l’exulcération, la corruption de 
répiplooh, du pancréas, du foie qui 
eft dans le voifînage , obf 2., 18 , ^ 

23 , ^8, 48, io. Append. ebf premiers^ 
fecoTide, &c. K, 

\ C’efi celle qui accompagne 1 -inflani‘î 
matiqh de i’eâomac, & lés. phlegma- 
lies des vifceres qui en font voifins & 
qui viennent à fiippuration J le pus, la 
fanîe, les vapeurs putrides qui en for- 
té nt corrodant Beftomac , du l’irritant 
continuellement, decafionnent ie vo- 
miflement , la êevre héâique & les 
autres fymplomes funefte-squi en font 
infépârables.; 

. 6é Gafro^ynia Americana\ Prolapfus 
"cartilagihismucronat(e,G. Pifo, demorbis 
fnd. Qccid cap, ^..appelléeparles Por- 
'ïügdisjpinela; Colique d’eûomac de l’A¬ 
mérique ^ iChute du cartilage xyphoïde. 
Cette maladie eft accompagnée d’une. 


3 oé Classe VII. 
langueur univerfelle , dé douleur d’ef- 
tomac, & quelquefois de vomiffemént, 
d’une grande difficulté de refpirer, oc- 
cafionnée par le refroidiffement de la 
poitrine, fur-tout par la compreffion 
du cartilage xyphoïde. Le malade perd 
l’appétit, fes forces diminuent à vue 
d’œil, & il tombe dans l’atrophie. 

G’e^ imé maladie froide & chrohL 
que, qui n’a rien de dangereux, qui 
vient peu-à^pèu, &: qui eft par confe- 
quent difficile à connoître au commen¬ 
cement. Les Empiriques difent qu’elle' 
fe manifefte par des varices aux bras. 
Elle différé de la cachexie, dé i’opi& 
tion cacheâique , en ce que lé vifagé, 
quoique trifte & abattu , conferve fa 
couleur & n’eft point livide , èft ' ce 
qu’on ne fent ni pefanteur ni dureté 
dans les hypocondres, & que l’appétit 
eff languifîant. 

La cure demande des remedes difi- 
cuffifs, chauds & corroboratifs , tant 
internes qu’externes , des bouillons 
àffaifonnés avec le poivre , l’ail, l’oi¬ 
gnon , les pilules ffomachiqiies, le firop 
de tabac, le vin, le baume de copahu, 
fa décodîonde faîfepareiile & de faffk- 
liras ayecd’anis &: la canelle. Les exter- 



Douteurs de b as-ventre , &c. 3 07 

h€S fontles venîoufes feches appliquées 
plufieurs fois fur les mamelles, les lini- 
mens de l’eftomac & de la poitrine 
avec Phuile d’écorce d’orange, de tabac 
d’armoife , de menthe fauvage ; un 
éculîbn ftomachal fait avec des herbes 
corroborantes ; enfin , un emplâtre 
compofé avec les baumes & les réfînes. 
Le bon effet, dit Pifon , qu’ont pro¬ 
duit ces remedes dans la colique , l’a- 
trophie, & la dyffenterie , m’obligent 
à recommander aux Chirurgiens les 
Venîoufes feches & les topiques ex-: 
ternes. 

• 7 . Gajlrodynta periodynîa. 

La Périodynie des Grecs efl, fl je ne 
me trompe, une efpece de colique d’ef- 
tomac chronique , telle que celle que 
j’ai obfervée dans un Prêtre âgé de for- 
xante ans, qui étoit fujet depuis fix 
mois après avoir mangé, & pendant 
tout le temps que la digeftion fe faifoit, 
à des contorfions , des inquiétudes , 
des douleurs & des tiraiîlemens qui fe 
communiquoient aux intefbns , & qui 
lui rendoient la langue très-feche, fans 
qu’il fut pour cela altéré. II était extrê¬ 
mement maigre , foible , conftipé ; foiî 
pouls étoit rare , mais d’ailleurs le mêmst 


5o8 C l a s s e VÎI. 

que dans les perfonnes faines, il fentoit 

quelques douleurs dans les lombes. 

Je lui ordonnai les bouillons de pou¬ 
let, des narcotiques, & enfuite le lait 
d’âneffe; il les prit pendant un mois, 
& il guérit. 

8. Gajlrodynia calculofa ^ Schneideri, 
lib. .3. de catarrhis , cap. 7. Elle a été 
connue de Rivière^ à!ALfarius, de Cru* 
cius\ de Banholin , & obfervée par plu¬ 
sieurs autres. C, 

Un certain Artifan fentoit depuis 
long-temps dans fon eftomacune pefan- 
teur incommode , comme s’il y eût eu 
dedans une meule de moulin, il mourut 
non obflant tous les remedes qu’on lui 
donna. On lui trouva dans le jéjunum 
une pierre blanchâtre qui comprimoit 
le pylore, & qu’aucun Médecin n’^a- 
voit foupçonné y être. Voye:^ quelques 
autres obfervations pareilles à l’article 
de la Paffion iliaque. Voye^ aufîi Bonet, 
fepulchret. tôm. z. pâg..yy. obf, 33. de 
çalculis cyjîicis , obf. de calcuLo gaf 
trico, ibidem, obf 3a. & iix hiftoires 
de pareils calculs, obf J’ai vu des 
calculs gaftriques eliipioïdes, blancs, 
plus légers que l’eau, plus gros qu’un 
eeufde pigeon, qui ne s’enflamnK)ienî 



Douleurs de bas-ventre , &c, 30^ 

point au feu , & qui différoient par 
conféquent des eyftiques, qui avoient 
"'eaufé le choiera niorbus. 

J’ai vu divers Charlatans , dont l’un 
entr’autres avaloit des cailloux très- 
durs , liffes, fphéroïdes, de même dia¬ 
mètre que l’œfophage, fans être incom¬ 
modé. L’autre mâçhoit une efpece de 
caillou teftacé, dont toutes les maifons 
de Montpellier font conftruites, & en 
avaloit d’allez gros morceaux , qu’on 
entendoit remuer dans fon ventre. Je 
iî’ai pu favoir s’ils les vomiflbient. J’ai 
àuïE tfaîté uîi foldat, qui' par maniéré 
de jeu jXafîbit dès verres daft? fa bou¬ 
che en avaloit des morcèaux.*' 

• La coliquè d’eftomac accompagne foü- 
vent celle du foie qui eft caufée par des 
calculs. Voye^ Bonet $ Jepulchret. toni. z. 

^ 33 - ; ; , 

(). Gajîrodynia ajiringens ; Stomachi 
ajlriciio Aetii, Lib. j .ferm. /. cap. 1^.. Ref- 
ferrement d’eftomac. L. ^ 

C’eRbne douleur que l’on fent pen¬ 
dant la digeftion,accompagnée de conf^ 
tipatioh , d’une cKâléur générale , fur- 
tout dans les paumes des mains, & aux 
plantes des pieds , de là rougeur du 
vifage, de la fréquence du pouls , ou j 



jio Classe VII. 
fuivant quelques-uns, d’une petite fiè¬ 
vre. Elle attaque les perfonnes qui ont 
les chairs feches & épaiffes. Voilà ce 
qu’en dit Æthis. Pour moi j’attribue 
cette maladie à la féchereffe & à l’éré- 
thifme de l’eftomac , au défaut de boif- 
fon aqueufe, & à la difpofidon fpafmo- 
dique du genre nerveux. 

Aüïus confeille dans le paroxyfme, 
c’eft-à dire, dans le temps de la digef^ 
tion, de fe frotter oc de fe lier les extré¬ 
mités 5 de tenir le corps droit, de fe 
faire porter en litiere, & enfuite d’ufer 
d’humedans & de délayans, par exem¬ 
ple , de s’oindre le corps avec de l’huile 
& un peut de nitre ; après le paroxyf¬ 
me, de boire beaucoup d’eau chaude , 
de fe baigner les pieds, & de fe laver 
fouventles mains. Jèîius dit avoir fou¬ 
lage fes malades en les faifant baigner 
avant leurs repas, & en leur failànt 
boire du vin après que la douleur ayoit 
cefle. lis doivent uier d’alime ns faciles 
à digérer, & en faire trois ou quatre 
repas. , 

10. Gaflrodynîa. amrens. Voyez Jo nf- 
Xoti^ idza m^dîcina J pag, j^^S.Jiomachi 
aitntîoj ^onot PoLyalth. Periodymajid’" 
machi d’Hippocrate , qui , à;ce que dit 




Doukurs ic h as-ventre , &c. 311 

vçulu dérigner par là la douleur 
violente qu’elle caufe, de mê.me que 
îatenlion dont elle eft accompagnée. L. 

• Cette efpèce (urvieat auffi dans lè 
temps de la digeftion, mais elle eft ac¬ 
compagnée d’un foid dans les exîrémi-; 
tés&c de la courte haleine, en quoi elle 
différé de la précédente. Eft-ce une 
efpece différente de la colique d’efto- 
mac caufée par des faburres, de la coli-; 
que d’eflomac \enîe\x(e , Jonjion 
confeiile à ceux qui en font atteints de 
s’oindre l’épigaftre avec de l’huile de 
nard & d’avaler une drachme de poivre. 
Hecquet veut qu’on ufe dans les repas 
d’une boiflbn émolliente , &: qu’on 
prenne dans le temps que la douleur fe 
fait fentir de la thériaque récente. 

,,11. 'Gajîrodynia àperegrînis ; Cceliacm 
ûffeUus^ àQ Celfe , Lib, g., cap. iz. Coli¬ 
que d'ejîomac caufée par des corps itrart^ 
gers ; Affeâion cœliaque. 

Elle eff caufée par des corps qu’oa 
avale & qui ne peuvent fe digérer , par 
exemple, un morceau de fer fuivant 
l’obfervaf.on de Scholtzius ; une pièce 
de cuivre , d'’argent , un couteau , une bou^ 
c/e, un clou , une épingle. Voyez Tiffoî, 
Avis au peuple , 7?'^. jCJ ; des cailloux:^ 



3IX Classe VIL 
ainü que Cardan ^ Hejjius &c. l’ont ob¬ 
ier MoLknbroeck^ rapportent 

qu’un homme en fut atteint pour avoir 
avalé des pilules dorées & réfineufes qui lui 
fefterent pluiieurs mois dans l’eftomac. 
ta même chofe arriva à un autre, à ce 
que dit Hildanus,3. pour 

avoir avalé un morceau de iard; à un 
àtitre,fuivantPlaterus,o^/ lib. pour' 
avoir mangé une livre de gingembre.- 
Eile a été caufée dans d’autres par de 
petites yelîies remplies de poux , fui- 
vant Heurnius ; par des lézards & des 
couleuvres, fuivant Gefner Hijîor. ani¬ 
mal. de /Æcertti, qui rapporte que trois 
miilè hommes en moururent. Le D; 
Batigne rapporte d’ans lés Mém; de la 
Société R. de Montpellier, qu’il a 
pas long-temps qu’un homme rendit" 
par la bouche des falamandres, enfuite 
de l’émétique qu’on lui donna. 

A l’égard de la colique d’eftomac que 
caufent les taenia, les vers, les chenilles 
& autres pareils reptiles qui s’engen¬ 
drent dans l’eftomac, Voyez^ ce que j’ai 
dit à l’article de la colique d’eftomac 
vermineufe. 

- J’ai vu dés gens qui ont avalé impu- 
îiéxnent des épingles , des plumes à 
écrire, 



Douleurs de h as-ventre, &c. 
écrire, du verre, des coquilles de mou:* 
le, des noyaux de pêche, &c. mais 
tous ne font pas auffi heureux, & il 
en -a 'plufieurs à qui ces fortes de folies 
eaufent des coliques d’eftomac énor¬ 
mes , des ulcérés qui font tôt ou tard 
fuivis de la mort, il y a quantité de 
liqueurs propres à diffoudre ce corps, 
^ qu’on peut prer^ire en toute iùreté, 
par exemple , le jus de limon, pour les 
coquillages ^ mais il eft bon de mettre 
en ufage les lubrifians ,pour en procu? 
i-er l’évacuation. 

. II. Gajîrodyniaà xiphoide.là^lorri^y 
Mpidem. lib, z.pag. 242. Barbette 
praB. lib, i. cap. 4. C. . . 

• Les Lan^edodens appeîleht cette 
maladie, la palette de Vepomuc tombée^ 
Barbette & Bonet prétendent que cette 
maladie n’eft pas rare , mais elle l’elî 
cependant plus qu’on né le croit com- 
-muriément. Elle eft occafionnée.par l’af* 
fàifTement ou la luxation du cartilage 
xiphoïde, & elle eft accompagnée d’une 
douleur continue, de vomiffement, 
d’anorexie , dt fi la maladie perfévere^ 
d’atrophie^ On rend par la bouche les 
alimens dès qu’on a mangé, & la dou¬ 
leur fübfifte des mok & des ani^es^ 
Tàme Fl, Q 




314 Classe Vit, 

Barhctu veut qu’on applique de greffes 
ventoufes fur la région de l’épigaffre 
une fois ou deux , & enfuite un em¬ 
plâtre aftringent. Bonct rapporté que 
tous ces fymptomes cefferent dès que 
le Chirurgien eut remis ce cartilage en 
place. Wtpf&r prétend que cette mala- 
,die ne différé en rien de la douleur du 
foie caufée par les calculs. 

13. Gajlrodynia pulfatïlis. Bontty 
fipulchm. tom. z. obf. 46 . pag, So,L. 

Elle confifte dans une douleur ac¬ 
compagnée de pulfation dàns la région 
•de l’épigaftre, & qui n’a rien de com¬ 
mun avec celle que l’on fent dans les 
autres efpeces. Je l’ai obfervée deux 
ou trois; fois, & elle n’efe pas rare chez 
les fujets hypocondriaques & hyffé- 
riques. On l’attribue communément à 
la pulfation de l’artere céliaque , qui 
devient quelquefois de la groffeur du 
poings fi l’on en croit Bonet, Il eft cer¬ 
tain que les arteres gaftriques & l’aorte , 
quand même elles ne feroieftt affeâéés 
d’aucun anévrifme, ont affez de fenfi- 
bllité dans ces fortes de conftitutions, 
pour produire cette- pulfation incom¬ 
mode. V ^ 

- - .14. Gaflrodyma hyjkrka / Colica hyf- 


ÿouleurs de bas-vemre, &c. '315 

ierlca,, Sydenham, cap. y . pag, igz, & 
in pr0cejf.pag. €^^. Colique d’eftomac 
hyftérique. L. 

Cette maladie ell: familière aux femi 
mes hyftériques, de même qu’à celles 
dogt le tempérament eû affoibîi par les 
jnaladies , & fur-tout par des accouche- 
imensilaborieu^, ^ eil accompagnée 
d’une douleur aiguë dans la folTetfe du 
g:œur, &^d’un vomiffement de matière 
yerdâtre. La colique bilieufe a fon fiege 
dans les inteftins, celle d’eftomac dan;ÿ 
ee vifcere même. Celle- ci abat les forces 
à un point extraordinaire , & jette la 
inalade dans le découragement. La dou¬ 
leur cefte pendant un jour ou deux^ 
mais elle revient au bout de quelques 
femaines avec la même violence; & 
après qu’elle eft paffée, il refte une fen- 
libilité dans,, i’épigaftre que la moindre 
preifton irrite, & d’ailleurs elle eft aflez 
îbuvént compliquée d’un iâere pen¬ 
dant. quelques jours; Elle diftere de la 
paffion iliaque & de la colique bilieufe , 
ainfi qu’il eft aifé de s’en ^convaincre 
q)our q>eu qu’on -y fafle attention. 
i-y Cim. On donnera à la malade du 
.'poffet y pu du petit lait cuit avec de 
•l’aile ou de la biere, autant qu’elle 
O q 




3î ê C L A S S E VII. 
pourra en boire, pour la faire vomir 
^ nous nous fervons en France d’eau de 
poulet ou de petit lait ) '& enfuite 25 
gouttes de laudanum liquide dans de 
à’eau de çinnamome, réitérant ce paré¬ 
gorique jufqu’à ce que la douleur foie 
calmée. Il convient même de côtumem 
cer.par la faignée, au cas que les forces 
le permettent - / 

Àu cas que les paroxyfm^s revien¬ 
nent, on lui donnera dans les interval¬ 
les qu’ils laifîent, un bol compofé d’une 
drachme, ou d’une demi-drachme de 
zédoaire, avec du firop de citron, ma¬ 
tin &foir pendant un mois, & par 
deffus l’infùliôn fuivante. Faites infufer 
demi-once dé zédoairë dans quatre on¬ 
ces de vin des Canaries pendant douze 
heures, coulez-le, prdez-Ie pour 
i’ufage. On peut auffife fervir du baume 
du Pérou, comme dans la colique 4 ® 
Poitou. “ 

15. Gàjîrodynid chlqràtica ; Çoliqaé 
d’eftomac chlorotique. L. 

-- Cette éfpece efl eaufée par la fup- 
"■preffion des flux mehflruel & hémorr 
■roïdal; elle éfl: familière aux femmes 
-qui' ont les pâles coùîeurs iî ÿ eh a 
;|)éu qui eh foient exémptesi' La doüîehlî 



Doiileurs de bas-venite^ &c. 
cfl: à la vérité fupportable, mais fiie ^ 
& s’étend depuis répigaflre-, jufques 
dans le dos entre les deux omoplates ; 
efle eft quelquefois accompagnée de 
l’ènflure de l’épigaHre & de dyfpnée ^ 
pour peu qu’on agiffe, de laffitude , de 
pefanteur dans les jambes, de la pâleur 
dp vÜage, de l’enflure œdémateufe des 
pieds, & d’anorexie. On la guérit dé 
même que la chlorofe par l’ulage con¬ 
tinué des chalybés. 

16. Gajirodynia, hypocbondridca ; Co-^ 
lîca hypochondriaca y Sydenhami, Pro’^. 
cejfus inteprï de colicâ hyflerîcd ^pag. 670^ 
Colique d’eftomac hypocondriaque. 

Elle a beaucoup d’afîinité avec la 
colique d’eftomac hyftérique, mais elle 
afFeâe les hommes hypocondriaques, 
& Sydenham exhorte les Médecins à 
chercher une méthode curative qui lui 
convienne , & à laquelle la maladie 
cede pour ainfi dire natuellement. Les 
chalybés tiennent le premier rang par-- 
miles remedes dont on peut fe fervir; 

17. Gajlrodynia febricofa , Morton , 
de proteif. febt pag, gg. hijl, iS. Joufn, 
de Mid, Janv, lyGi.pag. z 5 . Colique 
d’eûomac fiévreufe. A, 

O ii j 



^i8 Classé VII. 

18. Gafirodÿnia àfrigore de Meyferey 

n^. 411. Colique d'eflomac caufie par U 
froid, B. ' v.ü 

19. Gajlrodynia metajlatica, Mey<* 
.ferey, n°. 411, Colique d’eftomaemé- 
taftatique , caufée par la répercuffion 
de la matière morbifique de la goutte 3^ 
de la gale, des dartres, des fêtons, de« 
ulcérés , des marifcas. A. 

20. Gaftrodynia gajirocelica , de Mey-» 

ferey, , 411. Voyez le gajîrocck. A, 

Nota. Le mot de colique n’étoit au¬ 
trefois employé que pour défîgner les 
douleurs qui ont leur fiege dans le co¬ 
lon ; on s’en efl: depuis fervi -pour dé- 
ligner celles de l’ileum, du foie, de la' 
matrice, de l’eftomac & je ne fai de 
quelle autre partie , ce qui eft d’une 
çonféquence dangereufe dans la prati 4 
que de la Médecine. En effet, il n’y a 
proprement qu’un nom qui convienne 
à chaque genre , à moins qu’on ne 
veuille confondre toutes chofes ; Sc 
comme les genres des maladies qui af>; 
feftent les divers vifeeres font diffe- 
rens, il s’enfuit qu’on doit les diflin- 
guer par des noms qui fervent du moins 
à faire connoître les principaux fymp- 


Douleurs dt has-ventre. Colique. 319 
tomes qui les accompagnent , autre¬ 
ment il faudra bannir ceux de céphar 
lalgie, de cardialgie, de goutte, &c. 

XXIL CoLicA} Colique ^ Douleur 
au ventre, 

La colique eft une maladie dont le 
principal fymptome confifte dans une 
douleur ou une fenfation incommode 
dans le gros inteftin, & qui efl déter¬ 
minée par fa fituatiori, fa figure ^ & fes 
ufâges. 

Comme les inteftins, foit gros ou 
grêles , occupent différentes places, & 
font contigus aux différens vifeeres du 
bas-ventre, il eft difficile de connoître 
le fiege de la maladie fur le fimp'ie ex*‘ 
pofé du malade, & de la vient qu’on s’y 
méprend tous les jours. On peut ce¬ 
pendant à l’aide de la phyfiologie, & 
lorfqu’on connoît les caufes, les princi¬ 
pes & les fymptomes de la maladie , la 
ftrudure, la fituation & l’ufage de l’in- 
teftin, connoître auffi les différens fymp¬ 
tome s qui doive nt e n réfulter, aufli-bie n 
que la partie affeélée, tant dans cette 
maladie-ci que dans les autres. ïl eft: 
fâcheux que l’on ne puiffe diftingueï,- 
O iv 



5 10 Classe VIL 
plufieurs genres de maladies que parle 
moyen de la théorie ; il feroit infini¬ 
ment mieux de les définir par les fymp- 
tomes qui leur font propres , mais il 
fàudroit pour cela qu’on s’attachât à 
nous donner une hiftoire des maladies 
plus exaâe que celle qu’on a jufqu’ici^ 
Le mot de colique ne s’efi: introduit 
idans la Médecine que du temps de 
Plint, Les Grecs ne connoiflbient point 
cette maladie, ou ne l’avoient point 
lâéfignée par aucun nom- propre. U» 
appelioiént iUum cette douleur de Tin- 
teftin grêle, qui efi: accompagnée de 
confiipation dhin vomiffement con¬ 
tinuel, & à laquelle nous donnons le 
lîom de pafiion iliaque, de même que 
ïes Arabes appelloient pa£ionem coli- 
cam , celle qui a fon fiege dans le gros 
ântefiin. Quelques-uns ajoutèrent à la^ 
idéfinition de la colique, qu’elle étoit 
compliquée de conftipation, pour dif* 
îinguer les tranchées de la colique or¬ 
dinaire ; mais cette diftinftion n’appar¬ 
tient point au genre ; car fi la douleur 
cfl: violente, confiante, compliquée de 
tranchées & de déjeâions par bas, & 
qu’elle foit le principal fymptome de 
m ïïiâladie, ce fera prqprement uné 



Douleurs de hàs-vemre. Colique, 3 1% 
colique; & à plus forte raifon le fera- 
t-elle fi le ventre eft libre comme il arri¬ 
ve quelquefois ; autrement, il n’y aura 
point de genre auquel on puiffe rap¬ 
porter cette douleur, & il faudra en 
créer un nouveau fans néceflité. 

• I. Colica jLatulenta , Sennert, de do- 
lore colico, prima fpecies% Boviqî ^ Jèpul-; 
chret. obf. / & z. Colique venteufe. 

On laconnoît i en ce qu’elle s’ap- 
pàife dès que le malade a rendu le la¬ 
vement qu’il a pris, ou qu’il a été à la 
felle, ce qui n’arrive point dans la; 
colique d’efiiomac venteufe ; en ce 
qu’elle s’étend le long de l’inteftin 
ou tout autour du bas-ventre, d’oîi 
vient qu’elle affeâe fouvent la partie 
inférieure de l’efiomac où palTe le co¬ 
lon ; mais elle fe calme par l’éruption 
des flatuofités & des borborygmes ès. 
par le changement de fituation ; 3^.- 
Quoique dans le fort de la douleur il 
fiirvienne une rétention d’urine , & 
que la verge fe roidifle fans aucun ai- 
guüion de volupté; eEe n’efl: accompa¬ 
gnée ni de maux de reins , ni d’envis- 
d’uriner , d’aucune ardeur ni d’aucune- 
altération dans les urines comme danS’ 
la colique rén^e 3,4°. la douleur n’au^- 



3^^ Classe VII. 
mente point lorfqu’on preffe le 
ventre, comme dans la colique d’efto- 
mac hyftérique, & dans l’inflamma¬ 
tion des inteftins ; 5 elle eft compli- 
quée de la fécherefle du bas-ventre, 
de conflipation & de l’endurclffement 
des excrémens ; 6*^. elle n’a ni les fymp- 
tomes ni les principes procatartiques 
de la colique de Poitou. 

Elle eft caufée par le défaut de dî- 
geftion , lequel engendre quantité de 
flatuofités , au lieu que lorfque la fali- 
ve, le fuc gaftrique & la bile font tels 
qu’ils doivent être , la digeftioa fe fait 
fans caufer aucune flatulence. Les ali- 
mens les plus flatueux font le vin qui n’a 
pas affez fermenté, les légumes, & les 
fruits charnus & cucurbitacés. Cette 
efpece , quoique légère & paflàgere , 
eft fouyent l’avant coureur de i’iâere', 
parce qu’elle empêche le cours de la 
bile dans le duodénum. Il confte par 
les expériences Stwart a faites fur 

un homme & fur un chien , que lorf¬ 
que la bile cefte de circuler, il s’en¬ 
gendre des flatuofités dans les inteftins; 
& la même chofe arrive lorfque le bas- 
Ventre eft conftipé. 

Lorfque la colique eft: légère, il fuf 



Douleurs de tas-ventre. Colique. 315 
fit d’un lavement émollient, huileux, 
de l’infiifion de camomille en guife de 
thé, d’appliquer des linges chauds fur 
le bas-ventre, & de le frotter pour là 
faire ceffer. Dans le cas où la douleur 
eft violente, il faut commencer par fai- 
gner le malade, lui faire boire beau¬ 
coup d’eau de poulet*, luf donner un 
lavement émollient, & fi ces remedes 
né produifent aucun effet, vingt ou 
trente gouttes de laudanum liquide. On. 
lui donnera enfuite toutes les quatre 
heures de l’huile d’amande douce, fans 
difcontinuer l’eau de poulet, & quel¬ 
ques lavemens d’environ une chopine 
pour lui tenir le ventre libre. Après 
que la douleur fera appaifée , on le 
purgera légèrement, & lorfquelafaifôn 
le permettra, on lui fera boire les eaux 
minérales froides pour délayer labile, 
& balayer les premières voies. 

, 2. Colica pituitofa , Sennert, ibid ^ 
troijiemme efpece , Fernel, pathoU lïb. G» 
mp. c). Salmuth, centur. t. objerv. y dm 
fepulchret. obf. 23. Colique glaireufe. 

On la croit occafionnée par des hu¬ 
meurs épaiffes & gluantes qui engor- 
nent le gros inteftin. Elle caulé la même 
douleur que fi l’on .enfan;çoit un pieu 
O vj 





324 Classe VII. 
ou une tariere dans la partie, ce qui; 
vient de la diftenfion qu’y caufent les- ' 
glaires & les vents qui y font enfei- 
jués. Quoique les douleurs des autres- 
efpeces foient fortes & aiguës, elles ne- 
ÎKint là.fixes m perforantes ^ à quoi l’on; 
peut ajouter que cette colique eft très- 
opiniâtre. 

Ettmuller attribue cette douleur gra-- 
y^rive aune pituite , ou mucofité abon¬ 
dante , vifqueufe, mais fans aucune 
acrimonie, prétendant avec raifon que 
c’eft l’acrimonie acide qui la rend tout 
à la fois gravative & contondante ; it 
convient toutefois qu’elle efl; fixe, con¬ 
tinue 5 pertérébrante ; & croit qu’elle- 
à fon fiege dans l’hypocondre gauche,. 
& qu’elle afFeâe très-=fouvent leshypo- 
condres, au lieu que la coliqüe ven- 
teufe eft accompagnée d’une douleur 
& d’un fentiment de diftenfion & de 
déchirement ; la cure prophylaftique. 
exige l’ufage des fels neutres. 

3. Colica jlercorea, Ettmuller, de in- 
tjefiinorum doloribus , tom. u pag. 
Colique ftercoreufe. A. 

' C’eft ceUe qui eft caufée par des 
cxcrémens recuits & endurcis qui ne 
peuyçnî fortir^ Je l’ai plufieuts fois ob? 



JDoüteurs de has^ventre. Colique. 
fetvée chez les femmes qui font déte¬ 
nues dans des' maifons de force , à 
caufe du chagrin où elles font plongées 
de la vie fédentaire qu’elles y mènent. 
Ces excrémens ainfi endurcis caufe nt 
fou vent des coliques violentes fans fiè¬ 
vre , qui font fuivies de quelques déjec¬ 
tions fanguinolentes. On connoît cette 
maladie autaâ:; les cathartiques les plus 
doux l’irritent ; mais elle fe diflipe aa 
bout de quelques jours par le long ufage 
de l’huile d’amande douce, des fomen¬ 
tations & des lavemens émolliens, 
fans aucune éruption de vents^du moins 
qui foit confidérabie , & les excré¬ 
mens s’évacuent infenfiblement en 
forme de gale de cyprès. 

4. Colica verminofa^ Sennerti,y 3 cazî- 
da fpecies doloris colici , Fabricius, centi. 

1. obferv. 6 y. Ne feroit-ce point le 
phics de Ceife ? Coîi<^ue vermineufe. A. 

Celle-ci eit caufee par des vers, ÔJ 
elle confifte dans une douleur tantôt 
corrodante, tantôt poignante quichan^ 
ge de place, & qui n’efi: accompagnée 
d’aucune cQnftipation. Les douleurs 
font fouvent paffageres, accompagnées 
de foubreiauts dans le bas-ventre, pour 
: l’ordinaire, de cardialgie, de aauféeSj, 




3i6 Classe VII. 
d’une petite fievre, de déjeftions grî- 
fâtres, fur-tout chez les enfans, d’une 
odeur particulière d’haleine, tantôt de 
la, pâleur, & tantôt de la rougeur du 
vifage. 

Comme le bas-ventre efl; ordinaire¬ 
ment relâché dans cette efpéce , on 
peut purger le malade avec le féné, la 
barhotine , le mercure doux , &c. à 
moins que la douleur ne foit violente ; 
fi l’on craint la fievre , le délire & les 
convulfions, & que le fujet foit d’un 
âge un peu avance, on peut lui donner 
avec fuccès le firop émétique de Glau- 
bcr. L’huile & le jus de limon fuffifent 
quelquefois,, dans le paroxyfme. Les 
lavemens opèrent quelquefois ce que 
les cathartiques n’ont pu faire, & pro¬ 
curent l’évacuation des vers. Lorfque., 
le fujet eû jeune , on peut lui faire ava¬ 
ler trois gouttes d’huile de pétrol, & 
lui en oindre la région d'n nombril. 

5. Colica biliofa f Fnd. Hoffmann, 
pag. 28 & non point de Sydenham ^ 
qui eft le Chordapfus. Colique caufée 
par une humeur âcre & fcorbutique de 
Sennen; CcÀïqaehïlieiffe. 

Cette efpece attaque les jeimes gens 
yifs., chauds , colériques, adonnés aux 



Douleurs de has^venire. Colique, 
liqueurs fpiritueufes, les hommes bi¬ 
lieux , qui font beaucoup d’exercice eiï 
été, quelquefois avec une fievre paffa- 
gere , & d’autres fois fans fievre. Ses 
fymptomes font, la voix rauque , la . 
cardialgie, la cacofitie, un vominement 
de bile porracée, le hoquet, la chaleur, 
la foif, l’amertume de la bouche, l’u¬ 
rine peu abondante, haute en couleur, 
la confiipation , qui n’a pas tovf|Ours 
lieu, en quoi elle différé du chordapfe, 
les déjeâions bilieufes & fréquetes. La 
douleur fe fixe le plus fouvent dans les 
inteflins grêles, par exemple , le duo¬ 
dénum ; le bas-ventre n’eft ni chaud ni 
tendu comme dans l’inflammation de 
bas-ventre • les urines coulent à l’or¬ 
dinaire , le malade a des vertiges, le 
pouls n’efl: ni dur ni tendu, quoique 
frequent ; la maladie eft aiguë. 

La cure exige d’abord la faignée, les 
lavemens émoiiiens avec la mauve , la 
graine de lin , la racine de guimauve, 
l’huile, les bouillons cuits avec î’ofeiîle, 
les potions acidulées, comme le petit- 
lait, la limonade , l’oxycrat, l’eau ni- 
trée, l’eau de poulet, les fomentations 
émollientes, la tifane d’orge, lesémul- 
ôons narcotiques. Dans le fort de U 



^rS Classe Vif. 
douleur, le laudanum, ladécoftionde 
têtes de pavot dans de l’eau de riz froi¬ 
de ; mais avant toutes choies la purga¬ 
tion & la décoâion de caffe. Au ca& 
que la douleur revienne, on aura re¬ 
cours aux demi-bains. 

; 6. Colica phlogiflica^ Sennert , qua^ 
tmme cjpecc ; Phlogofis intejlinorum de' 
Eelix Piaterus. Tiffot, Avis au Peuple,- 
Colique inflammatoire. 

Elle ne différé de l’inflammation-des 
boyaux que par Ion degré, je veux 
dire, qu’elle n’efl: accompagnée ni de 
fievre aiguë ni de l’agitation ni de la 
fréquence du pouls, ni de la chaleur 
excefîive, ni de lueur, &c. on la dif- 
tingue des autres efpeces par l’enflure 
du bas-ventre, par Ion extrême fenfi- 
bilité qui fait qu’on ne fauroit y tou¬ 
cher , par la rénitence des vilceres du:- 
bas-ventre vers le nombril, par la diffi¬ 
culté d’uriner , la foif, &c. On lagué^ 
rit par des faignées copieules, des fo¬ 
mentations émollientes, des Iavemens> 
de l’eau de poulet, comme l’inflamma¬ 
tion des boyaux. Loriqu’on traite les 
coliques venteufes avec des remedes 
-chauds, elles dégénèrent fouvent em 
. coliques inflammatoires. Les. cathartr?- 



Douleurs de bas-ventre. Gotique, 3 2^ 
ques âcres, pris à contre-temps, com¬ 
me lorfque le bas-ventre eft relTerré , 
la caufent fouvent. Voye^ l’Inflamma¬ 
tion des boyaux. 

7. Coûta fpafmodica^ Frid. Hoffmann» 
de intejiinorum dolore , pag. 2.8y ; Coli¬ 
que convulfive , Sepulchret, pag, zGG» 
obf, Z, A. 

Il y en a une t^Iîofftnann attribue 
à une férofité âcre qui engorge les in- 
teftins, & une autre qui efl: endémi¬ 
que en Hongrie. Celle-ci eff une ef- 
pece de colique de Poitou, dont je 
parlerai à fon article ; l’autre eft com¬ 
pliquée de mouvemens convulfifs, mê¬ 
me dans, les parties externes. Elle afl- 
feôe, à ce qu’il dit, les fujets goutteux- 
& feorbutiques. Elle eft ordinairement 
fuivie d’infiammation , &: on ne peut 
la guérir qu’en attirant la matière arthri'- 
tique dans les pieds, la fcabieujè &: la 
miliaire yOVL la pétéchiale au dehors. Elle 
paroît donc être la même que la colique 
arthritique de Muf^rave, cap, 3. de ar- 
thritide. Baglivi prétend qu’après la fai- 
gnée il n’y a pas de meilleur remede 
que l’infulion de camomille en guife 
de thé. 

8. Colica plethorica; Colica Jusnm’y 



330 Classe VH. 

rhoidatis ^ Juncker, Tabul. loG ^ qui 
l’attribue à la répercuffion de la goutte 
ou de la fciatique,la confond par 
conféquent avec la convulfive. Colique 
çaufée par la pléthore. Colicafanguin&a^ 
Nenter. tab.zG; Colique fanguine. A. 

C’eft celle qui eft caufée par la fup- 
preffion des menftrues, des lochies, 
des hémorrhoïdes , & qui ceffe dès 
que ces écoulemens reprennent leur 
cours ordinaire. Elle eft familière aux 
hommes & aux femmes pléthoriques 
& hypocondriaques ; & elle eft fou- 
vent accompagnée d’un tenefme hé¬ 
morroïdal , & d’un flux de fan g abon¬ 
dant. Cette efpe ce exige la faignée , 
des délayans & des emmënagogues. 

Colica catammialis. C’efl; celle qui 
dans le temps des ordinaires aïFecle le 
bas-ventre, les lombes & les parties 
voifines de la matrice. Elle efl: fouvent 
très-violente, & ceffe par la faignée & 
l’éruption des menftrues. Coli¬ 

que utérine. 

9. Colica Lapponica , Einnæus ^flora 
Lapponica^p. 69. de Angdicâ, Colique 
Lapponique. C. 

Les Lappons qui vivent dans les fo- 
ïêtis font fujets a une maladie très-cruel- 



Douleurs de baS'ventfe. Colique, 331' 
le, qu’ils appellent ullem ou hotme , la¬ 
quelle eft une efpece de colique appro¬ 
chante de la convuhive de Scheuch^r. 
Elle caufe dans les vifceres qui font 
dans la région du nombril des fpafmes 
qui s’étendent jufqu’au pubis, & dont 
les accès font au& violens que les 
douleurs qu’éprouve une femme en 
travail, de forte que le malheureux 
Lappon fe traîne par terre comme 
un ver, & rend fouvent une urine 
fanguinolente. On ne fauroit l’attri¬ 
buer au calcul, vu que ces peuples n’y 
font point fujets non plus qu’à la goutte. 
Au bout de quelques heures, quel¬ 
quefois d’un jour, la maladie fe termine 
par un ptyalifme abondant qui dure un 
qûart d’heure. Les Lappons aflurent 
que cette maladie ne les attaque point 
tant qu’ils vivent dans les montagnes , 
& qu’elle ne les prend que lorfqu’ilsdef- 
cendent l’été dans les forets, où ils font 
obligés de boire de l’eau à demi cor¬ 
rompue , échauffée par l’ardeur du fo- 
leil, & remplie de petits vers qu’il ap¬ 
pellent gordio. Ils fe fervent pour la gué¬ 
rir de remedes extrêmement violens , 
tels que la racine d’angélique , la cen¬ 
dre ou l’huile de tabac, le cafloreum 



3JZ Classe VU. 

liquide, &c. La colique convulfive dont 
Shhcuchicr donne la defcription dans 
fon voyage des Alpes emporta plufieurs 
Religieux qui faifoient cuire leurs ali- 
mens dans des vaiffeaux de cuivre,, & 
cette efpece paroît être la même que 
la colique de Poitou. Laurent Montîn 
prouve d’une maniéré inconteftable 
que celle des Lappons efl: caufée par le 
gordio qu’ils avalent avec l’eau dont ils 
ufent, & qu’elle cefîe dès qu’ils l’ont 
rendu. 

10. Colica Japonîca,^œm^^,fajct 
3. ameenit. obf. y/. C, 5’e/2Â:i par les Ja- . 
ponois, c’eft-à-dire un fpafme des in- 
tedins&: du bas ventre fi fi*équent dans 
le pays , qu’à peine fur dix adultes y 
en a-t-il un qui en foit exempt. 

On l’attribue à la biere dont ils ufent,; 
laquelle efi: faite avec le riz, ce qui feit 
que les étrangers qui en ufent y font 
fujets tout comme îss nationaux. 

Cette efpece différé des autres, 
en ce qu’indépendamment des douleurs 
lancinantes qu’elle caufe dans les intef- 
tins, elle excite aufli des mouvemens 
convulfifs dans les aines ; 2^. en ce 
qu’elle caufe des douleurs dans les muf» 
des du bas-ventre. 5?. Elle caufe fou- 



Douleurs de has-ventre. Colique. 3 5 
^ent au malade une efpece de fufFoca- 
tlon hyftéfique quiafFeâe toute la re* 
gion depuis le pubis jufqu’au cartilage 
xiphoïde. 4'^. Après que la maladie a 
duré quelque temps , elle fe termine 
parles tumeurs dans différentes parties 
4u corps. 5*?.' Ce qu’il y a de plus fâ^ 
cbeiix eff qu’elle dégénéré quelquefois 
dans les hommes en un farcocele fiftu- 
îeux, & dans les femmes en une quan¬ 
tité de fies au fondement & aux levrés 
des parties naturelles, ( ils appellent ce 
farcocele foH, & les malades fobimots^ 
s& ces fies , indépendamment de la coli- 
-que font fréquens & endémiques dans 
tie Japon.:-ii: 

- ' Les habitans de la Corée, de la Chiné 
M du Japon fe fervent de deux-fortes 
ide remedes dans toutes leurs maladies , 
.qui font le moxfa^Xzppnâioti. %€mdxa. 
tefttune petite cienîé de figure conique 
tfaite avec ies filamenÿ de rarmoife des 
boutiques j laquelle eff de ta groffeur du 
doigt. On l’allume par la pointe, & on 
-la îaiffe brûler jufqu’à rendroit oif elle 
retouche la partie^^La douleur que cette 
cbrûlure caufë eff fi légere^que les enfans 
-la fupportent fans pleurer , ainfi qu’- 4 /- 
'pïnus S>c K.oerhpfer l’affurent. Lès Arabes 




334 C t A s S E VIT. 

fe fervent pour cet effet de coton bîeu ■ 
& les Indiens de la moelle du jonc de 
marais. 

Ils fe fervent pour faire la ponaion 
d’aiguilles d’or ou d’argent qu’ils enfon¬ 
cent dans les chairs de la longueur d’un 
demi-pouce, ôc rarement d’un pouce, 
pour procurer une iffue aux vents & aux 
-vapeurs auxquels ils attribuent prefque 
toutes leurs maladies. Ils pratiquent en¬ 
core quantité d’autres ponélionsfuperf- 
titieufes qui à ce que dit Kœmpfcr, fou- 
Îagenî ou guériffent les mabdes fur le 
champ, Ges fortes de brûlures avec: le 
^Qxa-^ font très en ufage dans plufieu^s 
autres contrées des Indes. Les Japohoîs 
C>nf ùn préfervati'f contre la çoHque, le¬ 
quel confifîe à faire.quatre .piqûres fur 
i’épigaftre idiftantes, d’un pouce l’une 
de llautre, de qui; forment un qùarré. 
Ils pratiquent- la même opération furies 
: autres"parties , êc. varient ces figurési, 

. fuivant la nature desimaiadies. : - 

II, Colica rmfmt&rica.YojQzSeput‘ 
:Cln£1^ vhf, idi: :ôhf. j» 

ax. zS. ^Q. n9. ;/, /a, rj , /4, /i ,utT, 
viy, itemi0^^ 4 , ^i.: oÈL.iIefl: traité dés 
-dbftruâiions , de l’endürciffement 
du gonflement, des glandes du ;méfén-_ 



-Douhurs de. h as-ventre: Colique. 33^ 
^eré ,obf. ^y y ^8. où il eft parlé des 
abcès du méfentere. C. 

I Colica fchirrofa , Sepulchret. obf. 
8, La Motte, obferv. 108. des tumeurs. 

C’eil une douleur caufée par ua 
fquirre dans les inteftins. 

La tumeur eft dure, indolente, 
tuée au deffous des tégumens du bas- 
ventre ; elle comprime les inteftins, 
&la douleur vient de ce que les excré- 
mens ni les vents ne trouvent point 
d’iffue. 

Cette obfervation dp la Motte fert 
.à mettre au jour la faute des Chirur- 
,gièns, qui ayant pris cette tumeur pour 
un phlegmon, l’ouvrirent avec la pierre 
à cautere, au moyen de quoi ils perce- 
reiitrileum, le pus & les matières s’é¬ 
panchèrent , & la malade mourut trois 
jours après l’opération* 

Ge même Auteur obferve, obji ro^, 
qu’on a réfous ces fortes de tumeurs par 
l’ufage continué d’un emplâtre de dia- 
'Chylon,;de'méiilot & de mucilages, & 
par rufagemterne des apéritifs, ûbf.r //-©. 

13. Colicapancreatica. Voyez. Sepul- 
-ckret. pag. < i6o. obf. 34, 3Ï. .^8.- &ic, 
• Ventris dolor ob apojlcma pancrcatâs , 
IHeurnius, in Aphor. 41. S. G. iftppor 



33 ^ Classe VII. 
crat. Highmor. Difquif. anatom, llh, i; 
pan. %. D. 

C’eft urie douleur fixe dans le bas- 
ventre, autour du pancréas, occafion- 
née par un fquirre -, lui ulcéré, un abcès 
dans ce vifcere , laquelle augmente 
après qu’on a mangé, &; qui eft affez 
fouvent accompagnée de vomiffemenî 
ou de naufées.On peut, lorfque les fu- 
jets font maigres, connoître le fiege de 
cette maladie, qui efi: d’ailleurs très-obf- 
cur, en les vifitant de bon matin après 
les avoir fait agenouiller. 

14. ColicapulfatilU.Yojez Sepulcret, 
Vmtrls dolor pulfativus ^ oh/, j 48. ào <f 
‘.Si , . 52 . Colique accompagnée de pul- 
làtion. L. 

. Cette maladie confifle moins dans 
une douleur aiguë, que dans une pul- 
fation incommode dans l’axe du bas- 
.ventre, laquelle répond aux battemens 
‘.de i’artere, &qui efi fouvent caufée par 
-un anévrifiiie. Lorfque cette pulfatioh 
fe.fait fentir autour du cartilage xiphoï- 
. de, on l’attribue communément à un 
anévrifmede la céliaque ;mais elle vient 
.tjuelquefois de la pointe du cœur. Fal^ 
, lops.2i Tiu un . anévrifme dans Jei bas- 
.ventre de la grofîeur du po^ng, lequé! 

étoi» 



Douleurs dihâS'Vtntrc, Colique. 337 
étoit couvert d’une croûte offeufe. A 
l’égard des pulfations ou des élance* 
mens & des palpitations paflageres du 
bas-ventre qui ne répondent point aux 
battemens de Tartere, elles viennent 
quelquefois des convulfions fpafmodi- 
ques dè la matrice ^ comme je l’ai vu 
dans une femme qui fit une faufie cou¬ 
che enfuite d’une perte de fang, ou des 
vers, comme le rapporte Marcel Donat, 
hifior. mirab. lih. cap. zC ; quelque¬ 
fois d’un oonVolvulus , ou d’un globe 
hyftériqüe ; mais ces fymptomes appar¬ 
tiennent à d’autres maladies. 

15. Colica calculofa , Sepulchret, de 
dolore colico^ obf. 1^. Chomel, Mém. de 
VAcad. de Paris. Colique caufée par le 
calcul. A. ' 

Outre les fix obfervations rappor* 
tées par J?<?/2er, on peut en voir quel¬ 
ques autres aux articles du chordapfe 
calçuleux, de la colique d’efiomac cal- 
culeufe, &c. 

On peut rapporter ici les coliques 
caillées par des corps durs qu’on a ava¬ 
lés , comme les noyaux de prunes, de 
çerifes &c. Sepulchret. ./y. 

des pierres , des couteaux, des ferre- 
mens, ibld. obf. 181 & obf, 8. 

Tome VL P 



338 Classe VII. 

i6. ColUagravidarum, PuzOS pag. 
Colique des femmes enceintes. A. 

Si la douleur forme une efpece de 
bande tranfverfale au-deffus du nombril, 
& qu’elle foit périodique, & précédée 
de conftipation, on doit l’attribuer aux 
vents. 

Les remedes qui conviennent dans 
ce cas font, les lavemens émolliens, 
huileux, l’eau de poulet, le thé, l’huile 
d’amande douce, dont on donnera trois 
ou quatre onces par jour à la malade 
la thériaque récente, le laudanum. Si 
ces remedes , joints à la diete, n’ope-* 
rent point, & que la douleur revienne^ 
il faut la faigner, & après que la dou¬ 
leur fera appaifée , la purger avec une 
décoélion de manne & de féné, ou lui 
faire boire une eau minérale compo- 
fée avec lé feî polychrefte & un ou 
deux grains de tartre ftibié, laquelle 
étant bue chaude lâche le ventre fans 
çaufer de vomiffement. 

Si l’on foupçonne que cette maladie 
foit occafionnèe par un tempérament 
Bilieux, par le chagrin , les foucis , la 
frayeur, la coIere, la- mauvâife qualité 
des alimens;fi la douleur eft poignante^ 
fl elle affede l’eftomàc Sc les inteûins 



Douleurs de has-ycntre. Colique, 3:39 
gfêles , fi elle; eil accompagnée d’un 
vomiffement de matière crue, bilieufe, 
yerdarre, & compliquée d’une colique 
bilieufe, hépatalgique & de fievre , il 
fans délai faigner la malade félon 
d^exigence du cas, & employer enfuite 
14s remf des indiqués ci-delTus. 
,.:'ij.-ÇoMca Jiyjievica:; Colique hyfié- 
:glque. A:. 

EÜe confifte dans une douleur ai¬ 
guë dans les intéftins , qui augmente 
au plus léger attouchement, qui cefle 
par interyailes, & revient erifuite fans 
-aucune caufe évidente, qui laiffe 
après .qu’elle a ceffé uneü grande fen- 
fibliité dans la partie, qu’onme fauroit 
Y îmschéfiELe efi compliquée de l’obf- 
■cureifiement de la vue, de fyncopes,' 
& d’un abattement d’efprit exraordi- 
Eîaire; la malade rend pan le bas , de 
même que dans la colique dïefiomac 
hyfiérique, quantité de matière ver¬ 
dâtre. Cette efpece a cela; de fingulierj 
que ces douleurs de bas-ventre ne. font 
fuivies d’aucune déjection, & qu’elles 
affedent tour à tour les-différentes par¬ 
ties du bas-ventre. 

' j’ai VU-dernièrement une ^eime fille 
càchedique & affoiblie par une ionguç 
P ii 



3^0 C L A s s E VIÎ. 
maladie, & par les cathartiques qu’elîe 
avoit pris, que ces fymptomes aveieht 
mis à deux doigts de la mort. Les 
Chirurgiens regardoient fa maladie 
comme une fievre putride ; on lui 
donna un grain de laudanum , & une 
potion cordiale, compofée avec la thé* 
riaque & l’eau de napha, qui la déli¬ 
vrèrent prefque fur le champ de fa co¬ 
lique & de fa fievre. 

La colique de Sydenham a beaucoup 
de rapport avec celle-ci, avec cette 
différence que la fienne affeâe l’effo- 
mac, celle-ci les intefiins, & qu’elle 
efl: compliquée d’un vrai convolvulus 
hyftérique. 

i8. Colica accidentalis^ tom, 

cap. i 5 , de Colica; Colique acciden¬ 
telle. D. 

A. Colique ePindigejlion , Tiffot, Avis 
'aupeuple, pag, 

Elle efi: caufée/ou par des alimens 
flatueux, ou pris en trop grande quan*^ 
thé ; ôc comme elle n’eft qu’acciden¬ 
telle , elle fe diflipe en peu de temps 
d’elie-même, La colique accidentelle 
provient d’indigeftion, elle efl; accoraf 
pagnée de tranchées , & fe termine 
par une diarrhée. Dans le cas où elle 



Douleurs de h as-ventre. Colique. j\4t 
eft compliquée de naufée , de cardiàj- 
gie , de vertige, elle fe guérit fouvent 
enfuite d’une cardialgie, par un vomif- 
fement. 

B. Colica à frigore ; Colique caufée par 
le froid , TiflQt, ibid. pag. 32^, Baglivi, 
Prax. pag. loo.lib. t. 

Les perfonnes qui marchent nuds 
pieds fur un pavé froid, font quelque¬ 
fois fujettes à cette efpece de colique. 
Gn la guérit en appliquant des briques 
chaudes fur la plante des pieds du ma¬ 
lade ; à mefure que la chaleur s’en em¬ 
pare , la colique diminue. 

19. Colica meçonialis ; Tranchées des 
enfans; Tormida recens natorum. k. 

On la connôit aux cris que l’enfant 
jette pendant les & premières femaines 
qui fuivent fa naifîailce, & aux excré- 
mens verdâtres qu’il rend. 

Le lait maternel la prévient fouvent, 
parce qu’il eft plus délayant ^ plus 
purgatif qu’un lait plus épais, & par 
conféquent plus propre à diftbudre le 
méconium qui b caufe. On la guérit, 
ou du moins on i’appaife , avec de 
l’huile d’amande douce , mêlée avec 
du firep de capillaire ou de guimauve, 
dont on donne deux ou trois drachmes 
2 iij 



342. Classe VIL 
toutes les trois heures au malade ; oU' 
bien avec une décoûion compofée de 
deux drachmes de pulpe de caffe dans 
quatre onces d’eau, qu’on lui donnfe 
en même dofe & dans les mêmes in¬ 
tervalles. On lui appliquera auffi fur le 
nombril un emplâtre fait avec dujauhe 
d’œuf, du fafran dz de l’huile cuite à 
moitié ; & on y joindra quelques la- 
'veméns émolliens. 

20. Coiîca iaBemium ; Colique des. 
cnfans'qui îetent. 

C’efl celle qui tourmente les enfàtis 
pendant les fept premières'ferhmnes & 
au-delà , & qu’on ne fauroiî attribuer 
au méconium, vu qu’ils l’ont déjà ren¬ 
du pendant ce temps-là. On la connoît 
aux cris que l’enfant jette tout-à- coup, 
à la tendon & à la fenfîbîBté du bas- 
ventre, auquel on ne fauroiî toucher, 
à la couleur verdâtre des déjeélions , 
au vomiflement qui les prend, fans 
qu’on apperçoive aucun iigrte detiéri- 
tition. Comme cette colique ell vrâi- 
femblablement caufée par ifn lait épais 
& acefcenî, de même que par la bouil¬ 
lie , il faut tâcher de découvrir les vi¬ 
ces du lait &: de la nourrice.. 

.On la guérit avec des iavemens émoi- 



Douleurs de bas~véntre. Colique. 343 
liens, compofés avec une déeoftion de 
jnauve, de graine de lin , rhuile d’a¬ 
mande douce, que l’on fait avaler une 
cuillerée après l’autre au malade, avec 
un catâpkfme compofé avec du jaune 
d’œuf, de l’huile de fafran, que l’on 
applique tout chaud fur le nombril; 
par l’ufage du lait feul fans bouillie, 
l’eau de poulet, l’eau de riz, trois ou 
quatre grains de thériaque. 

11 faut voir fi la colique ne ferok 
point caufée par un entérocele impar¬ 
fait , ou par la dentition. 

21. Colïca. fehricofa , Morton, pyra, 
pag. 33. hifi. ly ; ■Colique fîévreufe. 

Z2. Colica enterocelica cau¬ 

fée par un entérocele. Voye^ la Paffion 
■iliaque , occafîonnée par une hernie. 

Hep AT ALGi A i Douleiif 
du foie ; Dolor hypochon-dril 
dextri , ^onox y S epulcret. 

C’efi: une m.aladie dont le principal 
•fymptome efl; une douleur tenfive,;, 
■gravaîive, ou de telle autre nature dans 
-la région du foie, laquelle différé do 
l’inflammation de ce vifcere , en ce 
qu’elle n’efl accompagnée d’aucune fiè¬ 
vre aigiiè, P iv 



'344 C L A s s £ VIÏ. 

I. Hepatalgia calculofa , voyez les 
Mémoires de VAcad, de Chirurg. tom, t. 
pag. ijy. Colique hépatique. C. P. 

On laconrroît à la douleur atroce 
que l’on fent fouvent dans l’endroit où 
le conduit cholédoque s’infere dans le 
duodénum; en ce que cette douleur 
répond aux fauffes côtes & à l’épigaf- 
tre; 3®. en ce qu’elle augmente le plus 
fouvent trois heures après qu’on a 
mangé ; 4^. en ce qu’elle accompagne 
ou fuit riftere. 

Elle eft caufée par les efforts que fait 
la nature pour pouffer dans les inteftins 
le calcul bilieux. Ce qui occafionne une 
dilatation confidérable du conduit bi¬ 
liaire. 

Le chagrin, la vie fédentaife, en un 
jmot tout ce qui épaifîit la bile, contri¬ 
bue à c^tte maladie. 

La éure exige un long ufage des 
’émolliens, des délayans, des eccopro- 
tiques, auxquels on doit faire fuccéder 
les bains domeffiques, dans lefqueîs le 
malade doit prendre un purgatif, pour 
chaffer le calcul dehors. M. Raji, Mé¬ 
decin à Lyon, a guéri plufieurs mala¬ 
des par cette méthode. Le célébré Pein¬ 
tre Lebrun efl; mort de cette maladiei, 



Douleurs de bds-ventrt , &c. J45 

Duhamel, hijl. Acad. Bianehi, kiji. he- 
pat. tranf. philof. . 142. en rappor¬ 
tent plufieurs exemples. Haller, phyf, 
tom. 2)‘ P^§- 3^^' prétend que les vio¬ 
lentes douleurs du foie ceffent quelque^ 
fois par un vomiffement ou par une 
forte expiration. Les lavemens d’urine 
récente & l’infulion de fleurs de fauge, 
ont un heureux fuccès. Journal 

de Méd. Juillet 1755.. 

Les principaux tignes de cette mala¬ 
die fuivant Tacconi font, i l’iftere 
dans le cours de la maladie ; 2^. une 
douleur dans le cartilage xiphdïde & 
le flernum ; 3 la tenfion fpafmodique 
de rhypocondire droit ; 4*^. une lafli» 
tude fpontanée. l’ouvrage de Car 
jeton Tacconi^ intitulé de raris hepaüs 
morbis., Boulogne 1740. 

2. Hepatalgia fchirrofa ; Squirre au- 
foie, appeilé vulgairement Schirms Ae- 
patis. C. P. 

Gn le connoït i à î’enflure & à îa^ 
dureté de l’hypocondre droit ; 2°. à la 
douleur gravative, fotiirde, tenfive & 
confiante qu’on y fent; 3'*’. à la diffi¬ 
culté que trouve le malade à fe cou¬ 
cher fur le côté oppofé; 4*^. à la dyfp- 
née &: à la tous feche dont elle eft açr 
Pt- 



Classe VII. 
compagnée ; 5'^. à l’inappétence Bc â 
•la fatiété que l’on fent pour peu que 
l’on, mange , & qui font accompagnées 
d’un fentiment de preflion dans l’efto- 
mac & de dyfpnée ; 6*^. à la couleur 
-pâle, cacheâique & verdâtre du vifa- ' 
; 7^. l’urinle ellde couleur d’orange:, 
épaiffe avec un fédiment-gluant 
-dans la fuite , l’enflure œdémateufe des 
pieds, la maigreur des parties fupérieu- 
res, l’afcite , la quotidienne continue 
heâique. ' 

Ses principes procatartiques font les 
fievres intermittentes chroniques , la 
fuppreffion des hémorragies, les con- 
tufions, la vie fédentaire , les alimens. 
groflîers. ^ ■ 

Si le füjet efl: d’un tempérament feç 
& bilieux, il faut ufer modérément des 
martiaux, & fe borner aux bouillons 
&; aux apozemes faits aveo des herbes 
.& des racines médiocrement apéritives, 
au petit-lait avec les cloportes de le tar¬ 
tre chalybé. S’il efl d’un tempérament 
froid & pituiteux, les remedes qui lui 
conviennent font les eaux thermales , 
les potions chalybées, les groffes raci¬ 
nes apéritives , que l’on doit faire pré¬ 
céder ôe entremêler de cathartiques. 



Douleurs de has-venm i &c, 547 

3. Hepatalgia. infarUus; tutnof hepa.-' 
ns Jîmplex , Sennert, cap. 6 . Infarâus 
hep ans, Juncker, tahul. 3^. Intempé¬ 
ries hepatis, Sennert, ,/iè. g. pag. 6 '. 
Obftrudion du foie, appelles par les 
Siléfîens Riedtkuchen. C. 

Les mêmes fymptomes que la précé¬ 
dente , mats moins violens ; la région 
de l’hypocondre droit moins dure, 
point d’enflure œdémateufe, ni de fiè¬ 
vre lente ; d’ailleurs reflerrement du dia¬ 
phragme avec dyfpnée, douleur grava- 
tive & fourde, feux pafiagers au vi(à- 
ge"^, avec une rougeur & une chaleur 
paflageres dans les paumes des mains, 
îbif vague , bouche feche & amere , 
toux feche, falive gluante, inappéten¬ 
ce 5 cardialgie, laffitude & pefanteur 
dans les menfl^res , augmentation de 
douleur par le tad , fouvent conftipa- 
tion. 

-Cette maladie efl: compliquée de 
ou de l’expanfion du foie, 
•comme il arrive dans les jeunes gens, 

. & alors l’enflure de l’hypocondre eil 
vifible ; ou bien elle efl: accompagnée 
de la contractiôn Jpafmodique de ce vif- 
cere , & par conléquent-d’une réhi- 
îence qui tient de la dureté, la tumeur 



348 Classe VIL 
n’eft point circonfcrite. Ces deux états, 
font moins dangereux & moins opî*. 
jîiâtres que le fquirre au foie. Il faut 
commencer par faignerle malade, & 
lui donner enfuite des bouillons avec 
la chicorée & les chalybés, des apoze- 
mes, fe petit-lait avec l’acier & les clo¬ 
portes, les eaux acidulés martiales. Oh 
y joindra les emplâtres émolliens & 
réfolutifs, pourvu qu’ils n’augmentent 
point la douleur, & qu% ne caufent 
point de fuppuration. 

Si le foie peche par trop dé chaleur,, 
ce que l’on connoît à la chaleur de ce 
vifcere, aux maladies chaudes qui ont 
précédé, aux alimens chauds dont oha.. 
ufé, fi le fujet efl: jeune, s’il a les paf- 
fions vives, s’il efl: enclin à la colere ,, 
ü les remedes chauds lui font contrai¬ 
res, s’il a de l’averfibn pour la viande,, 
s’il a des vomiflemens^& des déjec¬ 
tions bilieufes, fi fon urine efl-jaune ,, 
s’il a la fievre , là paume dés mains, 
chaudes , le vifage dé couleur de ci? 
-tron, s’il efl maigre, fec, s’il a iaian-- 
gue rude & feehe. 

Dans ce cas, les raffaîchiffans hépa¬ 
tiques , tels que la chicorée, le piffeft-- 
fitj là racine de fraifier , i’ofeiiie j fes. 


Douteurs de has-ventiXy &c. ^4^ 

fraîfes, les cerifes , les fruits cucurbi- 
tacés ; le petit-laitles acidulés , les 
émulfions , le alimens rafraîchilTans, la 
fraîcheur de l’air, le repos d’efprit & 
de corps fotït lès remedes qui lui cône* 
viennent. 

Si, comme difoient lès Anciens,, 
tintempérie du foie ejl froide , je veux 
dire, fi l’aftion des folides eft ralentie, 
fi les fluides font vifqueux, épais, ap¬ 
pauvris ce ^que l’on conjedure par 
Page avancé du malade, par l’àbus qu’il 
a fait des remedes froids tant internes 
qu’externes , par les fréquentes fai- 
gnées qu’on lui a faitesparla petitefFe 
& la rareté du pouls, par lè foulàge- 
ment que lui procurent les remedès: 
chauds ôi fecs, par les excrétions pi- 
tuiteufes, par la pâleur de l’urine & cfci 
vifage , par la difpofition qu’il a à l’ce- 
deme, &c. 

Dans ce cas on doit lui donner dès 
remedes propres à atténuer le fang, êc 
à accélérer la circulation, je veux dire, 
qui pofTedènt une qualité atténuante , 
chaude, corroborative, réfolutive. De 
ce nombre font, là racine dé fenouil, 
d’afperge , de céleri, là pimpreneîle 
blanche , l’ai^emoine , l’abfithe , fe 



350 Classe VIL 
houblon, le chamædris, le fumeterre, 
l’écorce de citron, lacanelle, les mar¬ 
tiaux , les ftomachiques amers, le vin 
rouge, les eaux thermales, &c. 

4. Htpatalgia intercus , voyez Bar- 
tholin. L. 

C’eft celle qui eift caufée par un ab¬ 
cès entre les mufcles des hypocondres. 
Elle efl: ordinairement précédée d’une 
inflammation. ce fujet hcpatî- 

tïdan intcrcutem , que l’on diflingue 
aiiément de l’ordinaire par la tumeur 
&; la douleur, qui augmente pour peu 
qu’on touche la peau. On la guérit de 
même que les autres abcès. 

^ 5. Hepatalgia æruginofa ; Colica fpdf- 

modica Angdimojitanorum^ Scheuchzer, 
/rer Alpinum 1. pag. 12. Ne feroit-ce 
point la colique de Poitou métallique } , 
Douleur opiniâtre dans le colon & 
les inteftins grêles , accompagnée d’in- 
fomnie, & quelquefois du délire ; vo- 
miffement fréquent de bile, inappé-’ 
tence, conflipation, fîatuofités, ardeur 
d’entrailles au-deffus & au-defTous du 
cartilage xyphoïde , douleurs cruelles 
dans les extrémités fupérieures & en- 
fuite dans les inférieures, paréfie dans 
les bras,,, refpiration adhmatique , pe- 



Douleurs de. has-ventn ^ &c. 3 51 
fanteur fur la poitrine. Tels font les 
fymptomes qu’éprouverent les Béné- 
diôins dont parle Scheuch'^er pour 
avoir enfermé leur lait, leur beurre S>C 
leur vin dans des vaiffeaux de cuivre ^ 
où ily avoit du verd-de-gris. On trouva 
dans le corps de ceux qui en moururent 
le foie engorgé de petits follicules en- 
taffés les uns fur les autres , de petits 
corps en forme de pois verdâtres Sans 
les inteffins , & une férofité verdâtre 
dans le péricarde. 

6. Hepatalgia farcomatofa ^ Manget , 
Bïblioth, Tïied. praB^ lib. 8 . pag. y 8 
y 8 S> Excroiffance du foie. L. 

Fuldenr&ich ayant ouvert un homme 
qui avoit une douleur gravative & 
une tumeur dans l’hypocondre droit, 
accompagnée d’inappétence , d’un vo- 
miflement bilieux, •& de foif, luirroü- 
va un foie qui pefoit quatorze livres, 
indépendamment d’une excroiffance 
charnue dans le méfentere , laquelle 
étoit auÆ greffe que la tâte d’un en¬ 
fant. Un autre malade avoit les mêmes 
fymptomes, mais il rendoit fouvent 
par le nombril une matière blanche.& 
lereufe. Son foie étoit fort gros fquir» 
Têuxj-dctdçéré en trente endroits,.di& 



C 1 A s s E vit 
férens. Celui d’une fille qui étoit atteins 
te de la même maladie , étoit pareille¬ 
ment d’une groffeur extraordinaire, 
d’une couleur pâle, & occupoit toute 
la capacité du bas-ventre. 

7. Hepatalgia apojlematofa^ Bartho- 
centur. Abcès au foie. C. 

La douleur que caufe un abcès au 
foie, eft accompagnée de fievre, de 
fi-iiSbn, d’enflure comme celle de Petit^ 
laquelle étoit caufée par le gonflement 
de la véficule du fiel; mais i^. la dou^ 
leur au‘ foie caufée par un abcès, aug¬ 
mente lorfque le pus commence à fe 
former, au lieu qu’elle s’appaife lorf¬ 
que la véficule fe gonfle ; 2°. la pre¬ 
mière efl: pulfative, celle que forme la- 
flagnation de la bile ne l’efl: point; 3®.. 
la douleur que caufe l’abcès dure plus 
long-temps, & abat davantage' les for¬ 
ces; 4®. lorfque le foie vient à fuppu- 
ration, le pouls efl: petit, le friflbii 
dure plus long-temps, & fe termine 
par des fueurs.- Dans lé gonflement de 
la véficule du fiel dont parle Petit, le 
pouls efl: plus fort, le fi-iflbn plus court 
& n’eft fuivi d’aucune fueur ; 5®, îe_ 
gonflement de la véficule dufielfe ma- 
rafefle au dehors fous la forme d’usi^ 



Douleuns de has^ventre^ &c. 351 

tumeur enkyftée, ferme, égale, cireonf" 
crite : l’abcès eft plus étendu ; 6 °. on ap- 
perçoit l’abcès dans la région de l’épigaf- 
tre ou dans l’hypocondre droit, mais 
non point la tumeur de la véficuîe 
du fiel ; j 9 . la fluâuation ne fe fait 
fentir que dans le milieu de l’abcès, 
fes bords font fermes, & à mefure que 
la fuppuraîion augmente, l’endroit oü 
l’on ientla fluduation augmente auffi. 

On le guérit en faifant évacuer le 
pus par, le moyen dr’iine incifion, & 
enfuite par des injeâions déterfives ôc 
balfamiques. Foye^ la maniéré dont Mrs, 
Chkoyneûu $C Soulier s’y (ont pris pour 
traiter cette maladie, dans les Mém. de 
VAcadémie de Paris. ^eyej^auffilesMém, 
de l’Acad. de Chirurgie , mm, 1. par 
Petit , Amiand , ê’c. L’pbfervatioa 
d’Heurnius , Vaphor. 46.fecl. 7. & 
quantité d’autres dans la Biblioth. de 
Méd.lib.8 .pctg.yS 

Un jeune homme idérique, qui aVok 
rendu plufieurs fois du fang par le nom^ 
bril, avoit un abcès au foie , qui, au 
lieu de pus, étoit rempli d’une matière 
pareille à du jaune d’œuf pilé. Je me 
fouviens de l’avoir vu à Alais.. 

On ne peut mieux faire que de lire 




354 ^ C L A s s E VII. 

fur cette maladie la dilTertation de Caje- 
tan Tacconi, d& raris hepatis morbis. 
imprimée à Bculogne en 1740. 

8. Hepatalgla Pctitiana , Petit, Mém, 
de rAcad, de Chirurgie., tom. 1. 

Cette maladie conMe dans une dou¬ 
leur & une tumeur dans la région de la 
véficule du fiel accompagnée de frif- 
fonnement,de fievre, d’un fentiment 
de fluûuation, de la circonfcriptionde 
la véficuîe du fiel qui eft remplie & dif- 
tendiie par la bile'. Elle eft difficile à dif* 
tingiier de l’abcès au foie , & l’on ne 
peut y réuffir qu’en comparant leurs 
lignes les uns avec les autres. Les void, 
i^. la tumeur diminue à mefiire que la 
douleur augmente ; la douleur n’eft 
point pulfative, mais diftenfive ; 3^. 
les forces font moins abattues, & la 
douleur moins continue que dans l’ab¬ 
cès;.4^. le friffon eft court, le poufs 
plus grand, le premier n’eft fuivi d’ak- 
cune fueur; 5^. la tumeur eft égale , 
ferme au commencement, & circonf- 
crite ; la tumeur eft toujours fituée 
au-defîbusdes cartilages des côtes droi¬ 
tes vers la région de la véficuîe du fiel; 
7*^. la flüéluation fe fait fentir dans tout 
î’efpace de la tumeur, les bords de l’ab¬ 
cès font fermes rénitens. 



Douleurs de hàs-ventre, &c. 

On le guérit au moyen d’une ind- 
fion , pourvu que la véficule foit ad¬ 
hérente au péritoine ) & que la bile ne 
s’épanche point dans la cavité du bas- 
ventre , ce qui cauferoit bientôt la mort 
au malade. Voici les figues auxquels 
on juge que la véficule efl adhérente j 
1®. La tumeur eft fixe, & ne change 
point de place ; les tégumens font 
rouges & mollaffes; 3°. ils s’enflam- 
mentfouvènt. 

9. Hepatal^deeepdva D. Billebaulty 
D. M. M. Journ. de Méd, fept. t’y62 
p, 24y. Douleur trompeufe du foie. C. 

Cette éfpeoe , qu’on croiroit occâ» 
fionnée par un abcès au foie , dépend 
d’un amas de pus & de petits calculs 
dansle rein droit,qui eiî fort! de fa place. 

Une femme ètoit attaquée de cette 
maladie. Me£kurs Winjlow , Gaülard G 
Morand {mt-at d’avis , qu’il falloit lui 
faire une indfîon au foie. La malade 
s’y oppofa; elle mourut, l’ouverture 
éêfon cadavre découvrit le vraifiege 
de fa maladie. Voici les fymp’tomës 
qu’elle avoit éprouvés ; elle fe fentoît 
fiilFoquée toutes les fois qu’elle fe mou- 
voit avec plus de vîtefle , qu’elle fe 
Irouvoit dans-une fiîuation imprévue 3 



35 ^ Classe VIÎ. 
ou qu’on lui preffoit légèrement l’hypo- 
condre droit. Le moindre taâ excitoit 
une douleur très-aiguë dans cette partie 
qui étoiî tendue & rériitente, ,& qui 
n’éprouvoit d’ailleurs qu’une douleur 
obfcure, mais continuelle; elle fe plai- 
gnoit d’un fentiment de ftupeur & d’en- 
gourdiffement qui s’étendoit depuis le 
même hypocondre jufqu’à la cuiffe , 
ce qui l’empêchoit de fe mouvoir & de 
s’incliner en avant, de forte qu’elk 
étoit obligée de fe tenir^ebout,à moins 
qu’elle ne fôt accablée de fommeii; elle ' ^ 
avoit une toux feche, quoiqueiie cra¬ 
chât de temps en temps des matières 
purulentes, ou fanglantes ; elle était 
travaillée d’une fievre quotidienne hec¬ 
tique , do'nt les paroxyfmes fe termi- 
noient par une fueur huileufe répan¬ 
due fur la poitrine ; elle vomiffoit de 
temps en temps une fi grande quantité 
de îàng noir, qu’elle en tomboit en 
fyncope ; ce vomifîement étoit précé¬ 
dé la veille par une déjeûion de fang 
noir & fétide, & par un écoulement 
abondant d’urine, lequel n’étoit accom¬ 
pagné ni de dyfurie, ni d’ardeur ; il n’y 
avoit dans les urines ni fable, ni pus 
ni aucune mucofité ; outre ces fymp- 



Douleurs de h as-ventre, &c, 3 

tomes, la malade étoit fujette à une 
diarrhée habituelle, tantôt féreufe, tan¬ 
tôt purulente ; elle étoit d’ailleurs bien 
réglée ; fon appétit étoit.dérangé & bi¬ 
zarre , quelquefois fuivi d’anorexie ; 
elle mourut enfin dans le dernier degré 
. du marafme. 

On l’ouvrit; le foie & les autres vif- 
ceres parurent fains, à l’exception du 
rein droit & des poumons. Ce rein pa- 
roifToit ample , confumé intérieure¬ 
ment, & rempli de pus & de petites 
pierres. L’uretere étoit entièrement 
obftrué ; le poumon gauche confumé ^ 
le poumon droit farci d’une matière 
fableufe, qui remplifoit chacune de fes 
véficules. 

XXIV. Splenalgia ; Douleur, 
de la rate ; Dolor lateris, Sen- 
nert. lib, 3. cap. lo, part. 4. 

C’eft une maladie, dont le principal 
fymptome efl une douleur opiniâtre 
dans la ré^on de la rate, fans aucune 
fievre aiguë. On appelle ceux qui en 
font atteints, /pleniques^ rauleux; fple-i 
netlci, lienoji. 

l. Splenalgia infarUus ; Obftru^on 


358 C L A s S E VIL 

de la rate ; ObjlruBio l'unis, de Sennertÿ 

cap^. Ub. ^.part. 4. C. 

On ne fent au commencement qu’une 
pefanteur dans l’hypocondre gauche, 
laquelle eû liiivie d’une douleur aiguë, 
lors fur-tout que l’on fait un peu trop 
d’exercice. Le vifage devient livide,. 
on fent une pefanteur ou une laffitude 
dans, tout le corps , accompagnée de 
dyfpnée ; lorfqu’on agit, d’une 'toux 
feche, quelquefois de palpitation de 
cceur, de la gale, d’alFeélion hypocom 
driaque , de boulimie , &c. & la mala¬ 
die eft très-opiniâtre. -- 

: Elle exige le même traitement que 
l’obftruâion du foie. Les remedes dont 
on fait le plus de cas dans cette mate 
die , font la poudre de lamium blanc, 
à la dofe d’iine drachme tous les ma¬ 
tins, la. décoûion de racine de fougère, 
l’ufage. continué de laliqiaiUe de fer , 
dont on prend quelques grains tous 
lès matins la. terre foliée de tartfe, 
dont on donne dix grains deux fois par 
jour au malade, pendant un mois ÔC 
plusi La plupart de. ceux qui ont eu 
plufieurs . accès de fieVre quartefont 
lujets à cette obflruâion, & ôh f’attrh' 
hué communément au trop fréquent 


Douleurs de bas-ventre, &c. 35^ 

ufage du quinquina ; mais j’ai peme à 
croire qu’il produife un pareil elFet. 

SplenaLgia fehirrofa ; fquirre à la 
rate. C. 

On le connoît à une tumeur dure, 
accompagnée d’un fentiment de pefan- 
teur, laquelle a la même figure & occu¬ 
pe la même place que la rate. Tout en¬ 
gorgement eft bien accompagné d’une 
tumeur dans i’hypocondre, mais cette 
tumeur ne reffemble en rien à la rate, 
elle n’efl; ni dure , ni circonferite, ôc 
la douleur aigue qu’elle caufe, dégénéré 
en gravative , après que le fquirre efi: 
formé. Cette tumeur augmente quel¬ 
quefois à un point extraordinaire, elle 
efi: rarement couverte d’une croûte 
cartilagineufe , elle fuccede à la fievre 
quarte , ôc dégénéré affez fouvent en 
afciîe. Les fpléniques font maigres & 
ont une couleur plombée, ils ont de la 
peine à refpirer, ils fentent: dans la 
gorge une pefanteur pareille à celle 
que cauferoit un poids qui la tireroit 
en bas vers le côté gauche, ils fentent 
une opprefîion d’eftomac après avoir 
mangé , leurs pieds s’enflent , il 
leur vient quelquefois des ulcérés aux 
jambes. • . - 


3 '&> Classe VIL 
Le fang circule très-lentement dans 
la rate ; car fi la feftion tranfverfale de 
ce vifcere efl: cent fois plus grande que 
celle de l’artere fplénique, le fang doit 
circuler cent fois moins vite dans 
la rate, que dans cette artere. Je me 
fouviens qu’ayant une fois adapté un 
tube plein d’eau dans l’aorte d’un ca¬ 
davre , ilfortit pendant une heure de 
fa rate une fi grande quantité d’humeur 
noire, que je défefpérai de pouvoir la 
vuider entièrement. Dicmcrbrocck a vu 
rendre à un fplénique trois pots de' 
chambre d’encre ; & quoique la veine 
fplénique conduire le fang dans la veine 
porte, & non dans le couloir des in- 
teftins, je fuis cependant affuré que le 
feng peut refluer & engorger les vei¬ 
nes méfaraïques, lorfque le foie eft 
obftrué 5 & le frayer un chemin dans 
le Conduit inteflinal, ou fe rendre dans 
i’efliomac par les rameaux les plus 
courts. Je fuis convaincu par quantité 
d’obfervations, que le fang reflue dans 
les fujets vivans des veines dans leurs 
ramifications ; & cela ne répugne point 
aux lois de la circulation, vu qu’elles 
font les mêmes de l’hydrodynamique, 
qui exigent fouvent un pareil reflux. 

G’efl 



Doulmrs de has-vemre^ &c. 

C’eft ce reflux qui occafionne le flux 
hépatique noir , vulgairement appelle 
maladie noire d’Hippocrate , ou dysen¬ 
terie hépatique , laquelle foulage fouvent 
les fpléniques. 

On trouvera la cure & Thifloire de 
cette maladie chez Manget ', Biblicthé, 
Med. PraB. lïb. lo, 

3 . Splenalgia Jiippuratoria , Cornelii 
Staîpart. obf. rarior. centur. i. chez Man- 
get, Biblioth. Med. PraB. C« 

Cet Auteur a vu une malade dont 
la rate formoit un fac membraneux 
rempli de pus ; elle n’eut pas plutôt 
percé, qu’elle mourut. 

4. Splenalgia farcomatofa ; Rate de 
groffeur énorme Lien ingens, Bian- 
card. Anat. PraB. 

Cet Auteur a vu une rate qui pefoît 
ûx livres , & qui étoit remplie d’une 
humeur noire comme de la poix. Hel- 
viggius , chez Riviere , dit en avoir vu 
une beaucoup plus grofTe. On trouvera 
quantité d’exemples pareils chez Bar- 
xkolin , Borrichius , Blajîus , Fahriciusr^ 
yefale , Schenckius , &c. 

A, l’égard des maladies qui reflèm- 
blent à celle-ci, & qui font pareille¬ 
ment accompagnées de l’enflure du 
Tome FL Q 



362 C L A s s E VII. 
bas-ventre ; on peut voir ce que j’en 
dis dans la derniere claffe, à l’article 
de la Vmtrojïcc. 

XXV. NEPHRALGIAjT^mgQl^ 

Colique rénale ; Dolor nephri^ 
tiens , Sennerti , lib^ 3, pag, 

Ç’efl: une maladie dont le principal 
fymptome eft une douleur fixe dans la 
région des reins & des ureteres, fans 
fievre aiguë , en quoi elle différé de 
l’inflammation des reins. 

On l’appelle communément colique 
néphrétique, {^collca. mphnnca)‘^mz\% 
comme la colique a principalement fon 
fiege dans le colon, on ne fauroit don¬ 
ner ce nom aux douleurs des autres 
parties fans tomber dans une équivo¬ 
que ; & c’eff pour l’éviter que Zwinger 
a fait de la c&lique rtnah un genre à 
part dans une dilTertation particulière 
qu’il en a donnée. 

1 . Nephralgia calculofa , Zwingeri 
dljfcrt. /a. Bagiivi,/’^^. 4/^. Calcîdus rf 
num , Sennerti ; Calcul des reins. A. P. 

On la croit occafionnée par le poids 
d’un calcul engagé dans les reins Ôu 
les ureteres ^ on la cojinoît 1°. à la 


DouleursM bàs-'ventrt ^ &c. 365 

Couleur cruelle qui fe fait fentir dans 
_ t’iine ou l’Sutre région des lombes , 
rarement dans toutes deux , laquelle 
eû fixe & permanente. Cette dou^ 
leur s’étend le long du conduit de l’u- 
fêterê, mais obliquement vers la veffie. 
5^. i-orfqü’elîe efi: violente , elle eft 
accompagnée, dans ies^bdmmes, d’une 
rétraâion douloureufe du tefticide du 
même côté ; & 4 ans les femmes, de 
ftupeur & de douleur dans les jambes, 
4? . Dans le fort de la douleur ^ de nau>- 
fées & de vomiiTemens fréquens.- 
ÉUe S’appaife io^cpi’on ^efo coiîché-for 
fe côté malade , 4 ^ augmente lôdqu’oiï 
fe couche fiEC le côté oppofé. 6^. Les 
urines varient raù commencêment elles 
fonf àquev.dês &-en petite quantité ; 
dans -îàP fuite-, Iroubies âbondantes ; 
fouverft enflammées &-faflguinoIentes. 
i - J©n la contfoit encore àiâ dïfpofition 
hérédttaire, en ce que là doitîeur revient 
Ibrfqu’on va en voiture ; au Eeu que 
colique renalé hémorroïdale fé fait 
principalement ferttir iorfqu’on refte 
en r^)os de qu’on efl: couché.^ 

- Dahsiemal dès reins, la douîeur fe 
fait prmeipalemènt fèntir lorfqii’on fe 
tfedre^ ^aprèsavoir été quelque temps 

Q ij 


364 C L A s S E, VII. 
courbé; dans la colique, la douleur le 
répand dans le bas-ventre,s’ap- 
paife dès qu’on prend un lavement, 
ou qu’on va à la felle ; ce qui n’arrive 
point dans la colique rénale. Gette^ef- 
pece n’eft accompagnée d’aueune ex-' 
crétion de jfable nifde ;rnucoli.té, aYêq 
les urines& on nç lauroit la connoî- 
tre à ce figne, vu que dans- le^ per- 
fonnes fujettes àu calcul, pourvu qu’il 
ne foit point dans la veffieiji’ürine-ref- 
iemblé à\de l’eau def leûive extrêmè-» 
ment claire.; ■ ■ c/ jiWir 30 i:;:. 
' ;La ÇQÜqué rénale- diffe^^^ n.éè' 
phf étique ealçuleufe ,.é)neé qu’elle 
accompàgfîée d’-aü€im% 'fievre, ou dii 
moins en ce .que celle-ci efi: plus le^: 
gere. Ile calcul des.rei|îs ne caufe fou« 
yent aucune dpulèur ,'à moins qu’il ne 
toit mis en moMemènt-4)a®; 

du régime j par une^paifion véhémegt^». 
un éxerciçe yiôient, par le cabotenivnf 
d’une voiture O V . nc'fr^îol 
Les. remedes propres-àÿalmer cette 
douleur, font i®. la:#gnée ; iV. le r©^ 
pos ; 3 ®..:les p^tims délay^t^^p mui 
ciîaginèufés., compofée-s avecja grajie 
de lin , lès 'feuilles de maüye‘j; de.vioft 
lette, la limonade ; 4° ides nafpçfi^uesÿ; 




'Douleurs de haÉ-véntfe ^ &c. 565 

5°. l’huile d’amande douce, de lin, &c. 
6 °. les bains ; 7°. une diete légère ra- 
fraîchiffante. On doit s’abftenir du trop 
grand ufage des eaux minérales, des 
diurétiques chauds j qui attirent l’uriné 
dans les reins, mettent le calcul en 
mouvement, & occafionnent la né* 
phrétique. 

Gomme là néphrotomie pafle pour 
une opération impoffiblê, on ne peut 
parvenir à une cure radicale qu’au 
moyen des lithontriptiques , dont les 
plus ulités font l’eau d’écailles d’huî¬ 
tres réduite en chaux, fuivant la mé¬ 
thode de Robert ÎFhitt, àoïit j’ai éprou¬ 
vé le bon effet ; mais il faut en boire 
des mois-& des années entières. 2°. 
Le favon blanc en forme de pilules, 
dont on prend tous les jours demi- 
once ; elles calment affez fouvent la 
douleur, &: diffolvent peu-à-peu le 
calcul. 5^. Une légère infiifion de l’ar- 
bufte, appèllé ra^n d'ours , vulgaire* 
ment huxerola , laquelle défunit les cal¬ 
culs, & les rompt par petits morceaux ; 
mais. qui étant prife fans précaution, 
occafionne uné dyfurie, & un écoule¬ 
ment copieux d’urine-, de mênie 
lïnfufion de pariétaire , fans prefque 


^66 Classe VIL 
diminuer le volume du calcul, ainfi que 
i’ai eu occafiotî de l’éprouver, i 

A. Nephralgia annofa , Sepulcknt. obfi 
^1 , 22 , &c. aâ appelîée vulgaire** 
ment la gravdlè. C. P. 

Les vieillards font les, feuls qui y 
fpient fujets. Elle affefte rarement les 
reins, mais fouvent les ureteres & Tu* 
retre ; & après que la douleur eft ap- 
paifée j on rend de temps eh temps de 
petites pierres de la groffeur d’une len** 
tille, rafaoteufes, rouges, & extrême* 
ment dures. îl n’y a jamais de gros cal* 
culs. Ces petites pierres fe forment ra* 
rement dans les reins & les ureteres 
©n îîê eoîifioîî aucun Sthosîriptique 
capable de les diffoudre, & ils tour^ 
mentent les malades jufque ^ms un âgé 
extrêmement avancé, à ce fujet 

l’article de la Dyfurie:, ' 

3 . Nephralgia arthriùca^ Mufgrave j 
anhritide^ cap. ^.&cap. i^.pag. iS4^ 

Sydenham, pag. 48S. D. P. 

Cette efpece e caufée par la matière 
arthritique, laquelle ne picote point les 
reins, mais les membranes ôc le pé-* 
riofte des vertebres des lombes, & y 
©î»Afe une douleur approchante de celle 
de la néphrétique ; mais on la diftingue 



Douteurs dé has‘Venm, &c. 567 

des autres, en ce qu’elle alFefte les fujets 
goutteux, après que les douleurs des 
extrémités ont ceffé, & qu’elle ceffe 
dès rinftant qu’elles recommencent. 
Les perfonnes goutteufes font de plus 
füjettes à une vraie néphrétique, & 
leur calcul eû. une efpece de tuf fem- 
blable à la craie, friable, & plus aifé à 
diflbudre que les autres. Les eaux de 
Banieres palTent pour falutaires dans 
cette maladie. Cette efpece fe termine 
Souvent par le paroxyfme de la goutte. 

4. Nephralgig. rheumatica ; Lumbago 
rhenmatica , Sydenhami , de/ Rheuma* 
îijmo , cap. S. D, 

Cette maladie con^e dans une dou¬ 
leur aiguë & fixe autour de la région 
des lombes , laquelle s’étend quelque¬ 
fois jufqu’à i’os faerum. On la prendroit 
volontiers pour une vraie néphrétique , 
fi elle étoit accompagnée de vomiffe- 
ment ; car, outre la-douleur cruelle &; 
prefque infupportable dont elle efi com¬ 
pliquée, elle caufe dans les reins meme 
& dans les uretefes jufqu’à la veflie , 
une douleur qui a fait croire à Sydtm 
Aæot qu’il y avoit effeftivement du fable 
dans ces parties , au lieu qu’elle eÆ 
oçcafionnée par une matière rhumatif- 



358 Classe VIL 
male peccante & enflammée, qui s’at¬ 
tache à ces parties, & épargne le refte 
du corps. 

Cette douleur , à ntoins qu’on ne la 
calme par les mêmes moyens que le 
rhumatifme ordinaire, continue avec 
la même violence, au point que le ma¬ 
lade ne peut refter couché ; il eft obligé 
dé fe lever, du de refter fur fon féant, 
elle lui caufe de fi grandes inquiétudes,, 
qu’il ne peut demeurer en place, & fe' 
panche , tantôt en avant, tantôt en 
arriéré, & fe met en peloton. Voilà ce , 
que dit Sydenham. 

Il paroît par cette defeription que 
Sydenham veut parler ici de la néphré¬ 
tique plutôt que du mal des reins, 
d’autant plus que le fiege des maladies 
étant fouvent inconnu, on ne fauroit 
s’en fervir pour déterminer leurs gen¬ 
res. Au refte, cette maladie, dè même 
que le rhumatifme, exige des faignées 
réitérées, une diète légère, 6cdes po¬ 
tions délayantes. 

5. Nephfalgia hyfierica Sydenhami, 
de coîicâ biliofâ ,' cap. y. pag. ig2 & 
dïjfert. epifi. pag. 430. Colique rénale 
hyftérique. A. 

Cette efpece attaque quelquefois les 



Douleurs de b as-ventre^ &c. 
femmes hyftériques, & leur çaufe un 
vomiffement violent accompagné d’une 
douleur dans les lombes , qui s’étend 
le long des ureteres, êc tient de celle 
du calcul des reins, qui les tourmente 
long-tem4)S, ôc leur caufe quelquefois 

la mort. . 

Cette maladie a cela de commun 
avec les fymptomes hyftériques y 
qu’elle s’en va auffi promptement 
qu’elle eft venue. Elle augmente par 
l’ufage trop fréquent des lavemens , 
fur-tout des Uthontriptiques & des diu¬ 
rétiques chauds, ôc s’appaife par les 
narcotiques. ,dyfurie hyftérique. . 

6. Nephralgia hæmorrhoidalis 
ter , mphritis fpurià , ou pour mieux 
dire , nephralgia phthorica^, A. P. 

. Cette efpece eft caufée par la trop 
grande aftluence du fang dans les reins y 
Eç on la connoît à la fuppreflion 
des-flux menftruel &: hémorroïdal , ^ 
au non «fage de la faignée ou des fea- 
rificâtions 2,®. en ce qu’elle furvient 
pour l’ordinaire dans le temps que ces 
écdulemens ont coutume de prendre 
leur .cours ; Ÿ- on ce qu’elle eefte 
d’elle-même dès qu’ils reviennent; 4°.. 
elle eft accompagnée des mêmes lignes 


37Q. Classe VîL 1 

que la pléthore ; 5/^. elle ne caufe fou- | 
vent aux malades ni naufée ni vomiffe- ’ 
ment; 6°. les douleurs font plus exté¬ 
rieures , & approchent du mal des; 
reins ; 7®.. elle augmente lorfqu’on efl? 
couché , par Tufage d^alimens échauf-' 
fens, &. elle efl accompagnée de conf- 
tipation. 

Elle, exige la faignée lès laxatifs ,; 
les emménagoguesj.les.nitreux.j.lès dë-^". : 
làyans,.&e.. 

7. Nepkral'gia-pùrulmta-^ Sonet, ji- 
^Ichm, oh^ 23 » oii Fon trouve qua¬ 
torze hiftoirês de cette efpece. Colique 
rénale purulents. C... ^ 

L’urine dépofe. une matière Blanche' 

& £uidê' comme div. lait ; , le malade' 
fent une pefanteun continuellè dans to 
région des lombes j lâqueilé eft accom? 
pagnée de flupeur dans- lés jambes 5^: 
d’une 0evîô lente, d’ùne maigreur eje?- 
îrême, fans aucun paroxyfme fébrile-. 
Elle eâ précédée de néphrétique, otn 
de colique- rénale , d’ün piôement de.’ 
fang,, d’Un vomifFement dè bile. 

BibMôthi Mtd: praB'. tom. 4; 

Mpk&m. Wapiti €uri&f,. dtcad^ P ann-^ 
iiSys> • obfirv. 18^. 

auü.. l’hiflQire dii, Colonelî 


Douteurs de h as-ventre, &c. jy r 
Townshend chez Cheyne, the Englisk 
Malady. 

8. Nephralgia à Pancreate , Manget,, 
BihL Med. prac, de nephritide , pao. 646.. 

Un certain Chirurgien reffentoit des^ 
douleurs cruelles dans les lombes & 
dans le dos, il rendbit avec les urines 
du fable rougeâtre , ce qui joint à des 
vomiffemens viblens, le mit enfin au 
tombeau. 

On lui trouva le pancréas: enfié &€ 
affeâé d’un cancer qui avoir percé le 
diaphragme & rongé deux veitebres^ 
Ce même cancer avoit auffi alFeûé les- 
deux reins, & les avoit fait tomber em 
-pourriture. On n’y trouva ni fable , nü 
calcul. Voilà ce que dit Hertod. 

9. Nephralgia verminofa Zodiaci, Me- 
dicO'Gallici, Riverii ebf. 4o.pag. 10^^ 
ceneur. 4. ^Colique rénale vermineufe^. 

Un jeune homme, après avoir long* 
tem.ps reffenti des douleurs dans les 
reins, rendit enfin avec les urines plu- 
fieurs vers noirs, de la groffeur Si de; 
là longueur d’une aiguille ordinaire y, 
cornus & friables , dont Pachecus en^ 
VOya deux à Rivierc'. 

10. Nephralgia mefenteriea, Georg^. 
2t&r.chlini- Norimbergenfis, Ephemer^. 

<2: vj: 



372: Classe VIL 

Natur Curiof. decad. /. ann. i Syj, oB» 
fCTV. So. 

Douleur violente dans le côté droit 
des lombes, jufqu’au fémur, avec difE- 
culté de marcher; Furine altérée, fou- 
vent trouble & blanchâtre , vomiffe- 
ment quotidien, naufées continuelles 
infomnie , les extrémités froides. A 
Fouverture du cadavre, nulle altération 
dans les reins ; mais un abcès dans le; 
méfentere dans lequel on trouva du- 
pus ôc trois calculs , indépendamment 
d’un autre calcul plus gros & noirâtre* 
dans le pancréas.. 

I I., Niphral^a monjtr&fa , Coîleâ:* 
Academie, tom. Pi' P' ^ 9 ' ^^ 7 ^ 

€.x Ephém. Nat. Curiof. CabroH. dPf. . 

C’eû une eOÎîque rénale violente 
avec piffement de fang, dans laquelle la 
malade rendoitdesmorceauxrde reins en 
forme de vermiïFeaux. On l’ouvrit après 
qu’elle fut morte-, & on lui trouva lé 
rein d’une groffeur monffrueufe ; il pe- 
foit dix-fept onces, & étoit ulcéré. . 

12. NsphraLgia æ carie, V'arîdermott-- 
de ,, Journal de- Médec. tom^^.pag. 6 i£l 
par M. Ha^on. C. 

13 .. Nephralgia febricofà y MortOîl* 



Douteurs de bas-venm y &c. j 

Pyretol. Hijîor. 28. pag. ici. Colique 
rénale fiévreufe.^ 

C’eftune efpece cruelle, .accompa¬ 
gnée d’urines rouges ,■ d’une douleur 
atroce dans les reins, d’un vomiffe- 
ment, du froid des extrémités, de- 
lipothymie, laquelle,met les malades 
en danger de perdre la vie, & réfifte 
aux remedes ordinmres les plus ap¬ 
prouvés , & même au laudanum. Com¬ 
me elle ell caufée par le venin d’une 
£êvre intermittente mafqiiée , on ne 
peut la guérir efficacement , de même, 
que toutes les autres maladies fébriles^ 
que par le moyeu du quinquina. 

Nephralgia miliarisy Hamilton,. 
deftbre miliàri,. 

C’eft un fyroptome qui précédé l’é¬ 
ruption du miilot',. & qui eÜ accompa¬ 
gné de crampes , d’une fueur univer- 
felie qui fent l’aigre , &c. 

15. Nephratgia fehirrofa , Sachs , mif- . 
celL curiof. â lienis luxadone, jcpulchreu 
ohf.^o. Colique rénale £quirreu£e , par 
la luxation de la rate. C. 

Nephralgia jcorbutica d-Eugalenus.. 
Cette colique, rénale , à laquelle on 
donne le nom de fcorbuîique, ell: plu¬ 
tôt un. mal de reins, & je me fonde 



574’ Classe vri. 

fiir ce Lindiusn^z jamais obfervéla 
première dans les différentes efpecesde 
Icorbut qu'il a traitéesau lieu que le 
mal des reins en eftprefque inféparable^ 
Je ne dis rien ici des coliques rénales; ' 
fympathiques que l’on attribue aux vi¬ 
ces des parties éloignées des reins, qui 
font les feules qu’on ait trouvé affec* 
tées après la mort des fujets , tant; 
parce qu’elles font extrêmement rares,, 
que parce qu’on: les attribue gratuite¬ 
ment aux vices des parties éloignées 
telles par exemple, que' lé cœur , le 
poumon , lefqueis dépendoient. peut- 
être d^un vice des reins qui difparoif- 
foit après la mort , d’une pblogofe,, 
par exemple, d’un fpafme, &c. dont il 
ne refie aucun figne dans les cadavres, 
A l’égard des coliques rénales mé¬ 
sentériques, pancréatiques , on ne fau- 
roitîes exclure de ce genre , vu que' 
îé nom générique de la maladie ne àé- 
figne point nécelîairement la partie 
feftée, mais feulement les fymptomes- 
qu’on a coutume d’y rapporter ; mais^ 
rien n’empêche que ces fymptomes 
ne puiffent dépendre du vice d’une: 
partie qui en efl proche , & dont les 
nerfs, font une continuation, des fisns;.. 



Dmüünd&hea-vemn'y&c. îjf 
i 6. N&phral^a. gravidarum , Puzos ^ 
fag. -gc). Colique rénale des femmes, 
enceintes. A.. 

- Si la. douleur a fon fîege dans lès; 
iombes& qu’elles s’étendent jufqu’à 
la Vêâie, fi les urines ont peine à côur 
fer^fi là malade efiàffedée d’ime dÿfu^ 
fie ,,fi elle a- des envies firéquentes d’uri¬ 
ner, fi lesuriaes.font'aqueirfes & en pe- 
tite quantité y c’eft une coliqué rénalei. 

Les remedes propres à l’appaifer 
lont, lès faignéês réitérées ,.1’Euile d’à»- 
mande douceles lavemens émoîiiens 
les potions laxatives , adoucilîanteSé- 
Elle efl OGcafionnée dans lès femmes 
greffes par la preffion qu’éprouvent les; 
ureteres de Ik part de là veffie, par l’en* 
gorgement que eaufent dans- les reins 
des urines épaiffes & laiteufes ^ par 
h diftraâion des nerfs. Chi la cafine: 
avec des lavemens dans lefquels il en¬ 
tre deux ou. trois drachmes de philo.— 
nium' romain.. 

17. Wèpkralgid kœmaeuricà;fT'taWes y 
de.opio iL. pag. giS, 

Lorfque le fang coule abondamment- 
dés reins dans les. ureteres ^ il arrivée 
Ébuvent qù’ii fe coagule y & alors re- 
Êenu. dans les.üreteresj,; il fait.nâîtrele& 



376 C L A s S E VÏL 
fymptomes de la néphralgie çalcuîeufe j. 
les douleurs qu’il excite dans toutes 
les voies urinaires, font très-aiguës Sc 
accompagnées d’une ifchurie qui met 
la vie du malade en danger, à moins 
qu’on n’ait promptement recours à l’o- 
pium, & aux émolliens qu’on fait pren¬ 
dre intérieurement & qu’on applique 
à l’extérieur; le hoquetfurvientquel¬ 
quefois dans cette maladie. 

XXVI. D rsTo CI A ; Accouche¬ 
ment laborieux ; P anus difi-. 
cilis ; de dys , difficilement ; & 
tokos , accouchement. 

On appelle accouchement laborieux^ 
celui dans lequel l’enfant a de la peine 
à forîir, & qui indépendamment des 
douleurs dont il efl; accompagné, eft 
fuivi d’un écoulement de mucofité 
de celui de la liqueur de l’amnios , èc 
d’une perte de fang. 

Il eft caufé par la réfiftance du foetus 
ou des voies qui lui donnent paffage,, 
&,qui efi: telle que les efforts de la mere 
ne fauroient la furmonter en peu de 
temps , d’où il fuit qu’il a pour princi¬ 
pes,, de la part du. fœtus la réMance 



JDoulèürs de has‘ventfe^ &c. J77 

qu’il oppofe par fa grofleur démefurée, 
par fa mauvaife fituation, fa mort, ou 
Ion extrême foibleffe ; de la part de la 
mere l’étroiteffe des voies , leur féche- 
reffe , la foibleffe & l’irrégularité des 
efforts, qu’elle fait. 

L’accouchement facile arrive, i vers 
la fin du neuvième mois folaire ; il 
eff précédé de grands maux de reins ; 
3^. la tumeur du bas-ventre s’affaiffe du 
côté de l’épigafire ; 4°. il eff précédé 
pendant trois ou quatre jours d’un écou- 
■ lement de mucofité qui fuinte par les 
glandes de naboth ; 5 l’orifice de l’u¬ 
térus commencé à fe dilater peu à peu. 

Les figues qui annoncent l’accouche¬ 
ment font, 6°. des douleurs plus fortes 
dans les lombes, qui reviennent plus 
fréquemment, & dans les intervalles 
defquelles la femme s’affoupitaffez fou- 
vent ; le pouls eff plus fréquent Ss 
plus fort qu’a l’ordinaire ; 8^. le vifage 
eff plus chaud & plus haut en couleur, 
à caufe que la violence des douleurs 
empêche la femme de refpirer; 9°. les 
levres des parties génitales s’enflent; 
10^. il furvient fouvent à la femme un 
vomiffement nuifible ; ii*^. àmefure 
que la femme redouble fes efforts,. & 





57^ Classe VII. 
que l’accouchement approche, elle efl 
faifie d’un tremblement dans les jam* 
bes qui n’eft fuivi d’aucun froid; i 
fort de l’utérus une férofité fanguino- 
lente ; 13 l’orifice de la matrice fe di¬ 
late de plus en plus, la veflie ovale qui 
renferme les eaux, fe préfente, devient 
de plus en plus tendue à mefure que les 
douleurs redoublent, Sc la tête de l’en¬ 
fant s’avance en même temps dans cette 
membrane ; 14°. les douleurs: redou¬ 
blant, les membranes qui enveloppent 
le fœtus fe rompent, & les eaux con¬ 
tenues dans l’amnios fortent avec vio¬ 
lence, êcil y en aenviron une livre ; 15^°. 
Tout d’un temps, ou immédiatement 
après un elFort violent, l’enfant fort la 
tête première, le vifage en bas, & peu 
après le placenta & le refie de la liqueur 
de l’amnios fortent aufiî; 16°. le fang; 
s’écoule en plus grande quantité, le bas- 
ventre s’alFaifîe, la femme s’endort, & 
oublie en peu de temps les douleurs 
qu’elle a fouffertes. 

Cure, Du moment que les douleurs 
commencent à fe ûire fentir, que l’on 
s’apperçoit que l’orifice de l’iiterus fe 
dilate, & que les membranes fortent, 
il fait donner à l’accouchée, à moins 



Do-UUjirs de has^ventre ^ '&c. 379 

qu’elle n’ait le ventre libre, un lavement 
«ompofé avec de l’huile , de l’eau & 

I du catholicon ; fi elle efl: pléthorique , 
il faut la faigner. On la placera eniuite 
fur un fiège fait de maniéré qu’elle 
puilTe s’y repofer. On lui alTurera les 
genoux , on lui foutiendra les reins 
avec une ferviette que l’on paffera def- 
fous, & que deux perfonnes fouleve» 

. font par les deux bouts dans l’accès des 
douleurs. On aura foin de relâcher fes 
fupes & fes habits , pour que rien ne 
lui prefiè ni le bas-ventre ni la poitrine. 
On lui fera avaler un œuf, un morceau 
1 de pain trempé dans du vin, on lui fera 
I boire pour la défaltérer de l’eau dans 

I laquelle on aura délayé du firop de li¬ 

mon, on l’engagera à faire quelques 
tounr dans fa chambre ; la fage-femme 
aura foin de vifiter de temps en temps 
l’orifice de la matrice, & au cas qu’elle 
diftingue la tête du fœtus à travers les 
membranes , elle ne fe prefièra point 
de le tirer, elle laiffera patiemment agir 
la nature, & mettra en œuvre tout ce 
qu’elle croira propre à foulager la ma¬ 
lade. Au cas que les membranes s’al¬ 
longent , & qu’elle ne fente point la 
tête du fœtus , elle appellera fans déî^ 
. ou le Médecin ou l’Accoucheur. 




3§0 C L A s s- E VII. 

Accouchement laborieux de la part 
de la mere. ; 

I. Dyjlocia à dcbilitate , Mauriceau ÿ 
cap. 10. lib. a. Accouchement labo¬ 
rieux à caufe de lafoibleffe de la mere.A^ 

La mere efl: ou habituellement infir¬ 
me , ou ne fait pas des efforts affezrpuiC' 
fants pour fe délivrer. Son .infirmité, 
habituelle vient, ou de fa conftitution 
naturelle, ou des maladies qu’elle a eues 
précédemment , ou bien d’une mau^ 
vaife conformation , de ce quelle eft 
boffue , déshanchée , boiteufe , fur*- 
. tout fi les organes de la refpiraîion font 
foibles, comme cela arrive dans l’af- 
thme , la phthifie. On connoît fa foi- 
blefie aéhielle à la pétiteffe du pouls , 
à la pâleur du vifage, à la froideur des 
extrémités , à l’abattement oîi elle efi: ; 
& dans ce cas on doit la fortifier avec 
du vin, des cordiaux, desconfdmmés 
^ des drogues aromatiques. 

Si elle efi: boffue , déshanchée, boî- 
teufe , afthmatique, elle ne peut abfo- 
lument fe paffer d’un Accoucheur. Au 
cas qu’elle foit timide & fujette à s’ef¬ 
frayer, on affeâiera un air gai & riant, 



Douleurs âi has-!vmm ^ §!‘c. 381 
pn rentretie/idra d’efpérance, d^ l’ani- 
niera par-les exemples de celles de fe$ 
îenpblables qui fe font trouvées dans le 
même cas. Suppofé, qu’elle ne faffe 
point valoir fes efforts , foit parce- 
qu’elle efi adbupie ou dans le délire , 
6c qu elle ne fente point les aiguillons 
de la matrice,pn emploiera la faignée, 
les Ia.vemens;âcres & les autres fecours 
qu’on jugera propres à rappeÛer fes 
fens. L’accoueheur^ ou la fage-femme 
aura loin en même temps d’introduire 
fuccefliveipent, fes doigts dans la ma- 
ijàce f de,dilater fon prifîce , jufqu’à çe 
tp^pdujrela.main^ fai%r 
l’enfant parles pieds & le tirer. S’il fur- 
■^ent orne perte, de fang , ou que la 
malade tombe dans des accès, d’épilep-, 
fie , ou dans des convulfions , le Chi- 
]^rgien doit fe.hâter d’i-xtraire le fœtus 
ïe;plus, pron^ptemept qu’il lui fera pof- 
^ojéj^jPerte,. de -fang.des; femmes 
enceintes.;,,. *: : : t 

a. DjJiocia, a . coiicd , -Mauriceau 
CAJ}- lo.lib. a. Accouchement laborieux 
Gccafionné par une-colique. A. 

. Autant les^tc^nchées utérines font 
néceffairesrpopr bâter l’accouchement, 
amant lao^^e fd-elie nuifible , parce 




• C L A s s E vn* ' 

que loin d’agir fur la matrice & de dila¬ 
ter fon orifice J elle le reffefre, & n’eft 
propre qu’à caufer une diarrhée. Les 
îavemens émolîiens & laxatifs, qui ap- 
paifent fbuvent la colique, font très- 
propres à exciter des tranchées, & ce 
font-là deux raifons qui doivent ohli*^ 
gér à s’enfervir. A l’égàrd dé îa coK- 
quejion l’appaifê avèc des linges Æauds^' 
avec de l’huile d’amande doüce , & a« 
t:as que le pouls le permette, par le 
moyen de la faignée". 

■ 3. Dyfiocîa. kpathémau , MâuriceaU'^ 

ëHap. I O. pàg^zSS, livi Z. Accouche^ 

ment labdrieux'occafionné par les pâfo 
fions;. A; ' ' ' ■ ' ■' 
Les femmes groffès font fujettes à 
des palfions violentes, &c elles -fonf 
extrêmement nuifibles dans l’accouché- 
ment, tant parce qu’elles épuifent lé^ 
forces ,-qüe parée qu’ellès les détour¬ 
nent ailleurs. Je mets de ce nombre la 
crainte, le chagrin, la pudeur, la pufiî- 
îanimité , l’îndignatiôn , là colère, &c. 
Le médecin & là fagé^femtne ne doi¬ 
vent rien négliger pour les calmer, ôC 
c’efi: dans eès fortes dé cas qu’ils doi- 
vèht faire ufage de leur éloqüencè ; ils' 
doivent mettre en ufage lés promefies ," 



Douleurs de. has-vtnm, &c. 3S3 

les difeours agréables , les exemples 
ccmfolans, les contes , les récits, & 
même les fables pour détourner leur ef* 
prit de l’idée affligeante qui les occupe , 
les flatter d’une prompte délivrance , 
&L leur promettre ce qu’elles fouhaitenU 
Dyfiocia ab anguJUa, Mauriceau, 
chap. / O. liv.%. Accouebement laborieux 
caufé par l’étroitefle du pa^ge. Â. 

- Rien n’efl: plus propre à rétrécir les 
voies & à rendre les efforts de la fem¬ 
me inutiles, que les excrémens conte¬ 
nus dans le bas-ventre , c’eff pourquoi 
il convient de les évacuer par le moyen 
de quelques lavemens laxatifs , avant 
que le foetus foit engagé dans l’oriflce 
de la matrice-, car alors ils deviennent 
inutiles , & il n’efl: même pas fur d’en 
faire ufage« A l’égard de l’urine, au cas 
que les lavemens , l’exercice & les 
autres moyens ne fuflifent point pour 
en procurer l’évacuation , il faut avoir 
recours à la fondé- Les femmes jeunes 
de feches qui accouchent pour la pre¬ 
mière fois, doivent avoir la précaution, 
quelque temps avant l’accouchement, 
de dans le temps de l’accouchement 
même, de s’oindre le vagin & l’orifice 
de la matrice avec du beurre fans fel, 



384 Classe VIL 
de la pommade émolliente, fur-tout fi 
l’amnios a percé & que les eaux fe foient 
écoulées depuis quelque temps. Au cas 
que le vagin fe trouve rétréci par des 
tumeurs vénériennes qui s’y font for¬ 
mées , il f^ut au plutôt & dès les pre¬ 
miers mois de la groffelTe , fans em¬ 
ployer les bains, que les femmes en¬ 
ceintes ne peuvent fupporter, les dif- 
foudre par le moyen d’un Uniment 
mercuriel, ainfi que M. Barbcyrac l’a 
pratiqué avec fuccès, ce qui demande 
cependant des précautions. 

Enfin, fi malgré les efforts continués 
de la mere , l’orifice de l’utérus ne fe 
trouve point fuffifamment dilaté , iî 
faut l’ouvrir, non point avec l’ongle , 
mais avec quelque inftrument tran¬ 
chant , prenant garde de ne point tou¬ 
cher à la partie fupérieure. 

Si la membrane qui enveloppe le 
fœtus eff hors du vagin, fi elle eft dure, 
fi elle ne perce point, fi l’enfant efi fuf- 
fifamment forti, & l’orifice de la matrice 
affez dilaté pour croire que rien ne s’op- 
pofera à fa foriie , dans ce cas, dis-je, 
il faut percer avec l’ongle, ôii avec 
quelque infirument cette membrane du 
chbrion. : , 


Les 



Douleurs dt bas-ventre , 

Les femmes âgées ont beaucoup de 
peine à accoucher pour la première 
fois, à caiife de la rigidité des parties , 
& de l’immobiîité des os. 

Lorfqué les parties font ferrées au 
point de ne pouvoir y remédier , il 
faut, fl l’on veut fauver îa mere & l’en¬ 
fant , en venir à l’opération céfariennei 
5. Dyjîocia ab^hyfteroloxid. Voyez 
laDiJfert. de Benoît Felifier. iy68. Ai 

AccBuchement laborieux , par la. 
faute du jœtus, 

Dyjîocia à mole foetus y Mauriceau,; 
chap.x^. & aS. lib. 2. Accouchement 
laborieux occafionné par la groffeur 
du fœtus. A. ; . 

L’enfant peut pécher par trop de 
groffeur, ou en tout ou en partie, mais 
plus fouvent en partie, comme dans 
îes.cas oîî il eff affeété d’un hydrocé¬ 
phale, d’une afcite , ou d’une hydro- 
pifie de ppiî'rine, comme auffi lorfqu’il 
eff adhérent à un autre fœtus. Si le Chi¬ 
rurgien, après avoir introduit fa main 
dans la matrice , juge l’accouchement 
impoffible , comme c’eff de lui que dé¬ 
pend la vie de la mere de l’enfant g. 

Tome VI. R 



Classe VII. 
qu’on ne peut les fauver tous deux, 
êz que le dernier ne fauroit vivre , vu 
rhydropifie dont il eft atteint, il con¬ 
vient de facrifier fa vie pour fauver celle 
de la mere. Le Chirurgien prendra donc 
un couteau courbe , qu’il introduira 
adroitement de la main gauche dans la 
matrice, le faififfant de la droite, il 
coupera la tête du fœtus, & lui percera 
le bas-ventre pour faire écouler les 
eaux, après quoi il lui fera facile de le 
tirer; Lorfque le fœtus eft d’une grofleur 
êz d’une figure monftrueufe, il le cou¬ 
pera par morceaux dans l’endroit des 
jdintüres , prenant garde de ne point 
blefler la mere clans cette opération. 

Lorfqu’il fe trouve plufieurs enfans 
dans la matrice, il efl: plus difficile d’y 
introduire la main. Dans ce cas, il faut 
faifîr un des fœtus par les deux pieds , 
on les connôîtra en les comparant en 
femble, ou en avançant la main juf- 
qu’aux aines , & délivrer la mere de 
celui qui fe préfente Je premier. Mais 
il faut prendre garde de ne point ex¬ 
traire le placenta que l’autre ne foit 
forti, de peur d’occafionner une hémor¬ 
ragie , vu qu’il arrive fouvent que les 
jumeaux n’ont qu’un feul & même pla- 



Douleurs de bas-ventre, &c, 3S7 

eenta. C’eil en vain qu’on s’en rappor- 
teroit aux efiorts de îa nature pour la 
fortie du fécond fœtus; car comme la 
mere eft foible, de qu’il n’y a pas d’ap¬ 
parence que les douleurs redoublent , 
il vaut mieux , à moins que la mere 
ne foit-forte & courageufe , le tirer 
avec la main , que de diâerer l’accou¬ 
chement. - * 

Lorfquel’enfant eft bien fitué, & ne 
peche que par fa groffeur, je penfe que 
ce feroit un crime de le tuer , & dans 
ce.casil faut avoir recours à l’opération 
eéfarienne, afin .de fauveur tout à la 
fois dit la mere & i’énfant*. 

à fæm mortm, Jimck-er,’ 
TabuL,- Medic. riz. Ckirurg. loz. Mauri- 
c^zsXyliv, z.cliap.^o. iz. 14. Accou¬ 
chement laborieux cccaiionné par la 
mort du fœtus. A. . : 

On a lieu cfoi- foupçonner qiie lé 
feîus eft mort; iorfqae la femme 
a; été biéffée.; lorfqu’eilê' a eu une 
perte de fang abondante ; 3^’. lorfque 
le fœtus m’a point encore atteint fa 
maturité; 4IK lorfque la liqueur del’am- 
nios:5’eft écoulée depuis quatre jours 
ou plus ;-5°. lorfque.les mamelles font 
Calques ;-6®. que la mere. a ie têinf 



38& C L A s s E VII. 
plombé ; 7*?. les yeux creux, le regard 
îauguiffant, l’haleine puante, ôc que 
la matrice fe gonfle par intervalles. 

Mais on efl: affuré qu’il l’efl ; i lorf- 
qu’il eft piufieurs jours fans remuer ; 
Z®. Qu’il fort de la matrice une grande 
quantité de matière fétide & cadâve- 
reuie; 3^. lorfque la mere fent une 
douleur & un poids dans la matrice 
4®. forfqué l’enfant, femblable à une 
mole , roule par fon propre poids du 
côté où la mere fe tourne ; 5*^. lorfque 
celle-ci a des fyncopes & des convul- 
fions fréquentes; lorfque le cor? 
don ombilical ou le placenta font de¬ 
puis long-temps hors de la matrice ; 
7°..iorfque mettant la main dans celle- 
ci o:ti trouve le fœtus froid, & qu’on 
ne fent aucun battement dans la fon¬ 
taine , ni dans le cordon, ni dans le 
carpe ; qu’on trouve Ja tête molle, les 
futures ouvertes ,' &ies os croifés les 
uns flir les antres. Lorfque le fœtus efl 
mort, que les eaux viennent à s’é¬ 
couler , il fe corrompt beaucoup, plus 
en deux jours, qu’il ne le feroit en qua¬ 
tre hors de la matrice ou dans Famnios- 
; Condum qu il faut tenir dans, pareil 
fas\ 0.n doit laiiief agir les douleurs . 



Douleurs de has-ventre , &c. 3?^ 

d’autant plus, fi l’on en croit Maurlceau, 
que les remedes qu’on emploieroiî pour 
hâter l’accouchement fonî nmfibles , 
ou du moins inutiles. On doit fe hâter 
d’extraire le fœtus; èz comme cette 
opération eft extrêmement laborieufe, 
dans le cas même où il ed: bien fiîué , 
on ne doit employer les crochets que 
dans le cas où l’on a des lignes infail- 
îibles de fa mort; & pour lors, au cas 
qu’on le tire par les pieds , on doit 
prendre garde de ne point féparef la 
tête du corps, & de la laiffer dans la 
matrice. Si elle fe préfente la première, 
on la tirera à diverfes reprifes avec les 
crochets, ou avec le tire-tête, & l’on 
difféquera le tronc pour le tirer plus 
aifément. 

8. Dyflocia à fœtus Jzm , Moriceau, 
chap. iT). jufqidau 27. Accouchement 
contre nature. A. 

L’enfant peut fe trouver dans plu- 
fieurs lituations également vicieufes; 
î°. il peut fe préienter par les deux 
pieds, ou par un feulement: cette li- 
tuation eft vicieufe, mais moins cepen¬ 
dant que les autres. 

‘ 2.®. Lorfqu’il préfenîe les feffes, U 

R iij 



390 Classe VÎÎ. 
meurt pour l’ordinaire dans l’accou¬ 
chement. 

3^, La fituaîion eft encore plus dan- 
gereufe lorfqu’il préfente un bras. Dans 
toutes ces circonflances, on doit 
chercher les deux pieds, faifir le feetus 
par ces parties, & le tirer dehors, 

On doit le retourner de façon que fon 
TÎfage regarde le coccix de la mere , 
de peur que fon menton ne s’engage 
dans les os pubis. Le fœtus s’étant avan¬ 
cé iufqu’à la poitrine, il faut que la 
fage-femme écarte les levres de l’ori¬ 
fice de la matrice, & que la mere re¬ 
double fes efforts pour faire fortir la 
tête, de peur qu’il ne foit pris par le 
cou, qu’il ne puiffe plus fortir. 4®, 
Mais il faut auparavant chercher les 
deux mains, & les amener dehors. 

Dyjîocia à fecundinis elapjts 
ticeau , chap. 0.6 & zy. liv. 2. Accou¬ 
chement laborieux, occafionné par la 
fortie des fecondines. A.' 

Lorfque le cordon ombilical fort le 
premier, il fe trouve tellement preffé 
par l’orifice de la matrice, que la cir¬ 
culation ne fe fait plus , & l’enfant 
meurt dans i’efpace de demi-heure, 
plus ou moins. 



Douleurs de has~ventre, &c. 351 

Dans le cas oîi le placenta fe pré¬ 
fente , ce n’efî: pas l’enfant feul qui 
court rifque de la vie ; la mere court 
aufi rifque de la perdre, à caufe de 
l’hémorragie qui fur vient. 

Dans l’un & l’autre cas , le Chirur¬ 
gien doit au plutôt retourner l’enfant, 
quand même il feroit bien fitué, le. fai- 
fir par les pieds, & délivrer la femme , 
avant que de lier le cordon; c’ell le 
moyen d’arrêter incontinent l’hémor¬ 
ragie. On baptifera l’enfant, on l’en¬ 
veloppera dans des langes chauds, & 
on lui fera flairer du vin, dans lequel 
on aur-a fait bouillir de la canelle, ou 
telle autre drogue femblable. 

I O. Dyflocia à molâ , Moriceau, chapi 
3 /. Liv. 2., Idésûer ^ Chirurg. cap. iSS. 
Juncker ; Accouchement laborieux , occa* 
Jionnépar une mole. A. 

La mole ou le faux germe , Îoîfqu’elle 
g deux ou trois mois, n’efl; autre chofe 
qu’une malTe charnue lymphatique , 
fouvent hydatideufe, formée du pla¬ 
centa , en place du fœtus, qui n’a pu 
fe développer dans l’amnios. Voici les 
lignes auxquels on la connoît : 1°. La 
femme qui la porte, éprouve jufqu’àu 
quatrième ou au cinquième^ mois les 



392. Classe VIÏ. 
mêmes fymptomes que celle qui porte 
un embryon, Ce temps expiré, on 
ne fent aucun mouvement total ou par¬ 
tiel dans la matrice, à moins qu’elle ne 
foit aiFeftée d’un fpafme. 3*^. Cette 
maffe roule, par fon propre poids, du 
côté oîi la femme fe tourne. 4®. Elle 
caufe de plus grandes incommodités 
que l’embryon ; la femme fent une 
îaffitude dans les cuiffes èz les jam¬ 
bes , une pefanteur ^ans le baflin, elle 
a peine à uriner. 5°. Les mamelles 
ibnt moins enflées, & ne contiennent 
point de lait. 6°. L’enflure du bas- 
ventre efl: uniforme; au lieu que dans 
la vraie groffefle, elle efl: plus forte 
vers le nombril. La mole s’engendre 
feule , elle fort fouvent vers le fécond 
ou le troifîeme mois, & fa fortie efl: 
précédée des mêmes douleurs que l’ac¬ 
couchement ordinaire. 

Il y a des moles qui font plus adhé^ 
rentes que cLautres à la matrice ; il s’en 
trouve même qui reftent dedans plu¬ 
sieurs années. 

Il y a deux moyens de procurer la 
fortie de la mole ; favoir,. les remedes 
& l’art. Dans le premier cas, on eom- 
piencera par oindre le vagin à plufleurs^ 



Douleurs de bas-ventre^ &c, 39ÿ 

reprifes, on fera prendre à la malade 
un demi-bain, on la faignera du pied, 
on la purgera, & au bout de quelques 
heures on lui donnera un lavement 
âcre, pour lui caufer des tranchées, 
pourvu qu’on n’ait point d’hémorragie 
à craindre. 

Si ces moyens ne réuflilTent point, 
fi la mole eft adhérente à l’uterus, & 
que l’orifice de la matrice foit ouvert, 
la fage-femme y introduira fa main, ôc 
l’extraira, ou avec les doigts ou avec 
un crochet. 

XXV IL HrSTERALGIA; Mal 
de mere, Portraiture ,Goîiqiié 
utérine 5 Hyjiralgia. , Haffé;!:- 
quift , Voyage^ de la Pdleflïnè^ 
appeliée par les Auteurs Dou¬ 
leur de matrice ,• Dolor uteri. 

Memalte efi; le premier qui fe foit 
fervi de ce nom àlhyfiéralgie dans fon 
Abrégé des maladies : il eft formé ^hyp 
teros ^ matrice ; & ^algeia , douleur. 

1. Hyjleralgia ab hyflewptojî ^ clajj] 
genre 4^'. Defcente de matrice. L. 
C’eft une douleur occafionnée par 
R V 



394 C L A s s E VIÎ. 
une defcenle de matrice. Voye;i le mot 
hyfieroptojis^ clajf. /. genre 45). & Aftruc, 
tom. cap. 10. Vous trouverez fa cure 
chez Sydenhamf tom. t.pag. 4:^5, 

2. Hyfleralgia ab kyjîefocele , Hippo- 
crat. de morbis mulierum , lib. 3,4, 6* i. 
Ab Hyjieroloxia, clajf. /.genre Ji. D, 

C’eft celle qui eft caufée par le dé¬ 
placement de h m'àXxiCQ .y cyL Hippocrate 
regarde comme la fource .de quantité 
de maladies. Ces fortes de déplacemens 
font ordinairement une fuite de la grof- 
felTe; mais les douleurs qu’ils occadon- 
nent appartiennent aux accouchemens 
laborieux, ou aux fymptomes déjà grof- 
feffe, de celle, par exemple, où l’emant 
fe forme dans les trompes , dans le has- 
Ventre , &c. Voye:;^ la demiere claiTe. 

3. Hyjleralgia à menojlajîa ; Colique 
des mois ; Colicns dolor in purgatione 
menjirua^ Riviere, cent. g. obf. 26. D. P. 

C’eft cette douleur que les femmes 
reffentent tous les înois dans la matrice, 
dans les lombes , dans les cuiffes , lorf- 
qu’elles tardent à avoir leurs ordinai¬ 
res. Elle afteâ:e principalement les filles 
d’un tempérament fanguin , elle les 
tourmente tous les mois pendant plu- 
fieurs jours, & leur caiife même des 



Douleurs de bas'ventre, &c. 395* 

convülfions. On attribue communé¬ 
ment ces douleurs à la diflraftion que 
câufe aux vaiffeaux de la matrice le 
fang épais & vifqueux qui s’y amaffe , 
auffi bien qu’au refferrement, à la fé- 
chereffe & à la rigidité de ces vaiffeaux,' 
laquelle retarde cet écoulement ; & en 
effet, il eft rare qu’elles ayent lieu dans 
les femmes qui ont déjà accouché, on 
qui ont eu plufieurs fois leurs ordinai* 
res, à moins qu’elles ne fe les attirent 
par quelque refroidiffement. 

Les remedes qui conviennent dans 
cette maladie j font la faignée , dans lè 
temps que la douleur fe (ait fentir, les 
îavemens oléagineux , les anodins , 
fur-tout les demi-bains tiedes, l’infu- 
fion de fafran d’Orient, de fleurs de 
fouci, de cheiri , les feuilles de pied, 
d’oie du Mexique en guife de thé, & 
quelques autres que l’on peut voir dans 
le Traité des maladies des femmes , par 
Aflruc, tom. i. 

4. Hyjleralgia cancrofa ; Qanc^r de 
la matrice ; Cancer uteri , Aftruc, cap.-y. 
tom.y,. C. 

Cetîe douleur efl caufée par un can¬ 
cer caché dans la matrice, lequel ve¬ 
nant à s’ulcérer , eff fuivi de fleurs 
R v] 



39 ^ Classe VII. 
blanches trèsdouloureufes./^o7c;^Fleur5 
blanches. 

Le cancer de la matrice fe mani- 
fefte par une douleur dans les aines, 
le bas-ventre , la région hypogaftri- 
que 5 les lombes , auffi bien que par 
une tumeur dure, inégale, rénitente 
dans la région de l’utérus , laquelle 
caufe par intervalles des douleurs lan¬ 
cinantes , & qui eft précédée d’une 
dureté fquirreufe, limple & conftante. 
Ce fquirre forme dans la fuite quan¬ 
tité de tubercules inégaux, durs , que 
l'on fent au taft, lorfqu’ils affedent le 
col de la matrice ou le vagin. Cette 
douleur s’irrite par l’attouchement, 
de même que par l’exercice. 

On la calme au moyen d’une diete 
rafraîchiffante, telle que les foupes fai¬ 
tes avec la crème d’orge ^ de riz , le 
lait pris deux ou trois fois par jour, 
en s’abftenant de vin , des épiceries , 
du coït, avec une légère décodion de 
racine de guimauve, ou une infulion 
de fleurs de mauve, de graine de lin, 
avec des bains aqueux ou des demi- 
bains , des bouillons de grenouilles, de 
poulet, avec du laudanum foHde ou 
liquide ^ que l’on prend tous les foirs. 



Douleurs de bas-ventre^ &c. 

On peut auffi injeder dans le vagin du 
lait, de la décoâion d’orge, mondé, 
une infiifion de mauve, de fleurs de 
violette, de graine de lin, du muci¬ 
lage d’herbe aux puces, du fuc de /ô- 
lanum hortenfe^ &c. Fleurs blan¬ 

ches caufées par un cancer. 

Hyjieralgia ulcerofa; Ulcéré de la ma- 
trïce , Aflruc, des maladies des femnzes , 
tom. 3. chap, ,4. C. 

Cette efpece ell: prefque toujours 
compliquée d’un ulcere dans la matri¬ 
ce, & par conféquent d’un écoulement 
fétide,fanieux, fangüinolent par le va¬ 
gin ; d’où vient que cette maladie ap¬ 
partient à la perte du fang, ou aux 
fleurs blanches caufée par un ulcere. 
Au refle, elle efl la fuite de l’inflam¬ 
mation de la matrice , & demande le 
même traitement que le cancer de ce ' 
vifeere, vu que les ulcérés qui s’y for¬ 
ment dégénèrent fouvent en cancer. 

On. a lieu de croire qu’il y a un 
apofteme dans la matrice, iorfque l’in¬ 
flammation ne s’efl: point réfoute, que 
la fievre a été violente, que la malade 
fent une tumeur & une douleur fourde 
dans la matrice, qu’elle efl fujeîîe à des 
fueurs J 



35 )S Classe VIL 

6. Hyjîeralgia fchirr^ofa; Squlrre de la 
matrice, Aftruc, tom. 3. chap. 6 . Puzos, 
du fquirre de la matrice. -C. 

il fe manifefte par une pefanteur in¬ 
commode dans la région de la matrice , 
par une tumeur dure, rénitente, qui 
fouffre le taâ:, lors fur- tout qu’on peut 
le toucher en introduifant le doigt dans 
le vagin , ou en repoulTant la matrice 
avec le doigt, après avoir fait coucher 
la femme fur le dos , & lui avoir fait 
plier les jambes. On peut cependant le 
confondre avec la véritable groiiefîe , 
lorfqu’il occupe toute la matrice, à 
moins qu’on ne faffe une attention par¬ 
ticulière aux lignes ; de même qu’avec 
l’hydropifie de matrice , lorfque le 
fquirre a acquis un certain volume, la 
matrice defeend alors par fon propre 
poids, caufe à la femme une douleur 
gravaîive, qui l’empêche de demeurer 
debout, & qui la menace d’une chute 
■de matrice ; &. la tumeur panche du 
côté ou elle s’incline. Les fquirres in¬ 
vétérés font fiilvis de fleurs blanches, 
d’enflure œdémateufe, de fievres inter¬ 
mittentes , &c. Vous trouverez dans 
les Auteurs le traitement qu’il exige. 
La femme fent une douleur grava- 



Douleurs de has-vmtre j &c, 399 . 

tlve dans le fondement ; & une dou¬ 
leur diftenfive dans la matrice, les ai¬ 
nes & les lombes. On fent dans la 
région de l’hypogaftre une dureté j^ui 
caufe -de la douleur à la malade lorf- 
qu’on la preffe légèrement ; mais lorf- 
qu’on appuie plus fortement, la ma¬ 
trice cede , & le remet aulïï-tôt en 
place. Lorfqu’on introduit le doigt dans 
le vagin, on trouve le col de la ma¬ 
trice plus épais, plus court, plus rude 
& plus dur dans fon pourtour, & la 
femme y fent même quelque douleur. 

Les douleurs des aines &: des lom¬ 
bes atignienîent iorfque la femme efi 
debout; elle a de la peine à uriner ; & 
à ces fymptomes fe joignent la fievre, 
Pinappétence, &c. 

La matrice devient fouvent fqulr- 
reufe vers l’âge de quarante-cinq ans., 
qui efl le temps où les ordinaires cef^ 
fent, enfuiîe de la fuppreffion du lait, 
d’un coup à la matrice, d’une frayeur 
fübite , qui fait ceffer tout à-.coup i’é- 
eoulement des menftrues. 

Le fquirre eft extrêmement difEciîe 
à connoître.au conimencemenî, & ne 
caufe de la douleur qu’après qu’iLa ac¬ 
quis un certain volume. 



400 Classe VII. 

7. Hyjîe'ralgia pmriginofa ; Le prurit 
de l’uterus ; Pruritus uteri, Rodrigue de 
Caftro, lib. a. cap. Cj.h. 

Cette maladie, à ce que dit l’Auteur, 
confifte dans une démangeaifon incom¬ 
mode & dans un défir violent du coït 
accompagné de douleur, ce qui rend 
cette afFedion beaucoup plus cruelle j 
mais ce défir violent n’eft à propre¬ 
ment parler qu’une fureur utérine, ce 
qui fait qu’on doit le rapporter à cette 
ciaffe. Le prurit , proprement dit, 
n’eft autre chofe qu’une douleur dans 
le vagin, occafionnée par une matière 
âcre, fouvent herpétique, ou par des 
puftuies, qui obligent la malade à fe 
gratter fans celle, à caufe de la déman- 
geaifon qu’ejles caufent ; indépendam¬ 
ment de la rougeur , de l’ardeur & de 
la phlogofe qu'elles causent dans la 
partie. Cette maladie efl caufée par 
une matière féreufe , âcre , falihe , 
quelquefois herpétique, ou vénérien¬ 
ne , qui ne caufe pas toujours des 
puüules. 

On la guérit avec des rafraîchlffans, 
tels que les bains réitérés, que l’on fait 
précéder des bouillons faits avec la lai¬ 
tue , la citrouille, les femences froides. 



, Douleurs de h as-ventre , &c. 401 

dont on farcit ie ventre d’un poulet, 
& auxquels on ajoute des diurétiques 
propres à purifier le fang, tels que le 
fyfimbriam aquatique , le cochlearia, 
l’ofeilie, auffi bien que des fubftances 
mucilagineufes, comme les grenouilles, 
les colimaçons, les fleurs de mauve, la 
racine de guimauve. On doit comment* 
cer par la faignée & la purgation, 
& donner ie foir à la malade des ju- 
leps , des émulfions ; en été les eaux 
acidulés de Valls , d’Alais. Les meil¬ 
leurs topiques que l’on connoifTe font 
les feuilles de plantain , de vigne , de 
rofe , les préparations faturnines, &c. 

8. Hyjîeralgia ab Edward Hody^ 
tranfaB. phiLofoph. vol. pag. ic)i. 

Une femme étoit affligée depuis long¬ 
temps d’une douleur gravative dans là 
région de l’uterusde la toux , de la 
dyfpnée, d’une rétention d’urine, d’un 
tenefme & d’un afthme occafionné par 
un fquirre dans le poumon. On lui 
trouva dans la matrice une fubfiance 
ofieufe dont on peut voir la figure dans 
l’ouvrage cité, tab. S.fig, iig. 

9. Èyjîeralgia febricôfa^ Morton Py- 
retol. pag. fievre intermittente qui' 
tient des douleurs de l’accouchement^ 
hijior, i zo, &c. A, P. 



.40X Classe VII. 

C’eft un concours de douleurs, de 
fpafmes, de fyncopes, tel qu’on l’ob- 
ferve dans les femmes qui accouchent, 
mais qui eft caufé par le venin de la 
fievre intermittente , & qui revient 
par conféqiient tous les jours , ou de 
deux jours l’un. Les femmes enceintes 
font fujeîtes à des douleurs dans les 
lombes & la matrice, au vomiffement, 
à des fpafmes qui. leur font jeter les 
hauts cris; mais onconnoît cette efpece 
à fon retour périodique , à la couleur 
briquetée de l’urine, au pouls fébrile , 
à la faîeté de la langue, & à i’abfence 
des lignes qui précèdent raccouehe- 
ment. 

On la guérit avec des potions fébri¬ 
fuges , que l’on fait précéder de la fai- 
gnéede la purgation & des narcoti¬ 
ques, félon l’exigence des cas. 

lO. ffyjicralgia vaporofa ; Colique 
h3^ftérique de i’uterus. L. P. 

Ce font des douleurs utérines, cau- 
fées, à ce qu’on prétend, par la paffion 
hydériqiie, & que Sydznham attribue 
à deux principes, favoir aux pertes de 
fang , ou au flux immodéTré des menf- 
trues ou des lochies , que caufent les 
accouçhemens laborieux, ou tel que 



Douleurs de bas-ventre , &c. 403 

celui qui fur vient vers Page de quarante 
trois ans, avant que les menftrues cef- 
fent, & aux defcentes de matrice. On 
dîftingue cette efpece à un écoulement 
copieux d’urine limpide, au froid des 
extrémités , à l’abattement de la ma¬ 
lade , aux pleurs & aux éclats de rire 
qui fe fuccedent tour à tour, &: aux 
autres fymptomes des vapeurs. Cette 
maladie efl; principalement caufée dans 
les femmes en couche par le défaut 
ou la fuppreffion des lochies, îaqueîie 
a lieu lorfqu’elles s’expofent inconfidé- 
rément au froid ; fur quoi l’on peut con- 
fulter la differtation de Sydenham , 
adreffée en forme de lettre à M. Cole. 

I ï. Hyjleralgia ex abfceffu, La Motte, 
obf. Sy. des tumeurs. Colique utérine 
caufée par un abcès. G. 

Une femme reffentoit des douleurs 
violentes depuis l’os facrum jufqu’au 
• pubis , qu’elle prétendoit avoir leur 
hege dans le fond du vagin. Le Chi¬ 
rurgien Payant vifitée, trouva au def- 
fousde l’os facrum & à côté du ccccix 
un endroit douloureux d’un pouce de 
large dans laquelle il fentit quelque 
flnâuation. Il le perça, il en fortit une 
palette de pus, & kunaiade fut par¬ 
faitement guérie. 



404 C L A s s E VII. 

12. Hyjieralgia impmgnatarum ; Co¬ 
lique utérine des femmes enceintes. L. 

Dans les groffeffes heureufes , la 
fenfibilité de la matrice, & les autres 
fymptomes occafionnés par fon exten- 
•fion & par la rétention des menftrues, 
ceffent ou diminuent pour Tordinaire 
dans les trois ou quatre premiers mois , 
ce qui eft un ligne d’une bonne grof- 
felTe, parce que la capacité de la ma¬ 
trice , lorfque fon <üametre devient 
double ou triple , e 11; à fa diHenfion , 
dans le rapport des mêmes diamètres. 
Or la capacité qu’elle acquiert dans 
le premier cas , ell à celle qu’elle ac¬ 
quiert dans le fécond, comme les cubes 
des diamètres , ou comme 27 à 8 ; fa 
capacité dans ces deux cas ell à fa dif- 
tenfôn à peu près comme 5 à 2, 
par conféquent elle augmente deux ou 
trois fois plus que les douleurs , de 
forte que dans la fuite le moindre al¬ 
longement des libres faffit pour lui 
procurer un volume confxdérable. Sa 
fenlibilité diminue auffi à proportion 
qu’elle met plus de tems àfe dillendre, 
& que cette dillenlion ell moindre; 
la nature s’y habitue, & cette habitude 
fait qu’elle ne fe reffent point de ces 
changemens. 



Douleurs de bas-ventre^ &c. 40^ 

Les fymptomes auxquels les femmes 
font fujettes après avoir conçu, fe ma- 
nifeftent d’autant plutôt, que le terma 
auquel elles ont coutume d’être réglées 
eft plus court ; & ces fymptomes 
qu’occafionnenr la fenfibillté de l’ute- 
rus, la pléthore, & i’épaifliftément du 
fang font la cacofiîie , la malade , les 
nauféés, iei vomiffemens pituiteux, le 
ptyalifme.viïqüeux, la crémafon acide, 
la laflitude , les phénomènes hyfté- 
riques. . 

_.i Dans, le cas oiï ces fymptomes con 4 
îinueot trois ou quatre mois ^ ou aug¬ 
mentent , ony; re'îiïédie pdr la daignée ^ 
les Iavemehs;,:.iind nourriture.cbpHie, 

. .. La colique «térine; àiaquelfedes fema 
mes font fujettes .vers les derniers mois 
de- leur groffelfe , .exige un tout autre 
traitement.i; : : ! 

r .;0n diilin-gaélla coliqué: utérine des 
femmés, gip&s de la coHque ordinaire , 
en ce que i®. la douieitr a; principale¬ 
ment fèm fiege. dans Fhypogaftre ; x®- 
ce qu’elle ieft compliquée dé dou¬ 
leurs néphrétiques , ou dé maux da 
reins.; ,^3P. de.,vomijËemient ;: 4^. en ce 
que dés lavemens: m’apportent aucun 
fôuiagénaent ,-après même qu’on les a 



4o6 C l a S S é VII. 
rendus, ce qu’on doit attribuer â la 
diftenfion de ia matrice , à la preffion 
des nerfs qui font dans le voifinage, 
de même que dans ia colique des mois. 

Les remedesqui convieanent dans 
pareil cas font, i^. la faignée ; x®. le 
régime; un exercice modéré; 4^^, 
la liberté du ventre. 

; Les ièmmes enceintes, font fujettes 
vers le quatrième mois à des douleurs 
dans-lés aines, qui reviennent par in»- 
tervalie dans la nuit, Si qui les font 
boiter ;. elles .font: occafionnées par la 
diftraâion des Bgamens ronds , elles 
fe diffipent-d’eilés.mêmes. : 

. _ .ilfyjîèralgi'a i iaSea Infiltrations 

laiteufes- , Vandermonde , Journal di 
:Médsc. Juîlkt par Levrèt. L. 

Les femmes en couche y font fujet¬ 
tes lorfque le lait vient à leur man- 
.quer, ou qii’eilés^fe refroidiffent ; mais 
les nourrices font rarement afFedéés 
de cette maladie- i . : ? 

- .:Eile commencepar une douleur gra- 
vative dans le baflin & dans les aines ; 
par des foibleffes dans les culffes, des 
douleurs dans-les Hgamens ronds. 

. A mefüré' que la maladiè fait des 
progrès, il fe forme dans la cüilTe upe 



Douleurs de bas-ventre , &c. 407 

tumeur de même couleur que la peau , 
pr.efque indolente, peu élevée. Cette 
tumeur grofîit & eiifuivie d’une autre 
femblable dans la jambe, & la douleur 
s’appaife. Les pieds s’enflent enfuite, 
& la douleur diminue à proportion que 
l’enflure augmente. 

L’état de la maladie efl: fixé au bout 
de huit, ou dix joursmais lorfqu’elle 
efl: fur fon déclin, les cuifles fe défen- 
flent, enfuite les jambes, & enfin les 
pieds, de même que dans la réfolutioa 
de Tœdeme. 

L’infiltration laiteufe diflere de la 
lymphatique, en ce que i la lym¬ 
phatique éfltrahfparente, & la laiteüfe 
opaque ; en ce que la lymphatique 
commence par les extrémités inférieu¬ 
res, & remonte vers les fupérieures , 
au hem que la laiteufe fe j ette des cuifles 
fur les jamhes, & de celles-ci fur les 
pieds-; 3:®. l’infiltration laiteufe a fou 
•fiege près de la- matrice, & fe répand 
de là dans les extrémités inférieures. 

Cure. Du moment que la maladie 
Commence, on doit employer les fu- 
dorifiques & les cathartiques doux pour 
réfoudrè le lait qui fe trouve mêlé avec 
le fang, avant quhlait formé un dépôts 



4o8 Classe VIL 
niais après que celui-ci eft formé , il 
n’y a point de meilleur remede que le 
iavoq. On peut auffi, pour réfoudre 
ces dépôts laiteux, fe fervir d’un cata* 
plafme compofé avec des herbes émoL 
iienîes, de la mie de pain & du favon. 
On peut aufli faire entrer ce dernier 
dans les làvemens & dans les demi- 
bains , en le faifant diffoudre dans 
l’eau. 

■ 14. Hyjïeralgia lochialis ; Tranchées 

îiatuf elles des accouchées , Puzos, traité 
des dépôts laitmx^ pag. 2,^8, A. 

L’accouchement : naturel eft fuivi de 
tranchées périodiques qiii durent pem 
daiît quelques jours., & dans les inter¬ 
valles defquelies l’accouchée jouit d’un 
•parfait repos. Chaque accès de tran¬ 
chées eft fuivi d’un écoulement de lo¬ 
chies , ou de quelques grumeaux de 
fang par la matrice. Ce vifçere qui fe 
.diftend dans le fort dé la douleur , fe 
ramollit dès qu’elle ceffe. Dans les in¬ 
tervalles qu’elle ; laifle , fur-tout s’ils 
.font un peu longs, la malade, eft fu- 
jette à des fueurs légères , elle a bon 
-appétit, & dort paifiblement. 

, Cette colique utérine diftere de l’in- 
.fiarnmationdematrice ou de bas-ventre 
caufée 



Douhun d& h(is-vmm\ &c. 409 

càufée par le lait, en ce que lés 
tranchées hylîériques font plus fréquen¬ 
tes ; 2®. accompagnées d’une chaleur 
brûlante^ de céphalalgie, de foif, de 
fievre, de douleurs vagues dans le bas- 
ventre & dans les lombes; 3°. les lo¬ 
chies font plus ichoreufes ou plus flui¬ 
des, féreufes , plus abondantes, bien 
plus à caufe de l’irritation que fouffiré 
k matrice, qu’à caufe de fa contrac^ 
tion naturelle ; 4°. l’écoulement des 
lochies n’appaife ni les f^iptomes, ni 
ne procure . aucun foulagement à la 
tnalade. Fvyei inflammation dé matrice 
caufée par le lait. 

: Baglivi recommanàe comme un fpé- 
cifique dans cette maladie la teinture 
de fafran extraite avec l’eau de cinna- 
mome , & une petite dofe de firop de 
cinnémome. Baglivi,^^^.224; i ^ ^ 

' . Hyjleralgia ab jparganoJi\lÙ)éçot. 
laiteux dansi’hypogaftre, Puzos, traité 
‘des accomhemens , pag., j J 6 ', L. • * ’ 

- Voici les Agnes qui l’annoncent ^ 
i 9 . il fe forme quelques jours après: 
l’accouchement ; 2^. il eft précédé de 
tranchées extraordinaires, vagues, im¬ 
portunes dans tout le bas-ventre, mais 
qui ont un fiegefixe ; 3^. ceflege efl: 

Temri» S 


410 , C L A s s E VIT. 

dafts.ks aines , favoir dans le tiffu cel¬ 
lulaire du péritoinedans les ligamens 
larges, ou dans l’ovaire ; 4°. ces. tran¬ 
chées ne caufent aucune dureté dans 
la matrice, & n’excitent point l’écou¬ 
lement des lochies, comme celles qui 
furymnnent apres i’accQuchemerit ordi% 
nairé; 5 ®.^ il elî fuivi d’anorexie j d’in- 
fomnied’une fievre ou fynoque ou 
intermittente ,<dont l’accès revient plu. 
lieurs fois par jour ; 69 , environ dix 
ou quatorz^jours après l’accouche* 
meht, on peut découvrir la: tumeur au 
tad;; y® . Ibrfqu’on néglige ces tumeurs; 
ou qu’on les traite mal, il en réfuite 
desabcèsdansceS endroits, dont l’iffue 
eft toujours fiinéde. 

l’appelle hyjiéralgie ^ (^uoÏQVi elle 
Ciaffeâe point i’uterus, parce que ces 
tranchées relFemblént .li,:fojl aux; ColL? 
qùes utérines, qu’oni la cohfôdd aifé- 
inent ^vec la,vxaie colique utérine; iil 
n’y a point de genre, de maladie dont 
les..commencemens fe feflemblent fi 
fort, &:x’efi ce qui feitqu’on doit s!àt- 
ïfeeher i; la connoître; : jh; . 

. Qn-laguérit pan:ëes baignées.; téité» 
rées'i,, & enfuke avec; des bouillons 
■Éits:;avecla.çhicorèè, le; piffetdit, le 



Douleurs de bas^ventre , v^c. 411 
cerfettii V lexreffon .de fo:ntamer& le fel 
de Çiauber., cÿxi procurent une évacua-; 
tion-copiéufe d’ùrine. On doit y join¬ 
dre quelques lavemens , & terminer 
l’ufage :des bouillons par des : catharti-i^ 
qùes; Ga doœieraîde temps en temps 
4 la malade des bols compofés avec la 
pDudrecdeivipere, le cinabre, les clo- 
pbrtes &-'Fantimoine diapborétique^ : - 
• 16'.: Hyjieralgm. talculofii ., Puzos , 
T.miié'-des dccouckcmenspag.n.jc).^ Mé¬ 
moires de.rAeadémie .'de Chirurgie^^ 
tmrij Z. pag. ityo, 'Colique utérine cau- 

féeupar lé caléuh'l ... .. ■ 

.< -Xes calculs:de :.îa matrice' font, ordi¬ 
nairement gypfeux, légers^., raboteux , 
blancs ; on les cpnnoît^au taâ par le 
moyen de' la fonde, de l’excrétion, 6c 
au iènîiment' de iqiefanteur qu^ls ; éau- 
fënt. U furvient dans cèftâines circon^ 
tances des douleurs grav^ives dans des 
lombes 5 les cuifles ,vkf(Çïelîes^foHtbsoêî 
ter la malade, lors fur-tout qu’elFe à Une 
defeente de matrice-; elles iont accdm- 
pagnées-d’ime- : démangeaifon ^férine 
dansde-'iva^n de les aines / 6c desdoiti 
ieurs^briles aiguës . Mat c^Donat-, 
durâh. lihi^i cdpd^d^ Scbenckîus jf eè-. 

'.y ' - " ^ 


411 - C L A s S E VIL " 

!' Injlàmmation de la matrice. zccJOtïi^^i- 
gnée dé fleurs bianches, fétidespuru^i 
kntes , Act. de Leipjîck y .Août t-piz. 
Gn trouva, tânt. dans la matrice que 
dans les trompes, trente-déuxeàl^uls,! 
iefquels avoient. uhe qualité diaphoré* 
tique commode:bézoard.;'; 2: - -:\i ii 
. oWleurs^blanches eôîppik|uées.:de-doa-; 
îeursdancinahtes;, â l’oc^ott d’un ul¬ 
céré formé dans la matrice par le ^ cal¬ 
cul. Louis ibidy pag. 4 ; Fleurs blan- 
çhés, purulentes & marafme. : m c 
-J douleurs pa|eiiles à celles 

de l’accouchement, 'Pzxé^^^'/.de gemrati 
Übj.2 Z4:.:>cdpu^%: Hippocrafe; de epidém. 
Ub.6^.JèH.pi.. . ':r' '0 

_ _^m 7 né,efl:Jnfép.arabîe de lanolir 

quç utérine qiie caufe le calcul. . . 

-.J -Dyfi-r.ifé^Bhmmà p 'anatiipfa&x)bjl 
y4i $rmfy.phihfi~Hoàj ;tîl 
e ; Jfikurie cauiée par; un eaicutrians ; la 
i^tn^'. Mphem- nàt.:icür, <üc, /. ann./^* 

. 7 . cl , -û;.d 

> [ -Iîimormde $:. caufééS: c par un : calcul 
dans^la matriceDùncan. Pathok libi 
n.;pac ja.pétriflcaîion de lâimatrice. .;b 
. - Gni la guérit pan le moyehrde l’ex?- 
traérion. que la nature ou l’artipeUvent 
effeâuer, îorfque l’orifice de la matrice 


Douleurs de hd^-vmtrci, &c, J41.3 
efl: ouvert, ou qu’il defcend dans le 

Vagin. . . ' ' 

■ G’eâi ceHe qui eft cauféqaar un calct|l 
forme dans Te '^agin lÔrrqueia'veflîe'étant 
percge, Jl’urine dépofe<don:tartre dans le 
fond du conduit qui eif ferme dé tous cô¬ 
tés par des fibres'&; dés memBrah.es j d’où 
s’enfuîvent-des douleurs , des tranchées 
dans le vagin & la difficulté de mar¬ 
cher. Puips] pr4tend,que Ifopéraiion dft 
abfoîument nécefoaire. On prévient les 
éxcrpiffances&fos carnofités au moyen 
des tentes qu’on introduit dans le va¬ 
gin , lorfqu’enfuite d’un accouchement 
laborieux, on craint que le coi de lâ’ 
yeflie ne vienne à fuppuration., 

Foye^- touchant cette maladie 
Mém. de P Acad, de ïïarlem, part. j. 
pa^. : > 

L’extradion efi le remede que la 
nature & l’art prefcrivent,, l’orfque 
l’orifice de l’uterus efl: ouvert, ou qu’il 
defcend dans le vagin. . - 


‘Cla>§' 5 ë Vil! Douleurs 

'g R D RE e iîN Q U l È M E. 

; pÔULEURS EXTERNES^ 

Parmi lefquelles font comprifes 
- - celles des membres, 

J Ë mets de, ce’’''nombrè' les douîetirs 
des ■ ïnamélies, du fron ç;^ des Ig mbés \ 
dés jambes ;.dés pâfîies-jgétîitaies, &ç. 
que j'e.n’ai pu éÔmpr^dré dans les or¬ 
dres précédens. , 

Mastodynia; Dôu^ 

■ ïêur dès maméllés, 

C’eftune douleur notable, êc coîîê-^ 
taiite, fôit périodique où continue dans 
les deux mamelles , ou dans l’une des 
deux. Ce mot eft dérivé de majlos ma¬ 
melle, & doùlèür. ■ 

ly Majlodynia phlegmonôdes , Rod. 
à Caftro , de mammillarum infiamma- 
done^lib. Douleur phlegmo- 

neufe des mamelies. B. 

Cette douleur eft accompagnée d’en¬ 
flure, de rougeur, d’élancemens dç de 



externes^ Douleurs desmamelles. 415 
rénitence. Elle efl: caufée par la trop 
grande affluence du fang dans les artè¬ 
res mammaires & par la force avecJa- 
quelle il agit fur leurs ^vaiffeaux fan- 
guins, ainli qu’il eft aifé dlen juger par 
la dureté, la piénitude , la vîteffe ou 
la fréquence du pouls., & c’eft ce qui 
occafionne la diftenfton , la rougeur,' 
la douleur &la rénitence; qu’on appert- 
çoit dans les mamelles. . - 

, La rmfon pour laquelle le. fang agit 
avec'tant de force fur iesmâmelles, éft 
qu’il ne peut,circuler dans les vaiffeaux 
capillaires , ce qui arrive toutes les fois 
qu’elles font preflees par un corps ferre 
ou baleiné-, car le fang agit alors avec 
plus de force fur les parois des vaiffeaü'^ 
qu’il ne le feroit s’il circulent avec faci¬ 
lité dans les veines; Cette maladie eft 
ordinairement la fuite d’une- prefflon 
externe, d’un coup de la pléthore, de 
la fupprefflon des menftrues,* > ; 

On la guérit 1 ® . par une dicte ténue 
avec des bouillons, des crèmes , des 
potions délayantes -, rafrâîebiflantes , 
teiles que la tifane d’orge, de riz; i°.par 
des faignées -réitérées du bras & du 
pied, des lavemens émolliens , des 
cathartiques antiphlogiôiques , après 
S iv 



4i6 - Classe Nil. Douleurs 
que l’inflammation eft calmée; 3^. avec 
des .topiques émolliens , anodins & 
réfolutifs ; des linges trempés dans de 
l’oxycrat froid ou dans une décodion 
de feuilles & de graine de lin. Je mets 
au nombre des réfolutifs les cataplafmes 
légers cdmpofés avec la graine de lin j 
le méliiof, la farine de feves , le miel i, 
le vinaigre ., le fafran , la moelle dé 
bœuf, le beurre, l’huile d’olive, &Çi 
. ; 2,. Mafiodynin. puberum , Kraméri , 
’Commérc. Norimberg, hebdomi ^œ, 

B. 

Tous les enfans qui ont atteint l’âge 
de 12 ou 14 ans, fe plaignent d’une 
douleur dans les mamelles, accompa^ 
gnée^d’enfliire & de démangeaîfon. Les 
ihamelles , de même que leurs aréoles j 
s’enflâm'ment, deviennent douloureu- 
fes , & fouvent même leurs vaiffeaux 
laiteux s’excorient & fuintent. 

La cure fe réduit à les preflTer, pour 
en;faire fortir la férolité blanchâtre qui 
s’y eft amaffée, 8c à appliquer un em-r- 
plâtre deffus. E^ai d'Edimbourg ^ tom^ 
y.pàg.tsLz. 

3. Majtôdynîapüaris , Roder, à Caf- 
tro , lib. 4, cap. %6. LaUis concretio, fc~ 
bris laciea , du. ruéme i jtpi François U 


éxurms, Doiilcun des mamelles, '417 
poil, en Languedocien y en 

Grec trombojîs & trichiajis , en Efpa^- 
gnol pelo.. . 

. Alfaharavius'Çïétenà que cette ma¬ 
ladie eft caufée par un poil y que la fem¬ 
me a avalé parhafard en buvant , mais 
c’eft une pure fêverie. . Elle caufe dans 
le mamelion une douleur aiguë, ac- 
eompagnpe de rougeur^ & de tenfîon j 
le lait ne fort que: goutte à goutte & 
avec douleur^ ies.:petites glandes des 
mamelles".,: de même quer celles des 
aréoles s’enflent,..deviennent noires j, 
& on y fent une^ouleur poignante,, 
de maniéré qujéîa mere ne: peut donner 
à teter à fon nourriffon; Ces petiteà. 
grappes, noirâtres , que tes .Languedo¬ 
ciens'appellent Gats négres \ tourmen¬ 
tent prôdigieufement les accouchées*. 
Les mamellôns :fe igerceat, s’enflam¬ 
ment ,.deviennent extrêmement dou¬ 
loureux, & cetaccidentéfl: fuivîd’unè 
flevrè de liait éphémereaccompagnée 
dé frifToii;, de .céphalalgie & de fueürs» 
quifentènt le fromage aigre.: 

On attribue tous ces' àccidens à uiï 
lait caillé & grumelé dans les mamellesr 
des nourrices, mais je croirois plutôt: 
^u?dsLQifrQCCaâqnnés:pat]i’inflamma^^ 

, S V 



Classé VII. DouUurs 
tion de vaiffeaux laiteux .& des glan»- 
des celle-GÎ par leur engorgement 
& par la violence avec laquelle lé lait 
& le fang portent dans les mamelles».. 

Elle demande le même traitement 
que le dépôt laiteux ; mais il faut de 
plus oindre les ragades avec de l’huile 
de cire, d’œuf,. dmmuciîage; de grainé- 
de côing,’ & les; faupoudrer/avec d 
la. gomme arabique.;Qn :peut encore 
employer; le traitement de. Téphémere 
dé;lait, celui de là dôuleuE- 

phlegmoneufe des mamelles. 

: 4> Maflodynia cancmfà ;:Canc.&r inani9~ 
marunij.. Roderc à 

Canee^au^t:mamelles.;;' n V; s 

Qn le: connaît à; une; douleur: lancfr 
nante .qui' fe.i^t fentir par intervaliès. 
fous les ailTelles ,, ou: dans le -voifinags ^ 
qui fe.' fixe dans, la; mamelle , qui eft. 
aufîi; vive que fi on là perçoit avec: 
une alêne. ElfeeiüàcGompagnée d’üné" 
%jmeur ; en; forme ; de, verrue : dure 
profonde ; au;-comihencemeat; fe h-? 
quelle îîfiiccedè une tuBérbfitéinégàiei, 
des; variGés;,'. & pîufieurs autres fymp-- 
tomes, qu’on: peut voir, dans la, dixiemé; 
Clafié,. au mot .C 4 rcmo; 72 ^i; . r ; . 



exurms. Douhurs des mamdlts. 419 
UU-x aux mamelks, Pùzos. LaBis redun^ 
dantia , Roder, à Caftro,-/ié. 4. cap, z6» 
SparganoJ^sôiQ^yl0^conàQ.'^,, 

Les femmes qui accouchent ont 
quelquefois une li grande quantité de 
lait,, que les mamelles ne peuvent plus 
ie contenir, & de là vient qu’elles fe 
diftendent & deviennent extrêmement 
douloureufes. Elles fe gonflent , fe ten¬ 
dent , deviennent d’une, fenflbilitè fî 
grande, que la mere ne fauroit donner 
à teter à fon nourrifîbh y & à moins; 
que le lait ne s’écoule de lui-même ,, 
H s’y amaffe de plus en plus y & caufe 
une inflammation dans les mamelles ^ 
dont j’ai parlé ardeffus. , 

La cure devient très-dilKclle lorfque 
l’accouchée veut faire palTer fon lait4, 
elle l’eft moins lorfqu’elle veut ou 
qu’elle peut nourrir, ou fe feire teter 
par un petit ehiénou par tme femme 
prépofée pour cet effet. Il eft vrai que 
cela efl:^diffiGiie.-.& douloureux , mais 
elle ne fauroit s’en difpenfer pendant 
quelques jours , jufqu’à ce que le lait 
ait diminué,-Elle vivra de maniéré à ne 
point l’augmenter ;elie ufera d’une hoif- 
ibn délayante diurétique, telle que la; 
-décoâion de racine de perfil , 

S Vj; 



j^io Classe VU. Doulmrs 
évacuer le lait fuperflu par les voie& 
urinaires, obfervant d’entretenir & de 
faciliter l’écoulement des lochies. On 
réitérera les lavemens , & on ne négli¬ 
gera point la faignée.. On empêchera la 
coagulation du lait, on le rendra fluide 
& on en procurera rexcrétion , au 
moyen des linges chauds & des cata- 
plafmes réfolutifs qu’ôn appliquera fut- 
les.mamelies. Les remedes les plus pro¬ 
pres àproduire cet effet, font, le mieîy, 
dont on oindra les mamelles , les cata- 
plafmes faits avec les feuilles de perlil,, 
de ciguë ; les.quatre farines réfolutives ^ 
là; décoâibn de menthe, de fauge, de 
fenouil, d’ache, dont on Êiit des-bm- 
hrocaîions &e. 

6 . Majlodynia: hutyrofd , Vander^- 
monde, Nov&mbu 43 /, Eunn-^, 

Méd.: d’Harlem. D., 

Une femme âgée dé 40 ans, enfuite^^^ 
d’unefrayeurqu’elieeut,refrentitpen?- 
dànt: Iong“^temps des. douleurs très-vi*- 
,v,es dans les deux mamelles qufelle ne: 
vint à bout de calmer qu’én les frottant 
auprès du;feu:, ce qui-en faifoit fortir 
une humeur jaune-& épaiffe, mais ellè^ 
étoit: obligée de réitérer cette opéra- 
tioiîi piüfieurs:.fQis par jour. On la gué^ 




externes. Douteurs des mamettes. 411 
ïit enfin avec un liniinent eompofé 
d’huiles aromatiques & d’efprit de vin ^ 
d’un emplâtre de bafîiieon , & par i’u- 
fage réitéré de l’éthiops minéral, de la 
gomme adragant, & de la racine de 
gayac, réduits en forme de pilules. 

Cette humeur jaune, épaifîè & fem- 
blable à du beurre , a fait donner à cette 
efpece le nom qu’elle porte.. 

7. Majiodynia ex terrere., Mém. de 
l’Acad. de Harlem, part. 3. p^ag. 3 /. 

Une femme s’étant efrayée, fut at¬ 
taquée de douleurs violentes dans les: 
mamelles, qui, après avoir réfiûé à tdus 
les remedes , s’àpp^ferent enfin dès 
qu’elle les' eut frottées- devant le feu 
la chaleur en ayant fait fortir une efpece 
d’humeur gluante. Elles n’étoient que 
médiocrement gonflées & tendues. La; 
douleur cefla tout-à-fait dès qu’on eut 
appliqué defîus des liqueurs fpiriîueufes 
& un emplâtre de bafilieon.. 

S. Majiodynia emphyjèmatofa^ Hodér,. 
à Caftro , de jlatuofp. mammaram tuma‘ 
rje, lit, i>. cap. ly. L.. 

La partie efl: blanche , élafl:ique , ten¬ 
due ,,douloureufe ,.fans que les, glandes- 
foient tuméfiées , & fi l’on on croit les 
AutfiiirS;,5€iie réfonne lorfqu’on frappe.. 



'4X1 Classe VII. Douteurs 
deffus. On la diftingue de la première 
efpece par la blancheur de la mamelle 
du cancer, par l’uniformité &; l’égalité 
de la tumeur ; il n’y a aucune dureté 
dans les glandes., & la rénitence eü 
égale dans toute l’étendue de la ma¬ 
melle. La douleur augmente dans le 
temps des ordinaires, & s’appaife fou-, 
vent après qu’ils ont ceffé.. 

. On la guérit avec des emmenagogues; 
& des topiques réfolutifs , tels que ht 
décoction des feuilles d’aneth, de mé- 
Mot, de camomille, dè fleurs de fureau». 
Fbyeih cure derEmphyfeme,.Clafîe L. 
& celle de la Pneumatofe, CiafTe X. 

9. Majlodynia apojiematofa ; Âbfccp- 
fus mammarum à Caftro, u 

cg.p, ! S, pug.i II. Abcès aux mamelles^L.. 

Get abcès efl; la fuite d’un phlegmom 
qui n’à pu venir à fuppuration ; il efl: 
accompagné de pulfationv de douîeuc 
&: de tenfion. La tumeur s’afFaiffe en¬ 
fuit e ramollit ^ fa pointe blanchit g-, 

on y fent de la fluâuation > & la nevre 
cefle dès que le pus efl formé. Il faut 
appliquer dêfîus des eatapîafmês matu- 
raîifs & émoiliens. g ouvrir la. tumeur g,, 
en faire fortir le pus , déterger l’ul- 
cere ôc le eicatrifer. VoyeiXt. mot Apo^ 
g GlaÆe L 



externes. Douteurs des mameÏÏes, 425 
10. Maftodynia portentofa. Ad. Soc.. 
lond.n^.Sz.L.^ 

Cette efpece étoit occafionée par le 
poids énortne des mamelles, dont l’une 
pefoit 40 livres& l’autre 64. Cette 
excroilïance s’étoit formée tout-à-coup 
prefque dans l’efpaGe d’une nuit.- Les 
mamelles d’une femme de Touloufe, 
dont les réglés étoient fupprimées g, 
devinrent d’un volume prodigieux 
on lui fit prendre des emménagogues ^ 
& elle eut des hémorragies de nez, qut 
tinrent lieu de réglés.. 

XXÎX. RÂCftiAL&ïA / Colique 
de Poitou f DoLor colicus Fic^ 

■ torium^ de Citois ; Pietorum & 
Figulorum de quelques-uns ^ 
Colica faturrâîiay de Juncker 
DammnienjiA ,,d^Huxkam ; eu 
Eip agnol, ^ E ntri-pado IP Lumbar 
, riorum ^ de Ramazzini j CoUcœ 
Dubok,^ annés 

Pbus devons nouveau genre au 
eélebre Afiruc .^ lequel lui donne le noms 
de rachialgie y un mot eompofé; 

é&: àlgeia douleur ^ & rachis., l’épine* 



424 Classe VIL Douteurs 
4 u dos , parce qu^il prétend que les 
douleurs ont leur fiege dans les nerfs 
de la moelle de l’épine. . 

Quoique la théorie de M. AJlruc ne 
fbit pas encore fuififamment confirmée,; 
cela n’empêche pas qu’on ne doive re¬ 
tenir ce nom , vu qu’il efi: propre à ce 
genre y & quHl fert à le difünguer des 
autres.. 

Le caraftere de cette maladie con¬ 
fiée daus des douleurs atroces dans le 
bas-ventre, lefquelles répondent aux 
reins & au dos, & qui n’augmentent 
point par la preffion. Elles font ordi¬ 
nairement accomipagnées de la rétrac¬ 
tion du nombril, d’ime conflipation; 
opiniâtre, d’un engourdiffement dans 
les mains, & de paralyfie, ou bien elles- 
fe terminent par des contradures chro¬ 
niques.^ 

Elle a cela de commun avec la coli¬ 
que du foie eaufée parle calcul, qu’elîe- 
affede principalement l’hypogaftre, & 
s’étend jufqu’au- thorax ; elle eft/de- 
pîus chronique & revient par accès% 
H efibon cependant de remarquer que 
la colique du foie occafionne fou vent 
l’idère , & affedé piincipalement la' 
région de ce vifcere.;iEilie;a beaucoup- 



externes. Colique de Poitou. 415 
de rapport avec la colique fp.afmodi- 
que, & plufieurs la regardent comme 
une colique bilieufe & fpafmodique. 

i . Rachialgia ; Colique de 

Poitou , Maladie bilieufe qui a régné 
depuis 1572 jiifqu’en 1606. 

Cette efpece ell caufée par l’ufage 
du vin & --des liqueurs aufteres qui ont 
fermenté, de même que par celui des 
acides. 

Morhus Damnonienjls , Hiixbam 
Londres 1739. TruTzf. Philofoph. tom,^, 
pag. 242. Mùfgrave & Huxham ont vu 
cette maladie devenir endemique par 
l’ufage du cidre. Vandermônde, Jout^ 
nal, iy 68 . pag. 

Citais obferve qu’elle a été autrefois 
très-commune dans le Poitou, à caufe 
de l’ufage qu’on y fàifoit des vins aci¬ 
des & qui n’av.oient pas acquis leur 
maturité. 

Pifon , Sennert , Citois , Craton , 
Cardan , Wepfer rapportent que plu¬ 
fieurs-Religieux en furent attaqués, 
pour avoir bu du vin blanc qui n’avoit 
pas afîez fermenté. 

Tronchin dit avoir connu des gens 
qui en ont été attaqués pour avoir bu 
du jus de citron, de l’efprit de vitriol . 



426 Classe VII. Douleurs 
du Ponch ; il admet une troifieme efpe- 
ce de rachialgie. 

Ses fymptomes font une angoifle ex¬ 
trême & une douleur atroce dans l’épi- 
gaftre, un pouls foible Sc inégal, des 
lueurs froides, une langue fale, une 
haleine puante, un vomilTement de ma¬ 
tière verdâtre , noire , pituiteufe , aci¬ 
de ; dans la fuite une conftipation opi¬ 
niâtre , des vomilTemens moins fré- 
quens, une efpe ce de douleur néphrah 
gique dans le nombril, les lombes & lé 
dos, avec un fentiment de pefanteur 
dans le périnée , des urines épaiffes, 
la contraâion fpafmodique du bas- 
yentre. Les bras & les mains perdent 
leur mouvement, le malade fent des 
douleurs dans les cuiffes, les-jambes, 
les membranes & les ihteflins ; la mala¬ 
die le termine par une paralyâe & des 
pullules rouges. 

Sa cure efl: la même que celle de 
Pefpece fuivanté. Après que la douleur 
efl: calmée, rien n’eft plus utile au ma¬ 
lade que les eaux acidulés de 5 ’e//^ ,les 
eaux martiales de & l’exercice 

du cheval. Lorfqu-eile efl fuivie de l’ic- 
tere, c-eft un ligne que la colique de 
Poitou efl compliquée d’une douleur 



externes. ColiqUe de Poitou, 
de foie, à caufe que la bile eft coagulée 
par un acide, & le malade s’en trouve 
mieux. ^ 

1. Rachiàlgia febricofa ; Colica àb in~ 
termutentifebre ^ Burlet ;, de Hijpanorum 
morhis lyi^. EnEfpagnol dolor de tripas 
y entripado. Tronchin, Colica Picbonum 
À càufâ ramotâ prima , pag. 4J. Riviere, 
Prax. Med.lih. 10. cap. i. Colique de 
Poitou fébrile.1 - 

Cette efpece accompagne ou fuit les 
Êevres intermittentes où rémittentes 
•qui ont été maltraitées. Elles a été ob- 
fervée parFernel, Patholog. lib. €. cap, 
to. par Balloni, conf. 6. Spigel de femi’- 
tenianuy lih. 4. /^. Charles Pifon , 

conf. 2^. 4. cap. 2; & Tronchin l’a vus 
épidémique à AmRerdam en 1727. Les 
anciens l’attribuent une bile érugi- 
neufe, 6c les modernes à un venin 
fébrile, principalement à celui de la 
tierce & de rhémitritée. 

Elle caufe des douleurs cruelles dans 
î’eftomac 6c les inteftins grêles, accom¬ 
pagnées de la conftipation, de l’enflure 
du bas-ventre, ôc fur-tout de l’épigaf- 
tre, de rapports & de vomifTement. 
Cette douleur eft continuelle, revient 
à la plus légère occafîon , ne cede pas 



4 ^s Classe VII. Douleurs 
aifément aux remedes, & dégénéré en 
contraftures & en paralyfies. Ceux qui 
échappèrent à la colique épidémique 
qui régna à Amfterdam , Sc qui fit infi¬ 
niment plus de ravage que la pelle,ref- 
fembloient à des fpeâres automates,; 
ils éîoient pâles, défaits, ils avoient 
les mains retirées & pendantes, la voix 
glapiflante ,,foibIe; & il s’en trouva 
même qui perdirent l’ufage de la pa¬ 
role. 

La faignée, de même que les éméi- 
liques & les cathartiques violens, font 
abfolument contraires à cette maladie. 
On doit donc fe boriier à ramollir le 
ventre par des fomentations & des 
bains, & avec des alimens & des rer 
medes doux, tels que les fubftances 
oléagineufes , mucilagineufes & fari- 
neufes, auxquelles on joindra les pur¬ 
gatifs avec la m.anne, la pulpe de caffe, 
l’huile d’amande douce, le petit lait 
tiede, que l’on donnera toutes les trois 
heures au malade en petite-dofe. Citais 
abandonna les cathartiques cholago- 
-gues, &leur én fubllitua de plus'doux. 
Les narcotiques ne valent abfolument 
rien. On diflipera le relie de la maladie 
avec le petit lait, cuit avec du chien^ 



externes. Colique de Poitou, 
dent , les bouillons de chicorée , de 
beccabunga, de piffenlit ; & on réta¬ 
blira le ton des parties avec les eaux 
acidulés. 

: J, Rachialgia metallica; Coliques des 
Feihtres, de plomb, des Potiers , des 
Barbouilleurs , &c. Colica Pi 3 tonüm à 
%eneno , Tronchin ,Jpec. <z, Colica piclo- 
mm^ vülgb Saturhina, Junckeri; Colica 
plumbariorum , Ramazzini, de morb. ar~ 
ÙfiC :,, JDolor cardialgicus fpafmodicus à 
veneno , Frid. Hoffmann, tom. 2. pag. 

Mil-.reech en Anglois, c’eft-à-dire, 
vapeur qui. s’élève des moulins. Mé^ 
moires de la Société Royale de Londres^ 
Cette efpece eft càufée 1^. par des 
vins acidesédulcorés avec la litharge : 
on découvre la fraude au moyen d’üae 
lèfîive alkalinej dans laquelle on fait 
bouillir de l’orpiment ; 2?. par l’ufage 
interne des préparations de plomb , 
telles que le fucre de faturne, qu’on 
eigploie pour amortir les aiguillons de 
. la chair,^pour guérir la gonorrhée; 3^. 
par les alimens qu’on a fait cuire dans 
des vaiffeâux de cuivre mal étamés, Se 
reinplis de vert-de-gris ; 4?. par les fu¬ 
mées arfénicales qui s’élèvent des mé¬ 
taux que l’on travaille; au feu; d’où 



4JO Cl AS. SE VU/JDouàurs 
vient que les Métallurgiftes, & ceux/ 
qui blanchiffent les cuirs des fouliers; 
avec la cérufe ,= y font fujets; 5^. de 
même que les Peintres, les Barbouil¬ 
leurs, ceux qui broient & préparent 
les différentes couleurs ; 6^. les Potiers’ 
qui verriiffent leurs poteries ; 7^. par 
l’ufage ihternse dé l’antimoine crüd, 
trop fouverit réitéré, à ce que ditTron- 
chîn^pag. 6’i, & même par le cinabre,, 
le ^ert-de-gris, l’outremer, & autres 
couleurs métalliques* _ . - . ■ - ‘ ^ 

, Les exemples d^ïoetté maladie font 
téèsrfréqueas , ôc j’ai eu ioccafion do 
l’ohferv^ a Montpellier y à>Nîffl©s ÿà 
Aiàis, &c. ' ‘ ' 

.. Cette efpece a cela de particulier^ 
que la paralyfie & la Æupeur n’affeâent 
qiié les mémbrés fupérieurs , & jamais 
les inférieurs; Le nombnl.fe retire foït* 
vent y- les ; excrémens /s’endurcifTenr, 
les malades font pâles, foibles, & fu- 
je’ts à des tremblemens fréquens. 

Il y a deux métiiodes de la-guérir t 
la première eft celle dont 'Dubois s’eft 
fervi à l’Hôpital de la 'ÇharitèAide' Pà^ 
ris,:&; dont,..à ce qué diî oiï 

a éprouvé depuis long-temps le fuc- 
cès , au.point que-de-foixante"mâlades. 



txurms. Colique de Poitou. 43 r 
on en a guéri cinquante-neuf. C’eft 
celle qui emploie les draftiques. , 

On commence par donner au ma¬ 
lade un lavement compofé d’une dé- ' 
coftion de deux drachmes de féné 
de pulpe de coloquinte ^ auxquelles on- 
ajoute fix drachmes de diaphœnic;, & 
demi-once de benediââlaxativa, deux 
onces de miel mercuriel, & ïbuvent 
auffi deux onces de vin émétique. Sept 
heures après, on lui en donne un fé¬ 
cond d’huile de noix ôc de vin rouge ,1^ 
de chacun fix onces ; lé lendemain, on 
lui donne quatre grains de tartre ftibiéÿ 
& aulîi-tôt après que le remede a fait 
foa opération-, demi-drachme de thé¬ 
riaque récente, avec un grain de lau¬ 
danum. On réitéré les lavemens le 
troifieme jour; après quoi on le purge 
avec demi-once ;de :diàphœnîe,:deux 
drachmes de diaprunum, une - ;ânce:de 
firop de baies de ; nerprun, . &&■. fm ohcés 
de [’àpozemeifuiyânt. ; i- ; 

Prenez de cufcute, de p.ôiy;pode ,& 
de féné , de chacun une once; de fe- 
mence d’anis=& de. crème de tartre, de 
chacun dèux drachmes : faites hovullir 
le tout dans deux livres d’eau ÿ jufqu’à 
ce qu’elle foit réduite , à. vingt onces* 



432. Classe VII. Douleurs 
Après avoir donné ce purgatif au ma¬ 
lade , on lui donnera le foir un narco¬ 
tique ; on hâtera l’effet de ces remedes 
au moyen d’une tifanne fudorifique, 
& d’une potion cardiaqiie , avec le 
Uiium de Paràcdfe , fur-tout fi les dou¬ 
leurs fubfiflent ou font à la veille de 
revenir, ou qu’il furvienne une pàra- 
lyfie. 

Cette méthode guérit radicalement 
les malades au bout d’une femaine, ôc 
prévient l’épilepfie & la paralyfie, au 
cas qu’elles nVfe foient pas encore mà- 
nifeftées. Au cas que la cure foit im¬ 
parfaite, on la réitérera en tout ou en 
partie, & l’on emploiera les dràftiques 
dans le fort de la colique. Le Dr. Bu¬ 
rette a guéri par cette méthode 1200 
malades dans l’efpage de vingt-trois 
ans, à l’exception de vingt. - 

2^. La fécondé méthode eft Unlùveî 
C’efi celle dont M. fe fert à 

l’Hôpital de la Charité, dont M. Haen 
fait ufage à Vienne, & dont les Mé¬ 
decins de Montpellier fe fervent aufii 
lorfque l’oecafion s’en préfente , ce 
qui efl: afiez rare. Elle confifie à don¬ 
ner plufieurs onces d’huile d’amande 
douce au malade, des lavenfens avec 
l’huile, 



txurnes. Colique, de Poitou. 43 ^ 
rmûle , à employer les fofnentatlons 
émollientes, les narcotiques, les pur¬ 
gatifs doux, le petit-lait; & après que la 
douleur ell appaifée, les eaux fulfureu- 
fes, foit thermales ou acidulés. Ceux qui 
emploient la méthode draftique, veu-? 
lent qu’on s’abftienne de la faignée, ou 
du moins qu’on n’y revienne pas àdeux 
fois. 

Les Auteurs ne s’accordent ni fur la 
caufe de cette maladie, ni fur la mé¬ 
thode qu’on doit employer pour la 
guérir. Quelque méthode qu’on em¬ 
ploie dans les autres maladies, du moins 
dans les aiguës, la nature feule fait fou- 
vent tous les frais de la guérifon ; il n’en, 
eil pas de même dans celle-ci, .elle n’a 
pas aflez de forces pour la furmonter,' 
& elle cede à des méthodes quelque¬ 
fois oppofées. Ce feroh iciun beau fu- 
jet de triomphe Montagne lequel 
prétend que la méthode que les Mé¬ 
decins combattent le plus, eft ordinai¬ 
rement celle qui réuffit. 

Une de fes variétés ed: t . ; 

A.- Rdchialgia. faturnina ; la Colique 
de CoLica.faturnina, d’ilfeman^ 

’-iySxé ïeVL&t, Docimajia vint Itthargyro 
^mungonifath 

' Tme FI, r .... X . 



434 Classe VII. Douleurs 
Tous ceux qui eurent le malheur de 
boire de ce vin, furent faifîs d’un ref- 
ferrement de gorge , & de douleurs, 
dans i’eftomac & les inteftins, lefquelles, 
furent fuivies d’une colique, dans la ré-i 
gion du ventricule & du nombril', 6c 
d’une conftipation opiniâtre. Us étoient 
Couvent tourmentés par des vents qui 
ne fortoieut ni par haut ni par bas, d’une 
ârangurie 6c d’un tenefme. Leur urine 
n’étoit prefque point teinte, 6c fe trou- 
bloit d’un moment à l’autre ; leur pouls 
étoit dur 6c tardif, mais pourtant égal; 
ils. avQÎent le blanc: des yeux jaunes, 
& à là réferve des Joues, le vifage de 
couleur verdâtre, la bouche feche, des 
vomiffemens fréquens, 6c. des ; anxié¬ 
tés accompagnées d’une palpitation de 
cœur violente.; ^ 

. Du moment que la maladie corn? 
mence, 6c que les. fymptomes fe, ma- 
-nifeftent; il faut recourir aux vomitifs 
& aux purgatifs, donner au malade dp 
riiuile, du lait, des fub:ftances;^,rre.u- 
fes, telles que le bol d’Arménie, la 
terre figillée, les yeux d^creviies, da 
.baume dù Pérou, des vulnéraires» ' 
Prenez de la leffive de cha_uxi vive 
& d’orpiment,, mettgzr en: ik gouttes 
dans une once de^vin frelaté., il fe'trou- 



txîerms,i Colique de Poitou, 435 
^lera., & ^(^viendra .aiiffi noir que de 
l’encre.;;'’V’ .-'; ^ , 

Ou Hièn,,-verXez dix. gouttes d’huile 
de vitriol fur trois onces de vin ; s’il y 
a de la litharge, il deviendra auffi blanc 
que du-petit^lait. la Phamiacppée 
de Wiilis^ pag. 4y/. ; - ;- 

4. ^RaçJùalgiaunkmlca , .Àftmç ^thejl 
de, .Rachialgiâ,^. £4^. j^uatrienie-. ef- 
pece de colique de y ©itou,de-Tr^pnr 
.chin, Zelft,; 

C’eil celle qui revient tour à tour 
avec, ies. accèsrde goutte ; je yeux 
dirh" qu’elle fuccede àrCellf-ç!, 
du tnqnient que, îa goptte revient. Hip^ 
pocrate^ îib, C. epidenu^ le premier -ob- 
fervé- cette .alternative | ,de .I3. ^utte:;& 
de ia colique y 

■Laupent, qmzjl. anatom. Iib. q. qiuejl. R, 
Roder:;.,À: Fonjèçaÿ ' Mercur-j^Us Mi^gr^ 
On^peut en dire aUtant-durhii? 
' ïîraüune,que de.ï^gputte.,5^.';: , 

. Si le . malade plé^qdqueï,’ 

on commencera par la faignée ; :mai^► 
gardez-vous-des catharliques âcresj & 
dur-tout des émétiques. Appliquez-Iüî 
des. yéficatpire§i/lW ;le$;^racdletS;^ des 
yentoîdes.fecheS/furdaplante'd-eS'piedsj' 
.6f;)eniiîite un- emplâtre,de galbanum ^ 





4 3 'é G L A s s E V11. Douleufs 
^u(^uél vous joindrez'ües fomentationü' 
tiedes fur les jambes & les çuiffes j pour 
'attirer la matière arthritique au dëhbr§. 
'Appliquez-lui auffi fur le bas-ventre uii 
■fachet rempli de fleurs de camomille &: 
'rde^furéau , après l’avoir fait chauffer^ 
donnez-lui un lavement d’eàü;'&: dè 
lait,‘ èüfâitesdui boiré foiiyeht dud^t 
'|iUr'>'■ ■ ebrhpte^fuf fi guérifoh. Après 

“iilue- lesdouleUfs feronîappaifées, dohr- 
îiez-lui d^U vih«pour rétablir fes forces ; 
iecommahdez-lui de monter fouyent à 
-cheval ,^ê£ ;dè fe tenir chàüdèmeHt; 
tyoili-çe’ qüedit - " 

À/Cette^ifiüfedie, qui régnidîhfîè 
"■Hohâfe're i de "Sâvighÿ ,■ commèhybit 
'par-ünè^ eàrdiàlgîe grâvàtîvè qui aug-? 
■mentoit-aprèi le-rèpas & qui ëtoit 
-accompagnée d'une -digeftiqn -lentë 
“fatigante ; rféirvenoit ehiïiite unicdnf 
dipàtîén-j'-dè’s màttéréS''féèàleS 'étoieiît 
dures, feçhéS ^ ■St^irftiifës f les lîia'ladé’s 
fjfé pîa^noiénfd’un fehtimenfd’afdeür 
■extrênîe ' a ■ l’eftomac, accompagnée 
;dim tic cynique ÿ^^ c-’eïl-à-dirë: d’ün déiîr 
^dè riré oçcafîonné par le ehatouiîîemënt 
^dü cardia ; il leur fémbleît énfuitë qii^à 
leur tirmt l’eftpmic àvéc violence vèrsl 
^es parties Supérieures j dëdà çetté dd^^ 




externesi Colique de Poitou. 437' 
leur aiguë qu’ils reffentoient à l’épi- 

f aftre, comme fi on leur eût tordit 
ëfidrnac’ ; lés inteftins fembloîent 
s’être portés vers le haut du bas-Ventrê 
qui étoit dur , tendu, aufii plat que 
s^iî eût été adhérent aux vertebres 5 
tous les mufcles fouffroient, cornme 
fi on les eût arrachées ; les douleurs 
les plus aiguës fe faifoienî fentir enfuite 
dans les extrémités, aux coudes , aux 
genoux, aux jambes;‘J1 Tembloit aux 
knalades qü’çh leur briToit ces parties;: 
â ces fympîomes fuccédoit i’impuif- 
fance de mouvoir les extréaiités , ; ac- 
compâgnée de raffoiblifiement du taâ^ 
& d’uiîe douleur qui fe faifoit •fentk’ 
de nouveau à i’éîiqihac la poitrine 
foufirpit auffi au point qu’il fembloit aux 
maîadès qu’ôn leur rompôitle fierjium,^ 
la douleur étoit plus vive dans cet enr 
droit que celle d’une brûlure, elle aug- 
mefitoit au moindre tac! ; lés urines 
des, maladés étoiépt peu abondantes , 
leur ventre çohfilpe,,, leur pouls parpifr 
foit fain , a moins qu’il hé leur mivîm 
uné fievré maligne. : ! 

‘ Ne péut-t-6n point attribuer cette 
maladie aux matières tartareufes du 
ddre que boivent les Normands, ou 

^ ^ 'T W ^. 



438 Classe VU. I>ouïeuri 
aux fruits peu mûrs qti’ÏIs confervenî 
dans dès fouterrains abondans en fal^ 
pêtre ? • ■ ; ' 

On guérit cette efpecé de rachiaîgîë 
par le moyen des lavemèns émolliens , 
des jûleps anti'fpafmodiques & ano¬ 
dins , & enfin par l’afage des bains ; 
mais on parvient rarement à dlffiper 
ïes douleurs arthritiques qui font pé- 
rtèHiques, & âyétab'lir la force de ÎVf- 
tbfnac ■&: des extrémités. M. Marteau ^ 
Journal dz \ ^ juill. ^ 

j-anv: pag; Voyi^^ nùv, ^ p^g* 
'4'A- ' . . 

RacBalgia.arthndca yjy, Strack.^- 
'Rachialgie arthritique. C.'" " 

" C’eïî Une douîëüï aiguë de rabdq* 
men & des .autres parties du trône, 
occafiomiée par une égoutté vague, ôti 
par un rhumatifme arthritique, & toût- 
à-fait femblable à la rachialgie métalli¬ 
que , avec cette différence cependant , 
qû’ëflé produit pltfe mt^ïpehî 
|ïé l’elpece de ‘ paratyfié appellée 
puiijis P dans laqtieïïe les extrémités 
privées de. tout mou veinent, cOnfer- 
vent un fentiment douloureux. 

On connoît la goutte yagiie par les 
.douleurs & les tùmeurs qu’elle excité 



externes. Colique de Poitou. 439 
Hans différentes parties qu’elle attaque 
foccefîivrtne'nt ; le venin >ar.thritlque fe 
jette fur .prefque 'toutes les parties du 
corps , tànt internes qu’externes ; de 
là le carus, la péripneumonie, la pleu- 
réfie, l’affhme arthritiques. S’il attaque 
les vifceres de l’abdomen , il en réfulte 
la rachialgie arthritique dont voici les 
lignes. 

Douleur aiguë fans fievre & faris in- 
ffamiiiation, pouls petit & lent, ou petit 
& fréquent à la fois, vifage jaune ou 
de couleur d’olive , abattertient des 
yeux ; ces fymptomes font précédés 
par des douleurs fourdes aux extrémi¬ 
tés , ou par des laifftudes qui fe font 
fentir après un léger exercice, par un 
fofftm'eil inquiet, qui ne foulage pas , 
par des fueurs accompagnées d’un fen- 
tirnent de brûlure & d’un picotenient, 
pour ainfi dire , éleftrique. D’autres 
fois ces fymptomes font précédés par 
l’éruption d’un grand nombre de peti¬ 
tes puffùles prurigineufes , qui tom¬ 
bent en écailles , par une ffrangurié 
qui fürvient fans aucune caufe mani- 
feffe, & par un écoulement d’urines 
limpides , quelquefois blanchâtres , 
comme du petit-lait, dans lefqüeites 
T iv 



440 Classe VII, Douleurs 
on obfervera des raies fébacées; ce 
font là les lignes les plus certains de 
la rachialgie arthritique. 

La cure exige Tufage des bains do-' 
meftiques, ou des eaux thermales ful- 
fureufes, de même que l’ufage interne 
de ràntimoine crud réduit en poudre 
Vès-fine à la dofe de deux ou trois 
grains , & d’une décodion de bois 
ludorifiques ; mais les bains pour foula- 
ger, doivent être pris en grand nom¬ 
bre , comme, cinquante ou foixante , 
qu’on doit réitérer tous les ans. 

Ç. Rachialgia ah adiapneujiiâ ; QoXi^ 
que de Poitou par le défaut de tranf- 
piration, Tronchin , ejpcce cinquième ; 
Colica SurinamenJis^^Qïh^rt chez Tron¬ 
chin. Foreft, obf.lib. zi. obf, lâ. Co¬ 
lique de Surinam. C. 

C’efl; celle qui eft caufée.par Te dé¬ 
faut de tranfpîration, ou par le froid, 
& qui dégénéré en épîîephe ou en para» 
lyfie. Elle efl: fort commune à Surinam s> 
ce qui vient de ce que les jours font 
extrêmement chauds, Sc les nuits très- 
froides. 11 faut s’en tenir aux eccopro- 
tiques doux & oléagineux, & y join¬ 
dre les lavemens compofés avec l’infu- 
ûon de camomille ^ l’opium mêlé avec 



txttrncs» -Colique de Poîtoul', 4^1, 
uneJgale. quantité de cinabre:^.ü les-, 
dôuîeufs continuent,^ &;faireBoire.-au, 
njaîâde.dar’ïrdelïusde l’iiiluSpti de B'ois^ 
de. fada&â$^uOn.ie|-minêraî^.curd 
Içs eaux thermaiés lulfureuïes.. : ; 

RucJ^ialgia. •jcorhuuai^ ,Jtxieme efi- 
pece de TroncHini 
ap... <^.^4;'teçniînè 
(Rïnîçd e|ï; &fpefîe j, lySi 

aux d.l;irer^^iôîîs' „dë. X^pnclimQ ^ 
lîque~de Poitou fcorbüuiqùe^^C^ 

. Lindim- ne lait aucune mention dé 
CQiXe-tÇŸtce. .Frédéric Ho^mann -çpÛQ. 
d’une colique fcorbptique, jnais 
p|pie ce nom. pUitô^ pour dedgn^ 
côUque déi Poitpu en, gener^,, , 

efpece diftînHe. Les Anciens ont c%i>~ 
né.;à„oettê maladie, le, nom de ’ coliwe^ 

biiWé. 

Dans cette èfpece 5 rndépendammeptl 
des douleurs cruelles quel’on fent dans-, 
lé. bas-ventre^ dfèn luî^^nt .d^utre^ 
dans les^bràs '^- Janstés âidres.meînf: 
bres , léfquebés Tont p^riodiquesid&- 
dégéner^t fulyânt Fu^aterins en.para-’- 
lyfie , ou en fpafmes. Mais f ajoute 
plus de foi à ce qüe^ dit Ml Tronchm 
favoir, que les extrémités, inférieures j. 
fur-tout les pieds ,& les ],ambè%deYiea’t- 







443 ^ ■ A s s E V il. Douhurs ■ ■ 

Beht àpffi noirês j "8c aufli dures ■ que, 
dù poiffon féché'.au fo'l'eil, & c’eft'ce^* 
<ptè j’ai vu îîibi-thêmé. Il Tùr^ient ane| 
fueürTalirie'vJ^qüeÜé ïbrmè dés criüàiix^ 
qui fe brifent ïb’üs îés doigts , airsii qué '' 
l’Auteur i’a ■'dSféfvé dans uïi homme 
qui mangebit-henuco'up’ de fei. - 

-La~fàrgné^-iié;Vadt ^rien ddns eètfe 
m^adié ^ s’en tenir àux lâxà-^ 

tifS‘ oléaginetixauX antifcbrbutiqties 
&;.aux eauX'chàlybées. ' 

' ’j. '-Raêhiaîgî'a tmumatica. Voyez la ' 
différtation de M; 'Apruc &: l’hiftbîre 
qùîëft à:îa,fin, aüflibien que le Jour-' 
% Mêdeçinè'^ jlilliêt iy,66, ôh l’on- 
trouve: deux'ëbfèrvaîiôhs iur: cettÿëi&^ 

pé'ce., D. . ' ■.^ l 

Célié' «pii eîl; •oau^''^p'àn’u^^; 
coup dans l’épine,du dos : il confté.par’ 
quantité d’cdDfervàî'îons qùé des gens 
^i avoient éîé''bièâés ,d'ansî’épine 'ont, 
été attaqués 'd’une coUque ’de jfeitoti, ' 
jê;yèux''d^.,\ 'âe ddüfeurs d^hsié bas-, 
ventre '’dàhs d’épi^aftre le 'i)ataîÿ- ' 
lîé ydetbnffipatîon & dé'Quantité d’au¬ 
tres fymptomes ‘ra'chiaîgiques, dont on 
peut voir le',detail dans M. Apruc. Ceî 
Auteur,prétend que_ le'"vide ;éâ dans la 
îïioëliédéî’épine J'tfontla éOïiipréiÉoiV 




externes. Colique de Poitou. 445 
& l’obftruôion occafionnent la paraly- 
fie des autres membres. Les douleurs 
que l’on fent dans les inteftins vien¬ 
nent de ce que les nerfs font aifFeâés 
dans leur origine, qui ell dans la moelle 
de l’épine; & à l’égard de la fenfation 
^que l’on rapporte aux extrémités des 
nerfs , il arrive à cet égard la niêmé 
chofe qu’à ceux qui fentènt de la dou¬ 
leur dans la main ou dans le pied qu’on 
leur a coupé depuis long-temps , ce 
qui'vient de la pulfation de l’artere voi- 
fine qui a été coupée, & qui agit fur 
le nerf. Iln’ed: pas étonnant, continue- 
t-il , que dans le temps même que la 
colique eïl dans toute fa force , on 
puiffe fe prelTer & fe toucTier le bas- 
ventre fans que la douleur augmente,' 
vu que les inteflins ont perdu leur ton 
& leur mouvement périftaîtique, & 
que les excrëmens ne peuvent fortir. 
'C’efl-là ce qài 'a fait donner à cette 
maladie le^nom de rachialgie, de 
ckis épine du dos , algeia douleur, 
Voye^ la queftion -de Médeeine de M. 
Apruc, dans laquelle il examine fi la 
faignée éonvient ou non dans la coli¬ 
que dé Poitou, ou plutôt : dans la rar 
chialgie,'imprimée en 1756. 

T vj - 



444 Classe VII. Douleurs 
M. Privât^ Médecin à Alais, traitpît. 
une jeune fille, qui enfuite d’une coli¬ 
que d’eftomac violente , fut affeûéê 
tout-à- coup pendant trois heures d’une 
paraplégie éc d’une privation totale 
de fentiment & de mouvement dans 
les parties fituées au-deflbus du cou f 
ayant examiné cette partie, il apperçut 
'une éminence dans la demiere verte- 
hre du cou, &: au-defibus un creux, 
qui lui firent juger qu’elle étoit luxée» 
La fille ne furvécut que deux mois à 
' cet accident. La colique d’efîomac eft 
accompagnée d’efforts vioiéns pour 
Yomir, & M. Privât ne douta point’ 
que ces efforts n’euffênt occafionné lA 
luxation de la vertehre. La douleur 
ceffa du moment que la paraplégie fur* 
vint, & la même chofe arrive dans la 
ïachialgie. 

8. Fiachiatgia oJHeofarcoJis ^ Benjamin 
Gooch; Çajes çf Surgery^ pag. lyS^ann,, 
'*yS8. 

C’eft une maladie dont le principal 
'fymptome confîffe dans des douleurs 
violentes dans tout le corps, fur-tout 
dans les vertebres des lombes, îefqueî- 
îes font fuivies de la diflocation, de la 
flexibilité des os ^ du raccourciffément 
du corps» 



externes. Colique de Poitou. 445 
Une femme bien portante & bien 
réglée, fut attaquée à. Page de trente , 
ans de douleurs dans tout le corps ac¬ 
compagnées de fievre, dont la vio¬ 
lence fe faifoit fur-tout fentir dans les 
extrémités. Neuf mois après, elle per-, 
dit entièrement Pufage des jambes, & 
Pott app'erçut en elles désa lignés de 
feorbut. Pendant les quatre années quf 
fuivirent, les autres os fe .ramollirent 
elle dévint afflimatique , bolTue , elle 
reffentit des douîèurs dans les verte-, 
brés, & fon corps fé rapetiffa. 

On lui trouva les vifeeres fairis â 
Péxeeption du poumon ^ du cœur .,, 
qui étoient flafques tous fes os , fit 
Pon en excepte les dents , étoient rà-, 
mollis; la dilToIution dans les os cy¬ 
lindriques avoit commencé par Pin- 
térieur des os & ceux-ci ne réfîf-* 
toient pas plus au fcàlpeî que lés muf- 
clés. Oh employa inutilement dilFérèhs: 
remedes ; lès chaîybés même ne pro,» 
duîfirent aucun effet. Son corps fe raé?, 
courcit de vingt-fix pouces. 



44^ Classe VII. Douleurs 

XXX, Lu M. B AG O i Mal des ' 
reins, 

C’eft un genre de maladie douîou- 
reufe , dont le principal fÿmptome ' 
cohfifte dans une douleur dans les reins, 
qui empêche de fe redreffer. 

' Les malades font appellés lurnhagi-. 
noji y elumhes , en François éreintés ou 
ére:nés \ la maladie par les Grecs lordo- 
JiSf ojphialgla , &c. AJphialJiu y par Rio-- 
ian> i/c/zi45 par Archigene. , 

Elle différé de la colique rénale, en 
qe qu’elle n’eff accompagnée ni-de naU- 
fée, ni de douleur dans lés ùfeTerès 
lés tèflicules , tû de 'ffùpeifr dans- les 
cuifles, ïii de 'ffrangurîé ; dé la colique , 
en ce que la douleur fe fait fentir dans 
lé dos, & qu’elle ne ceffe ni né s’ap- 
p^fê point par i’évàcuaîion dès excré- 
meîî's. Elle eft foüvènt compliquée dé 
la fciatiqüe, de maniéré qu’elle empê¬ 
ché qti’On ne puiffe fe rédreffer, ce 
qui lui a fait donner par quelques-uns 
le nom de courbature des lombes. 

1 . Lumbago rheumatica de Syden- 
ham, pag. lyo. Juncker, tab. /p. L. 

Cette maladié confiffe dans une dou- 



externes'. Mal des reins, 447 - 
leur vioienté dans les lombes , qui fait 
qu’oii ne peut fe redreffer; elle n’aug- 
liiéhte ni: par le faâ, comme celle qui 
accdinpagne les plaies, ni par la cha¬ 
leur du lit, comme la vérolique & la 
fcôrbutique, le fang que l’on tire 
att malade eflf cottvert d’une croûte 
bkhchk Ajoutez ;à cela que les mem¬ 
bres font ordinairement afieûés d’une 
douleur vâgûev* " 

On la guérit par des faignées réité¬ 
rées, par une dieîe légère au commen¬ 
cement, & enfuite émolliente , ra¬ 
fraîchi flan te & légèrement diâphoréti- 
qOe. Cette maladie affieâe les mufclei 
èx^ïêUre dû dos, ; 

■ 2. LuTfiba^o. drikfiiica * tjoUtte aiïx 

îombeS:, àppeîlée par Mppo- 

cratê, _ : . 

Cette êfpece éfl: familière aux per- 
fonnes goutteufes; elle provieUt d’une 
màtiere'fartâréufô qui- irrite tes liga- 
mens‘&' lé péfld^ des" vertèbres de 
s’â%îir'par ïà'prefflou- ' 

■ ' Hfe âffèâe ré'pine du dos, &;lê plus 
lôuVént fos facrü'm , & demande les 
mêmes remedes que la goutte. 

Lumbagoptetkonc'â^.xéà, Moffinanni 
iôû. iï, pag. ÎMTniagd ’h^ 



448. Classe VIÎ. Doukms 
dalïsA<t ]vinck.QX\CatamcniaLis d-HippQ-. 
crate. A fiuore iï/^ô,, Tred/HofFma.nîii., 
On la croit occàfiorinée par-là,Tiip-^ ' 
prelîîon Hes éyacuatiohsTangninès àuk-‘ 
quelles on eil accbutumë , 'par exexn-j 
pie, des menftrues, du fiüx hémorroï-; 
dal , des fleurs blanchesc II yr .a mêrnè^ 
des gens qui prétendent qu’ürié trop' 
grande continence peut î’occafionnér» 
4. Lumbago f&bnlis ^ MotDirçU, 
Mal • des,feins fébrile,., . ; ; ' , ■ V ^ 

Celle-ci efl: pour rordinaire uii lymp- 
tome qui annonce les maladies fébriles 
& les phlegmafies, & quoique pafla- 
ger 3 il fert à défigner plus diflinéte- 
ment les maladies auxquelles il fuccede. 
Par exeniple, la petite vérole dans lés' 
adultes, efl accompagnée au comment 
cernent d’une douleur de reins & d’ef¬ 
forts pour vomir ; dans les enfens,; 
d’alToupiflement. 

5. Lumbago Jcorhutiça , Eügâlenus 
chez Sènnert dt fiorbuto , : ljkià.[ d^ 
fcorbuîô'l'MAi des.reins*fcorbutiquébA* 
C’efl une doûîéuf; dans lés lombes y 
qui revient pour peu qu’on taffe de 
l’exercice, qui augmente la nuit ^ qui 
fürvient dans le fécond, & fur-tout dans 
le troifieme période du fcofbutqui 



externes. Mal des reins. 44^ 
efl: moins vague que celle des autres 
parties ^ & qui eft accompagnée d’uri¬ 
nes peu abondantes, troubles, fétides,; 
fouveiit de l’enflure œdématçufe des 
jambes, de laffitude, de la pâleur du 
vifage, &c. 

La faignée lui eft contraire ; mais 
il n’en eft pas de même des anti-feor- 
butiques , du lait, &c. Rien ne fou¬ 
lage plus le malade, que de lui donner 
tous les jours une once d’oxymel fcil- 
litique, & de fomenter la partie dou- 
loureufe avec de la lefîive de cendres 
ordinaires, dans laquelle on a fait cuire 
des fleurs de camomille, de fureau, de 
l’abfinthe, de la rhue & de l’écorce de 
citron. 

. 6 . Lumbago pjbadica ^ 

Lamothe ^ Chirurgien à Valogne en 
Normandie. A. 

Cet Auteur a obfervé quelquefois ce 
mal des reins fingulier, lequel eft caufé 
par l’inflammation & la fuppuration du 
mufcle appelle pfoas. Le grand PJbas a 
fon origine dans les vertebres des lom¬ 
bes, & s’infere dans la cuifle. Le petit 
Pfoas a la ftenne à côté de la vertebre 
fiapérieure des lombes, & s’infere dans 
l’os pubis. Le grand, qui fert à ftéchir 



'45b Classe VII. Douleurs 
la cuiffe , eft fouvent afFefté dans cette 
maladie , & c’eft Ce qui fait que les 
malades ne peuvent goint étendre la 
cuiffe , ce qui elî: un ligne pathogno¬ 
monique de cette efpece. Indépendam- 
ment des remedes généraux, Lamothe 
eft d’avis qu’on incife le bas-ventre, & 
qu’on enfonce le biftouri jufqu’à ce 
mufcîe qui s’eft abcédé errfuite d’une 
ilîiîammaffon, 'cette voie étant la plus 
courte pour faire é'coulèr le :pns, le-, 
quel ne ffiàiaque'rait de càüftt tôt ou^ 
fard la mort au malade, s’il féjourBoit 
dans le bas-ventre. 

'7. Lumbago pàftûs ; Douleur de l’âC-i ’ 
c'ondhement. A. 

Quoique cette douleur fe falTe prin- 
cipalemerit fentir dans ïes lombes, elle 
ne làîfte 'pas que d’appartenir à la coîl-; 
que utérine , vu qu’elle eft caufée parla" 
diftraftion deslxgàmens larges qui tien¬ 
nent de part & d’autre au balÉa, &: 
tiraillent le péritoine qui eft a&érenî 
aux lombes , lorfque la-matrice fe con- 
tfaàé pour cbafler le fœtus dehors. Ces 
douleurs deviennent fucceffivement 
plus fréquentes, & lailTeat quelques , 
intervalles lucides qui permettent à i’ac- 
coùçhée de dormir; à chaque renou- 



cxumts. Mal des reins, 4p 
veîtement de douleur , & à chaque 
fort que la Fenime fait, l’orifice de la 
matrice fe dilate. Cette douleur a cela 
de fingulier, qu’elle s'’appaife lcrfqu’on 
comprime les lombes de la malade avec 
uû bandage , ou avec les poings. 11 lui 
prend enfin un tremblement dans les 
genoux, le chorion perce , les eaux 
s’écoulent, l’enfant fort & lès douleurs 
s’appairent tout,à coup d’elles-mêmes, 
après avoir réfiîlé à tous les moyens 
dont on s^’eft feryi pour tes faire cefier. 

8 . Lumbago à fdburrâ , Baglivi, de 
fdr. motri'c. lih. i. cap. to. pag. 345. 
Mal de reins caufé par des faburres. 

Elle efl: caufée, à ce que dit l’Auteur, 
par un amas de faburres crues & indi- 
gefies dans le méfentere. LesMédécin? 
du commun admettent cettè efpéce & 
quantité d’autres fans examen , fe fon¬ 
dant (ur leûf^'pôfii'bîlité; mais ce motif 
fie me paroit pas fiiffîfant, & je ne puis 
l'e's admettre qu’après que leur exiften- 
ce aura-été confiaïéê par dés obferya- 
ti'ôns à la certitude defqudîes on ne 
puiffe fe refufer. 

Ôa la connoît aux fymptomes fui- 
vans. Le malade eft conftipé depuis 
long-temps, il ne trôiiye plus le même 



4^2. Classe VII. Doidmrs 
goût aux alimens. Il fe plaint d’un fen- 
liment de pefanteur dans tout le corps , 
de chaleur & de douleur aux reins. 
Baglivi l’attribue à une cacochylie pu¬ 
tride amaffée dans le méfenterè &,à 
des humeurs crues qui engorgent les 
glandes_^de ce vifcere. Cette afFedtion 
du méfentere préfente les fymptomes 
du lumbago. 

On combat à Rome cette maladie^ 
par riifage des rafraîchiffans & des 
émulfions, qui loin de'diminuer le mal, 
ne font que l’augmenter, Baglivi com¬ 
mence la cure par les lavemens &c les 
fomentations, & la termine par les pur¬ 
gatifs. 

' 9. Lumbago Milians , AlHone de M.U: 
llari. • 

Cette dduléur eR fouvent un fymp- 
tôme qui précédé réruption de la mi- 
liare , elle l’annonce même lorfqu’elje 
eR compliquée de crampe, de fievre , 
& d’une odeur acide, & elle cefîe dès 
que l’éruption eR faite. 

10. Lumbago, à nijii ; Effort des r&înSm 
Reins entdouverts, ' ■ 

Le trop grand ufage des femmes, 
lors fur-tout qu’on les voit debout, eR 
fouvent fuivi de maux de reins vio-; 



externes. Mal des reins. 45 3 
îens, de ratrophle &; de paraplégie des 
çuiffes, & le malade s’alite pour ne 
jamais plus fe relever. Tilfot, de manu- 
Jlupratione pag. ziz. 

Ces fortes de maux de reins font 
quelquefois la fuite des efforts que l’on 
fait pour ' porter ou foulever des far^ 
deaux, mais le plus fouvent iis font 
bccaffonnés par un rhumatifme, fans 
que ces efforts y ayent aucune part. 

. ■ Ceux qui ne font point accoutumés 
ïà aller à elievaîy & qui viennent à ea 
monter- ün qui à :lé pas rude, font ordi- 
nairemént attat^és'de;doüleurS de réins 
quf font pîüs viblénfeS .le fécond jOür 
quo îê premier, & qui s’irritent par là 
preffion ou par le taû. Ces fortes de 
douleurs exigent rarement la faignée ^ 
èc pour l’ordinaire elles s’appaifent à 
i’aide du repos &,de la chaleut, ce qui 
m’empeche pas qu’on ne puiffe em¬ 
ployer les fomentations réfolüîives & 
anodines avec une décoftion de fleurs 
de mélilot & de camomille. Les exten- 
feurs des lombes, favoir,.le faeroIum- 
Lairé, le très-long du dos, ôtle demi-épi* 
Wéux font lordinairement affèûés par 
oes fortes d^efforts^ & on peut le con- 
noître par letir fituation, leur origine 
leur infertion. 



454 Classe VII. Douleurs 
Balloni & Baglivi ont quelquefois 
obfervé que ces fortes de maux dé 
reins caufés par un effort violent, font 
fuivis d’un épanchement de fang entre 
les mufcles , ce que l’on connoît par la- 
fluâ;ua.tion., quand même elle ne ieroi| 
précédée d’aucun fighe. de fuppurationi 
Pans.ee cas , il faut percer la tumeur 
avec une lancette pour lui procurer 
une ifiue,. . . 

ï I. Lumbago ab anevrifmate , Aubert, 
in jcpulfret. Tom. a. pag- obj. 

Mal des, reins cauflpar up apéyrifme. 

^ Ces- fortes, d’ané.vfifmes. .coirodeni: 
ordinairement les .yertebres , &',îeur 
rupture, eft fuivi'e d’un e mort fubitéy 
On connoît cette efpece à la douleur 
puifative quirépond au battement des 
arteres., fans aucun figne d’inflamma¬ 
tion.., ; 

12. Lumbago appjiematofa ^ Riviere, 
ohferv.. Z. communiquée, par M. Franr^ 
çois Ckomel. Oeik celle qui eil-caufee 
par un abcès dans les reins. 

13 . Lumbago fympathica , Bonet, obf^ 
4/. 42. é'f. Mal des reins fympathiqne. 

C’efî celui qui eft cauféjpar ,ia léfioa 
de quelque vifeere vbifin ^ Sciqui fe 
communique aux reins par i’entremife 



externes. Mal des reins. 4^^ 
des rjerfs. On le connoît avant même 
que le malade foit mort. Tels font les 
fiiivans. 

' Parla fquirrojîtéde-glandes dû méfen- 
tere y’^/zxûion adenograph. 

Par une tumeur ^ un abcès ^ un fquirrç 
dans le pancréas. 

Par un. fquirre dans le pylore ^_la veine 
cave & le pancréas. 

Par un fquirre dans les reins ^fuivi de 
leur putréfaction , fepulchret; 41. 

Par un abcès près de la bifurcation de 
la veine cave 

Par des vers dans les reins , addit, 
obfery. 2,. 

14. .Lumbago ah hydrotkorace, Mor- 
gagnijjE/ij?, if.gS. 4/. ^ontt^fepulch, 
tom. Z. objér. €0. §. J. 

C’ed: une douleur qui fe fait féndr 
aux,lombes, &: que Morgagnl attrîb^ 
à. la prefliôn des eaux renférmées dans 
la poitrine , & principalement dans le 
péricarde, La maladie ne préfentoit 
d’autres lignes d’hydropilie de poitri¬ 
ne , que le rhume, la .fièvre 6^ iin 
pouls foible. Le m.alade rapportoit la 
dpuleur à la partie de l’épine dm dos 
qui répond aux lombes. - 




456 Classe VIÎ. Douleurs' 

15. Lumbago à fatyriajj. D. Hatté,' 
Journ. de Med. Fév. iy 66 . pag. no, 
Saryriafme. 

Un homme qui fe livroit aux plaifirs 
de l’amour trois ou quatre fois chaque 
jour, devint fi rhaigre & fi foible, qu’il 
fut dans la néceflité de recourir aux 
fe'cours de la médecine. Le principal 
fympîome dont il fe plaignoit , étok 
une douleur extrêmement,aiguë, qui 
s’étendoit le long de l’épine , depuis 
le milieu du dos jufqu’au coccyx.; 
cette douleur étoit accompagnée de 
gonflement dans cette partie ; le ma¬ 
lade étoit obligé, pour appaifer cettè 
douleur, de m-archer, les genoux en¬ 
tièrement fléchis , en appuyant fes 
mains fur fes gras de jambes. Au refte 
point de gonorrhée, point de dyfurie, 
point de .tremblement de mains , ni 
de céphalalgie gravative. Cefte^ ma- 
ladie avoit fuccédé au fatyriafe, c’efi- 
à-dire , â un défir infatiable^ du coïf, 
auquel il s’éf oit livré, ôHorfiju’on gué- 
rilToit la douleur des reins, le fatyriafe 
revenoit. 

La' cüfe exige la faignée, des fomen¬ 
tations émollientes , ôc des émulfions. 
Cette 



ixtertils. Mal des reins» 457 
Gette efpece eft appellée lumbago 
Ronfaus dans Sennert la défigne fous le 
nom de quatrième efpece d'étijie dorfale, . 

16. Lumbago pfeudoijehuria. Voyez 
Üdfchurie néphrétique. ^ ; 

17. Lumbago ab arthrocace ^ Perrault 
Journ. de Méd. May iy 6 j. pcLg.gSc^^ 
C’eft une douleur continuelle du dos , 
accompagnée de l’inflexion du tronc 
& de gibbofité ; on découvrit dans -le 
cadavre quelques vertebres dorfales 
putréfiées , le périofte rempli d’un pus 
inodore , les Gartilages féparés;, & la 
ipoelie de l’épine en fiippuration. 

X X X 1 . Is CHIAS i Sciatique | 
Dolor ifchiaticus y de Sennert j 
Ifchiagra, de Schneider 5 ikfit- 
lum ifchiadicutn , de Nenter 5 - 
Dolor coxendicus y àe Bomt 
Morbus coxarius , de Haen | 
Sciatica , en Latin barbare,: _ 

C’efl: une maladie dont le principaî r 
fymptome eft une douleur confiante _ 
fouvent continue dans le coccyx ,;i’GS : 
facruni,& les os du baflin, rartieula-^ 
Tome VL V 




45 § C l ASS E VU. 
tion de la cuifle avec ces os, dans les 
mufcles du jarret & de la jambe, la¬ 
quelle s’étend très-fouvent le long du 
fafcialata, & empêche le malade de mar¬ 
cher, de refier debout & le rend boi- 
teüx. On a fôuvent peine à la diflinguer 
de la fortraiture, 

I. Ifchias interjnittens ^ EfTai d’Edihî- 
bourg , tom. €. articl, j^C). pag. 
Sciatique intermittente. L. 

Cette efpece efl caufée par le levain 
fébrile des fievres intermittentes, par 
exemplede la quotidienne , de la 
tiercé; Elle revient tous les jouis 
ou tous les trois ou quatre jours à la 
même heure avec la fievre , fe ter¬ 
mine par des fueurs. Une accouchée, 
qui habitoit un lieu marécageux, fut 
attaquée d’une douleur autour de l’os 
ifehiqn, qui s’étendoit jufqu’au vaile 
externe , & reverroit tous les jours à 
une heure Éxe avec une forte fievre , 
& feterminoit par des fueurs. La dou¬ 
leur paffée , elle fe portoit bien, & pa- 
roifibit n’avoir aucune autre maladie. 
J^pfès lui avoir donné l’émétique & 
l’avoir purgée, on en vint au qainqui- 
na>'àùquel on joignit l’eiixir de vitriol. 



Doidtufs cMefnéi. ScmtTqiie. 4-5^ 
Us aîxti^fpafmodiqites titi. emplâtre 
véficatPite fur k-cuiffe. Elle gitérit par^ 
faitement. Duncan Baine.. 

. a. îfckias fanguineum ^'%QrièX ^ fepid- 
ihm. obf. 1^, .Afangidm , Moroni, di^ 

: 

;:Xafciàtîquê eUfouvèftt Gaiiféedâiïl 
les, femmes , parria ^fupprelfiôri des- 
çienilùes & des . locliies j & dans les. 
hommes ^ par celle' du flux hémorroï¬ 
dal, & c’efl à ce principe que les difci-. 
ples^deri’^ÆM l’attribuent. 

Cette efpeée différé de la ihumaîîqiie, 
€B:ce .que ie fahg u’efl peint-couvert 
d’une coeaiine. bkiiche , lorfqifelle 
efl ffmplemenîXaiifée par la pléthore. 
So^ÊÊ.prétend-qu’on la guérit,par las 
kignée & par une diete légère. 

- 3. îfihia&hy.lïtricimi^V<z\CL^^^ 
km v.apomfis , cap,: 8 : Sydeiiha'm ^-p. /’j 2 J 
tom, i. de colicâ biliofa, Sciatiqué hyffe- 
tique.’L:' ^ -v-;: î ^ 

e On la diftingue des autres ï®. par la 
eonnoiffance que l’on a de la difpGll- 
îion hyftérique de lamakde ; 2^- En ce 
qu’elle eff paffagere^ & qif elle s’en va 
auffi proïhptement quelle éft venue.; 
3?. par ia lenlibilité dé la partie, qu^ 



460 Classe VIL 
eft telle J qu’on ne peut y toucher, mê¬ 
me après que la douleur a ceffé. 

On l’appaife en appliquant fur la 
partie des linges chauds parfumés avec 
du fuccinén faifant prendre à la ma¬ 
lade des narcotiques mêlés avec de la 
teinture ;de caftoreûm. L’^éârifation 
k cabnëlfur le,. champ. 

■ 4i IJfkias^gravïdarum , Mauriceau J 
lib. I, cap. /y. Douhür. des cuijfes & des 
jàihbes, L, . : ’ 

Cette maladie confifté dans une dou- 
kun ^xicuîffés. & aux Jambes V accoiii- 
pagnée de reuflure;œdémateu£e3dex0^ 
parties&de y^iees, laquelle augmente 
dans les derniers mois de la. groffefle j' 
& ed plus violente, le foir que le.ma-: 
tin, lorfqu’pn eû. debout que lorfqu’on: 
êft couché;',Elle eft caufée par le dé¬ 
faut de neirculation .dans, lès yeines 
ilia:qu€S,:;;:î£b?: . ^ 

Oh ne doit point ouvrir les varices 
fans une extrême héceflité , mais les 
comprimer légèrement avec un- ban¬ 
dage oblique. La femme ne doit point 
marcher, mais fé tenir, cduchée h plus 
îong-temps qu’elle pourra , & baffinec 
les parties affeâées avéc du vin aro« 



Douleurs externes. Sciatique. 461 
matique. Cette enflure fe diflîpe fou- 
vent avant raccoucTienient, & eft fur- 
tout familière à celles qui font enceinte^ 
de-jumeau^; ce que j’ai dit de la 

colique utérine, des‘ femmes groffés, 
laquelle èfl' compliquée de douleur 
de ftupeur dans les jambes,, à caufe de 
là diftraâion des ligamens ronds. On 
remédie à ces maladies par là faignée, 
6 c en fàifant prendre à là femme une 
fituatiôn commode. 

Ifchias ah fparganoji; Depot lai¬ 
teux dans la cuiffd: Piizos , Mém. fur les 
dépôts laiteux ^ pag. gâO. lu. 

Le fparganojîs ^ fuivant Diofcoride^ 
éfl une furabôndance de lait, qui obli¬ 
ge ce fluide à fe jeter fur les autres 
•partieSi;: . ' • ; ^ ; 

■ Cette maladie attaqué lesfem.mes qui 
ont beaucoup dé- lait& qui ne nour- 
riflTent point , ènviron quatorze jours 
après qu’elles ont accouché ; &:.; fe.ma-. 
niféfl:é'par une"'douleur dap l’ainéy là- 
quélîè S’étend tout; le - Ibrig • deS yaif-i 
féâux^ cruraux &-quf les ;félt enfler. 
Ellé é^ fuivie -de ïa - diflicuîté de 'mar- 
chéf, d’une douleur dans la cuifle 6c 
dans le jarret, qüi s’étend quelquefois 

y iij 



4«i CtASSxVH. 

jufqu’à l’extrémité du pied. La tumetiï 
cedémateufe pr.oît queli^.uefois au point, 
^ue les extrémités inferieiires deviens ^ 
nent deux fois plus grolTes que dan^ 
leur état ordipairé. ' . 

' O.a diftingué le dépôt féreux du lai¬ 
teux , en ce que le premier fe forme 
dans les pieds, & remonte infenfible- 
menî fans caufer aucune douleur ; au 
lieu que le iaiteuxr fe .forme dans Ie$ 
cuiffes , d’où il defcend enfuite en çauf 
fant au eommençemenîde la dou- 
îéur a la malade. Il d’y a que lés fem? 
mes greffes ou les accouchées qui y 
foient fusettes.. ^ 

On diffipe cette douleur, i par uns 
ou deuxfàignées.j îajjurgatfos,; 

3^. en appliquant continuellement deÿ 
linges : çbauds r fur, la 1 pa^ie affeâ:§@ I 
4^. avec des topiques réfolutifs , tel^ 
qu’une déço'dion d’herbes çmoiîientes; 

& réfolutives , auxquelles on ajoute 
le vin blanc , l’eapde vie, le fel ammoi 
aîiac; avecdéS'embroçatfons dé fâvoft 
du beurff Fbqiîe d’amande amei^ 
avec l’efprit de vin, le dé Fiora^ 

venti^ desfi-idions fechesréitérées, &Çi 
Çi après qu’une cmffe eff guérie^,: Fanr ~ 



Douleurs externes. Sciatique. 46} 
tre vient à s’enfler, comme cela arrive 
fouvent, on réitéré les mêmes remedes. 

6. Ifchias ex abfce[ju^ Riviere, . 

centur. a.fFabric- Hildanus, obferv. yu 
ctnt. i. hamotte objèrv. Chirurg. no. ///. 
.&c. Chîfflot, ohf. 4y.fol, 4/. Sciatique 
^aufée par un abcès. C. 

Une-femme eut un abcès au-deffu 5 
de l’articulation du fémur avec rifchion, 
-qui la tourmentapendant un an entier-, 
& qui la faifoit boiter. On l’ouvrit, i! 
-en fortit quantité de pus , & elle fiit 
parfaitement guérie au bout d’un mois. 
Une autre en eut un dans lé même, 
endroit pendant plufieurs mois , on 
appliqua deflus des cataplafmes matu- 
ratifs -, on l’ouvrit cinq îours après. II 
fuppura beaucoup & la malade guérit. 
J’ai eu occafion d’obferver la même ef- 
pece dans un Capitaine d’infanterie 
appellé M. du Billard. ^ ' 

IJihias à carie , Beniveni, de abditis 
cap. C’efl: «ne fuite de la première. 

7. Ifchias Jypkiiiticum , Bagîivi ,pûg. 

. zo6‘. lib. 2. §. 2. Ifihias Gallica , Mo- 
roni:, DireBor. Sciatique vénérienne: C. 

Je traitai dernièrement un homme 
attaqué d’une fciatique violente, & i,e 
V iv 



464 C L A s s E VII. 
défefpérois de fa giiérifon , lorfqu’iî 
. me fit entendre qu’il avoit eu il y avoit 
. vingt ans des bubons vénériens qui l’a- 
. voient extrêmement tourmenté; ce qui 
. me fit foupçonner que fa fciatique étôit 
;Caufée par un virus vénérien. Je lui 
prefcrivis une décoélion de falfepa- 
Iteille , l’antimoine crud , le brou de 
noix &c. & fa fciatique fe diflipa au 
, bout de quelques jours, au grand éton- 
?nement des affiftans. BagLivi , à qui 
:nous devons cette hiftbire ,'prend oc- 
. cafion. de là d’inveétiver contre les 
Médecins qui fe mettent peu en peine 
de connoîîre les efpeces dans la prati¬ 
que , & traitent toutes les maladies, 
par . exemple la fciatique , de la même 
maniéré. 

%,Ifchias verminofum ^T^eVii amœnit, 
34 S- Z^e\xtm ,-prax, pag. ^.^8. 
Sciatique vermineufe. B. ^ 

üh enfant d’une habitude de corps 
extrêmement ferrée, pâle, & qui avoit 
le bas-vèntre un peu dur, étoît fujet à 
des douleurs dans le bas-ventre , com¬ 
pliquées de fievre , ce qui donnoitlieu 
de croire qu’il étoit atteint d’une atro¬ 
phie. Il chanceloit fur fes genoux , il 



Doul^ursj e:)^ei:nes. Sdad^m. 465^ 
pè'rtQif 'de-'pied :; 4 r;oit: en 

|V'Oit:d.eSi:dèdl^irSida^.S;le’gliir- 
tpjjje^djïjisdéibcôré (^oic 4 g 4e;f iles-, 
ce .qné.-fe$ .p'arqns;IU3 
xatiçin du féniur;. Ld Çhûruî'^en.tejita 
de Ja ‘ ?:44uir^. ol’enfaiit çontinua 
dê;bQi$grvJjè^^;|fêi%Xr®^^i^^-s’étantap- 
:quj^ 4 e|rÿ%H^igf %ifons 
dah|[]qirfg*-<î IfSjïlFV^ t?o 3 Vé 4 

çrae^il ie^iVfiBtl, ^u'e Jd^-urinq- ref-. 
feièdlïf ^ 

des - douleups dan s ie bas-ventre, foup-r 
corna^ qu’il avoit des vers dans les in- 
teftins , ce qin l’obligea a lui donrei^ 
des anîhelmintiques. Il rendit pluueurs 
vers V’vans:, & la fcia^ique, deç-mê- 
me que les autres fymptomes fe d Ai- 
perent. , 

- . Zacums rapporte qu’un hommeiu*?. 
|et depuis un an àune fciatique violeUf 
te J . ayant ete^faigné du pied ,,i iLforlit 
avec .4e fang-un;ver-mince long d’une 
palmede que;la douleur ceffa aufFi-tôt; 
maiy :ie>ereqît de cet -Auteur n efl pas 
afîe^.^ien établi pour qu’on puiffe ajou¬ 
ter. Jbî-à;fon«écit, 

:Sçiatiqué 

. ^ . 



' G •$ 

cauféë une Iüx8tk)iÿïfi^âiifaîtô^-D^ 
' La 'diftorfion'viQ'lOTtr'ÜeS^igaiueB 
de là capfüie àf^kidàifé> -d-dS: te^dtoiï 
<jüi âflureht’ i’articiUsfioWîdti fééiiir-^;pâe 
' un e chute:, u h' coup, un elFert, éft htivie' 
d’une douleur aigue dCr opiriâtrë qui 
Ê’âppàife au':moyeh , du 

tepos , d’tthe "diétÿ idé'd%cFè '& d’iMe 
hoiffon délàÿ'&nté.^ll'n’ÿ a point dé*ItH 
xatîdn parfaite fans .frlâ'ürèÿ à 
qu’elle hé’ foit o ccafionnéè-par - le reîâ^ 
thement fucèeffif des tehdôps- , &'Oa 
la connoît à la îonguéuf inégale de$ 
ïambes. Fo^e^^è\ik.Qr-yC}iirüfg, partFû 
Kè.^,-cap. io.^ ' - ; c ;iî 

■; xoïlfchï'aS'Ætiim&citm.-^^ 

"âicus de Sehheft, xàpV6iScMiqü€,^\m^ 
jnatique. L. " -I 

■■‘"Ellediffere de la fciatiquê arthritique 
i^.k'h ce qu’elle ne fe fixé point dans 
îes aïticieé , mais (khs fés müfelës fitwés 
entre l’ds facfuim & îe -genou , - même 
dans ceux dé là jahibé ,^;jê;^eux- dire 
dans la large aphnévrofe qm- îès; eiïvë- 
loppe tous; en ce qùékeiii qiu:ei§ 
font affeâés, ne reffehteht point côm-’ 
me les perfonnes goutteUfes des ddu- 
letiris ni dansiespïéds-nidâhs les îmins| 



Douleurs externes. Sciatique, 4^7 
3 dans le cas où la douleur ell exferne, 
elle n’efl point compliquée d’enfiurè 
comme dans la goutte. Cette douleur 
eft extrêmement opiniâtre, elle eft fui- 
vie de boitement àc de l’atrophie des 
membres. 

Il faut changer la crafe du fang, qui 
eft âcre & vifqueufe par des potions 
délayantes , qu’il faut faire précéder 
des remedes généraux, tels que la £a^- 
gnée &c la purgation. Si le malade èft 
d’un tempérament chaud & fec, il faut 
y joindre les bains domediques chauds^ 
le petit lait, les eaux thermales fulfu'î- 
reufes. S’il eft froid & pituiteux , les 
difcuffifs, les attraâifs, les fudorifiquesw 
Par exemple, les fomentations avec les 
feuilles de fur eau, de lierre chauffées 
au feu , ou avec leur défcoftion, le bain 
de fable de mer chauffé au feu ou àû 
foleii , l’immerfion dans les eaux“ de 
Balaruc, les linimens chauds avéc^dn 
favon délayé dans dé l’eau de vie, ôccJ 
produifent fouvent un bon effet. Dans 
les cas où ces remèdes ne réufîiffent 
point, j’ai éprouvé qu’une éleclrifation 
un peu forte Sc réitérée guérit quelque-, 
fois la fciatique. 



46 ^ Classe VIî. Douleurs 
I T. Ifchias arthriticum , Sennert ^ 
cap. C. première efpece de douleur fciaiU 
que -, De Haetl , de dolore coxario ^ tom.' 
jGoütte Jaatique ; Malum ifchiadicum , 
^evXëxi ^ tabuL cap. 6.L. 

Elte attaque les perfonnes gouteufeSj 
^rincipaienlent celles qui font âgées;, 
-elle fe fixe dans l’os facrum , ou dans, 
i’articulation de laçuiffe., &: elle eft in- 
^ninienî plus violente dans ce fécond 
•cas que : dans le premier. La douleur 
efl: profonde^ véhémente, elle s’aigrit 
par le mouvement, elle s’étend juf- 
.qu’aux pieds & y eaufe une tumeur 
rçfUgeâtre & unie. Elle revient par in¬ 
tervalles , & n’eft point fixe comme 
ïa fciatique rhumatique invétérée. Ellç 
attaque fouvent les perfonnes fangui- 
nes ^ gloutonnesadonnées aux fem¬ 
mes & à la bonne ehere., - . 

. Elle exige en général le même trai¬ 
tement que la podagre* 

/V:' - - - : 



externes, DouU du fondement, 

XXXII. Proctalgia i Dou¬ 
leur du fondement j: Dolor ani^ 

- Tuipii. 

C’efl: une douleur dans le fonde¬ 
ment ou l’extrémité du reâum, & dans 
les environs ,-dont les diverfesiefpecés 
dépendent de tout autant de principes 
diîieréns. / : ■ ; . \ 

I. ProBalgia injlammatoria ; dnfiamT 
mation du fondement y Sennert , de Hn~ 
Jlammationc: uni, cap. lo,^. 

. Elle s, fe manifefte par une tumeur 
ichaude & une douleur aiguë, qui aug¬ 
mente lorfqu’on la preffe, & qui eft 
raccompagnée de la conftipation & de 
-la fievre. Cette maladie doit fon origine 
au trop fréquent exercice du cheval^ 
-à un coup violent , à la fuppreffion 
du flux hémorroïdal, à des^ topiques 
fâcres,;&c. ,, 

Elle efl: extrêmement difficile à gué- 
'.rir., & dégénéré foùvent ,én fiflule. 
Les remedes qui lui conviennent font 
la faignéé , une nourriture légère, les 
fomentations émollientes & anodines 
au commencement lés çataplafmes 




470 Classe VIL Douteurs 
avec de la mie de pain blanc, le lait-^ 
le fafran, les feuilles de folanutn hor-^ 
tenfi, l’huile rofat, d’amandes douces, 
ladécoftion de mauve, de racined’al- 
thæa, de fleurs de camomille, de mé- 
liiot, &c. Au cas qu’il fe forme un abcès, 
il faut l’ouvrir de bonne heure & le 
déterger, de peur que le pus ne caufô 
une.iîfluie. 

%. FroUalgia cancrofa ; Chancre au 
fondement. G. 

il efl: occaflonné par des fies , des 
thymus, des ülceres chancreux & des 
rhagades malins; caries fies, les crêtes , 
les condylomes bénins , quand même 
iisferoient vénériens, ne caufent pref- 
que point de douleur, mais font fou vent 
d’un très-:mauvais caraflere, & devien¬ 
nent carcinomateux, d’oh s’enfuivent 
des douleurs poignantes, prurigineu- 
fes, lancinantes, accompagnées def du¬ 
reté, d’âpreté, d’un écoulement âcre 
'& iehoreux , de : rhagades corrofîfs , 
.dont reffet fe fait principalement fentir 
lorfqü’ion va à la felie. ; 

Dans le cas où ces maux font occà- 
fionnés par un virus vénérien, il faut, 
après piufieurs bains réitérés, en venir 



exîtrnés. DpuL du fondîrnent. 
aax fripions mercurielles'^ & coupée 
avÆclelriâouri les crêteslés porreaux^ 
les verrues , ou les: cohlurUer avec ua 
‘câuftiïjûa: ■ panfer- la- .plàie :à l’ordi¬ 

naire; ijorfqae le cancer eft vérolique^ 
il eft plus dangereux, & prefque in'cu- 
rable. Il faut le confumer comme les 
mitres ^ àc calmer ; la douleur .avec du 
■‘beurré;, ou de l’onguent compofé avec 
•là' eerufe & la litharge , fans oublier les 
narcotiques. ' : ; 

3, 'ProBalgia fijlulofa ; Fiflule à 
i’anus. ‘ C. ' - ■ - - ' ‘ - 

- Là fibule à l’anus eil ordinairement 
^précédée-de phlegmons, oude:marifca 
iqui-font venus à luppuration.'Eilercoa- 
^±lë dans-un ulcéré finuèax^ calleux au 
-fondement, qui, lorfqu’illiformeîdës 
rihüs, des clapiers dans le redum, la 
v-e-âie , & les parties, voiiines , elt ex- 
trêh-'enieDt d^d^ciie'à guérir. 

On d V fe les ^d:üâes en cômplettes ôc 
• încompietîes^Oi-* lêSguérir par une o.pé- 
'-ration de fUbirurg e j - dont le-bût eft dë 
convertir un ukere calleux en une plaie 
‘ fimplè Les a^^c^e''s ^ à ce que dit Smnert^ 
■ont regardé la cure des fiflules comme 
'-fepo£îbIe, ôc l’on- ne doit point les 




'47^ C L À s s'E V n. ■ Djouhurs.:.:^ 
confulter. L’ori'fera mieux dé; Iiïe/ C,e 
qa’HeiJler &: les autres Chirur^ejis mo;- 
dernes ;oiît éèrk'dàtdeflius. 2‘. . : : ioi. 

4. PwB'algia.lmmrigiriofa^^inutm^ù 
ani. ’Sennert, Ecorchure à f anus,^ 

C’ed; une douleur • compliquée .dè 
rexcoriatioa & deik rougeur deVzpàr? 
lies; Lorlque. IFfixcoriatidn-pJ^oyientide 
caulesl mécaniques ,!:pâr. èxempie:;, ; de 
ce quion a redé., trop Ionglte;mps^à çhe^ 
val , on la guérit en appliquant]deffus 
,du fuif, de la graiffe, 'de l’huile rofat, 
de l’eau rôfe , &c. Lés peiits .enfans 
dont extrêmement'du/éts à^ces fortes 
d’écorchures, -dé; elle efl Qccàfionuée 

• chez eux.pard’acrimoaie. de l’urinelqûi 
déjourhe dans ies: plis Sc, dans les . ridés 
de cespartiës;, &: qui. s’y échaufFèjj. 

le moyen dé les -en-garantir eft dg lés 
tenir proprement, de les laverdou- 
vent avec du vin &;de.l’eau. Les npur- 
rrîces ont coutuméide . les daupotidrer 
matin- &dqir àvec^dè la^cérufé pulyéri- 

• fée&; les. pauvres gens syéc faî poudre 
que l’on tire du feule cariée - > ; ; V ; : - 

Lorfque l’écorchure tient de |à. dar- 
;tre, foit qu’elle foit fimple où vénérien- 
jië ^ ce^quivsrîiye aflez2.]^équémment 



externes. Doül, du fondement 473 
aux adultes, elle demande une autre 
méthode curative, & entr’autres celle 
qu’on emploie pour le prurit de l’u- 
,terus. 

, 5. ProUalgia ex rhagadibus , Sennert, 
loc. citât. Gerçures du fondement. L. 

Les rhagades font certaines crevaffes 
qui viennent autour de l’anus fans tu¬ 
meur &; fans fuppuration , pareilles à 
.celles qui fe forment aux levres , aux 
doigts des gens de la campagne qui 
voyagent dans le fort-de l’hiver. Ces 
ulcérés font fecs , douloureux & in¬ 
commodes ; ils caufent un tenefme, & 
s’irritent tous les jours par la néceflite 
où l’on eft d’aller à la felle. Ils font cau¬ 
ses par l’acrimonie du fang, & par con- 
-féquent il convient d’abord d’y remé¬ 
dier par des remedes internes & par le 
régime, & enfùite par les moyens que 
la Chirurgie prefcrit. 

6. ProBalgia BrafLienJis de Zacutus 
.Lufitanus , prax.pag. 3^6’. Maladie du 
,Bréfil, appellée le ver; par les Portugais, 
Bicho ; par les habitans du Bréfil Mat- 
hundo ; par les Hollandois Worm ; par 
les habitans d’Angola Bims. Hidoire 
4 çs voyages. A. ' 



474 Classe VII. Douleurs 

Le principal fymptome de cette ma¬ 
ladie efl line douleur brûlante dans le 
fondement , accompagnée au commem 
cernent de conftipation, d’une laStudé 
fpontanée , & dans la fuite , du mdinjt 
chez les habitans d’Angola, d’une îriC- 
;teffe profonde, de céphalalgie, de la 
jdébilitédes jambes, de douleurs aiguës 
& d’une efpece d’exophtalmie. Il fuffit 
allez foLivent îorfqu’elie commence:, 
de fe laver le fondement, & d’y intro¬ 
duire un fuppolitoire fait avec le fue de 
citron auffi long-temps qu’on peut l’en- 
dùrer; car il aigrit la douleur, mais il 
la guérit. ; 

Lorfqu’on emploie trop tard ce fup* 
politoire , l’ardeur & la démangeaifoa 
augmentent, le fondement s’enfle, s’ul¬ 
cère, , & rend quantité de mucofité 
blanche & putride, ou de pus. Dans 
ce cas, outre le jus de limon , il faut 
encore laver la partie avec du fuc de 
tabac. On emploie aulïïavec fuccèsîes 
feuilles de tabac que l’on arrofe avec 
du vinaigre , & que l’on faupoudre 
avec du fel marin ; mais la douleur 
qu’elles câufent efl: fi violente , qu’on 
efi obligé de tenir le malade par force* 



externes. Doul, du fondement. 47^ 
Les îavemens avec la décoâian de ro- 
fes & de jaunes d’œufs , de même aue 
îes linimens avec l’huile rofat & la cé- 
rufe, produifent aulîi un très-bon effet. 
Lprfqu’on néglige ces fecours, l’uîcere 
lait des progrès, le fphaceie s’y met ^ 
les forces du malade s’épuifent, quoi¬ 
qu’il rî’ait point la fievre , & qu’il ne 
l'oit point altéré, & il meurt. . 

7.. ProHulgiu ah examâ Chute dit 
fondement ,, vojtz exaniam y daff. /, 
gcnr. 47-1^- ; 

Cette maladie eft affezfâmiHere aux 
enfans & aux jeunes gens qui font fir- 
jeîs à la diarrhée, & d’un tempérament 
foible. H faut à chaque fois qu’ils vont 
à'Ia Celle, remettre doucement i’inîef- 
titi en place., après favoir lavé avec du 
vin dans lequel on a fait bouiiUr des 
feuilles de bouillon blanc. Au cas que 
rinteflin foiî dur douloureux , on 
ne peut le réduire, qu’après l’avoir oint 
avec de rbuile. ou :dit beurre. 

8. proUfllgià ex .marîfcis ., Riviere j’ 
cent. 3 . Douleur des hémor-’ 

Ijôides. h. 

Après avoir feignédeniaîàde, on lui 
dennerà -avec ttne-petke feringue des 



47<5 Classe VII. Douleurs 
lavemens d’huile, après avoir envelop- 
pé la canule avec un boyau de poule. 
Il fe nourrira de crème de feigle, & 
d’émulfions hypnotiques. 

On appliquera fur les hémorroïdes 
du fuc de joubarbe.mêlé avec du jaune 
d’oeuf, & un grain d’opium. On peut 
encore appliquer deffus les feuilles du 
fedum telephium de Linnms , ou un 
collyre compofé avec du blanc d’œuf 
.pétri avec de l’alun, après l’avoir en¬ 
veloppé dans un linge^ - :, 

, Les perfônnes fùjettes à cés fortes 
de douleurs, peuvent encore fe fer vit' 
d’un catapîafme fait avec de la mie de 
pain, du lait & du fafran, le bouillon, 
la mauve, la .racine de guimauve, la 
graine de lin, la fleur de camomille, lés 
feuilles de jufquiame , 'ou plonger leur 
derrière dans la décoâion de ces plan¬ 
tes. Rien n’efl meilleur pour fe garantir 
des marifca , que de fe laver fréquem¬ 
ment avec de l’eau froide ou tiede'-, Sê 
de boire le matin ùne pinte d’eàu dans 
laquelle on Tnet:un. verre dè\ lait... ' ' ^ 
9. Proctalgîa diarrhoica; Douleur du 
fondement cauféèparia diarrhée. Bi 
Ceux qui ont une diarrhée violente 



extern&s. DouV du fondement. Af’j’j' 
fur-tout bilieufé, ou qui boivent pen¬ 
dant plufieurs jours des eaux minérales 
cathartiques, fontfouvent fujets à une 
douleur vive, brûlante & poignante au 
fondement , que l’on calme aifément 
après que la diarrhée a cellé, en le la¬ 
vant avec ces mêmes eaux. Cette dou¬ 
leur , qui eft occafionnée par la diftrac- 
tion violente des intéftins , n’a point 
fon fiege dans ces derniers , vu, que 
leur ientiment eft émouffé, mais dans 
la peaii qui forme le bord de l’anus, la¬ 
quelle eft extrêmement fenûble. De là 
vient encore que ceux qui ont le cal¬ 
cul, ne fentènt, point la douleur qu’il - 
caufe dans, le col de la veftie où il eft> 
mais dansd’extrémité du gland, dont le 
tégument eft extrêmement nerveux. 

ïoi PtoBàlgia tenefmodes. Voyez-les 
diftefentes efpeèes de tenefmes , ôc 
touchant la douleur du fondement, 
Tuîpius, obf. lih. 3. Cet Auteur dit avoir- 
connu un homme qui y étoit fujet qua¬ 
tre heures après : avoir été à la feile, 
& qui en fut guéri par. la fimple appli- 
êation des.fangfues-: i - ; 

1 1 . ProBalgia :equina. : 

: C’eft une douleur aiguë &: inflamma- 



478 Classe VII. 
toire qui a fon fiege au fondement des 
chevaux; elle eft occafionnée par dé 
groffes mouches qui s’infinuenî dans 
cette partie, à laquelle elles font aufù 
adhérentes que des tumeurs hémorroï¬ 
dales, Voyez les aménités académiques de 
ldmn<e.i\s y tOTfi. 8. fag, 

XXXIIL PUDENDÂGRA ; DoU- 
leur des parties génitales. 

C’ed: une douleur dans les parties 
génitales, à laquelle les homnies & les 
femmes:font' fujets; Gajpard Tordlahxï 
a- donné le nom de Pudenda^a^ & Wm- 
delin Hockius celui de Mentulagra. 

1 . Pudendagra à parorchidio ; Douleur 
des tefticules retirés^ déplacés, 

: Voytz la claffe i. genre Stjyifur-wutla 
fécondé la troiftemc 'efpeçe -i^ donti’uno 
eft la compagne: de la oolique rénalè 
eaufée par le calcul. 

2. Pudendagra ex phymojî; Douleur 

du gland provenant du phymofis , pa- 
Taphymofis, &c. : 

Voyez le genre zx. de lapremier& claf 
fe , où vous trouverez les: différentes 
efpeces de phymofis:, j dont l’une, eft 
vaginale. 



Douleurs externes , 479 

3. Pudendagra herniofa ; Douleur de 
hernie. 

C^efl: une douleur caufée par une 
hernie, comme par l’entérocele, l’épi- 
plocele , la cyftocele, dont les unes 
ei^ égard au lieu qu’elles occupent, font 
inguinales, les autres crurales, périnéa¬ 
les , vaginales, hypagaftriques. 

4. Pudendagra ulcufculofa ; Chancres 
aux gënitoires. 

Ce font des ulcérés ronds de la grof-, 
feur d’une lentille , rouges autour, ,gri* 
fâtres dans le milieu, prefque de niveau 
avec l’épiderme , lefquels gagnent les- 
parties voifines. lis font caüfés par uti' 
virus vénérien , & viennent dans la 
matrice & le vagin des femmes, fur le 
gland & dans l’intérieur du prépuce des 
hommes. Ils font moins douloureux 
qu’incommodes, & le pire eâ qu’ils 
annoncent une vérole confirmée, Lorf- 
qu’on les néglige , ils font fuivis d’ua 
phymofis, d’une gonorrhée du prépuce^ 
avec dyfurie, & quelquefois mêrrfe de 
l’exéfion du gland. Gn les guérit radi-; 
calement par les frictions mercurielles' 
& les remedes qui en dépendent. 

5. Pudendagra pruriens ; Prurit des 



480 Classe VII. 
parties naturelles ; Impétigo fcroti, Fon- 
îeca, conf, 6 ' 8 . tom. 2. 

Fbjei ce que j’ai dit ci-deffus du pru¬ 
rit & de celui de l’uterus. Cette efpece 
n’a rien de commun avec celle qu’exci¬ 
tent les afcarides de la vulve , & les 
dartres de ces parties. 

6. Pud'endagra à gonorrhcea ; Dyfuria 
venerea Jîcca^ Aftriie, Lib. 3. cap. de 
gonorrhceâ jiccâ. 

C’eft une douleur brûlante dans le 
conduit de l’uretre, fans aucun écoule¬ 
ment notable de pus ni de femence, 
occafionnée par une phlogofe éryfipé- ■ 
lateufe de l’uretre , à laquelle le virus ■ 
âcre & volatil de la vérole donne lieu 
dans les fujets fenfibles, accompagnée 
d’une dyfurie âcre , & quelquefois ; 
même de ftrangurie. Cette maladie fe- 
manifefte peu de jours après qu’on a eu - 
commerce avec une femme gâtée, & 
on la guérit i^. par la faignée ; 2*^. en 
plo'ngeant le gland découvert dans du ’ 
lait tiede, ou dans de la décoâion de 
racine de guimauve, de graine de lin ; 
3°. en appliquant deffus le cérat de 
Galien ou un cataplafme de mie de V 
pain, de lait & de fafran j 4". par des 
potions 



Douleurs externes^^ 6*^. 481 

potions délayantes , anodines , des 
émulfions -légèrement narcotiques. La 
douleur appaifée ^ il faut procéder à la 
cure du virus vénérien. 

7. Pudendagra arfura , Aftruc, lïb, i, 
pag. 4^. Inceadium virgee. 

C’elî une douleur âcre dans le gland , 
accompagnée d’une rougeur érylipéla- 
teiife , que l’on contraâoit ancienne¬ 
ment par un commerce impur avec 
une femme lépreufe. A cette douleur' 
brûlante & poignante fe joignent dès 
picotemens entre cuir & chair ^ ^ 

; un gran d- éçhauïFement dans le corps, 
Jean Afdern confeillelcs ihjeâions avêc- 
le'lait,.le fucfe, l’huile & la décoélioa- 
d’orge , à quoi l’on peut joindre fi l’on 
V,eut,.l’émuhion d’amande douce. 

^ 8. Pudendagra cancrofa ; Douleur 

dés cancers aux parties génitales. Can-' 
eers vénériens, Aftruc , des rhaladies ' 
vénériennes^ lîv. '4:ûhâp: 2', y \ & livo- 
^^ chap. (Si du poulain carcinomateux.■ 
C’eft une douleur caufée par un 
- cancer occulte ou ulcéré'aux parties- 
génitales des hommes & des femmes , 
ibit dans un.poulain j-dansde gland, la^ 
;VÆrge, la vulve,, le vagin, Stc. Gn^ 
Tome: FL- X. 



48r Classe Vir; 

peut voir les fignes, les caufes & læ 
cure dg ces difôrentes afFeâions aux 
endroits cités. 

9. Pudtndagra ajcarldibus , De- 
lius , qmçenit, Mediç. tom. 1. pag. 34;, 
Colleâion Açadémiquat, tom. 3. pag,. 
36'6'. pay Benjamût Scharf. 

C^eft un e douleur prurigineufe dans, 
la vuîye & le vagin , caufée par des. 

: afcarides , & accompagnée d’une ar¬ 
deur incroyable, d’une éruption de- 
petits vers pareils à ceux qui le forment 
dans le firomage. 

1 p. Pudçndagfdujlïum i Douleur den 
telHcuIes. 

Gette douleur efl: ordinairement eau- 
; fée par unè tumeur phlegmoneufe, en- 
£iite d’une gonorrhée, fupprimée , Sr 
on l’appelle Yulgaitement, gonorrhée: 
eomhli dans ki bmrfis:, fur quoi l’ouï 
peut confulter les Chirurgiens qui ont 
traité des maladies du fèroîum.- 

Les douleurs que nous renvoyons^ : 
aux autres daffes ^ appartiennent àk 
beaucoup dé genres différens.: Ces gen¬ 
res font dans tk première elaffe^ les ea- 
torfes, les fraf^res, l’êntérocele^Je 
.phlegmon ^ le. panatis,,, la piqûre des; 




'Douléüfs èxtcrriei y Sci, 
fierfs, la coupure des tendons; dans la 
fécondé clafl’e, la pleuréfie , l’inflam¬ 
mation du cerveau, de l’eflomac , des 
feins ; dans la quatrième claflie, le tic, 
là crampe convulfive ; dans la cinquiè¬ 
me, la douleur de poitrinè, ou faufîe 
pleuréfie ; dans la fixieme, rafFeélion 
hypocondriaque, l’a%âionh;5^fl:érique, 
l’hydrophobie ; dans la neuvième , le 
flux hémorroïdal, la (^fîentefie , la 
pallîon iliaque, le choiera morbu^ , le 
tenefme , la dyfurie; enfin dans la di¬ 
xième clafle, la tympanite, le météo-* 
rifme, rifchurie, la vérole , le fcorbut 
êc la gangrené ; les douleurs qui accom*: 
pagnent ces derniers genres , font in^ 
îupportableSr 


J’m du ÿxkm Voîum^ 



T A B L E 


D E s Q R D R ES 

ET GENRES DE, MALADIES, 

Qui font contenus dans ce Jixième' 
Volume.. 


S O MM AI RE de la VIL Clajfcy^gyi 
Douleurs^ ibid.. 

THÉORIE .DE:LA y II. CiASSE. 7’ 

Tlilàne mécanique de là Douleur ^ §' 

Théorie pjy.cologique de la Douleur^ 3& 

G L A S S E S E T TIEM E.. 
Douleurs , Dolores 45, 

ORDRE PREMIER. 
Douleurs vagues ^ Dolores. vagi 5 fi 




Table. 4 ^ 

‘Là Goutte, kxûùiûSy pag. 53 

Douleurs des os , Oftocopus , <77 

Rhumatifme, Rhenmatiûnus, 8-4 

Catarrhe, Catarrhus,. 105 

Inquiétude, Anxiété, Anxietas, 115 
-LaJJîtude, Laffitudo, 1210 

Engourdijfement, Stupor, 116 

Prurit, Démangeaifon, Pruritus, 13^2 
Fràideur, Froid^ excejjîf , Algor, 15^ 
Chaleur exçejjîve, Aïàot , 144 

ORDRE SECOND. 

Douleur de tête, DoXor^s capUis, 149 
Céphalalgie, Ce^h.Û 2 t\^Z , 15.5 

Céphalée, Cephalæa , 147 

Migraine, Hemicrania,, 173 

OpKthalmie , OpHthaîmîa, * ^ 5 

Otalgie, Qtalgia , 2n.8 

Odontalgie, Mal de dents, OàoxitûgitL, 
23.6 

ORDRE TROISIEME.. 

Dmleurs de , Dolores pêdons» 
25 a- 



46 T A g t ÊV I 

Difficulté £avahr^ Dyfphagîa,' £5;^ | 
Crémafon^ Pyrofîs, 265; ] 

Jinévrifme du Gardiogmus, lyj 

ORDRE QUATRIEME. ^ 

Douleurs de ïas~venm , Dolores abdo- i 


minis, 185; 1 

CardîalgUy Cardialgia, ibid# 

Colique d'effimac ^ Qd&toày mi y 298 ; 

Colique y Colica, ^ { 

Douleur du foie y Hepataîgia , 3 4 J 

Douleur de la , Splenaîgia, 357 
Colique r^Æ/fj^Nephraîgia, 36» 

'Accouchement laborieux , Dyftoeia, 37^^ 
Mal de Ttiere HyReraîgia, 3 9 3 


ORDRE CINQUIEME. 

Douleurs- externes y Dolores externî^ 

'Douleurs des mamelles , MaRodynia 
ibidi- 

Colique de Poitou y Racbialgia , 41^3; 

Mal des reins f,lxLVt^zgo ^ 44^‘ 


r A B £ E. 

Sdati^rie-, ïkhias, 45 T 

JDoulcur du fondement , Proftalgia , 

Douleur des pmies génitales Pliden- 
dagra, 47^ 

Tm 'dila Table du fhùeme Volume,-